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25/03/2013

L’Hôpital sud-francilien de plus en plus malade

 	santé, hôpital, hôpital public, CHSF d'Évry-CorbeilL’établissement d’Évry-Corbeil (Essonne) a annoncé une nouvelle réorganisation, entraînant des suppressions de CDD à la pelle. Grosse colère des agents, en grève aujourd’hui.

Il y a un peu plus d’un an, le Centre hospitalier sud-francilien (CHSF) d’Évry-Corbeil ouvrait ses portes, recrutant des contractuels à tour de bras pour faire face à l’installation dans des nouveaux locaux de quelque 110 000 m2. Pour Yasmine et Séverine (1), agents de service hospitalier (ASH, chargées du ménage), c’était une véritable aubaine. « Quand on m’a embauchée en janvier 2012, on m’a dit que mon poste devait déboucher sur une titularisation. Pour l’instant, mon contrat s’arrête fin avril », témoigne Séverine. L’angoisse est d’autant plus grande que la direction de l’établissement a annoncé en janvier un plan d’économie qui se traduit par la suppression d’une soixantaine de postes. L’objectif de la direction étant d’éponger un déficit de 27 millions d’euros.

« Les personnels sont les premières victimes de ces mesures d’économies budgétaires sans être responsables du déficit », dénonce l’intersyndicale SUD-CGT-FO. « Laboratoire, pharmacie, services de soins… Tous les services sont touchés », déplore Catherine Fayet, responsable SUD santé au CHSF. Le plan prévoit aussi la suppression de trois jours de RTT, le passage, pour les services de soins, à douze heures de travail par jour (contre 7 h 36 actuellement) ou encore l’ouverture de lits sans recrutements. « La direction oublie que l’hôpital a été construit dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), qui est justement la principale source du déficit budgétaire », poursuit la syndicaliste. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’intersyndicale demande que l’établissement sorte du PPP le liant pendant trente ans à Eiffage.

« Tous ces postes en moins, ça va se répercuter sur les autres personnels qui n’en peuvent plus », s’inquiète Michèle Cireni, de la CGT. « C’est très difficile. Alors que je suis censée travailler en ORL, on me demande de travailler aussi au bloc. Il faut être honnête, le travail est bâclé », raconte Yasmine. « Avant, il y avait du mécontentement. Maintenant, c’est de la colère », résume Annie Chaunac, responsable CGT, qui mise beaucoup sur le « rapport de forces local », alors que les négociations avec la direction patinent. Point de vue partagé par Christian Del Pozzo, de FO : « Ce n’est pas au personnel de subir les pots cassés. Il faut réagir. » Un mot d’ordre que les personnels semblent avoir entendu. « On n’est pas des larbins. La direction doit nous entendre, maintenant », pouvait-on entendre, mardi, lors d’une assemblée générale qui a réuni près de 200 agents de l’établissement.

 

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Alexandra Chaignon, l'Humanité

01/03/2011

NON A LA FERMETURE DE L’HOPITAL DUPUYTREN A DRAVEIL

dupuytren.jpgLe 28 Février 2011, motion intersyndicale

Rappelez-vous le projet de fermeture de 37 lits de Soins de Suite et Réadaptation et la suppression de 41 emplois à l’hôpital Georges Clemenceau. Conflit du printemps 2010 qui grâce à la mobilisation de toutes les personnes qui se sont impliquées (l’Intersyndicale C.G.T, FO, C.F.T.C, SUD, Médecins, Paramédicaux, Administratifs, Ouvriers, Elus de toutes sensibilités, Associations etc.…) nous avons pu obtenir un recul de la Direction Générale sur la suppression des lits.

Aujourd’hui, l’hôpital est de nouveau attaqué. Il existe un autre projet, néfaste, émané par la Direction du Groupe Hospitalier où il n’est plus question de fermeture de lits mais de fermeture de site soit 390 lits et 702 emplois.

L’intersyndicale dénonce avec fermeté ce projet.

Nous nous interrogeons de nouveau sur ce choix car nous avons déjà démontré le caractère indispensable de l’hôpital sur son territoire de santé (91.3). En effet, 90% des patients viennent de l’Essonne et de la Seine et Marne.

L’hôpital participe pleinement à la politique qui vise à rapprocher les lieux de soins des lieux de vie.

L’hôpital Georges Clemenceau s’impose toujours comme établissement Gériatrique de référence du Sud de l’Essonne.

L’intersyndicale dénonce cette contradiction de vouloir diminuer l’offre de soins pour la population de ce territoire de santé alors que déjà les besoins gériatriques sont insuffisants. De plus ce projet est en totale aberration avec l’évolution démographique de la population.

L’intersyndicale souligne la nécessité de poursuivre la lutte contre les projets dévastateurs qui déstabilisent fortement notre institution, son avenir.

Ces projets sont d’ordre purement économique et sont dictés par le gouvernement et mis en oeuvre par la Direction Générale avec l’appui de l’ARS.

Défendons l’offre de soins à la population et ce pour la défense du Service Public de Santé.

L’intersyndicale de l’hôpital Georges Clemenceau exige que la Direction Générale de l’AP-HP renonce à ce projet.

NB : Les partis de Gauche, particulièrement le Front de Gauche se sont exprimés publiquement contre cette fermeture envisagée dans le cadre d’une politique de la santé de plus en plus réduite et pour l’Essonne avec l’ouverture de l’hôpital Sud Francilien qui se fait au détriment de tous les hôpitaux dont ceux de Draveil, de Courcouronnes, de Corbeil en particulier et contre l’intérêt du personnel, des usagers et dans un contexte de gâchis économique dramatique (voir nos dossiers).

18:22 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hôpital, draveil, dupuytren | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/03/2010

La pénurie de la gériatrie est organisée en Île-de-France

laurent014.jpgLes lits ferment alors que le nombre de personnes âgées augmentent.  D’ici quelques années, l’hôpital public risque d’avoir du mal à accueillir la population vieillissante.

 

« Cette décision n’est pas médicalement justifiée », assène un médecin de Joffre-Dupuytren à propos de la fermeture de 68 lits dans cet hôpital gériatrique.

 

Dans son plan d’économies drastique, l’Assistance publique a omis de prendre en compte un paramètre  : l’offre de soins.

Et avec ce qui se prépare dans le sud de l’Île-de-France, celle-ci promet d’être sérieusement dégradée.

68 lits de soins de suite et de rééducation (SSR) à Joffre-Dupuytren (Essonne), puis 68 autres seraient ainsi transférés à Rothschild, dans le 12e arrondissement de Paris, d’ici à l’automne 2010.

 

dupuytrin.jpg37 lits de SSR seraient aussi supprimés à l’hôpital Clemenceau, à Champcueil.

 

Et 85 lits de SSR à Charles-Foix, à Ivry-Sur-Seine (Val-de-Marne), toujours pour être déplacés à Rothschild.

 

À Émile-Roux, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), le plus grand hôpital gériatrique d’Europe ne devrait pas ouvrir ses 20 lits supplémentaires. « Alors même que tout a été rénové et le matériel acheté », déplore le syndicat Sud santé. La restriction budgétaire est de mise.

 

Concentrer une grande partie de la gériatrie publique à Paris  ?

 

Une véritable aberration, si l’on en croit les personnels soignants de Joffre-Dupuytren. « 90 % des malades viennent de l’Essonne, alors ça m’étonnerait qu’après, ils aillent à Paris  ! Beaucoup de personnes âgées atterrissent ici car elles ne sont pas accueillies ailleurs », explique une infirmière. Impossible pour ces malades porteurs de pathologies lourdes d’aller en maison de retraite. « Et qui soignerait les personnes défavorisées et les SDF  ? » ajoute Michelle, infirmière.

 

 À Joffre-Dupuytren, le comité consultatif médical a donc déposé une motion, le 16 février, contre la fermeture de lits. Et pour cause. Les médecins mettent en avant, chiffres de l’Insee à l’appui, que l’Essonne est le département francilien qui va connaître la plus forte croissance de population gériatrique dans les quinze prochaines années. 20 % d’augmentation du nombre de personnes âgées sont prévus d’ici cinq ans, 40 % dans dix ans. Pour atteindre un doublement en 2030  !

 

Et le transfert sur l’hôpital Rothschild est d’autant moins compréhensible qu’à Paris, seulement 2 % d’augmentation des personnes âgées sont prévus d’ici dix ans. Comment les pouvoirs publics envisagent-ils de répondre à la demande de soins et d’accueil en région parisienne  ?

 

 Les syndicats ont leur petite idée sur la question. « Nous craignons qu’ils n’installent des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad) dans nos bâtiments adaptés », explique Jean-Marc Allouche, secrétaire CGT de Joffre-Dupuytren. Une solution au vieillissement de la population pas accessible à toutes les bourses.

Cécile Rousseau, pour l’Humanité

 

Cheveux blancs, business en or pour le privé

laurent036.jpgL’insuffisance de l’offre publique en maisons de retraite et soins de suite fait les affaires de groupes privés à but lucratif.

 

Hôpital public qui pleure, groupes privés qui rient… La comparaison vaut pour bien des disciplines de santé, à l’image de la chirurgie, activité contrôlée à plus de 60 % par les cliniques, mais elle s’applique tout à fait à la prise en charge, plus ou moins médicalisée, des personnes âgées.

Tandis que l’AP-HP taille dans son potentiel de gériatrie, ce secteur voit croître et prospérer les sociétés à but lucratif. Deux groupes dominent le secteur privé des maisons de retraite et des cliniques de soins de suite et de réadaptation (SSR). L’un comme l’autre, observe la presse économique, « traversent la crise sans

encombre », « connaissent une croissance soutenue, à faire pâlir d’envie plus d’une entreprise cotée » (en Bourse). Leur atout majeur ?

 

En termes de business, « une « visibilité excellente  ». Entendre qu’ils tirent parti de l’accroissement de la population âgée, et de l’insuffisance de l’offre publique.

 

Tout incite à « acheter cette valeur de croissance dans une optique de moyen terme », conseille le magazine financier Investir, en évoquant le groupe Orpea (21 000 lits en France), qui affiche un chiffre d’affaires en constante augmentation : 702 millions d’euros en 2008 (+ 30 % sur 2007), 843 millions en 2009 (+ 20,1 %), et un objectif de 1 milliard « au moins » en 2011.

 

Des bénéfices confortables : 48,4 millions d’euros en 2008 (+ 17,5 %). Et des perspectives 2010 que la communication officielle du groupe résume ainsi : « Croissance soutenue, rentabilité solide et développement créateur de valeur.  » L’affaire marche si bien qu’Orpea, coté en Bourse, a réalisé sans peine, l’an dernier, une augmentation de capital (pour 62,4 millions d’euros).

 

Tout comme le numéro 2, le groupe Korian, présidé par l’ancienne directrice de l’AP-HP, Rose-Marie Van Lerberghe (parcours qui, à lui seul, en dit long), qui, avec quelque 14 000 lits, affiche lui aussi un chiffre d’affaires en hausse régulière (850 millions en 2009). Ses actionnaires (sociétés d’assurances, holdings…) n’ont pas de cheveux blancs à se faire.

 

YVES HOUSSON

 

 

12:36 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hôpital, esonne, gériatrie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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