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12/10/2011

CROIX GAMME SUR LES MURS DES HEROS : L'INSULTE A LA RESISTANCE

manouchian13.jpgIndignation à Vigneux dans l’Essonne après la découverte de croix gammée et des inscriptions à la gloire du nazisme sur le mur du jardin du pavillon où est apposée une plaque à la mémoire de Jacqueline Jeunon, résistante morte à 22 ans en déportation, chemin de l'Ecluse à Vigneux.

Plus que d'autres, la famille JEUNON aura payé cher son refus de mise en esclavage de notre pays pour avoir hébergé et fait tourner le centre d'impression de tracts du Parti communiste pour Vigneux et les communes voisines et son engagement dans la résistance auprès des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges.

jeunondeportesfusille.gifDes six membres de la famille JEUNON arrêtés le même jour pour le même motif, quatre trouvent la mort dans les camps de concentration, Jacqueline, son grand-père Claude JEUNON, sa grand-mère Marie-Madeleine NAUDIN-JEUNON, sa tante Éliane JEUNON-THOMAS. Son père Jacques JEUNON est fusillé le 17 décembre 1941 au Mont Valérien, son nom figure parmi les 1 007 martyrs sur la cloche du Mémorial. Seule sa mère, Reine BOISNIER-JEUNON, reviendra malade mais vivante de déportation.

 

Jacqueline JEUNON

Lire le récit de la déportation de Jacqueline, par son amie également déportée, Denise GINOLIN, députée.
Née le 1er février 1923 à Alfortville, fille de Jacques et Reine. Militante à l’Union des Jeunes Filles de France, elle commence sa vie active par la collecte de lait, d’argent, de vêtements pour les enfants des Républicains espagnols.

Sa formation de sténo-dactylo la conduit très vite, à l’exemple de toute sa famille, à une participation encore plus politique, et c’est elle qui tape des stencils et tire les tracts s’élevant contre l’arrestation des communistes en 1939, puis s’élevant contre la capitulation et le refus de l’occupation dès l’arrivée des premiers soldats allemands.
Le matériel préparé dans la maison familiale sera distribué dans tout le secteur Vigneux, Draveil, Ablon, Villeneuve-le-Roi et Villeneuve-St-Georges, y compris les cheminots et les ateliers des Chantiers de la Haute-Seine de la navigation.

Elle entre dans la Résistance Intérieure Française à partir du 1er novembre 1940 (date homologuée), puis entre au Front national en avril 1941.
Arrêtée à 17 ans, le 10 novembre 1941 dans les mêmes circonstances que les 5 autres membres de sa famille, elle est condamnée à mort, est déportée en janvier 1942. Refusant avec toute une équipe de jeunes filles de travailler à la fabrication d’éléments de communication militaires, sans jamais se soumettre, elle est mise au cachot et meurt d’épuisement à Oëls en Pologne, le 1er avril 1945.

- "Morte pour la France"
- Médaille militaire
- Croix de guerre avec palme
- Médaille de la Résistance

Photo Jacky Corbel

15:57 Publié dans Actualités, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jeunon, vigneux, croix gammés | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/06/2011

GERMAINE TRUGNAN, JEUNE COMMUNISTE, RESISTANTE, ASSASSINEE PAR LES NAZIS, TORTUREE PAR LA POLICE DE PETAIN

« Les camps de concentration sont un détail de l’histoire » - J M Le Pen

GERMAINE20001.jpgC’est bien avant le 22 juin 1941, jour où les troupes allemandes pénétrèrent en Union soviétique que de nombreux communistes, souvent très jeunes rentrèrent en résistance en France contrairement à une légende soigneusement entretenue qui ne data ce moment qu’après l’envahissement de l’URSS par les troupes hitlériennes.

Parmi ces jeunes beaucoup restent des anonymes. Ils contribuèrent pourtant largement par leurs actes et leur courage à la libération de la France. Parmi eux une jeune fille, dont la beauté et la flamme furent anéanties par la bestialité de la Police de Pétain, et la cruauté des Nazis :

- Germaine Trugnan

Un soir de mai 1941, trois inspecteurs se présentent au domicile des parents de Germaine Trugnan, alors âgée de 16 ans au 144 avenue Ledru-Rollin.

Le père est persuadé que c’est à cause de son activité syndicale qu’ils sont là. La mère se pose une interrogation identique. Mais c’est Germaine que les policiers viennent chercher.

Elle a été vue dans la journée en train de distribuer des tracts communistes : « Où sont ces tracts ? Nous voulons les voir ! ». Ils fouillent la maison de fond en comble sans rien trouver, alors qu’un paquet de tracts repose tranquillement sur le rebord de la fenêtre.

Germaine est emmenée à la préfecture de police. Interrogée, battue, torturée pendant une semaine, elle ne dit rien aux policiers français. Vexés par son mutisme, ils l’emprisonnent à Fresnes.

L’avocat communiste Michel Rolnikas la défend. Il est à son tour arrêté, est fusillé quelques jours plus tard.

Aucune charge ne peut être démontrée à l’encontre de Germaine qui trois mois plus tard est placée en résidence surveillée.

Avec ses parents, elle réussit à rejoindre la Zone Sud. La Gestapo la retrouve en avril 1944. Avec ses parents elle est déportée . Ils sont tous sauvagement assassinés à leur descente du train.

De la famille, seul son frère Roger, arrêté en 1943 avec un groupe de jeunes communistes menée par Henri Krasucki, futur secrétaire général de la CGT réchappera à la déportation au camp de Buchenwald.

henri_krasucki.jpg

D’après le livre d’Antoine Porcu, Héroïques publié par Geai bleu éditions

11:36 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : germaine trugnan, résistante, communiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/11/2010

HEROIQUES - LES FEMMES DANS LA RESISTANCE

Un ouvrage d’Antoine Porcu publié par Geai bleu éditions

poete0001.jpgLes femmes pendant la résistance tinrent un rôle considérable. Dans ce livre remarquable les biographie. d’une centaine d’entre elles portent témoignage.

Marie George Buffet, députée de la Seine St Denis, ancienne ministre en présentant cet ouvrage historique, dit : « Ce n’était pas une histoire d’hommes. Elles étaient femmes, pleinement ; résistantes, pleinement. Nous devons à ce qu’elles ont accompli d’être ce que nous sommes. Et cette révolte les emportait tout entières. De leur sceau, elles ont marqué ces grandes heures de notre histoire. »

Voilà l’histoire d’une d’entre elle, qui est rentrée avec les honneurs dans la grande histoire, notre histoire, notre bien commun.

Arlette Humbert-Laroche, résistante et poétesse (1915-1945)

Agent de liaison d'un groupe de résistance, elle fut arrêtée en janvier 43. Après plusieurs mois à Fresne, elle fut jugée à Berlin, emprisonnée à la prison de Jauer en Silésie. Lorsque les armées russes avancent, elle est conduite à Ravensbrück, Mathausen, et Bergen-Belsen où elle mourut.

Véritable mélomane, passionnée de musique et de poésie, Arlette écrit elle-même des poèmes qu’elle lit à ses amis lors des insouciantes soirées d’avant-guerre.

Son amour de l’art ne l’éloigne pas de la réalité sociale. Secrétaire dans un organisme aidant au placement des chômeurs, elle sait que les conquêtes sociales du Front populaire ne sont plus que souvenir.

De par son travail, elle est en contact avec les syndicats et les partis politiques de gauche. L’interdiction de la CGT et du PCF en 1939 la révolte. Elle ne coupe pas le contact avec les militants qui, pour beaucoup d’entre eux, sont déjà clandestins. Ce sont ces relations qui lui facilitent son engagement dans la résistance.

Son dévouement est total. Agent de liaison, elle va d’un centre de résistance à un autre. Lorsqu’elle a quelque répit, elle distribue des tracts à la volée aux portes des usines.

Un jour de janvier 1943, elle est arrêté par la Gestapo. Enfermée dans une cellule à Fresnes, le temps de subir quelques tortures, elle est ensuite déportée en Allemagne. Le train la conduit jusqu’à Berlin, puis elle est chargée dans un camion jusqu’à la forteresse de Jauer. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück, Mathausen et Belsen où elle trouve la mort.

Ses camarades ont conservé précieusement son dernier poème, inspiré des conditions de survie dans les camps de la mort :

On tue -

D’un bout de la terre à l’autre

On tue

 

On tue sur la mer-

La nuit ont peut voir

Dans l’énorme et l’indifférente sollitude

De l’eau

Les cadavres

Qui ont encore leurs dernières larmes

A leur face de linge

Tournée vers le ciel noir.

 

On tue aux courbes fleuries des fleuves,

On tue aux flancs chands des montagnes,

On tue dans les villes où le tocsin qui sonne

Crie la douleur des dômes saignants

Et des cathédrales éclatées.

Là depuis des sites, on a travaillé

Mais la terre est soudain devenue

Une éponge monstrueuse

Buvant la longue patience des hommes

Partout la peur, la nuit, la mort.

 

Pourtant le soleil est là.

Je l’ai vu ce matin

Jeune, fort, exigeant,

Il ruisselait sur les toits.

Il mordait au cœur des arbres,

Il empoignait la ville aux épaules

Et réclamait à la terre son réveil.

 

Il est là,

Il est au fond de toutes les choses

Et devant ce monde qui s’entrouvre, s’affaisse

Et se replie

Il y la mystérieuse et latente énergie

Qui refuse les ténèbres

Et ne veut pas que l’on tue.

 Prison de Jauer, 1er juillet 1944

Texte Antoine Porcu, introduction Marie George Buffet, E-Mosaïque, poème Arlette Humbert-Laroche, photo UFF.

18:00 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arlette humbert-laroche, résistante, poéte | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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