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05/10/2010

Un nouveau coup de massue

berson.jpgPar Michel Berson, président du conseil général de l’Essonne, trésorier de l’assemblée des Départements de France.

Lors de la présentation du projet de loi de finances 2011 devant le comité des finances locales, le ministre du Budget, François Baroin, a confirmé le «gel en valeur» des dotations de l’État aux collectivités locales pour les trois années 2011, 2012 et 2013.

 Derrière le terme de « gel en valeur », il s’agit en réalité d’une diminution bien réelle des dotations de l’État qui seront bloquées sans prendre en compte ni l’inflation ni la croissance des besoins des collectivités.

 Les Françaises et les Français seront les premières victimes de ce coup de massue. Les collectivités locales assurent en effet des services publics de proximité et participent directement au pouvoir d’achat des Français. Ainsi, les départements financent les grandes allocations de solidarité : le RMI et RSA pour les familles en difficulté, l’APA pour les personnes dépendantes, la PCH pour les personnes handicapées.

 Ce coup de massue est inacceptable car il conduira à l’asphyxie financière des collectivités locales qui sont déjà étranglées par les transferts non compensés. La dette de l’État à l’égard des collectivités locales ne cesse de grimper d’année en année. Pour les seuls départements, elle atteint 4 milliards d’euros par an pour les allocations de solidarité. Ce coup de massue est injuste car le gouvernement veut faire porter le chapeau aux collectivités locales et faire croire qu’elles seraient responsables des déficits et de la dette publics. Or les collectivités locales sont bien gérées et leurs comptes sont sains.

 Par la loi, les régions, les départements et les communes doivent voter leur budget en excédent : il leur est interdit de faire des déficits. Ce coup de massue est enfin inefficace car les collectivités locales financent entre 70 % et 75 % de l’investissement public dont nous avons tant besoin pour relancer la croissance et préparer l’avenir. Si le redressement des comptes publics est indispensable, le véritable courage politique n’est pas de vouloir diminuer sans cesse la dépense publique mais bien d’engager une réforme ambitieuse de notre système fiscal afin de financer durablement les services publics de proximité par la solidarité nationale.

Publié par le journal l'Humanité

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09/08/2010

221 ans après le 4 août 1789 : L’histoire de Rose Sélavy et de Liliane.B

revodroithomme.jpg C’est l’histoire de deux femmes françaises d’aujourd’hui. La première se nomme Rose Sélavy (1). Elle habite à Evry.  Elle est fonctionnaire territoriale et travaille dans l’Action Sociale. Elle a trois enfants, dont un « grand » qui est étudiant. La seconde s’appelle Liliane B. On respectera ici un anonymat que la véritable haute bourgeoisie aime à préserver, à la différence du Bling-Bling insolent des nouveaux riches. Elle habite Neuilly sur Seine. 17 fois milliardaire en euros, elle est actionnaire et a une fille aujourd’hui établie.


La vie en Rose


Cet été, Rose connaît un mélange d’inquiétudes sourdes et de colères rentrées.

L’année a été lourde. Au contact des souffrances sociales par son travail, elle a vu, avec la crise, le chômage ou le manque de logement, les situations précaires se multiplier. Elle ressent la difficulté d’y répondre avec les moyens d’un service public trop souvent abîmé. Aussi, elle trouve de plus en plus pénibles ces experts ou intervenants attitrés, qui se succèdent dans sa radio matinale pour lui faire la leçon sur les « déficits », les « dépenses sociales », le « coût du travail ». Bien à l’abri de leurs émoluments dorés de consultants des princes et des médias, tout en culpabilisant les chômeurs, les malades ou les retraités. Alain Minc un jour, Jacques Attali le lendemain, et ainsi de suite…D’autant que, pour ces commentateurs patentés, elle est toujours, Rose, une « privilégiée », qui doit faire des sacrifices au nom de « l’équité ». Pensez donc, elle est « fonctionnaire », elle a la « garantie de l’emploi » et elle gagne aujourd’hui 1600 euros par mois. (2)

Elle a entendu parlé de la réforme des retraites et elle voit s’accumuler les annonces de mesures d’austérité. Mentalement, elle a fait ses comptes Rose, et ils sont bien gris. Au nom de « l’équité », elle qui a trois enfants, perd la possibilité de prendre une retraite au bout de quinze ans de service. Au nom de « l’équité », c’est progressivement une diminution de son salaire de 3% qui s’opérerait, par une augmentation non compensée de ses cotisations, soit à terme une diminution de l’ordre de 450 euros par an. Salaire qui verra son pouvoir d’achat également amputé de la hausse des prix par le blocage de l’indice servant à calculer l’évolution des rémunérations. On lui annonce maintenant qu’à partir de 50 ans, au nom de « l’équité des générations », elle devra souscrire une « assurance dépendance ». Elle sait que, pour ce type de risques et des prestations médiocres, les primes d’assurances atteignent 300 à 400 euros par an. Enfin, toujours au nom de « l’équité », l’interdiction annoncée de percevoir une APL pour un étudiant déclaré dans le foyer fiscal des parents, va lui faire perdre 100 euros par mois, plus de 1200 euros sur une année. Soit la perte des 113 euros mensuels d’APL que son fils étudiant ne percevra plus pour la chambre qu’il doit louer, soit la centaine d’euros que représente la demi-part fiscale perdue. Comme Rose, 550.000 foyers seront dans ce cas.

Au final, pour Rose, l’ardoise de « l’équité » est lourde. Si rien ne se passe c’est progressivement une perte de pouvoir d’achat équivalente à 10% de son salaire annuel qui va être imposée à son foyer.


Liliane aussi a des soucis.


On ne parlera pas de ses soucis familiaux, cela ne nous regarde pas. Non, cet été 2010, Liliane a des soucis d’argent.

Tout allait pourtant bien. Des conseillers avisés spécialistes en « Optimisation Fiscale » lui permettent d’obtenir un taux d’imposition moyen réel de l’ordre de 9% de ses revenus, par des mécanismes à la fois légaux et que seuls les initiés peuvent vraiment comprendre. A lui seul, le « Bouclier Fiscal » lui a permis de récupérer 100 millions d’euros, dont 30 au titre de l’année 2009. Neuilly sur Seine n’a pas voté en vain à 87% pour que son ancien maire devienne Président.

Bien sûr il y a la réforme des retraites et l’annonce d’une « taxation des hauts revenus », mais Liliane sait qu’elle peut faire confiance à ses « optimisateurs fiscaux ». Ils sauront gérer cette majoration minime de 1%, non pas de son imposition moyenne, mais du seul taux marginal d’imposition de la fraction haute de ses revenus. Et puis, elle comprend bien que « son » Président, qu’elle a toujours bien aidé dans ses entreprises politiques, avait idéologiquement besoin d’un trompe l’oeil « équitable » pour vendre sa réforme des retraites.

Les difficultés de Liliane sont venues de « mauvaises manières » faites par un « petit personnel » qui, comme chacun sait dans les vraies familles bourgeoises, n’est plus ce qu’il était. Et voilà que des journalistes évoquent ce qu’ils n’auraient jamais dû savoir. On l’interroge sur la « possibilité d’une île ». Pas celle du roman, une vraie, aux Seychelles. Pour savoir qui en est vraiment propriétaire. On l’interroge aussi sur une soixante de millions d’euros sur des comptes en Suisse, qui n’auraient jamais du y être, ou dont on n’aurait jamais du savoir qu’ils y étaient. Et puis, comme beaucoup de personnes d’un certain âge, elle a ses habitudes Liliane. Pour prendre une image économique, c’est une forme de « préférence pour la liquidité ». Pour ses dépenses courantes, elle fait faire régulièrement des retraits, qu’elle met dans des enveloppes selon la destination ou le destinataire. Rien que de très banal, hormis peut être pour les montants concernés, 50.000, 100.000, 150.000 euros, ….c’est juste une question d’échelle. Et voilà qu’on lui demande de se souvenir du montant précis ou du nom de tel ou tel destinataire. Mais, elle ne sait plus très bien le détail de tout cela. Comme dit la chanson, elle a « la mémoire qui flanche ». N’est ce pas humain ?


Le 7 septembre


D’autant que Liliane est bien défendue. Rose a même entendu cette envolée à l’Assemblée Nationale de la Garde des Seaux « Mais c’est Madame B., c’est L’Oréal, c’est une grande entreprise » ! Elle aimerait bien, Rose, entendre une ministre défendre ainsi son Action Sociale. Elle imagine « Mais c’est Madame Sélavy, c’est un Service Public, une grande œuvre de solidarité nationale » ! Mais il y a peu de chances que nos dirigeants poussent « l’équité » jusque là…..

Comme aurait dit « Jean-Sol Parte » l’écrivain qu’elle lisait dans sa jeunesse, Rose a un peu la Nausée de ces histoires, où elle comprend que certains peuvent mettre entre 2 et 7 ans de son salaire annuel dans des « enveloppes », tout en ayant un « blanc » sur pour quoi ou pour qui ? Elle se souvient avoir lu dans les livres d’histoire que le 4 août 1789, l’Assemblée Constituante avait voté « l’abolition des privilèges ». Elle se dit que 221 ans plus tard, il serait bien de remettre l’ouvrage sur le métier.

Ce matin, Rose a parcouru le fil du Net, et ce qu’elle a lu a achevé de la mettre dans une colère noire : une circulaire aux Préfets pour ne plus ouvrir de places d’hébergement d’urgence supplémentaires, l’annonce d’une austérité de plus par le calcul des indemnités journalières en divisant par 365 et non plus 360 la base de calcul, la volonté de ne plus classer en ALD, pris en charge à 100%, l’hypertension artérielle…. Mais aussi l’annonce triomphale par France Télécom de garantir à ses actionnaires un dividende élevé pour les 3 années à venir, après celui, record de 2009, et ceci indépendamment des aléas de la « conjoncture économique ». Elle a lu aussi sur le site de l’Humanité que la pension de retraite de l’ancien PDG de l’Oréal, Lindsay Owen-Jones est de 3,3 millions d’euros.

Rose comprend que les « sacrifices » qu’on lui impose au nom de « l’équité » n’iront pas aux plus démunis qu’elle.

Elle ne manifestera pas ce 4 août 2010, - « privilégiée » des Congés Payés, Rose s’est mise au vert, pour quelques jours, histoire de profiter de la Grande Bleue- mais c’est décidé, elle participera aux manifestations du 7 septembre pour une autre réforme des retraites.

Il y a peu de chances qu’elle y croise Liliane B. Elles ont pourtant un point commun apparent, un taux d’imposition moyen de 9% chacune ! « C’est équitable » dira Madame Lagarde !! Et puis, Liliane B., ces histoires de « nombre de trimestres pour avoir une retraite à taux plein », ça n’a vraiment jamais été sa tasse de thé. Sauf, elle s’en souvient, pour trouver « irréaliste et dangereux » l’adoption en 1981 de la retraite à 60 ans. Aujourd’hui, elle est contente de voir que de Rocard à Strauss-Khann, de Minc à Attali, ils ont au moins un point d’accord avec madame Parisot du Medef, pour « ne pas en faire un dogme ».

Rose, elle, voit rouge et ne veut pas de ce 4 août à l’envers. Ni pour elle, ni pour ses enfants, ni au regard des combats des générations qui l’ont précédée. Et elle sait qu’elle se retrouvera à la manifestation du 7 septembre avec d’autres Liliane, du privé comme du public, active ou retraitée, avec ou sans papiers, pour une nouvelle page de l’Egalité.


Jean Paul Duparc, le Patriote 


(1) comme un clin d’œil à Boris Vian, Robert Desnos et Marcel Duchamp (2) avec ce salaire, Rose a même la « chance » d’être au niveau du salaire médian masculin, alors qu’en moyenne les hommes gagnent 37% de plus que les femmes.

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26/05/2010

RETRAITE, EXPRESSION DE LA CGT DU 91

COMMUNIQUE

manif2391.jpgDéclaration de la CGT est opposée aux solutions que le gouvernement s’apprête à adopter, à savoir repousser l’âge légal de départ en retraite et allonger la durée de cotisations.

Ces « fausses solutions » ne règleraient en rien les problèmes posés.

La CGT considère que la solution au problème de

 financement posé

passe d’abord par le développement de l’emploi, une politique industrielle et une politique salariale dynamique. Cela répondrait d’ores et déjà à la moitié du besoin de financement.

Ces deux aspects devant permettre de revenir à un partage plus juste de la valeur ajoutée entre le travail et le capital.

L’autre moitié du besoin de financement doit provenir de ressources nouvelles par l’élargissement des cotisations à toutes les rémunérations et par la mise à contribution des revenus financiers des entreprises.

La CGT 91 recense la commande de 23 cars par les organisations CGT pour se rendre à la manifestation parisienne, et d’ores et déjà 153 arrêts de travail dans les entreprises du public et du privé.

A aujourd’hui, nous pouvons annoncer que la mobilisation en grévistes et en manifestants sera supérieure à la journée d’action du 23 mars.

Le gouvernement entend utiliser une méthode de pseudo-concertation et un calendrier hyper court pour tenter d’anesthésier les salariés.

Sur la question des retraites, les salariés et retraités font largement plus confiance aux syndicats qu’au gouvernement et au Medef.

L’UD CGT 91 a décidé de tenir 100 débats publics dans les entreprises et les localités pour élargir la mobilisation. Les 17 premiers débats tenus ont déjà rassemblé plus de 1.000 participants et 23 autres débats sont déjà en préparation.

La carte pétition nationale de la CGT connaît un succès incontestable lors de la tenue des premières initiatives de signatures (420 signatures au Centre Commercial Evry 2, 100 dans 5 bureaux de Poste, 50 à l’école Polytechnique, 240 au Centre d’Essais des Propulseurs de Saclay…).

Les salariés et retraites sont profondément attachés au droit à la retraite à 60 ans.

Nous considérons que les syndicats peuvent bousculer les plans gouvernementaux s’ils poursuivent et renforcent la démarche unitaire engagée.

C’est dans ce sens que la CGT travaille.

Evry, le 26 mai 2010

Marc Roumejon, secrétaire général de l’UD CGT 91, et d’ Hervé Leblanc, secrétaire général adjoint de l’UD CGT 91

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