22.12.2010
MAUVAIS COMPTE DE NOEL A CARREFOUR !
Les employés du groupe d ’hypermarchés étaient en grève, samedi, contre la généralisation du travail de nuit. L’embauche commence désormais à deux heures du matin, pour permettre à Carrefour de faire des économies.
«Le positif est de retour», d’après le nouveau slogan de Carrefour. Pas pour les salariés, qui broient du noir avant les nuits blanches au travail. Samedi, une journée de grève nationale a agité les hypermarchés du groupe en pleine période des achats de Noël, pour dénoncer l’
extension des horaires de nuit. Déjà expérimenté dans deux hypermarchés, à Bègles (Gironde) et à Villiers-en-Bière (Seine-Maritime), depuis juin, ce nouveau «modèle opérationnel» sera imposé dans quinze magasins de France à partir de janvier 2011. Exit la prise de service à 4 heures du matin pour les manutentionnaires des rayons épicerie et liquide.
Désormais, le pointage se fait à 2 heures. Au total, quatre équipes se succèdent pour exécuter des tâches répétitives : le remplissage matin, la relation client-stock, le remplissage journée et la réception des marchandises. Une amplitude de travail sans discontinuer de 2 heures du matin jusqu’ à 23 heures.
Dégradation des conditions de travail
Claudette Montoya, déléguée nationale CGT, enrage : «Le projet a été adopté sous prétexte d’une baisse de la fréquentation en 2010. C’est scandaleux, il n’y a aucune prise en compte du principe de précaution pour la santé des salariés. Ils font toujours les mêmes horaires 2 heures-9 h 30 ou 15 h 30-23 heures, sans aucun roulement» Officiellement, ce système doit faire bondir la productivité. Mais Carrefour a également prévu de réduire ses dépenses de 4,5 milliards d’ici à 2012.
10 000 emplois sont déjà passés à la trappe en quatre ans.
À Bègles, Jacques (*), âgé d’une vingtaine d’années, n’a pas tenu longtemps à ce nouveau rythme. Il est en arrêt maladie depuis plusieurs mois pour une hernie discale qu’il estime en partie due aux conditions de travail. «On passe notre temps à décharger. On nous demande de vider la palette en 30 minutes au lieu de 45, alors que nous sommes moins nombreux…
Les muscles en prennent un coup.» Bientôt papa, il ne sait pas comment il va gérer sa vie de famille avec des horaires décalés.
Le rapport du cabinet Ariane Conseil sur l’impact du modèle opérationnel, mené entre juillet et septembre dans ces deux magasins tests, dresse un premier bilan inquiétant: un manque de bras pour les équipes de remplissage du matin, pas assez de repos entre les ports de charges et des changements importants d’horaires pouvant perturber le rythme de vie des personnels. Pourtant, la direction a décidé de mettre en place ce système à Nantes-Beaujoire, Rennes-Cesson, Marseille-Bonneveine… Et ensuite, de l’instaurer dans tous les rayons des hypermarchés, d’après la CGT. Frank Gaulin, délégué syndical central CGT, pointe les risques sanitaires. «C’est la prochaine catastrophe qui va nous tomber sur le coin du nez.
Bonjour le métabolisme avec les horaires de nuit, les cancers, les maladies cardio-vasculaires, les ulcères vont exploser. Les arrêts maladie vont s’accumuler, ça devrait parler à Carrefour, qui est tellement à cheval sur le budget»
Pour que le salarié ne soit plus visible
De son côté, FO dénonce «cette taylorisation», «son impact nocif» sur les employés
… Mais elle a voté en faveur de l’extension du test aux quinze nouveaux magasins lors du comité central d’entreprise (CCE) du 25 novembre. Michel Enguelz, représentant FO au CCE, tente de se justifier. «L’extension nous donnera les moyens de mieux connaître l’impact négatif de ce système sur plus de magasins. Ainsi, nous pourrons agir au niveau des instances. Les consultations des comités d’entreprise sont en cours.»
Frank Gaulin tacle cette position du syndicat, aligné sur les décisions de la direction. Et donne au passage un petit cours de droit à Carrefour. «Cette nouvelle organisation ne se justifie pas du tout. Dans le Code du travail, le travail de nuit est envisagé en cas de nécessité économique impérieuse. Ici, elle a plutôt été décidée pour avoir des rayons toujours remplis et que le client ne soit plus importuné par le salarié.» La CGT a adressé un courrier, le 9 décembre, à la direction des affaires sociales du groupe, mis en copie à la direction départementale du travail d’Évry (Essonne), pour les alerter des dangers sur la santé.
Interrogé par l’Humanité, Carrefour s’est fendu d’un commentaire laconique : «Conformément à la tradition de dialogue social instaurée depuis de nombreuses années, Carrefour continue de mettre en place son plan de transformation en totale concertation avec les partenaires sociaux.» Les noctambules des hypermarchés, eux, ne se rappellent pas, même en rêve, avoir été consultés.
(*) Le prénom a été modifié.
Cécile Rousseau pour l’Humanité
PS : Carrefour dont le siège est toujours à Evry et doit être transféré à Massy et numéro 2 mondial, et leader européen de son secteur. Son PDG est des dirigeants les mieux rétribués du CAC 40 avec près de 7 millions d’€ de revenus par an, soit 20 000 € par…jour.
21:47 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : carrefour, salariés, evry, travail, nuit |
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13.02.2010
LES SALARIES D’IKEA EN COLERE
Les 9.000 salariés des 26 magasins Ikea français sont engagés dans des actions de grève et de manifestations dans toute la France.
Les syndicats notamment la CGT et FO réclament des augmentations de salaires et la création d’emplois pour permettre de bonnes conditions de travail.
Un magasin a été fermé, celui de Franconville (Val-d'Oise), en région parisienne.
Plusieurs milliers de salariés soutiennent cette action sous des formes diverses.
A Lisses, dans l’Essonne une manifestation s’est déroulé autour du magasin. Des élus étaient également présents, tous communistes dont Philippe Camo Conseiller régional Bruno Piriou, conseiller général, Elise Yagmur et Diego Diaz élus d’Evry.
La représentante syndicale CGT, Bénedicte Chapelain a rappelé les principales raisons de ce mouvement :
- détérioration des conditions de travail (augmentation de la charge de travail mais diminution des effectifs
- la dégradation du climat social
- Les propositions dérisoires proposées par la direction, 1 % d’augmentation pous les employés, 0 % pour les agents de maîtrise et les cadres, au moment où 52 millions d’€ de bénéfices net sont annoncés.
La participation en majorité de femmes et de jeunes salariés est exceptionnelle et donne un relief particulier à cette action.
Les clients d'IKEA ont nombreux tenus à exprimer leurs solidarités aux grévistes. Les syndicats demandent 4% d'augmentation de salaires, l'embauche de salariés, une prime d'intempérie pour les salariés travaillant à l'extérieur et un 14eme mois de salaire.
Texte, photo, vidéo : E-Mosaïque
IKEA DE LISSES EN GREVE
envoyé par E-Mosaique. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
23:06 Publié dans Social et économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : ikea, lisses, salariés, cgt, fo, pcf |
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