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06/04/2010

Altis-Corbeil va revivre

avec un vrai plan industriel !

Communiqué de la CGT

 

altis.jpgDepuis le vendredi 9 avril 2010, la lente agonie de l’usine de semi-conducteurs Altis-Corbeil est stoppée (1). L’entreprise va redémarrer et se développer. L’accord a été rendu public lors d’une réunion entre Yazid Sabeg, Haut Commissaire du gouvernement à la diversité et à l’égalité des chances, et une délégation de l’Union départementale CGT de l’Essonne, menée par son secrétaire général, Marc Roumejon, composée de Hervé Leblanc, Annick Jeannette-Stiti, Édouard Rodriguez, et conseillée par Guy Moulas, du cabinet Secafi.

 

Yazid Sabeg, outre ses responsabilités gouvernementales, dirige une grande entreprise, la CS Communication et Services, et a donc une solide expérience industrielle. Il renforcera la direction d’Altis lors d’un Comité d’Entreprise extraordinaire (CEE) dans les prochains jours.

 

DE NOUVEAUX DÉBOUCHÉS

 

La question numéro 1 est : « Pour quoi faire ? ». Le 9 avril était l’aboutissement d’une démarche de la CGT, qui n’a jamais renoncé à sauver l’activité du site par un vrai projet industriel soutenu par les pouvoirs publics. Après des mois de réunions et discussions, le dossier est bouclé. Le même jour que le CEE, une table ronde en Préfecture d’Évry et une conférence de presse donneront les détails sur l’activité et le financement.

 

Les fondamentaux sont en place. Yazid Sabeg, Marc Roumejon, aidés par leurs experts, se sont mis d’accord sur trois points. D’abord, Altis peut vivre autrement que sous perfusion de fonds publics mal utilisés et de miettes lâchées par les actionnaires sur le départ, IBM et Infineon-Siemens. Les études de viabilité le prouvent.

 

Ensuite, la vie d’une entreprise et la démocratie ne sont pas ennemis. Les salariés se prononceront à bulletins secrets sur leurs conditions de travail, en particulier par équipes. Enfin, la pérennité financière et technologique est fondée.

 

Les nouveaux débouchés sont entre autres l’automobile, l’aéronautique, la défense civile et militaire, l’informatique.

 

Dans ces secteurs, de grandes entreprises comme le groupe Dassault, qui avait promis d’investir, sont des partenaires intéressants, tout comme l’État, s’il veut garder, comme il le dit, une industrie nationale.

 

D’autre part, la proximité du Plateau de Saclay, qui développera recherche et haute technologie dans les prochaines années, est un atout potentiel. Altis se dotera d’une force de vente et d’une R&D (Recherche et Développement) qui lui manquaient jusqu’à présent, étouffant dans l’œuf toute expansion ou synergie.

 

AUX CÔTÉS DES SALARIÉS

 

L’époque des repreneurs-fantômes et des sauvetages-bidon est donc révolue et l’espoir raisonnable reprend ses droits. La direction nationale de la CGT, à commencer par Bernard Thibault, ne cache pas sa satisfaction.

 

Pour l’Union départementale de l’Essonne, Marc Roumejon a déclaré : « Ce résultat est également dû à de nombreux salariés d’Altis et à leur syndicat CGT, qui n’ont pas voulu céder au désespoir entretenu par les anciens actionnaires et la direction à leurs ordres. Nous sommes évidemment heureux d’avoir démontré que notre acharnement à sauver le site n’était pas une lubie de rêveur social. Mais je vous dis aussi que la CGT continuera de lutter pour les droits des salariés et de discuter avec les responsables politiques locaux pour développer l’emploi dans l’Essonne. Nous appelons les autres syndicats d’Altis et du département à travailler dans le même sens sur les nouvelles bases définies le 9 avril ».

 

(1) VOIR PRECEDENT DOSSIER SUR ALTIS

19:02 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : altis, corbeil, cgt | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/10/2009

ALTIS CORBEIL, UN PROJET DE REPRISE QUI PREND L’EAU

altis2306.jpgEn discussion depuis le printemps, le projet de reprise d’Altis Semiconductor à Corbeil-Essonnes (Essonne) par son management avec le concours d’un investisseur bancaire semble s’enliser et, jeudi 15 octobre au matin, les salariés ont eu une nouvelle déconvenue en recevant une note de leur directeur, Jean-Paul Beisson.

 

Dans ce document M. Beisson expose brièvement le contenu d’une réunion tenue la veille avec les représentants d’IBM et d’Infineon, les deux actionnaires d’Altis, réunion à laquelle assistaient également Serge Dassault, ancien maire invalidé de Corbeil-Essonnes, et Jean-Pierre Betcher qui vient de lui succéder à l’hôtel de ville.

 

 

MEMORANDUM SUR L’ENTREPRISE ALTIS

altislocaux.jpgEn 2003, comme déjà en 1995 et 1999, l’Etat et la Région ont apporté leurs aides à cette grande entreprise pour qu’elle se batte aux avant-postes dans une économie mondiale, pour gagner des parts de marché, engranger des contrats et des profits qui devaient avoir des retombées positives sur l'emploi et le développement de la région.

Or si pour ce faire, il y a destruction de capacités régionales ou locales de développement, s'il y a prédation de ressources humaines, matérielles et financières, quel est le bilan à long terme de cette stratégie ?

 

altiscgt.jpgPar les actions successives, les organisations syndicales, dont la CGT et la CFDT,  et les salariés entre 1995 et 2003 ont déjà été posé le problème des aides publiques mais ils n'ont trouvé que peu d’échos, les stratégies des groupes étant réputées intouchables.

Pourtant en novembre 95, lors de la création de la ligne AMF, IBM s’était engagé à créer 1000 emplois. En mai 1999, la réalité était de 524 embauches.

 

Au regard de ces engagements, 81 millions de francs ont été perçus au titre des fonds publics (dont 50 millions pour l’aide à la recherche, 6,3 millions pour la formation, 2,5 millions au titre de la région).

Sur la Taxe Professionnelle, 257 millions ont été réclamés en 1998, suite à un réajustement portant sur les salaires, 230 millions ont été réellement payés (merci les -7,7%).

 

La modification de la TP lors de la création de la communauté de communes a permis une économie pour IBM de 30 millions (autant en moins pour les communes !), sachant que la T.P. intervient pour 4% dans le prix de revient.

En 99, un plan social aboutissant à la création d’ALTIS visant :

1 - Une alliance avec Siemens, pour avoir un actionnaire qui apporte de l'argent (1,5 milliard de F) et des débouchés grâce à sa présence sur les marchés des Télécom, l'automobile et grands publics.

2 - Un investissement de trois milliards de Francs.

3- Un plan social avec la suppression de 40% de l’effectif soit 1.150 postes

(350 transferts internes, 450 préretraites à 49 ou 50 ans payés par IBM, 350 salariés

redéployés à l'extérieur, soit par proposition de postes, soit par out-placement).

Et  2006, suppression de 426 emplois environ 20% de l’effectif, intensification du

travail par une nouvelle modification des horaires de production.

 

Les grands groupes de l’industrie de l’électronique suivent à quelques années de distance le modèle appliqué en son temps par l’automobile, procédant à des délocalisations majeures et tout comme celle-ci, n'a eu de cesse de pressurer ses sous-traitants, au nom de normes de rentabilité insoutenables, au point d'hypothéquer les capacités de développement, voire la pérennité de celles-ci et si l'idée de stratégie coopérative est apparue dans les années 95 dans ce secteur, n'est-ce pas avec beaucoup de retard et de contradictions ?

14:39 Publié dans Social et économie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : altis, corbeil | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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