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20/11/2014

Le système Dassault, du cash par millions jusqu’au crash ?

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En avril 2014, l’ancien maire UMP avait été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ».

Le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a avoué aux juges avoir remis 53 millions d’euros transférés en cash depuis l’étranger 
à l’ancien maire UMP de la cité de l’Essonne, dans le cadre de l’enquête sur la corruption électorale présumée orchestrée par le grand patron.

Le comptable a parlé. Et les chiffres sont effarants. Entre 1995 et 2012, Gérard Limat a remis 53 millions d’euros en cash et en main propre à son ami et employeur Serge Dassault. Le citoyen suisse l’a avoué aux juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, chargés de l’enquête sur la corruption électorale, présumée, organisée à Corbeil-Essonnes par l’avionneur et ancien maire UMP.

Les procès-verbaux, auxquels nos confrères de Libération et de France Inter ont eu accès, dévoilent un système complexe combinant des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg et en Suisse. Si le montage financier paraît savant, la méthode se termine comme dans n’importe quelle saga mafieuse : quartier des Champs-Élysées, un coursier de la société suisse Cofinor remet un sac à Limat, qui le dépose ensuite dans le bureau parisien de Dassault.

Le « sachet en plastique ‘‘passe partout’’ (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. (…) Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose », a déclaré l’ami très proche.

Les bénéficiaires des virements suspects habitent Corbeil-Essonnes

corbeil-essonnes_38443.jpgLimat prétend ignorer à quoi pouvait servir tout cet argent, et affirme avoir simplement répondu aux besoins du boss. Serge Dassault, lui, a été mis en examen en avril 2014 pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ». L’enquête concerne trois élections municipales organisées entre 2008 et 2012 à Corbeil-Essonnes à la suite d’annulations successives prononcées par le Conseil d’État.

Une période pendant laquelle Limat admet avoir livré 7,45 millions en petites coupures au grand patron. Tout cet argent a-t-il servi à acheter des voix pour que Dassault, puis son successeur désigné Jean-Pierre Bechter, conservent le fauteuil de maire ? Selon les juges, plus de 4,2 millions d’euros de virements suspects effectués par Limat s’ajoutent aux sommes en liquide. Des virements dont les bénéficiaires sont très majoritairement des habitants de… Corbeil-Essonnes.

Plus frappant encore, Gérard Limat a avoué avoir livré 700 000 euros le 8 juillet 2009, puis 314 000 euros supplémentaires le 17 septembre, exactement dix jours avant le premier tour des municipales. Plus de 1,7 million d’euros ont ensuite été acheminés dans les sept mois qui ont suivi l’élection, comme le précise Libération.

Une sacrée coïncidence à laquelle s’ajoute la concordance du témoignage de Limat avec celui de Mamadou Kébé dans le Monde. Pour le comptable suisse, les sacs étaient remplis de liasses de billets de 100 et 200 euros. Pour le second, Corbeil-Essonnois, mis en examen pour complicité d’achats de vote, l’enveloppe touchée en 2010 était pleine de « paquets de billets de 100 et 200, encore entourés du truc de la banque ».

Le maire actuel Jean-Pierre Bechter, son adjointe Cristela de Oliveira, le cadre local de l’UMP Jacques Lebigre et le supposé intermédiaire Younès Bounouara sont, eux aussi, mis en examen dans cette affaire. « Il est urgent que la justice fasse son travail et qu’un procès aboutisse à condamner les corrupteurs et les corrompus », espère Michel Nouaille. Pour le secrétaire de section PCF à Corbeil-Essonnes, candidat aux municipales de 2009, « ces dernières révélations confirment un peu plus l’existence d’un système très bien organisé qui a sans doute fonctionné de 1995 à 2012, et qui a contribué à pervertir totalement la démocratie pendant dix-sept ans. Et peut-être même plus... »

« Il est très important de montrer que même les puissants n’échappent pas à la justice, et primordial de rétablir un climat serein dans cette ville », lance Bruno Piriou, candidat Front de gauche en 2014, qui a été dans les premiers à dénoncer le système Dassault dans sa ville. « Il est impressionnant de voir les sommes absolument faramineuses qu’un seul homme peut utiliser pour asseoir son pouvoir », accuse-t-il, avant de tancer un Serge Dassault encore sénateur, patron de presse (Le Figaro) et détenteur de la quatrième fortune de France, qui n’a cessé toute sa vie de fustiger les fonctionnaires, les chômeurs et les plus défavorisés. « Lui et le Medef disent qu’il n’y a plus d’argent ? Eh bien, force est de constater qu’il y en a ! » s’indigne-t-il.

 

Aurélien Soucheyre

Aurélien Soucheyre: http://www.humanite.fr/le-systeme-dassault-du-cash-par-millions-jusquau-crash-558087#sthash.7BPYCCyi.dpuf

17:34 Publié dans Actualités, Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serge dassault, corbeil, ump | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/02/2013

Corbeil: le Front de gauche dénonce le "climat délétère et dangereux"

corruption, serge dassault, corbeil-essonnesLes révélations s'accumulent dans la presse sur le présumé système d'achat de votes à Corbeil-Essonnes (Essonne) par le sénateur UMP Serge Dassault et l'actuel maire de la commune Jean-Pierre Bechter, et sur les récents règlements de compte liés à cette affaire.

Bruno Piriou (PCF), principal opposant à la majorité municipale s'est ému du "climat délétère et dangereux" dans la ville et a demandé que soient donnés "tous les moyens" aux policiers et aux juges pour "mener à bien" leurs enquêtes. Dans un communiqué émis dès début janvier, le conseiller municipal et les autres élus Front de gauche de la ville demandaient: "Il est urgent et indispensable que Corbeil-Essonnes sorte de ce contexte de rumeurs, de tensions caractérisés par des incendies criminels répétés de bâtiments publics, de tracts anonymes mettant gravement en cause des élus de la majorité, de conseil municipaux envahis et retrouve la voie de la démocratie, du respect des lois de la République."

3 enquêtes

A Corbeil, les affaires s'monscellent. Les enquêtes judiciaires aussi. Comme le révélait Le Monde fin janvier, trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes. À une première enquête, ouverte en 2010 
à propos de mouvements de fonds suspects en pleine période électorale (Serge Dassault était maire 
de Corbeil-Essonnes et candidat à sa propre succession) se seraient ajoutées une autre concernant des menaces téléphoniques reçues par sa famille et une troisième sur des prêts de Serge Dassault à des personnes défavorablement connues de la justice.

Tentatives d'homicide

Ce mercredi matin, Le Parisien publie la confession témoignage de Rachid Toumi, qui affirme dans une vidéo: "Corbeil, c'est devenu un système mafieux. L'argent de Dassault a tout pourri". Victime d'une tentative d'homicide fin janvier alors qu'il circulait à bord d'une voiture, cet homme de 33 ans assure que cette agression, tout comme la fusillade qui a grièvement blessé un autre homme de 32 ans mardi dernier en plein centre-ville (voir après) sont les conséquences de ce système et du non-paiement d'une forte somme d'argent à des jeunes de cité. Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet d'Evry à la suite de ces tentatives d'assassinat.

"A Corbeil, j'ai toujours vu des gens toucher de l'argent pour ça (être payé pour faire voter des gens, ndlr). (...) Aujourd'hui chacun veut sa part. Comme la justice n'a jamais rien fait, pour nous, c'était légal. C'est un travail", explique Rachid Toumi. "Bechter a fait des promesses. Il ne les a pas tenues. Et aujourd'hui, on est en train de s'entretuer", ajoute le trentenaire.

"Tout ça c'est du baratin"

Mis en cause, Jean-Pierre Bechter a affirmé à l'AFP ne pas connaître Rachid Toumi et mis ces déclarations sur le compte "d'une pré-campagne électorale". "Il est manipulé", a indiqué l'élu qui cependant, n'envisage pas dans l'immédiat de porter plainte. "En 2008, il se baladait avec un mégaphone dans une cité pour dire des insanités sur Serge, a rapporté le successeur de Serge Dassault à la mairie. Tout ça, c'est du baratin, c'est du n'importe quoi".

Corrupteur et tireur?

Dans son édition de mercredi, le Canard enchaîné fait le point sur une autre tentative de meurtre à Corbeil-Essonnes et affirme que le tireur, qui "a été identifié par plusieurs témoins. Serge Dassault le connaît depuis prêt de vingt ans. Et pas que de nom, comme le prétend Jean-Pierre Bechter." Selon l'hebdomadaire satirique, cet homme "chargé de ramener la paix dans les quartiers" aurait été la pierre angulaire des achats de voix au profit de Serge Dassault, dénoncés par le Conseil d'Etat en 2009.

En 2009, plusieurs personnes avaient témoigné par écrit au Conseil d'Etat sur des dons d'argent, dont ils accusaient Serge Dassault. Ils s'étaient finalement rétractés. En juin 2009, le Conseil d'Etat avait invalidé la municipale de 2008.

Publié par l'Humanité

 
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