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18/12/2009

L’inadmissible blocage du RER par la RATP

RER_A.jpgAlors que la grève est suivie à 98%, la direction a dû ouvrir des négociations sans, pour l’instant, satisfaire les revendications. La droite utilise ce conflit à des fins politiciennes.

Au septième jour de grève des conducteurs de la ligne A du RER, la direction de la RATP a été obligée de sortir de son attitude de refus de négocier. Les six organisations syndicales (CGT, CFDT, SUD, FO, Unsa et syndicat indépendant) ont « apprécié positivement » l’ouverture de négociations, mais remarquent qu’elles n’ont pas abouti à la reconnaissance « au bon niveau » des revendications des salariés.

 La direction de la RATP continue donc sa stratégie de blocage, aidée en cela par un enjeu plus politique qui voit l’UMP tirer à boulets rouges sur la région, en charge des transports. Hier, Valérie Pécresse, tête de liste UMP pour les élections régionales en Île-de-France, s’est vantée d’avoir passé le week-end avec « des usagers en colère », dénonçant la « passivité de la région ».

Pas dupe sur cette opération, le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon (PS), dénonce une attitude « bassement politicienne » du gouvernement. Cette situation permet en tout cas à la direction de la RATP de miser sur un pourrissement du mouvement. Le 1er décembre, alors que les syndicats avaient déposé un préavis de grève sur des revendications d’augmentation des salaires, elle envoyait aux salariés une lettre faisant état de ses propositions  : notamment une prime fixe mensuelle de 100 euros. Mais elle exigeait la levée du préavis de grève, puis, une fois la grève enclenchée, la cessation de la grève, comme préalable à la poursuite des discussions. Les négociations qui se sont ouvertes dans la nuit de mardi à mercredi n’ont permis d’aboutir qu’à une proposition de la direction très inférieure à celle qu’elle avait avancée le 1er décembre.

La prime mensuelle fixe de 100 euros est devenue une prime variable de 80 euros, dont le versement dépendrait de la régularité du trafic. Comme si les conducteurs étaient seuls responsables des incidents sur cette ligne surchargée  ! Mercredi matin, les assemblées générales du personnel ont voté la reconduction de la grève partout à l’unanimité. « La grève, à l’initiative de tous les syndicats, est suivie par 98 % des conducteurs », assure Joël Joseph, un des négociateurs de la CGT. Cela n’empêche pas la droite de se déchaîner.

Le Figaro s’illustre particulièrement, titrant en une sur « la grève inadmissible des conducteurs ». « Ils roulent 2 h 50 par jour », indique le surtitre du journal, laissant croire que tels seraient les horaires de travail de ces salariés. Et l’éditorialiste Yves Thréart enfonce le clou  : « Il est temps de reconsidérer le droit de grève », ose-t-il suggérer  !

Olivier Mayer, pour l'Humanité

La vraie vie de Catherine, conductrice du RER A

Certains les présentent comme des privilégiés. Les conducteurs de la ligne A du RER veulent voir reconnue la pénibilité de leur métier

rera.jpg« La presse ne s’aperçoit qu’on existe que lorsqu’on n’est plus là  ! » Catherine Machette, conductrice sur la ligne A du RER et syndicaliste CGT, ne cache pas son amertume devant les mensonges de certains journaux à l’égard des conducteurs.

 Entrée à la RATP en 1987, il y a bientôt vingt-trois ans, elle est conductrice depuis 1990. Au bas de sa feuille de paye, salaire et primes comprises, 2 549,07 euros de net à payer, loin des « salaires prohibitifs » dénoncés par la Cour des comptes. Et il ne lui reste que deux échelons à franchir pour être au maximum de la grille. Son travail  ? « Un métier de responsabilité, affirme-t-elle. Derrière moi, il y a 1 700 ou 2 000 voyageurs officiellement. Souvent bien plus. Et je dois les amener à bon port en toute sécurité. » Elle précise que, comme tous ses collègues, elle n’est pas seulement conductrice mais aussi mécanicienne. « En cas d’incident, nous devons dépanner. »

Mais, selon elle, « la partie la plus éprouvante, c’est de gérer les voyageurs. Nous sommes un service. Ils ne comprennent pas les retards ». Parler de dégradation du service lui paraît faible. « C’est une véritable destruction, surtout depuis que les trains ont été multipliés par 2. Il n’y a plus de battement, plus de différence pour nous entre heures creuses et heures pleines. » Alors fustiger les conducteurs qui ne roulent que 2 h 50 par jour la met en rage, car le temps de travail ne se résume pas au temps passé à conduire les voyageurs. « On ne compte pas les retards, selon les jours entre 8 minutes et 1 heure-1 h 30. Il faut garer les trains et les voies de garage sont éloignées, 25 à 40 minutes.

 Et vérifier tous les organes de sécurité. » Catherine montre son tableau de service. Une semaine, elle commence à 4 h 41 pour terminer à 10 h 36. La semaine suivante, c’est de 19 h 24 à 1 heure du matin. « À 45 ans, c’est dur physiquement. Et si je pars à la retraite à 50 ans, je ne toucherai pas grand-chose. »

O. M.

17:48 Publié dans Social et économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rer a, grève | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/12/2009

Accessibilité et insertion

 Favoriser le développement de nouvelles pratiques

ajoie.JPGEntretien pour le Journal du Parlement avec Christian PIGAGLIO, conseiller communautaire communiste, délégué pour le Handicap à la Communauté d'Agglomération d'Evry Centre.

« Constitue un handicap, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société… ». Les toutes premières lignes de la loi du 11 février 2005 rappellent les droits fondamentaux des personnes handicapées, notamment en termes d’accessibilité et d’insertion.

 

Quels sont les principaux axes, ciblés par votre action au sein de la Communauté l’Agglomération ?

Ma démarche vise essentiellement à insister sur les droits des personnes handicapées et sur ce qu’elles subissent au quotidien. Parallèlement aux droits à des ressources et à des compensations, il est important de leur garantir un accès facilité à la scolarité, à l’emploi mais également à tout ce qui a trait à la citoyenneté et à la participation à la vie sociale.

A travers la loi de 2005, le principe d'accessibilité pour tous, quel que soit le handicap, est réaffirmé. Ses critères et les délais de mise en conformité sont précisément redéfinis.

Comme de nombreuses agglomérations, nous avons malheureusement pris du retard sur l'application de ces textes.

Si les établissements existants recevant du public et les transports collectifs ont encore quelques années pour se mettre en conformité avec la loi, tous les travaux réalisés sur notre territoire aujourd’hui tiennent compte de ces impératifs. Désormais, les nouvelles structures édifiées sont en conformité avec les normes imposées par la loi et, au sein de chaque rénovation ces mesures sont prises en compte.

Nous menons une véritable politique en la matière. La personne souffrant d’un handicap physique, sensoriel ou mental, ne doit pas souffrir de marginalisation et pour ce faire, nous avons entamé un important travail de diagnostic. Cette analyse a pour finalité de mieux les besoins existants et les aspirations des personnes concernées.

 

Au-delà de l'aspect réglementaire, quelles sont vos autres ambitions ?

pigaglio.jpgJ’aimerais pouvoir « construire » un lieu de réflexion et de propositions, au sein duquel pourrait se nouer un dialogue de fond sur ce problème. Il est fondamental, si nous voulons avancer sur ce sujet, de s'interroger véritablement sur le handicap et sur ses conséquences aux niveaux professionnel, social et culturel.

Le handicap s'inscrit dans le cadre des compétences de la Communauté d'Agglomération et de fait, une action transversale à toutes les délégations doit s’instaurer. Elle doit pouvoir s’insérer dans tous les domaines : de l'emploi jusqu'au logement des bailleurs sociaux, en passant par l'aménagement urbain.

Dans le prolongement, j’ai d’autres souhaits à exprimer. Le premier tend à modifier notre mode de pensée : l’accessibilité n’est pas synonyme de charges nouvelles !

Il est bon de rappeler qu’à chaque fois qu’une initiative est amorcée, que ce soit niveau poste de travail ou de la construction d'équipement, elle est profitable à l’ensemble de la collectivité. Améliorer la qualité d'un logement, optimiser la sécurité enfantine… ne sont pas des « obligations » mais plutôt une philosophie du mieux vivre.

Le second point est une action de sensibilisation. Le handicap ne peut s’apparenter qu’au seul fauteuil roulant. Je suis frappé par l'oubli qui concerne les handicaps visuels, auditifs et moteurs, voire les maladies et les troubles liés au vieillissement.

Notre mission est d’aller plus loin et notre approche doit être globale. Il est bon en effet que les bus et leurs arrêts soient équipés de rampe d'accès et de panneaux d'affichage pour les malentendants et les aveugles. Mais en réalité, le principe d’accessibilité ne peut s’avérer efficace sans s’étendre à toute la ville, sans éliminer tout ce qui peut être un obstacle.

 

14:07 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : handicap, evry, pigaglio | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/12/2009

DEBAT SUR L'IDENTITE NATIONALE A LA PREFECTURE DE L'ESSONNE

PRFECT~1.JPGvml.gife débat public sur l'identité nationale organisé vendredi à la préfecture d'Evry n'a pas fait salle comble. Sur les 450 invitations envoyées par le préfet, seules quelque 150 personnes ont répondu présent, pour la plupart des responsables associatifs ou des lycéens du département. Le débat est soigneusement encadré et se déroulera selon les principes édictés par le guide du ministère de l'immigration. Devant le cabinet du préfet, un groupe d'étudiantes de première d'un lycée de ZEP de Corbeil-Essonne patiente en attendant l'ouverture des discussions.

 

"Pourquoi ce débat apparaît-il maintenant ? Quel est le rapport avec l'islam ?, s'interroge Ghalia. J'ai envie d'entendre les points de vue des autres sur ces questions." Pour sa camarade de classe Safia, ce débat est tout simplement mal né : "Le problème ne résulte pas d'une crise identitaire, mais d'une crise de l'esprit civique. Et ce n'est pas un débat inutile qui va régler le problème du communautarisme, qui dure depuis des années dans certains quartiers. Sans compter qu'avec la polémique des minarets et de la burqa, c'est toujours la même religion qui est stigmatisée", analyse cette jeune lycéenne.

 

"TA GUEULE"

Après une double introduction de Nathalie Kosciusko-Morizet, tête de liste UMP dans l'Essonne pour les régionales, et d'un professeur d'histoire-géo, place au débat. Et au premier incident de la journée. Une déléguée syndicale, bottée de cuir, s'empare du micro et lit avec conviction un communiqué de la CGT dénonçant la confusion entre "identité nationale" et "immigration". "Ta gueule", lance un participant. Dans la salle, on est visiblement venu pour débattre, pas pour négocier les termes du débat. La déléguée poursuit sa lecture. "CGT de merde… Rentre chez toi", persifle un autre. L'animateur du débat arrache alors le tract des mains de la syndiquée, qui quitte la salle en lançant un sourire triomphant à l'assistance.

 

L'incident est clos. Un chef d'entreprise se lève et tente de relancer la discussion. La question de l'identité nationale est, selon lui, devenue extrêmement complexe du fait que "le village" se soit mondialisé : "Les jeunes ne jurent plus que par Michael Jackson et Madonna", a-t-il cru observer. Un frisson réprobateur et un tantinet moqueur parcourt la moitié gauche de la salle, celle réservée aux "jeunes".

 

L'une d'entre elles, Kamina, en 1re dans un lycée de ZEP, prend alors le micro : "Mon père est guinéen. A l'école, on lui enseignait que ses ancêtres étaient gaulois. Mon grand-père s'est battu pour la France. Qui peut me dire aujourd'hui que je ne suis pas française ?" Applaudissements nourris dans la salle. Le micro change de main. Un homme d'un certain âge lui répond : "Je ne suis pas certain que mes ancêtres soient plus gaulois que les tiens, mais ça fait partie de mon récit personnel." Cette question, celle du passé colonial de la France et de ses difficultés à intégrer les descendants de ses anciennes colonies, va hanter toute la suite du débat.



ERIC CANTONA

Un colonel à la retraite, "français depuis plusieurs générations", aujourd'hui président d'une association d'aide aux immigrés, se lève : "Il est temps d'assumer notre passé colonial. S'il y a tant de Maghrébins et d'Africains noirs en France, c'est parce que nous avons colonisé leurs pays." La voix trébuchante, l'homme livre alors sa vision du "vivre-ensemble" : "On évoque souvent la liberté et l'égalité, qui sont en partie du ressort de l'Etat, mais on passe trop sous silence la fraternité, qui ne dépend que de nous."

C'est au tour de "M. Dawson", français d'origine algérienne, de prendre la parole : "Je vais citer un poète, qui est aussi philosophe et sportif." La salle est intriguée. "C'est Eric Cantona. Il a dit qu'être français, c'est être révolutionnaire. Dans révolutionnaire, moi j'entends résistant. Or si on me parle de la collaboration, je pense à Pétain, Laval, alors que si je cherche des noms de résistants, je m'aperçois que je n'en connais pas. Guy Môquet ? Il y a encore quelques semaines, je croyais que c'était une station de métro…" Une camarade de classe de Kamina, arrivée en France à l'âge de trois ans, tente de mettre le débat en perspective : "Au lieu de s'intéresser toujours au passé, on ferait mieux de penser aux jeunes et de se pencher sur l'avenir. Quels sont nos projets pour l'avenir ?"



BLANQUETTE ET COUSCOUS

En conclusion d'une intervention plus ou moins limpide, un homme en complet-veston s'interroge : "On est le quatrième pays en terme de nombre de bicyclettes par habitant. Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Est-ce que ça parle de notre goût pour la liberté ?" Personne ne se hasardera à lui répondre. Mais l'animateur des débats profite de cette intervention pour y aller de sa petite anecdote. "A l'étranger, quelqu'un m'a dit un jour que les deux plats typiquement français étaient la blanquette et le couscous." La salle s'esclaffe. "C'est la choucroute !", s'insurge une femme née au Nigeria.

 

Un imam, responsable associatif et aumonier musulman à la prison de Fleury-Mérogis, rebondit sur la perception qu'ont les étrangers de l'identité nationale française. "Pour les étrangers, c'est une question simple. Mais se la poser à nous-mêmes, c'est la question qui tue", explique-t-il. Il évoque alors son propre rapport complexe à la France, le parcourt de son père, "qui a passé sa vie ici et à qui on n'a jamais proposé d'être naturalisé"… et fond en larmes. Il se reprend : "Ceux qui se pensent d'ailleurs, du 'bled', sont ceux qui ont raté leur intégration." "Voilà, c'est ça, c'est vrai !", s'enthousiasme la femme d'origine nigériane.

 

C'est ce moment que choisit la moitié de la salle, celle occupée par les lycéens, pour lever le camp dans un fracas certain. Ils poursuivront le débat en classe, avec leur professeur.

 

Soren Seelow, pour le Monde

 

15:22 Publié dans Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essonne, identité nationale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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