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17/10/2009

LES AGRICULTEURS DU 91 ET DE L'IDF EN COLERE

manifa.jpgIls sont une cinquantaine, regroupés dans le froid sur un coin de pelouse des Invalides, à Paris. Comme leurs collègues un peu partout en France, ils ont répondu à l'appel lancé par la FNSEA, le premier syndicat agricole. L'objet de la révolte? «Les prix qui baissent sans cesse » et les contraintes, notamment environnementales, «de plus en plus importantes», explique l'un d'eux sur place. Qu'ils produisent de la betterave, du blé, du lait ou encore des œufs, tous se disent dans la même détresse financière et psychologique. Trois agriculteurs de la région parisienne racontent à 20minutes.fr pourquoi ils veulent que les choses changent…
 
Patrick Théet: «C'est un abandon de l'agriculture»
Production: 127 hectares de céréales et de betteraves sucrières à Etampes (Essonne).
Revenus: Environ 2.000 euros/mois. En 2009, il a mis 10.000 euros de sa poche dans son exploitation.

«Cette année a été catastrophique pour nous. Nos charges (fioul, engrais) ont explosé, mais les prix de ventes de notre production, eux, ne cessent de baisser», confie l'agriculteur, venu depuis l'Essonne pour protester contre «la politique de Nicolas Sarkozy.» «Ce qui se passe actuellement dans notre secteur est terrible. C'est un abandon de l'agriculture», confie-t-il. Ce que souhaite Patrick Thiéet aujourd'hui, «C'est être entendu» pour que les choses changent. «Nous voulons  une régulation des marchés agricoles, parce que pour le moment on ne peut pas concurrencer les producteurs étrangers (Australie, Argentine, Brésil)», souligne-t-il.
 
Damien Greffin: «On ne veut pas crever»
Production: 150 hectares de céréales.
Revenus: 1.500 euros/mois.

Il fait partie de la jeune génération. A 34 ans, Damien Greffin est à la tête d'une exploitation de 150 hectares et président des jeunes agriculteurs d'Ile-de-France. Avant de retrouver ses collègues aux Invalides, il a fait un détour par les Champs-Elysées où, avec quelques confrères, il a étalé de la paille devant le Fouquet's, l’hôtel où Nicolas Sarkozy avait fêté son élection à la présidentielle. «Ce qu'on a fait là-bas, c'est symbolique. On occupe le terrain», confie le jeune agriculteur. «Le message, il est directement adressé à Sarkozy», ajoute-t-il. «On est en train de crever, en ce moment le kilo de blé, je le vends 9 centimes le kilo, mais ça me coûte 15 centimes pour le produire», explique Damien Greffin.«Si ça continue comme ça, on va délocaliser toute l'agriculture et dans dix ans il n'y aura plus un seul agriculteur en France. On est en train de faire disparaître l'agriculture», regrette-t-il.
 
Christophe Lecoq: «C'est de la survie à court terme»
Production: élevage de poules.
Revenus: 1.200 euros/mois.

«Moi si je là, c'est parce que je suis solidaire de mon métier», explique l'agriculteur d'une quarantaine d'années. «On a de plus en plus de contraintes vétérinaires que les autres pays producteurs n'ont pas, on est en train de nous condamner. A ce rythme, en 2012, la France perdra un tiers de ses agriculteurs. C'est de la survie à court terme», explique l'éleveur des Yvelines. «On parle beaucoup des suicides chez France Télécom en ce moment, mais je peux vous dire que chez les agriculteurs ce n'est pas mieux», conclut-il avant de rejoindre ses collègues en marche vers le ministère de l'Agriculture à quelques pas de la pelouse des Invalides.

Maud Descamps, pour 20 mn

12:44 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agriculteurs, colère | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/09/2009

INSECURITE : DES CHIFFRES ET DES ACTES

violence.JPGUne boîte mail à destination de la population des quartiers sensibles de l'Essonne vient d'être installée par Jean-Claude Borel-Garin, le numéro 1 de la police dans le département. L'objectif ?

 Contourner l'omerta qui règne dans certains quartiers, inciter les habitants des cités à raconter les délits ou les nuisances auxquels ils assistent.

Cette information qui suscite une polémique dans notre département relance également le débat sur l’insécurité en général.

DES CHIFFRES INQUIETANTS

A la mi-août, le bilan mensuel de l’Observatoire national de la délinquance montrait que le nombre d’actes de violences contre les personnes continuait d’augmenter (+ 4,34 % sur les douze derniers mois).

En juillet l’observatoire indiquait déjà qu’avec 18 902 faits constatés ces atteintes volontaires à l’intégrité physique étaient en hausse sur une période d’un an, en précisant par contre que les atteintes aux biens étaient en légère baisse (- 1,1 %) avec 25 017 faits constatés.

Ces chiffres sont à nuancer. L’office National de la Délinquance après une enquête a démontré que  dans leur majorité, les victimes « ne portent pas à la connaissance de la police et de la gendarmerie les atteintes aux biens ».

 

Elles agissent en fonction de la « gravité du préjudice ». Moins de 24 % de ces délits font ainsi l’objet d’une plainte. Plus d’un vol sur deux n’est pas déclaré, à l’exception - question d’assurance - des vols de voiture (90 % déclarés) et des cambriolages (70 %).

LES ACTES

Face à cette situation, Gouvernement et élus des villes tentent de répondre à l’inquiétude des habitants. En moins de deux ans ce sont plus de dix lois qui ont ainsi été votées au Parlement sans que des résultats probants soient notés.

Les élus des villes veulent aussi apporter une réponse, en doublant les effectifs de la Police municipale comme à Evry, et dans la plupart des cités, et en mettant en place des caméras de vidéosurveillances dont l’efficacité est loin d’être démontrée comme le prouve l’expérience britannique avec plus de 20 millions de caméras installés avec un coût énorme et des résultats quasiment nuls.

Néanmoins cela répond il en partie à l’angoisse des habitants qui s’exprime dans de nombreuses réunions publiques, souvent après des actes de violence traumatisants.

A cela s’ajoute la fermeture à un accès pour les habitants de l’extérieur, de la plupart des résidences des villes par les bailleurs où les co-propriétaires dans le cadre de plans de rénovation comme dans des quartiers comme les Pyramides, des Champs Elysées, ou du Champtier du Coq à Evry.

Ce sont ces actions additionnées qui ont permis de limiter l’augmentation des faits de délinquance, plus que l’action gouvernementale qui se dégage de plus en plus sur les collectivités avec par exemple 5000 postes de gendarmes et de policiers supprimés compensées en partie par des augmentations des effectifs de police municipale, avec pour conséquence de « plomber » les budgets et de limiter paradoxalement les actions de préventions et de médiations pourtant fortement appréciées par la population et souvent très efficaces.

UNE INSECURITE GENERALE

La crise sociale contribue à l’augmentation de l’insécurité en général, qu’elle soit économique, politique et sociale.

Un officier de police reconnaissait d’ailleurs cette réalité en précisant : « Il y a eu des mois de baisse sans que l’on puisse dire que c’est grâce à nous. Et la hausse de certaines formes de criminalité aujourd’hui, ce n’est pas nécessairement notre faute. La délinquance est un problème complexe qui repose sur des facteurs sociaux, économiques, régionaux et même météorologiques parfois. »

Le débat sur l’insécurité est loin d’être clos. C’est aussi celui de notre société. 

20:20 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : délinquance, violence, evry, france | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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