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24/10/2009

Construire avec les Franciliens.

bruno.JPGPar Bruno Piriou, vice-président du Conseil général de l’Essonne

Quel projet crédible et ambitieux pour la région Ile-de-France ?

La justification de listes autonomes du Parti socialiste aux élections régionales en Île-de-France se mesure à notre capacité à porter un projet politique tout à la fois crédible et plus ambitieux en termes d’emploi et de formation, de logement, de transports, d’aménagement et de développement durable, de culture et de démocratie. Nous ne partons pas de rien. Tout au long de cette mandature, le citoyen élu départemental que je suis a pu apprécier les initiatives politiques associant les différents acteurs franciliens sur l’ensemble de ces sujets. Ce fut le cas encore cette semaine avec la rencontre sur l’avenir de la métropole et de la région Île-de-France.

Les défis devant nous appellent pourtant de nouveaux rapports de forces et des idées encore plus audacieuses. La détermination de Nicolas Sarkozy à mener à son terme le Grand Paris, la réforme territoriale, la suppression de la taxe professionnelle annoncent une région parisienne plus inégalitaire, plus concurrentielle entre les territoires, plus abandonnée aux appétits privés dans tous les domaines logement, transport, santé, culture, éducation.

Bien au contraire, les Franciliens espèrent plus de services publics, de gratuité, de soutien à la réussite des projets de la jeunesse, de coopération entre université, recherche et entreprise, de cohérence territoriale. Pour porter un tel projet émancipateur en Île-de-France, ne négligeons aucune force, aucune association disponible pour se rassembler : Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire, NPA avec son engagement d’être prêt à l’exercice du pouvoir avec le Parti socialiste et les Verts, la fédération, toutes associations de quartiers, de jeunesse, d’usagers, syndicats, réseaux et bien au-delà encore, jusqu’aux citoyens eux-mêmes. La radicalité pour mieux vivre ensemble en Île-de-France est à trouver dans l’expression de l’usager du RER C ou D, des jeunes en quête d’emploi ou de formation, des familles qui connaissent la cohabitation forcée dans des logements étroits, des artistes sans moyens de création ou de diffusion.

brunio.JPGLe fond et la force du projet de notre liste de gauche à construire ne se situent pas d’abord dans le choix de la tête de liste mais dans la détermination à le construire au grand jour par département et par grande question sociale. Les milliers d’élus communistes et républicains de notre région, les dizaines de milliers de militants encartés ou pas, qui, pour une raison ou une autre, de la recherche aux transports en passant par le Pôle emploi, l’environnement ou les transports, ont manifesté ces six dernières années, espèrent un débouché politique à plus de 10 % à l’occasion de ces échéances régionales.

L’utilité communiste passe avant tout dans sa capacité à porter la démocratie, en dynamisant les moments de rencontres, d’écoutes, d’échanges, de construction des idées et des propositions, en prenant notre part à la structuration des listes les plus ouvertes possibles. Si le temps perdu ne se rattrape plus, les cinq mois devant nous peuvent être efficacement utilisés à cette effervescence citoyenne.

Publié dans l'Humanité

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19/10/2009

Face à l’urgence, vive l’écologie planifiée !

amard_gabriel.jpgPar Gabriel Amard, président (PG) de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne (*).

Comment transformer au quotidien l’environnement ?

Quel plaisir, ces derniers mois, de voir que l’écologie est devenue un sujet d’intérêt pour les grands de ce monde. Je ne saurais jamais assez me féliciter de cet élan en faveur de notre patrimoine commun : l’environnement. L’élu que je suis, pleinement investi sur ces dossiers au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, se dit que, enfin, les efforts que nous avons menés pour restaurer le cadre de vie des habitants de Grigny et Viry- Châtillon depuis quinze ans rejoignent une dynamique générale… Oui, je fais de l’ironie. Et ce n’est pas la récente journée consacrée au climat par l’ONU qui va me réchauffer le coeur : elle a accouché d’une souris en termes de lutte contre le réchauffement climatique. La préparation du sommet de Copenhague me laisse aussi dubitatif. Malgré les engagements du président Obama, les États-Unis ne seront pas prêts à franchir un pas significatif à cette occasion. Pendant ce temps-là, partout en France, les démarches d’Agenda 21 s’amplifient pour élaborer un diagnostic partagé et préparer des solutions pour demain… Quand le gouvernement s’acharne à culpabiliser les citoyens en leur imposant une taxe carbone, les collectivités travaillent à bâtir des solutions à partir de leur territoire et en intégrant de manière positive les citoyens dans leur mise en oeuvre. Deux visions de l’action publique en matière d’écologie s’opposent, je voulais le rappeler.

martin.jpgCela dit, je considère qu’il faut aller maintenant au-delà de la démarche Agenda 21. Le diagnostic s’impose aujourd’hui à tout le monde, de l’habitant de la Grande-Borne au premier ministre chinois. Et pour cause, chacun le vit au jour le jour : réchauffement climatique, disparition des espèces animales et végétales, hausse du niveau des mers, accroissement des émissions de gaz à effet de serre, pollution galopante… Autant de conséquences d’un système – le capitalisme – qui, comme le disait Marx, épuise autant la terre que le travailleur. Oui, l’urgence est là ! Au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, nous avons décidé d’assumer notre part dans le combat en faveur d’un environnement restauré, qui réponde tant à des préoccupations écologiques que sociales. Nous ne devons pas nous cacher derrière l’enjeu planétaire pour ne rien faire. Et nous pensons que nous ne devons pas attendre les hypothétiques décrets d’application des deux « Grenelle de l’environnement » pour agir. Dès 1997, nous avons mis sur la table les moyens pour restaurer les lacs de Grigny et Viry-Châtillon, cent hectares de surface à dépolluer, à aménager, où nous avons recréé des zones humides… Le résultat a été marqué par l’arrivée d’espèces d’oiseaux protégées tels le martin-pêcheur et la sterne pierregarin.

med-orchidee-sauvage-visoflora-2524.jpgMais cela ne suffisait pas, à notre sens. Nous avons voulu améliorer l’efficacité de l’action publique en termes d’environnement. Dès avril 2008, nous avons décidé de passer la vitesse supérieure en instaurant la planification écologique  : prévoir les objectifs, anticiper les besoins, décider des moyens, assumer les échéances les unes après les autres. Et je veux pouvoir dire ici que cette méthode fonctionne. Cette année, nous avons cessé d’utiliser les produits phytosanitaires, pesticides, herbicides en engrais et nous avons choisi le recours à des méthodes alternatives de désherbage. Nous introduisons aussi la gestion différenciée des espaces verts. Résultat : l’orchidée sauvage fait son apparition chez nous. C’est un bel indicateur sur la capacité à enrayer, sur un territoire, la catastrophe qui s’avance. La planification écologique, c’est notre manière de contribuer au dépassement du capitalisme par une action concrète que je pourrais résumer aussi par « l’écologie par la preuve ». Preuve que c’est possible, au quotidien, de transformer l’environnement sur un territoire, de changer de pratiques sans pour autant que le service public que nous mettons en oeuvre ne perde de son efficacité au service de tous les citoyens. (*) La communauté regroupe les deux communes de Grigny et Viry-Châtillon.

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05/09/2009

LA FIN DE L'ESSONNE ET D'EVRY ?

essofr.gifLe coup de ciseaux dans la carte de France prévu par le projet gouvernemental risque de mettre à mal l’organisation institutionnelle de nos territoires.

La modernité a parfois bon dos. Depuis plus de deux ans, Nicolas Sarkozy ne cesse de vilipender l’organisation de notre territoire en communes, départements, régions. Ce « mille feuille institu­tionnel » serait inefficace pour répondre aux besoins des Français. À ses yeux, la nécessaire « modernisation » de nos institutions s’impose ! Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a rendu public « un avant-projet de loi relatif aux collecti­vités territoriales ». Celui-ci conduirait, en l’état et à terme, à un véritable bouleversement de l’organisation institutionnelle de nos territoires, remettant en cause ce qui fait l’originalité de notre pays, fruit de notre histoire et des luttes du peuple français, c’est-à-dire, pour l’essentiel, la démocratie locale de proximité, avec pour corollaire, l’éloignement du citoyen des lieux de décision. Contre l’avis maintes fois exprimé de l’Association des régions de France (ARF) et celle des départements de France (ADF), l’avant-projet du gouvernement prévoit, suivant les préconisations du rapport Balladur, l’élection de « conseillers territoriaux », en lieu et place des conseillers régionaux et départementaux, qui siégeraient dans les deux assemblées.

Ce dispositif, qui conduirait à une diminution de 30 à 40 % du nombre d’élus, s’accompagne, pour ces deux institutions, de la fin de la « compétence générale », qui leur permettait, au-delà de leurs responsabilités spécifiques, de répondre aux besoins des populations. Même s’il n’est pas indiqué, noir sur blanc, la fin des départements, ce qui demanderait une révision constitutionnelle, ce projet c’est la mort programmée des départements et des communes.

Pour Jean-Paul Dufresgne, président communiste du conseil général de l’Allier : « Quand je mesure aujourd’hui le rôle du département en terme de proximité sur les questions sociales, d’aménagement, de services aux populations, on ne peut que s’opposer à une telle réforme. »

Cet avant-projet prévoit la création d’une collectivité à statut particulier : la métropole. Ces entités seraient créées à partir de 500 000 habitants, (Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes et Nice sont dans ce cas). Ce niveau pourrait être abaissé pour permettre à des villes de la taille de Strasbourg d’en faire partie. Ces métropoles se substitueraient aux départements sur leur territoire ; elles en récupéreraient les compétences, de même que celles des communes qui les composent. Lesquelles deviendraient de simples arrondissements ou quartiers de la métropole. L’initiative de leur création en revenant soit à une majorité de communes soit… au préfet.

De même, la carte des intercommunalités, établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), devrait être bouclée au 1er janvier 2014. Leur périmètre, avec regroupement éventuel de plusieurs EPCI, permettrait de former de plus importantes entités territoriales. Le tout se faisant sur la base du volontariat des villes… le préfet tranchant en dernière instance. Ces EPCI auront des compétences élargies, en lieu et place des communes qui les composent. Les conseillers communautaires seront élus en même temps que les conseillers municipaux, transformant ainsi les EPCI en collectivités territoriales de plein exercice. Nous passerons de la coopération entre communes à l’intégration dans une nouvelle entité. D’ailleurs, l’avant-projet prévoit la création de « nouvelles communes » en lieu et place des EPCI regroupant moins de 500 000 habitants. Ces nouvelles communes seraient créées sur propositions des villes concernées qui deviendraient des arron­dissements, après référendum des habitants et… décision du préfet.

Ce texte, qui sera débattu en septembre au Sénat avant de passer ensuite devant l’Assemblée nationale, procède d’une logique qui aboutirait, à terme, à ce dont une partie de la droite, mais pas seulement, a toujours rêvé, la disparition de ce foyer démocratique que constitue, fait unique en Europe, l’existence de 36 000 communes. Certes, chaque année, des fusions de communes se réalisent pour faire face aux besoins des populations et au développement des territoires, mais ce qui se concocte va bien au-delà des enjeux politiciens immédiats ou la droite veut faire reculer la gauche majoritaire dans les régions et les départements. Il se dessine une tout autre organisation du territoire où il n’existerait plus que des métropoles et des nouvelles communes ou des intercommunalités et des régions. Celles-ci, aujourd’hui au nombre de 22, pourraient demain être moins nombreuses. La région parisienne n’est pas concernée. Pour cette dernière, au sujet de laquelle le président de la République est particulièrement attentif avec son projet de Grand Paris, une loi devrait être déposée à l’automne.

La réforme des collectivités territoriales, qui dessine la France dans laquelle nous vivrons demain, permettra-t-elle de faire vivre la démocratie locale ? Avec ce projet, on peut craindre le contraire… quoi qu’il en soit, là est l’enjeu.

Diego Diaz, Maire adjoint d'Evry

19:48 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essonne, evry, disparition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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