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20/03/2018

PARIS : VERS LA GRATUITE DU TRANSPORT ?

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Alors que le Conseil de Paris a voté ce mercredi la gratuité du pass Navigo dans l’année pour les Parisiens de plus de 65 ans sous conditions de ressources et les adultes handicapés, le débat est relancé sur la gratuité des transports en commun

Après le camouflet juridique sur les voies sur berge et les diverses polémiques qui ont terni son image, Anne Hidalgo passe à l’offensive. Pour tenter de faire oublier cette mauvaise séquence, la maire de Paris a relancé lundi le débat sur la gratuité des transports en commun en faveur des Parisiens.

«J’ai décidé de charger trois de mes adjoints de conduire une vaste étude sur le sujet, qui associera des experts français et étrangers. Il s’agira d’analyser les exemples en France et à l’international et en particulier d’évaluer s’il existe un modèle économique viable : rien ne dit aujourd’hui que cela est possible», explique Anne Hidalgo.

Cette annonce ne fait pas l’unanimité. À droite, on dénonce une mesure démagogique. «Anne Hidalgo ne sait plus quoi inventer pour enrayer la chute», s’agace Alexandre Vesperini, président du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants. «La gratuité des transports est utopique. Mme Hidalgo n’aura qu’une seule solution, pour financer son idée : augmenter les impôts», grince l’élu (PPCI). «La Maire de Paris a validé l’augmentation de l’abonnement Vélib’ de 28 % au 1er janvier alors que le service est totalement défaillant. Aujourd’hui encore, elle refuse d’étendre la gratuité du pass Navigo à tous les seniors. Cette mesure est irresponsable et coûterait 1 milliard d’euros par an pour les contribuables parisiens», avance le groupe LRI.

«On peut imaginer une taxe appliquée à l’ensemble des contribuables»

«La gratuité des transports en commun, après avoir planté Vélib’ c’est bien la moindre des choses», ironise pour sa part le président du groupe UDI-MoDem, Eric Azière. L’élu centriste qui pointe aussi le risque d’aggravation des conditions de transports : «À Helsinki, il y a une augmentation de 6 à 10 % de fréquentation. Le métro parisien est incapable d’absorber une telle hausse», s’inquiète-t-il.

Les macronistes, eux, dénoncent une annonce précipitée. «Qui va la payer cette gratuité ? Les contribuables, les entreprises ? Et que fait-on de l’offre ? Son renforcement est prioritaire. Il faut boucler tramway, mettre en service la nuit les lignes automatiques du métro. Il faut un débat de fond sur les transports», martèle Julien Bargeton, président du groupe Démocrates et progressistes.

À gauche, au contraire, on applaudit des deux mains. Mais tout le monde s’accorde à dire qu’il faut encore trouver le modèle économique pour financer la mesure. «Où trouver l’argent ? On peut imaginer une taxe appliquée à l’ensemble des contribuables», suggère David Belliard président du groupe écologiste de Paris. «Le débat est ancien. Elle le remet sur la table.

On est d’accord. Si on met en place la gratuité, il faudra aussi améliorer l’offre de transports et embaucher du personnel pour la maintenance et donc chercher du financement», prévient Nicolas Bonnet, le président du groupe communiste-Front de gauche qui propose de solliciter «les entreprises du Cac 40 qui ont versé 4 2 milliards de dividendes à leurs actionnaires.»

Sources Le Parisien

18:53 Publié dans Actualités, Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transport, gratuité paris | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/01/2018

Île-de-france. Dix idées pour en finir avec la galère dans les transports

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Pierre Duquesne, L'Humanité

7h37, des usagers du RER B prennent le tract des mains du sénateur PCF Pierre Ouzoulias (Hauts-de-Seine), à l’entrée de la gare de Bourg-la-Reine. Julien Jaulin/Hanslucas

Les sénateurs communistes ont interpellé hier la ministre des Transports, Élisabeth Borne, après une action matinale dans les gares franciliennes. Des solutions existent, plaident-ils, pour développer un service public de qualité.

Ils n’ont pas une minute. À 7 h 37 du matin, des dizaines d’usagers du RER B prennent le tract et filent sans prononcer le moindre mot.

Ils passent à toute vitesse devant le sénateur en écharpe tricolore Pierre Ouzoulias, présent à l’entrée de la gare de Bourg-la-Reine. Pas le temps de s’arrêter. « À un quart d’heure près, tout peut changer. On peut se retrouver dans le trafic fluide ou tomber sur une perturbation », glisse Géraldine, jeune universitaire. « Ma fille, lorsqu’elle était en stage, prévoyait deux heures de transport pour être sûre d’arriver à l’heure », confie Fabienne, 58 ans.

« Sur 10 trajets, il y en a 3, en moyenne, qui posent problème », explique une cadre pressée. « C’est entre 6 et 7 trajets perturbés sur un mois », complète une nourrice. D’autres, encore, évoquent les tensions dans les rames bondées, les malaises voyageurs de passagers comprimés qui aggravent les retards, les horaires « que l’on ne regarde même plus » et une situation telle que le fait même d’habiter à proximité de la ligne B « devient aujourd’hui un critère négatif dans un entretien d’embauche »…

Ces histoires, Pierre Ouzoulias les entend chaque jour. Et pour cause, ce sénateur communiste est lui aussi un habitué du RER B. Il le prend chaque jour pour se rendre au palais du Luxembourg, comme 3 autres sénateurs du groupe CRCE (Communiste, républicain, citoyen et écologiste). Un enjeu populaire pour lequel le groupe a demandé la tenue d’un débat dans la Haute Assemblée sur la « galère » des transports en Île-de-France.

L’exaspération légitime des Franciliens

L’exaspération légitime des Franciliens et des Franciliennes « nourrit un sentiment de déclassement et d’abandon que nous ne pouvons ignorer », a souligné hier dans l’Hémicycle Laurence Cohen, sénatrice PCF du Val-de-Marne, pour ouvrir ce jeu de questions-réponses avec la ministre des Transport.

Des solutions existent, a poursuivi la sénatrice, pour offrir aux usagers un service public de qualité. La première d’entre elles, c’est d’arrêter de le sous-financer. « Comment l’annonce de 2 000 nouvelles suppressions de postes à la SNCF va-t-elle permettre d’humaniser les gares ou de mieux entretenir le matériel ? » a interrogé Laurence Cohen après avoir dénoncé le désengagement de l’État à l’œuvre depuis dix ans. Loin de cette logique mortifère, il est urgent d’embaucher et d’« investir massivement » sur l’ensemble des lignes du RER. Il importe de respecter le calendrier de construction du Grand Paris Express, indispensable au désengorgement du réseau, tout en renforçant l’offre existante.

Pour cela, on peut trouver des financements nouveaux, plaident les sénateurs communistes. Le versement transport pourrait ainsi être augmenté pour les entreprises situées à Paris et dans les zones les mieux desservies des Hauts-de-Seine. « La TVA pourrait être ramenée à 5,5 % pour dégager des marges de manœuvre pour les autorités organisatrices », ajoute Laurence Cohen, également favorable à la mise en œuvre d’une taxe sur les parkings et les centres commerciaux. À l’ère de la COP23, une écotaxe sur les réseaux pourrait prendre en compte les coûts externes de la route. Ces mesures dégageraient 500 millions d’euros en Île-de-France et 5 milliards d’euros au niveau national, selon les calculs du groupe CRCE.

« Entre Châtelet et Gare-du-Nord, il existe un seul tunnel pour faire passer la ligne B et D du RER. Il en faudrait un deuxième pour améliorer le trafic. Cela coûte 1 milliard d’euros. Pour cela, il n’y a pas d’argent mais l’État s’apprête à donner 1,7 milliard pour construire le Charles-de-Gaulle Express, ligne confiée au privé et dont le billet coûtera 24 euros », enrage Pierre Ouzoulias. Il y a de l’argent pour financer le train pour les riches, les touristes, « mais pas pour les gens qui bossent et les trains du quotidien ».

Accroître les taxes sur les bureaux permettrait, enfin, de rééquilibrer la métropole entre l’ouest, riche en emploi, et l’est, où vivent beaucoup de travailleurs franciliens. « C’est le fond du problème, insiste Pierre Ouzoulias. Il faut cesser de penser que l’on peut apporter une réponse technique, par des infrastructures, à un problème social. Cessons de concentrer les emplois à la Défense et les logements accessibles à l’est et en lointaine couronne pour créer une métropole multipolaire. L’attractivité de Paris, c’est bien, mais la répulsivité des transports, on en fait quoi ? »

03/07/2017

Avec Valérie Pécresse, le Passe Navigo fait des vagues

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Gérald Rossi, Humanite.fr

Le protocole signé entre la Région Île-de-France et le Premier ministre, qui prévoit une hausse de 3 euros de l’abonnement mensuel, organise aussi une augmentation du Versement transport (VT) des entreprises, principalement dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Les ressources des tous les départements franciliens sont par ailleurs bridées, au profit de la région. Un accord piégé. Après avoir menacé il y a quelques jours, d’augmenter jusqu’à 15 euros pas mois le passe Navigo, permettant de se déplacer sans limitation dans toute l’Île-de-France, la présidente de la région et du Stif a revu ses prix à la baisse après la signature d’un accord entre sa collectivité et l’Etat.

La hausse payée par l’usager ne sera que de 3 euros. Ce qui fait quand même 4,3% de progression. Mais le protocole signé par madame Pécresse et monsieur Valls contient d’autres mauvaises nouvelles qui ont déclenché la colère de nombreuses collectivités.

Le Versement transport (VT) acquitté par les entreprises devra augmenter de 0,1% au premier janvier 2017. Mais sous couvert d’harmonisation, la hausse sera beaucoup plus importante dans les deux départements les moins bien florissants économiquement parlant, la Seine Saint-Denis et le Val-de-Marne, par comparaison avec Paris ou les Hauts-de-Seine... Et pourtant, le taux du VT y sera relevé de 0,21 % dès janvier, pour arriver à 0,94% dans les prochaines années.

« La contribution sera trois fois plus importante à Créteil ou Bobigny qu’elle ne le sera sur les Champs Elysées et à la Défense » a ainsi dénoncé le sénateur communiste Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne. Et ce n’est pas tout.

Afin d’accorder les financements réclamés à la région, l’accord prévoit de capter la part dynamique de la CVAE, taxe payée par les entreprises qui a succédé à la taxe professionnelle, et qui est désormais perçue par les départements. Lesquels en conserveront le bénéfice figé sur 2016. Les sommes au-delà n’iront plus dans les caisses départementales mais dans celles de la région qui en attend 30 millions dès 2017 et près de 100 millions sous trois ans. Christian Favier dénonce cette « ponction sévère », tout comme son collègue Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis qui dénonce une « triple peine » frappant habitants et entreprises de son département.

Colère aussi chez les élus de droite des départements de la grande couronne parisienne (Val d’Oise, Yvelines, Seine et Marne, Essonne) qui déplorent la perte organisée de « 13 millions d’euros ». Christian Favier regrette aussi qu’Etat et Région « se sont mis d’accord sur le financement du prolongement du RER E à l’Ouest, sans apporter aucun financement pour le prolongement à l’est ni aucun financement de la gare  de Bry-Villiers-Champigny, indispensable pour le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne ».

Les élus Front de Gauche au Stif ont une nouvelle fois mardi soir dénoncé ce pacte fait « sur le dos des usagers et de l’est parisien ».

Ils rappellent aussi leur proposition d’augmentation du VT « uniquement dans des zones très favorisées en terme de développement économique, notamment celles du centre et de l’ouest de Paris ainsi que dans la partie le plus dense en terme d’emplois des Hauts de Seine », explique Pierre Garzon, également conseiller départemental de Villejuif.

« Les 200 millions que doit produire le Versement transports, ajoutés à la CVAE dans trois ans et aux 100 millions de la hausse pour les usagers totalisent environ 500 millions d’euros » explique Jacques Baudrier, conseiller communiste de Paris et administrateur du Stif. « C’est la somme que nous préconisions pour améliorer la situation des transports dans la région, mais avec une toute autre répartition » ajoute-t-il.

Pour le Front de gauche en effet, il n’était pas question de modifier le tarif des 70 euros, que Valérie Pécresse, pendant sa campagne électorale, avait dit d’ailleurs ne pas toucher... Mais pour lui, outre la modulation du VT, il importerait de ramener à 5,5% la TVA sur les transports, qui est désormais de 10%. « Mais la messe n’est pas dite » souligne Jacques Baudrier  « et lors du conseil d’administration du 13 juillet nous nous ferons entendre, notamment avec nos amendements ».

 
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