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01/01/2015

MEILLEURS VOEUX POUR 2015 !

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Nous vous souhaitons nos meilleurs voeux pour 2015 avec notre radio Mosaik-Radio : http://www.radionomy.com/fr/radio/mosaikradio/index

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20/11/2014

Le système Dassault, du cash par millions jusqu’au crash ?

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En avril 2014, l’ancien maire UMP avait été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ».

Le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a avoué aux juges avoir remis 53 millions d’euros transférés en cash depuis l’étranger 
à l’ancien maire UMP de la cité de l’Essonne, dans le cadre de l’enquête sur la corruption électorale présumée orchestrée par le grand patron.

Le comptable a parlé. Et les chiffres sont effarants. Entre 1995 et 2012, Gérard Limat a remis 53 millions d’euros en cash et en main propre à son ami et employeur Serge Dassault. Le citoyen suisse l’a avoué aux juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, chargés de l’enquête sur la corruption électorale, présumée, organisée à Corbeil-Essonnes par l’avionneur et ancien maire UMP.

Les procès-verbaux, auxquels nos confrères de Libération et de France Inter ont eu accès, dévoilent un système complexe combinant des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg et en Suisse. Si le montage financier paraît savant, la méthode se termine comme dans n’importe quelle saga mafieuse : quartier des Champs-Élysées, un coursier de la société suisse Cofinor remet un sac à Limat, qui le dépose ensuite dans le bureau parisien de Dassault.

Le « sachet en plastique ‘‘passe partout’’ (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. (…) Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose », a déclaré l’ami très proche.

Les bénéficiaires des virements suspects habitent Corbeil-Essonnes

corbeil-essonnes_38443.jpgLimat prétend ignorer à quoi pouvait servir tout cet argent, et affirme avoir simplement répondu aux besoins du boss. Serge Dassault, lui, a été mis en examen en avril 2014 pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ». L’enquête concerne trois élections municipales organisées entre 2008 et 2012 à Corbeil-Essonnes à la suite d’annulations successives prononcées par le Conseil d’État.

Une période pendant laquelle Limat admet avoir livré 7,45 millions en petites coupures au grand patron. Tout cet argent a-t-il servi à acheter des voix pour que Dassault, puis son successeur désigné Jean-Pierre Bechter, conservent le fauteuil de maire ? Selon les juges, plus de 4,2 millions d’euros de virements suspects effectués par Limat s’ajoutent aux sommes en liquide. Des virements dont les bénéficiaires sont très majoritairement des habitants de… Corbeil-Essonnes.

Plus frappant encore, Gérard Limat a avoué avoir livré 700 000 euros le 8 juillet 2009, puis 314 000 euros supplémentaires le 17 septembre, exactement dix jours avant le premier tour des municipales. Plus de 1,7 million d’euros ont ensuite été acheminés dans les sept mois qui ont suivi l’élection, comme le précise Libération.

Une sacrée coïncidence à laquelle s’ajoute la concordance du témoignage de Limat avec celui de Mamadou Kébé dans le Monde. Pour le comptable suisse, les sacs étaient remplis de liasses de billets de 100 et 200 euros. Pour le second, Corbeil-Essonnois, mis en examen pour complicité d’achats de vote, l’enveloppe touchée en 2010 était pleine de « paquets de billets de 100 et 200, encore entourés du truc de la banque ».

Le maire actuel Jean-Pierre Bechter, son adjointe Cristela de Oliveira, le cadre local de l’UMP Jacques Lebigre et le supposé intermédiaire Younès Bounouara sont, eux aussi, mis en examen dans cette affaire. « Il est urgent que la justice fasse son travail et qu’un procès aboutisse à condamner les corrupteurs et les corrompus », espère Michel Nouaille. Pour le secrétaire de section PCF à Corbeil-Essonnes, candidat aux municipales de 2009, « ces dernières révélations confirment un peu plus l’existence d’un système très bien organisé qui a sans doute fonctionné de 1995 à 2012, et qui a contribué à pervertir totalement la démocratie pendant dix-sept ans. Et peut-être même plus... »

« Il est très important de montrer que même les puissants n’échappent pas à la justice, et primordial de rétablir un climat serein dans cette ville », lance Bruno Piriou, candidat Front de gauche en 2014, qui a été dans les premiers à dénoncer le système Dassault dans sa ville. « Il est impressionnant de voir les sommes absolument faramineuses qu’un seul homme peut utiliser pour asseoir son pouvoir », accuse-t-il, avant de tancer un Serge Dassault encore sénateur, patron de presse (Le Figaro) et détenteur de la quatrième fortune de France, qui n’a cessé toute sa vie de fustiger les fonctionnaires, les chômeurs et les plus défavorisés. « Lui et le Medef disent qu’il n’y a plus d’argent ? Eh bien, force est de constater qu’il y en a ! » s’indigne-t-il.

 

Aurélien Soucheyre

Aurélien Soucheyre: http://www.humanite.fr/le-systeme-dassault-du-cash-par-millions-jusquau-crash-558087#sthash.7BPYCCyi.dpuf

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27/10/2014

André Laignel « Pour le gouvernement, les collectivités locales sont une variable d’ajustement

laignel.jpgDans l'Humanité Dimanche. Entretien réalisé par Benjamin König avec André Laignel, maire ps d’Issoudun (Indre) et président du Comité des Finances Locales (CFl).

HD. Rejoue-t-on, comme avec l’État, le même scénario de la dette pour étouffer les collectivités locales ?
ANDRÉ LAIGNEL. Dans ce cas l’Europe n’a rien à voir, il s’agit d’une vision franco- française. Bercy, la technocratie en un mot, considère que moins il y a des services publics locaux, mieux ce sera. C’est une vision réductrice du rôle des collectivités territoriales.
 
HD. Quels sont alors les objectifs visés ?
A. L. D’abord de réduire le nombre de collectivités. Ramener le nombre de niveaux à deux, en étouffant les communes et en tuant les départements. D’ailleurs, ce n’est pas nouveau, cela figurait déjà dans le rapport Balladur de 2009. Et le rapport de la Cour des comptes paru le 14 octobre ne dit pas autre chose...
 
HD. C’est aussi la position du gouvernement, qui est issu du même parti que vous...
A. L. Le débat existe au sein du PS, il existe deux visions qui traversent le clivage droite-gauche. D’une part, il y a ceux qui considèrent qu’on doit rester sur trois niveaux – que l’on peut cependant moderniser –, pour qui les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale, à savoir les regroupements de communes – NDLR) sont de simples outils : c’est le modèle de la Constitution. Et il y a l’autre modèle, qui veut donc deux niveaux : EPCI et régions.
 
HD. Ce modèle n’est-il pas dangereux pour la démocratie locale ?
A. L. En effet, on éloigne le pouvoir de décision du citoyen. Ce n’est pas au moment où l’on connaît un recul démocratique qu’il faut éloigner les centres de pouvoir du citoyen...
 
HD. Le principe est le même pour les métropoles...
A. L. La métropole, à Paris comme ailleurs, doit être au service des communes. Ce n’est pas la direction prise par le gouvernement.
 
HD. Revenons au problème de la dotation aux collectivités, en baisse de 11 milliards d’euros sur trois ans...
A. L. Le gouvernement essaie d’équilibrer ses comptes en ponctionnant les collectivités, nous sommes pour lui une variable d’ajustement. Il tente ainsi de transférer sa dette. On nous dit qu’il faut tenir compte de la réalité financière. D’accord, mais les collectivités sont au contraire un levier de la relance ! Or, si on reste sur cette base de 11 milliards, cela entraînera une chute des investissements de près de 10 %. Cette année, l’investissement des collectivités a déjà chuté de 6 %.
 
HD. Je vais vous demander de remettre votre casquette de maire : quel impact concret cela a-t-il dans votre commune, par exemple ?
A. L. Ma ville et la communauté de communes du pays d’Issoudun perdent 500 000 euros dès cette année. Or, plus de 80 % des dépenses sont incompressibles. L’essentiel des 20 % restants sont de l’autofinancement ; l’investissement est le premier poste touché. Je dois décaler des projets, notamment de voirie. Pour la communauté de communes, cela entraîne une baisse de 20 à 25 % des investissements. D’autres collectivités renoncent purement et simplement à de grands projets, nous, on étale pour essayer d’absorber.
 
HD. D’autant que ces 11 milliards de baisse de dotations entraîneront à terme, avec les intérêts des dettes contractées, une perte réelle de 28 milliards d’euros !
A. L. Oui, je l’ai d’ailleurs dit lors d’une réunion du CFL, il s’agit du cumul de l’argent perdu par les collectivités locales entre 2014 et 2017. Il existe aujourd’hui une volonté de procéder, à l’encontre des collectivités, par étouffement financier. Je veux rappeler que la libre administration des collectivités figure dans la Constitution... Aujourd’hui, la tentation existe de réduire les services publics de proximité. Pourtant, la dette des collectivités ne représente que 9,5 % des 2 000 milliards de la dette publique, c’est très faible, et les collectivités doivent toujours présenter un budget à l’équilibre.

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