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13/11/2010

HOMMAGE A MANOUCHIAN

diegomanou.jpgLe Parti communiste français et la Municipalité d’Evry ont rendu un vibrant hommage à Missak Manouchian né en 1906 assassiné en 1944 et qui participa activement à la résistance avec ses compagnons arrêtés à Evry le 16 novembre 1943.

Le samedi 13 novembre, de nombreux militants s’étaient donnés rendez-vous sur le lieu même où Missak avait été arrêté par la police française.

manouchian.jpgChristian Pigaglio, Président du groupe des élus communistes d’Evry, et Philippe Camo, conseiller régional, secrétaire fédéral du PCF de l’Essonne après le dépôt des gerbes ont rappelé la mémoire de Manouchian, et mis le parallèle avec cette période de résistance menée aujourd’hui pour défendre le droit des Roms et les acquis liés au programme du Conseil National de la Résistance comme celui de nos retraites et de la sécurité sociale.

L’HISTOIRE

manou.jpgLe tragique rendez-vous du 16 novembre 1943 à Évry Petit-Bourg Rien à signaler sur les divers fronts. Mais ce matin-là, sous un ciel lourd, aux environs immédiats de la gare d'Évry Petit-Bourg (Essonne), va se jouer un épisode dramatique du " front invisible " où s'affrontent, à armes inégales, les Francs-Tireurs et Partisans immigrés (FTP-MOI) et les Brigades Spéciales de la police française aux ordres de la Gestapo.

" Filé " à partir de son domicile parisien, Missak Manouchian devait rencontrer, sur les berges de la Seine, Joseph Epstein, responsable des Francs-Tireurs Français pour l'Ile-de-France. Ils seront capturés sur la rive gauche après avoir tenté d'échapper aux policiers en civil lancés à leurs trousses. Ainsi a pris fin l'une des plus grandes opérations de police contre la résistance, notamment la formation militaire des volontaires immigrés d'origines juive, italienne, espagnole, arménienne... dont les faits d'armes, dans la capitale même, furent autant de coups portés au prestige de l'occupant. Ce qui leur valut la colère de Berlin qui exigeait de mettre rapidement les "terroristes juifs et étrangers hors d'état de nuire".

affiche.jpgMissak Manouchian tombera au Mont-Valérien, avec vingt-et-un de ses camarades, sous les balles de l'ennemi, le 19 février 1944. Également condamnée à mort, la jeune femme, Olga (Golda) Bancic, sera décapitée en Allemagne. Joseph Epstein et vingt-huit autres partisans français seront fusillés le 11 avril 1944.

Louis Aragon lui consacra un poème « l’affiche rouge » rappelant pour l’histoire le rôle essentiel de ces résistants venus de l’étranger qui moururent pour la France.

En donnant le nom de Missak Manouchian à un parc, à l'endroit même où eut lieu son arrestation, la Mairie d'Évry a ainsi créé un lieu de Mémoire et encore un lieu de Vie.



Hommage à Manouchian
envoyé par E-Mosaique. - La vie de famille à travers le monde en vidéo. 

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12/08/2010

ZOHRA MEZIANE Une lavandière dans le poumon de Grigny 2

Quartiers. Les visages de l'engagement

zohra.jpgElle est l’unique salariée d’une petite laverie associative située au cœur d’un des plus grands quartiers populaires de l’Essonne. Un petit espace que Zohra anime chaleureusement pour rompre l’isolement des vieux, des femmes seules 
et des plus précaires.

Son sourire lui mangerait le visage. Sa voix est forte, parfois ferme, toujours déterminée. Zohra Meziane est une femme de Grigny, une Marocaine native de Casablanca. Nous l’avons rencontrée au 64 bis, route de Corbeil, à la Source, laverie associative de la commune la plus jeune et la plus pauvre du département. Pendant l’entretien, des femmes passent, pas forcément pour apporter du linge à laver. Parfois, juste pour faire un petit coucou. «Je connais tout le monde ici !» dit-elle en agitant la main. Les machines à laver sont pleines. Les sèche-linge tambourinent. Dans les odeurs de lessive, Zohra raconte un itinéraire peu commun.

Des vies, on peut dire qu’elle en est à sa deuxième. La première se déroule au Maroc, dans un décor de firme pharmaceutique. «J’étais déléguée médicale. Je faisais la promotion des médicaments auprès des médecins, des cliniques, dans les petits patelins du Maroc.» Poussée par un père militaire engagé aux côtés de l’armée française, Zohra est une élève brillante et disciplinée. «J’allais dans les bibliothèques. Je travaillais beaucoup. Mon père me disait toujours : “ il faut travailler plus que les autres, tu dois gagner ton indépendance”.» La mère de Zohra, elle, s’engage aux côtés des Marocains qui réclament l’indépendance. «Ma mère était très belle. Elle allait dans les prisons en djellaba, se couvrait le visage et demandait à aller voir son frère. Dès que les soldats français la voyaient, ils la laissaient passer. Après, elle échangeait sa djellaba avec un prisonnier pour qu’il puisse s’évader.» Mais l’ambiance à la maison, avec ses sept frères et sœurs, est davantage militaire que révolutionnaire. En somme, «une éducation à la française»…

Zohra se passionne pour la physique, la chimie et les mathématiques. Elle est considérée comme un «excellent élément» et son père l’envoie en France passer son bac, et étudier à l’Institut universitaire de technologie et de chimie. Au bout d’un an, elle rentre et trouve immédiatement du travail comme déléguée médicale. Cinq ans à sillonner le Maroc pour le compte de Hoechst, groupe pharmaceutique allemand. Débauchée par Sanofi, elle poursuit sa carrière pendant dix ans, se spécialisant dans «le cardio-vasculaire». Elle fait du chiffre d’affaires et se révèle une communicante très douée. Les primes augmentent, la paye aussi. «Je travaillais comme une dingue en faisant du business… Mon père me poussait à battre les hommes qui ne me faisaient pas de cadeaux !» Un appartement dans le quartier chic des Palmiers à Marrakech, une Mercedes 300, des week-ends en France… Zohra vit bien. Jusqu’au jour où, comme elle le dit si pudiquement, « ma fille est tombée dans mon ventre».

Enceinte de six mois, elle rend visite à sa sœur au Havre. La fille de Zohra naît prématurée le 15 novembre 1998. À partir de là, tout bascule. La petite Inès arrive au monde avec de graves problèmes respiratoires. C’est le début d’une lente mue pour Zohra. «Les médecins m’ont dit qu’il fallait que j’aille vivre à la montagne avec ma fille. Je n’ai même pas prévenu mon patron. En 1999, j’étais licenciée. Je suis partie vivre à Saint-Laurent-du-Pont dans l’Isère, à 1 800 mètres d’altitude.» La vie s’écoule et au bout de quatre ans, Zohra décide de se rapprocher «des grands hôpitaux parisiens». En 2002, elle trouve une annonce, un appartement à louer à Grigny 2. L’arrivée avenue des Sablons est brutale. L’appartement fait 23 mètres carrés, infesté de punaises et de cafards. Zohra touche le RMI et s’adresse aux associations caritatives. «C’était dur, un peu humiliant pour moi.» Pour rembourser ses dettes et payer des soins médicaux à sa fille, Zohra vend son appartement marocain, sa voiture et même sa retraite. «Mais comme je ne suis pas une femme qui reste à la maison, j’ai commencé à faire du bénévolat. D’abord au Secours catholique puis à l’épicerie sociale, juste à côté d’ici.» Peu à peu, elle rencontre des habitants de Grigny et trouve une petite maison à louer au 51, rue Pierre-Brossolette, à deux pas de la Source, la laverie associative.

Ce sont deux éducatrices spécialisées qui lancent le projet en 2001, à partir d’un simple constat : beaucoup d’habitants de Grigny 2 et de la Grande Borne n’ont pas de machine à laver, beaucoup sont des primo-arrivants, des sans-papiers, des exilés, venus d’Afrique mais aussi d’autres banlieues parisiennes. «Les gens viennent dans cette ville car on leur dit qu’il y a des associations et des aides pour les étrangers. Il paraît aussi que la préfecture est moins dure qu’ailleurs.» En 2004, la laverie cherche une salariée. Zohra est toute désignée. Depuis, elle fait l’accueil, l’écoute, la comptabilité, le lavage et le repassage, épaulée par une dizaine de bénévoles. En tout, l’association possède plus d’une centaine d’adhérents, parvenant à toucher « e poumon de Grigny 2».

Au fond, la laverie est un beau prétexte. Pour créer du lien, prévenir, rompre l’exclusion, réorienter les personnes vers d’autres services. «Parfois, on a des hommes seuls, parfois alcooliques, qui viennent pour parler, vider leur sac. Il y a les vieux aussi qui ne savent pas remplir les papiers administratifs, les chômeurs qu’on aide à imprimer des CV… Je vois aussi des familles qui se partagent un seul appartement. Les enfants étouffent. Ici, on joue avec eux, on lit des histoires.» Une petite étagère abrite quelques jeux et livres usés. Un ordinateur, un peu daté, «qu’on aimerait changer», une imprimante qui tourne beaucoup, 
«il faudrait faire de l’alphabétisation»… Beaucoup de missions pour une association aux moyens modestes.

La deuxième vie de Zohra a commencé à Grigny. Définitivement, elle ne changerait pas un millimètre à sa vie. « J’ai été du côté de ceux qui poussent les gens à consommer, maintenant je suis du côté de ceux qui subissent la société de consommation. » La roue tourne, comme elle dit en haussant les épaules. Heureuse, fière même d’être «avec les gens». Maintenant, c’est son tour.

 Ixchel Delaporte, l'Humanité

10:27 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : grigny, zohra | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/05/2010

George Sand, à Palaiseau

sand1.jpgAu moment même où un très beau téléfilm diffusé par France 3 relate une partie de la vie mouvementée d'un des plus important écrivain de notre pays, peu de personnes savent que George Sand a passé une partie importante de sa vie dans une ville de l'Essonne, Palaiseau.

RECIT

Sandeau, Musset, Chopin, Michel de Bourges et quelques autres, compagnons de route ou passants de nuit, les amours de George Sand n'ont plus de secret pour personne.
On connaît moins Alexandre Manceau, à qui Anne Chevereau consacre une biographie très documentée. Il occupa pourtant une place de choix dans sa vie, seize années durant.
Seize années ! Amour de la maturité : elle a quarante-cinq ans quand ils se rencontrent, il en a treize de moins.
Ce graveur de talent vient à Nohant invité par Maurice, le fils adoré, dont il est un ami. Petit, mince, le regard un peu triste, il n'a rien d'un séducteur, même si le visage fin frappe par sa sensibilité. Mais son charme doit être bien réel, puisque, très vite, son séjour à Nohant se transforme en résidence à demeure.
Il ne rentre à Paris que quelques mois plus tard, pour prendre son matériel de graveur, et installe son atelier non loin de la chambre de George. " Oui, je l'aime lui... je l'aime avec tout ce qu'il est et il y a un calme étonnant dans mon amour, malgré mon âge et le sien... je suis heureuse, je supporte tout, même son absence, moi qui n'ai jamais supporté cela... " confie Sand à Hetzel, portée par l'enthousiasme des débuts. Pourtant, cette fois, elle ne se trompe pas - et si elle fut moins spectaculaire que d'autres, sa relation avec Manceau fut peut-être la plus touchante. La plus proche aussi d'un équilibre que, faute de mieux, on pourrait appeler conjugal, avec ce que cela suppose de compagnonnage, de joies et de peines partagées, et de (quasi) fidélité.

Manceau fait très vite partie de la famille. Il participe aux soirées théâtrales, aux veillées, aux promenades dans la campagne berrichonne. Il se révèle indispensable. Non seulement il s'acquitte des tâches de secrétariat de Madame, gère l'intendance et les finances, mais en plus il paye son écot - ce qui ne s'est jamais vu ! Et surtout, il se consacre nuit et jour à sa dame qu'il entoure de mille soins, prévenant ses désirs, aplanissant tutes les difficultés matérielles, lui témoignant amour et respect avec un dévouement sans limites. " Elle ne peut s'asseoir sans qu'il surgisse des plumes, de l'encre bleue, du papier à cigarettes, du tabac turc et du papier à lettres rayé. Et elle en use... " Bref, homme rare, il remplit à ses côtés le rôle que tant de femmes tiennent près d'un artiste ! " Manceau toujours bon comme un ange et me soignant comme si j'en étais un... " s'émeut George.

Cette harmonie va durer quinze ans, tantôt à Nohant, tantôt à Paris rue Racine où ils ont chacun un appartement (décence oblige) dans le même immeuble, tantôt à Gargilesse où Manceau a acheté une petite maison.

Mais c'est compter sans Maurice... Sans doute n'a-t-il jamais bien accepté la liaison de sa mère avec son camarade. Ce faible aux brusques emportements met brutalement Manceau à la porte, sans en aviser sa mère et sans le moindre droit. Coup de théâtre : George Sand quittera elle aussi Nohant, sa maison - et son fils, pour suivre son compagnon.
Déchirement. Tentative de compromis. Départ. " Me voilà désormais seul avec elle, quelle responsabilité, aussi quel honneur, quelle joie ! " note Manceau dans l'Agenda qu'il tient avec Madame.

sandpalaiseau.jpgC'est à Palaiseau que le graveur a trouvé une maison. George est " dans le ravissement de tout, du pays, du petit jardin, de la vue, du mobilier... C'est un enchantement ". Une dizaine de pièces, deux étages, une campagne verdoyante : un petit Nohant à proximité de Paris où le couple va vivre un peu plus d'un an.
Il faut aujourd'hui une certaine imagination pour effacer les immeubles qui enserrent la Villa Sand, mais la maison, à l'exception de quelques agrandissements, a assez peu changé. Visites de proches, soirées tranquilles, escapades culturelles à Paris, " mangeaille très bonne " : la vie à Palaiseau serait douce sans le drame qui va y mettre fin. Manceau depuis des mois tousse, crache le sang. Sand espère. Puis mesure la gravité de l'état de Manceau qu'elle accompagne avec une tendresse sans faille jusqu'à la fin. " ... toi qui m'a tant aimée sois tranquille, ta part reste impérissable ", écrit la femme de soixante ans au soir de l'enterrement.
Elle reviendra par intermittence dans la maisonnette léguée par Manceau... à Maurice qui la vendra en 1869. Puis elle retrouvera Nohant, et son fils. La maison ne se visite pas.

Alexandre Manceau, le dernier amour de George Sand, Anne Chevereau. Ed. Christian Pirot, 20

16:04 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand, palaiseau, essonne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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