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06/05/2010

Zorba, le FMI et l’Europe

DRAY.jpgDans l’actuelle crise grecque, il y a l’arbre, et il y a la forêt. L’arbre : les soucis financiers de l’Etat grec, qu’il convient d’ailleurs de relativiser si on fait la part entre la réalité budgétaire (une dette publique s’élevant certes à 110% du PIB, mais à comparer avec celle de 100% des Etats-Unis et celle de … 200% du Japon) et l’emballement mi-irrationnel, mi-intéressé des marchés et des spéculateurs, qui conduit à l’explosion actuelle des taux de prêt au pays hellène. La forêt : l’incurie de ses partenaires européens, qui, oscillant entre égoïsme national et orthodoxie idéologique bornée, ont laissé la situation se dégrader alors qu’une intervention décidée et précoce aurait probablement stoppé net l’emballement des marchés.

Ce sont à la fois les institutions européennes et leur pratique qui sont en cause. Le traité européen exclut que soit aidé un pays membre en difficulté financière, de même qu’il exclut un financement par la Banque Centrale Européenne.

 On est en train de voir les effets pervers de ce rigorisme en temps de crise ; une entraide européenne se met finalement en place, mais tardivement et dans la difficulté ; quant à la BCE, elle refuse aujourd’hui de prêter à la Grèce étranglée par les taux d’intérêts des prêts bancaires, banques sauvées de la crise par les prêts à 1% de la … BCE !

En clair, le système marche sur la tête et aurait besoin d’être complètement revu, la perspective d’un gouvernement économique européen n’apparaissant plus comme un bel idéal très éloigné, mais comme une urgente nécessité. Et puis il y a la pratique. Jamais il n’a été aussi évident que l’Europe est un avion sans pilote.

Historiquement, le couple franco-allemand a toujours été le moteur de l’union. Or qu’a-t-on vu ces dernières semaines, sinon l’illustration de la désunion et de la panne de ce moteur ? Alors que la crise atteint son paroxysme, une absence du président de la République, ne prenant la parole que très tardivement et laissant la ministre des Finances annoncer les bénéfices que tirera la France de l’argent prêté à la Grèce ; parallèlement, un chauvinisme à courte-vue de la chancelière allemande, qui, cédant à la pression populiste et aux considérations électoralistes, a à la fois retardé l’action européenne et soufflé sur les braises, faisant part publiquement de sa méfiance envers la Grèce.

 Nous payons lourdement le prix du découplage de la France et de l’Allemagne, et la responsabilité de Nicolas Sarkozy est tout sauf nulle dans ce divorce. François Mitterrand et Jacques Chirac en leur temps avaient toujours su chercher (c'est-à-dire construire) le compromis avec notre voisin d’outre-Rhin – faut-il rappeler que c’est un tel compromis qui a permis et la monnaie unique européenne, et la réunification allemande ? Ou qui a évité l’engagement de l’Allemagne au côté des Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003 ?

Nicolas Sarkozy, en laissant le climat se détériorer entre les deux pays (en pensant à un rééquilibrage avec l’Angleterre), a de facto laissé une nouvelle règle s’établir, celle du chacun pour soi. Nous constatons aujourd’hui les conséquences de cet abandon, avec cette Europe empêtrée dans son absence de « gouvernance » et tirée à hue et à dia par les éléments extérieurs.

On aurait en tout cas bien tort de regarder la crise grecque de loin, assis confortablement dans son fauteuil et rassuré par la (présente) bonne note accordée à la France par les sacro-saintes agences de notation. Par un vicieux enchaînement causal, la crise de 2008 – de l’entière responsabilité des banques et de la finance – en vient à imposer un climat d’austérité et de détérioration de la puissance publique sur les populations européennes.

 Les « conditions » insensées que l’on s’apprête à imposer au peuple grec, en échange des subsides de l’Europe et du FMI, ouvrent la voie à un nivèlement économique et social comparable dans les autres pays de l’union – nivèlement qui, fatalement, cassera la croissance et nous enfoncera un peu plus dans la crise. Et la social-démocratie ne peut pas considérer que son rôle est de faire le « sale boulot », de mener à bien des plans de rigueur suite aux excès libéraux, avec la fausse idée que si c’est elle qui s’en charge, ce sera moins dur pour les salariés.

Alors, plutôt que de crier au loup contre des boucs émissaires faciles, les Grecs truqueurs de comptes publics aujourd’hui, un autre demain, plutôt que de désigner des coupables isolés (les patrons voyous, les agences de notation …) pour mieux préserver le système en son ensemble, il faut prendre des mesures fortes qui nous sortent de la gestion du statu quo et des contraintes. Pour ce qui est de l’Europe, mettre enfin la BCE sous le contrôle politique des citoyens et lui permettre de prêter aux Etats membres dans pareille situation, avec des conditions qui soient assorties de clauses sociales.

On peut aussi penser que l’heure est venue de dépasser les certitudes monétaristes et de mettre fin à la surévaluation de l’euro, qui pénalise inutilement notre commerce extérieur. De concevoir une nouvelle politique douanière aux frontières de la zone euro, qui pénalise les importations ne satisfaisant pas à nos normes écologiques et sociales. Enfin, plutôt que de « faire payer » des populations qui auraient vécu « au dessus de leurs moyens », comme on est en train de l’expliquer pour la Grèce, mettre en place un plan européen de relance de la consommation, qui seul pourra nous remettre dans le cercle vertueux de la croissance – et d’une croissance partagée par tous.

 

Julien Dray, député de l'Essonne, Vice-Président du Conseil Régional

 

PS J’ai signé – et vous invite à signer – la pétition lancée par l’Humanité pour réclamer que la Grèce bénéficie de prêts à des taux aussi avantageux que ceux dont ont profité les banques coupables de la crise.

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07/01/2010

Trois jours avant le lancement du grand meeting du Front de gauche, Marie-George Buffet a dialogué avec les metronautes.

Nous, la diversité, on la pratique"

 
mgbpy.jpgBonjour à tous,

Tétine : Comment réagissez vous à la mort de Philippe Séguin ?

D'abord, même si nous ne partagions pas les mêmes idées politiques, j’aimerais dire mon respect pour le travail du président de la Cour des comptes et peut être évoquer l'amoureux du foot qu'était Philippe Seguin.

Georg7 : Avez-vous lu les confessions de Lionel Jospin ? Qu'en pensez-vous ?

Non, pas encore.

Tétine : Jospin a fustigé Sarkozy et son gouvernement dans une interview au Monde, qu'en pensez-vous ?

Je crois qu'il y a de nombreuses raisons de fustiger Nicolas Sarkozy et son gouvernement. D'abord sur le plan social avec de multiples attaques contre les services publics et la protection sociale, ensuite par rapport au recul des libertés, atteintes aux droits syndicaux, mise en laisse des collectivités territoriales et poursuite des politiques libérales au plan européen. Le gouvernement de Lionel Jospin, auquel j'ai participé n'a certes pas été au bout des réformes nécessaires et a lui-même engagé des privatisations, ce qui explique d'ailleurs qu'il ait été durement sanctionné en 2002. Mais vraiment, la droite au pouvoir aujourd'hui est particulièrement régressive au plan social, au plan des valeurs et je crois qu'il est nécessaire que la gauche tire les enseignements, reconstruise un projet apte à dépasser les logiques libérales et celles du système capitaliste lui-même pour créer une dynamique populaire. C'est à quoi nous voulons travailler avec le Front de Gauche.

Catherine_deneuve : Fidel Castro, selon vous, dictateur ou grand homme d'Etat?

Fidel Castro c'est d'abord l'homme qui a libéré le peuple cubain de l'occupation, qui face au blocus américain a oeuvré au développement de ce pays et a développé, malgré les difficultés, le soutien aux pays en voie de développement. Cet internationalisme se poursuit encore puisque Cuba procure une aide en médecins, en ingénieurs à plusieurs pays progressistes d'Amérique latine. Mais j'ai déjà eu l'occasion d'en débattre avec nos camarades du PCC, la nouvelle étape de la révolution cubaine se conjuguera avec un véritable essor de la démocratie.

Si nous voulons battre la droite, il faut une gauche audacieuse, visant le dépassement du Libéralisme.

Jean : Qu'est-ce qu'être communiste aujourd'hui en France ?

Avant tout refuser les inégalités sociales, construire un monde de partage, de mise en commun, par exemple en promotionnant une autre utilisation de l'argent pour un développement social et écologique qui pourrait passer, notamment par la nationalisation des banques, pour une nouvelle politique du crédit, sur critères sociaux et écologiques, la création de fonds régionaux pour l'emploi et la formation. Deuxièmement une maîtrise sociale des marchés avec de nouveaux droits pour les salariés dans la gestion des entreprises publiques et privées, la reconquête et la création de grands services publics concernant toutes les activités portant intérêt général : éducation, santé, information, énergie, transport, logement.
Au plan international, la mise en place d'une nouvelle monnaie commune, une organisation mondiale du commerce non plus basée sur la concurrence mais sur la coopération et le développement régional, l'arrêt du pillage des terres et le développement d'une sécurité et d'une indépendance alimentaire dans les grandes régions de la planète. Enfin, c'est oeuvrer pour le désarmement nucléaire et pour la paix.

Lina : Je n'arrive pas à croire qu'il y ait encore des gens pour croire dans le communisme, le trotskisme etc. Ce sont des beaux rêves qui n'ont pas fonctionné et n'ont donné que mort et corruption. Comment vous faites, vous, pour espérer encore?

Il est vrai que ce qui s'est passé dans les pays dits socialistes a abouti à l'échec parce que l'absence de démocratie a, non seulement provoqué des souffrances humaines, mais empêché ces régimes de construire des réponses économiques et sociales répondant non seulement aux aspirations des peuples mais également aux enjeux du 20ème siècle. Mais face aux dégâts du système capitaliste, à ses échecs pour répondre à des questions comme le développement durable, la famine, la pauvreté, l'exploitation, j'espère que nous serons capables de construire avec les citoyennes et les citoyens, par leurs interventions, une société nouvelle débarrassée de toutes les formes de domination et d'exploitation. Il n'y aura pas de grand soir, mais toute une série de combats et de réformes peuvent permettre de construire des lendemains qui chantent.

Adjico : Où pourrait-on voir des marges de progression possible pour le Front de Gauche depuis les Européennes ? Finalement, il n'y a rien de nouveau. Comment alors espérer améliorer ses résultats?

D'abord, je crois que le Front de Gauche est apparu comme un espoir lors des Européennes. Lors des Régionales, d'autres forces vont venir se rajouter, ainsi que des personnalités du mouvement social. Je crois que, si nous donnons à voir que notre objectif est bien de vitaminer la Gauche dans son projet, dans sa démarche pour la faire gagner demain dans les régions et après-demain au niveau du pays, nous allons rassembler et progresser, du moins je l'espère, car il faut que la Gauche se réveille face à la droite et pour cela il faut donner à voir des propositions audacieuses et donner à ceux et celles qui luttent la possibilité de devenir demain des conseillers régionaux.

Loic : Pouvez-vous nous donner 3 ou 4 idées principales que le Front de gauche va défendre pendant la campagne électorale.

Bien sûr. D'abord, la mise en place de fonds régionaux pour l'emploi et la formation qui, sur critères sociaux et écologiques, contribueraient à la relance industrielle. Deuxièmement, la mise en place d'assemblées démocratiques permettant l'élaboration participative des budgets et des grandes mesures prises par la Région. Troisièmement la mise en place d'un observatoire régional contre les violences faites aux femmes. Quatrièmement, la création d'un grand service public régional de l'accueil d'information orientation, la mise en place de délégations publiques régionales pour les transports s'inscrivant dans l'objectif de la création d'un pôle public national des transports. Cinquièmement, le soutien à la médecine de proximité (CMS, Maisons médicales) et bien d'autres que nous ferons connaître prochainement et notamment dimanche lors du premier Meeting du Front de Gauche à 14h au Palais des Congrès.

Viviane : Quelle est la stratégie du Front de gauche pour les régionales ? Quelles sont ses ambitions ?

Le Front de Gauche a pour objectif de rassembler tous ceux et celles qui veulent que ça bouge a gauche, le score réalisé par ce Front au premier tour pèsera dans le comportement de l'ensemble de la gauche. Au deuxième tour, nous agirons pour le rassemblement de toute la gauche et nos élus, durant tout le mandat, agiront pour faire avancer nos propositions dans le cadre de la majorité de gauche.

Lenine : Bonjour. Je suis un militant du NPA, intéressé par la campagne du Front de Gauche. Mais, franchement, Pierre Laurent en tête de liste en Ile de France, ce n'est pas sérieux, c'est auto-centré autour du PCF, ça stérilise la possibilité d'une alternative, et ça va faire que je ne voterais pas !

Le Front de gauche, ce sont des têtes de liste régionales, Pierre Laurent en Ile de France, René Revol ou Elisa Martin ou Monsieur Boulanger en Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon ou Aquitaine, Christian Piquet, GU, en Midi Pyrénées.
Nous, la diversité, on la pratique, on sait s'ouvrir. Bienvenue à ceux qui veulent nous rejoindre.

Nino : Jean-Luc Mélenchon est-il un atout ou un peu trop incontrôlable à votre goût ?

Je n'ai jamais cru à l'homme ou a la femme providentiel, le Front de Gauche ne dépend ni de JLM ni de MGB. Il se construira, se développera avec l'ensemble des militants et des militantes qui le composent.

Donovan : Etes-vous déçue par Robert Hue, qui fait alliance avec le PS dès le 1er tour en IDF?

Je ne crois pas que ce soit le bon chemin. Si nous voulons battre la droite, il faut une gauche audacieuse, visant le dépassement du Libéralisme. Aujourd'hui le parti socialiste porte une politique sociale libérale qui s'illustre dans ses appels au Modem. Le meilleur moyen de faire bouger ce parti ce n'est pas d'accompagner cette dérive, mais c'est au contraire de montrer qu'un autre chemin est possible à gauche.C'est ce que propose le Front de Gauche.

A : Y aura-t-il un front de gauche après les régionales?

Nous avons décidé, d'un commun accord PCF, PG, GU de ne jamais ficeler le Front à tout jamais. Après les Européennes, nous avons tiré les enseignements et nous nous sommes donné un nouvel objectif : poursuivre le Front et l'élargir. Le 21 mars, je souhaite que nous ayons la même démarche, tirer tous les enseignements, mesurer l'utilité du Front pour la population, son efficacité pour faire bouger la gauche et battre la droite, et nous verrons alors comment poursuivre.

Alain : Une alliance avec le PS est-elle envisageable ?

Au deuxième tour des élections, le Front de gauche se rassemblera avec les autres forces de gauche pour battre la droite et créer les conditions d'une majorité de gauche dans les régions.

Jean-Jacques : Pour vous,que signifie être Français ? Et que pensez-vous du débat sur l'identité nationale ?

Je crois qu'il faut arrêter ce débat. On a vu qu'il avait provoqué des réactions xénophobes et racistes, y compris de la part de représentants de la République. La République, ce sont des valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité. Débattons des droits des hommes et des femmes qui vivent et travaillent sur notre sol au regard de ces valeurs. La Nation, ce n'est pas un décret qui décide de ceux et de celles qui la composent. La Nation, notre Nation s'est constituée au fil des temps par de grands mouvements populaires, des révolutions, le suffrage universel, des mouvements sociaux, des règles constitutionnelles. Elle a bougé et elle bougera encore. Donc, débattons de ce qui peut rassembler les hommes et les femmes, leurs aspirations communes.
Pour terminer, je dis : Alerte, Alerte. Nous devrions être des milliers dans la rue pour dire Halte au Racisme, Halte a la xénophobie !

Lolo : Quelle est votre plus grande satisfaction et déception depuis votre entrée en politique ? Et que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?

Ma déception c'est peut-être le fait, pour l'instant que nous n'ayons pas pu faire en sorte qu'en France, ce pays de la Révolution, s'installe un changement progressiste, profond, durable.
Ma plus grande satisfaction, c'est que depuis mon engagement au PCF en 1969, j'ai appris beaucoup des centaines de milliers d'hommes et de femmes que j'ai rencontrés et du fait que cet engagement m'a permis, en tant qu'élu et en tant que ministre, de servir ces hommes et ces femmes.
En 2010, de beaux résultats pour le Front de Gauche et un parti communiste en pleine forme. Pour moi un peu plus de temps. Merci pour toutes vos questions. Au revoir.

15:33 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie george buffet, front de gauche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/12/2009

Accessibilité et insertion

 Favoriser le développement de nouvelles pratiques

ajoie.JPGEntretien pour le Journal du Parlement avec Christian PIGAGLIO, conseiller communautaire communiste, délégué pour le Handicap à la Communauté d'Agglomération d'Evry Centre.

« Constitue un handicap, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société… ». Les toutes premières lignes de la loi du 11 février 2005 rappellent les droits fondamentaux des personnes handicapées, notamment en termes d’accessibilité et d’insertion.

 

Quels sont les principaux axes, ciblés par votre action au sein de la Communauté l’Agglomération ?

Ma démarche vise essentiellement à insister sur les droits des personnes handicapées et sur ce qu’elles subissent au quotidien. Parallèlement aux droits à des ressources et à des compensations, il est important de leur garantir un accès facilité à la scolarité, à l’emploi mais également à tout ce qui a trait à la citoyenneté et à la participation à la vie sociale.

A travers la loi de 2005, le principe d'accessibilité pour tous, quel que soit le handicap, est réaffirmé. Ses critères et les délais de mise en conformité sont précisément redéfinis.

Comme de nombreuses agglomérations, nous avons malheureusement pris du retard sur l'application de ces textes.

Si les établissements existants recevant du public et les transports collectifs ont encore quelques années pour se mettre en conformité avec la loi, tous les travaux réalisés sur notre territoire aujourd’hui tiennent compte de ces impératifs. Désormais, les nouvelles structures édifiées sont en conformité avec les normes imposées par la loi et, au sein de chaque rénovation ces mesures sont prises en compte.

Nous menons une véritable politique en la matière. La personne souffrant d’un handicap physique, sensoriel ou mental, ne doit pas souffrir de marginalisation et pour ce faire, nous avons entamé un important travail de diagnostic. Cette analyse a pour finalité de mieux les besoins existants et les aspirations des personnes concernées.

 

Au-delà de l'aspect réglementaire, quelles sont vos autres ambitions ?

pigaglio.jpgJ’aimerais pouvoir « construire » un lieu de réflexion et de propositions, au sein duquel pourrait se nouer un dialogue de fond sur ce problème. Il est fondamental, si nous voulons avancer sur ce sujet, de s'interroger véritablement sur le handicap et sur ses conséquences aux niveaux professionnel, social et culturel.

Le handicap s'inscrit dans le cadre des compétences de la Communauté d'Agglomération et de fait, une action transversale à toutes les délégations doit s’instaurer. Elle doit pouvoir s’insérer dans tous les domaines : de l'emploi jusqu'au logement des bailleurs sociaux, en passant par l'aménagement urbain.

Dans le prolongement, j’ai d’autres souhaits à exprimer. Le premier tend à modifier notre mode de pensée : l’accessibilité n’est pas synonyme de charges nouvelles !

Il est bon de rappeler qu’à chaque fois qu’une initiative est amorcée, que ce soit niveau poste de travail ou de la construction d'équipement, elle est profitable à l’ensemble de la collectivité. Améliorer la qualité d'un logement, optimiser la sécurité enfantine… ne sont pas des « obligations » mais plutôt une philosophie du mieux vivre.

Le second point est une action de sensibilisation. Le handicap ne peut s’apparenter qu’au seul fauteuil roulant. Je suis frappé par l'oubli qui concerne les handicaps visuels, auditifs et moteurs, voire les maladies et les troubles liés au vieillissement.

Notre mission est d’aller plus loin et notre approche doit être globale. Il est bon en effet que les bus et leurs arrêts soient équipés de rampe d'accès et de panneaux d'affichage pour les malentendants et les aveugles. Mais en réalité, le principe d’accessibilité ne peut s’avérer efficace sans s’étendre à toute la ville, sans éliminer tout ce qui peut être un obstacle.

 

14:07 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : handicap, evry, pigaglio | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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