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25/09/2017

PHILIPPE RIO LE MAIRE DE GRIGNY, MAIRE DE LA PAIX

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Philippe Rio est maire communiste de Grigny et Président de l’Association Française des Communes Départements et Régions pour la Paix France et vice président du réseau Maires pour la Paix à l'échelle mondiale.

Présent à la manifestation pour la Paix à Paris le 23 septembre 2017 il a accordé à Radio Evry l'interview que vous pouvez écouter ici en podcast.

Pour lui la paix n’est possible que s’il existe des artisans qui œuvrent par et pour elle. Cette action conduite localement est aussi importante que celle que nous menons dans les instances internationales.

Ce combat pour une Culture de la Paix, qui est une culture du « vivre ensemble », nous le menons avec courage et détermination car il reste d’une impérieuse nécessité.

Les mots d’Albert Camus écrits après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki résonnent avec toujours la même acuité : « Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ».

DES MARCHES POUR LE DESARMEMENT NUCLEAIRE

Deux jours avant les marches pour la Paix organisées dans 40 villes de France le 23 septembre, 50 pays ont signé un traité sur l'abolition de l'arme nucléaire. Un texte que ni Paris, ni les autres puissances nucléaires n'ont pour le moment signé, mais qui était un signe d'espoir chez les manifestants.

1700 milliards d'€ sont dépensés chaque année dans le monde pour les armes par les états qui ne trouvent pas dans le même moment 100 milliards pour financer les engagements de l'accord de Paris sur le climat.

Baruch Spinoza nous rappelle que « la paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance et de justice ».

12/07/2017

Banlieues : le maire de Grigny dénonce le silence d'Emmanuel Macron et de son gouvernement

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Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 6 juillet 2017 à 10:02

La banlieue n'a été évoquée cette semaine ni par le président Macron ni par son Premier ministre. Pour Philippe Rio, le maire PC de Grigny (Essonne), c'est inacceptable. Il vient d'écrire au chef de l'Etat pour lui dire que les quartiers populaires ont besoin d'actes forts et d'aides financières.

Le maire communiste de Grigny, Philippe Rio est déçu, inquiet et en colère. Il a bien écouté les discours du président Macron lundi et celui de son Premier ministre Edouard Philippe mardi. Et il a constaté que ni l'un ni l'autre n'avaient parlé de la banlieue, ces quartiers populaires où vivent cinq millions d'habitants. C'est ce qui l'a poussé à écrire au chef de l'Etat.

 

"La pauvreté à perpète on en a marre", dit Philippe Rio. "On en a marre de refaire de la pédagogie, de rapport en rapport, tout le monde connait la situation. Donc soit on résout le problème dans ce pays et on dit la République elle est partout et il n'y a pas d'apartheid territorial et social, soit on fait le choix politique de ne pas résoudre ce problème". Pour le maire l'enjeu c'est de faire de ce territoire, où il n'y a que 25% des gamins qui vont au Bac contre 80% à l'échelle nationale, se raccroche à la République. Pour cela, il faut des moyens, dit-il et "ça nous coûtera beaucoup moins cher financièrement que collectivement, politiquement et judiciairement".

Les quartiers populaires ont besoin d'actes forts

Grigny est le parfait exemple d'une ville populaire qui manque de moyens. Le maire rappelle que sa ville est l'une des communes les plus pauvres mais aussi les plus jeunes de France. Comment faire face, dit-il, par exemple à la surcharge scolaire de sa ville. Grigny scolarise deux fois plus d'enfants qu'une ville de la même taille. Le maire souhaiterait que cette réalité soit prise en compte dans le calcul des dotations de l'Etat aux collectivités locales. Il demande que ces dotations soient réévaluées de 10% chaque année durant cinq ans pour Grigny.

L'apartheid social, ça suffit

A Grigny, l'apartheid social dure depuis plus de 40 ans. Il faut que cela cesse estime le maire, Philippe Rio. Le revenu fiscal moyen de la ville est de 10.000 euros par ménage. Comment faire face, se demande le maire qui exige que les disparités soient compensées. "Il en va de l'un des principes de notre République : l'égalité", explique Philippe Rio qui envisage se saisir la cour européenne des droits de l'homme s'il n'est pas entendu rapidement.

27/10/2015

Malek Boutih contre « la République en actes »

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Communiqué de Philippe RIO, maire de Grigny, mardi 27 octobre 2015

Lors du comité interministériel intitulé « Égalité et Citoyenneté : la République en actes » qui s’est tenu aujourd’hui aux Mureaux, le Premier ministre a rappelé la nécessité « de transformer la ville, d’améliorer concrètement les conditions de vie de millions de nos concitoyens », en soulignant que l’État « ne réussira pas sans le concours, sans l’adhésion, sans la confiance des premiers concernés : les habitants, les associations, les élus ». Ces propos qui visent à créer une nouvelle dynamique, s’appuient sur la confiance et le respect. A l’évidence, les déclarations faites la veille par Malek Boutih, député de l’Essonne, sur BFMTV s’opposent à cette vision.

Interrogé sur la situation dans les banlieues dix ans après les émeutes, le député a affirmé : « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installé depuis plusieurs années qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant ces quartiers produisent des terroristes. C’est donc extrêmement différent, dix ans après ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes ». De telles paroles qui établissent un lien entre des territoires et une dérive terroriste - et qui auraient tout aussi bien pu être prononcées par Marine Le Pen tant elles sont stigmatisantes - trahissent une profonde erreur d’analyse.

Depuis les fusillades à Charlie Hebdo et à l’épicerie cachère, trois attaques ont eu lieu sur le sol français : en février contre des militaires à Nice, en juin contre une usine de produits chimiques dans l’Isère, en août à bord du Thalys. Deux autres projets d’attentat connus ont été déjoués : au mois de juin contre une église à Villejuif, un autre en juillet contre une base militaire. Ces actions terroristes ont toutes donné lieu à des arrestations.

Un examen attentif des profils de ces auteurs révèle une diversité de leurs origines et de leurs situations sociales. En outre, rien ne permet d’établir l’existence d’un lien entre le fait d’avoir grandi ou d’avoir vécu dans un quartier populaire et celui d’être coupable de comportements terroristes et criminels. C’est une simple question d’honnêteté intellectuelle. Ces quartiers sont des lieux de réussite professionnelle, artistique, sportive, familiale et citoyenne, des espaces de solidarité et d’innovations où, comme l’a fait remarquer le Premier ministre : « il y a de nombreux talents et une soif de réussir ». Cette réalité est superbement ignorée par un député qui a fait de la provocation et du buzz médiatique son seul moyen d’exister.

Sa nouvelle sortie digne du café du commerce jette une forte suspicion sur une catégorie de citoyens. Dix ans après les émeutes de 2005, les habitants des quartiers populaires se seraient bien passés de telles déclarations qui les condamnent à subir encore de plus fortes discriminations à l’adresse. Comment ensuite aller postuler à un emploi, faire une demande de logement ou de prêt bancaire avec une adresse à La Courneuve, la Grande Borne ou au Val Fourré ? Malek Boutih condamne chaque jeune de ces quartiers à être considéré comme un terroriste potentiel.

Ces déclarations irresponsables sont, une fois de plus, autant d’insultes aux citoyens qu’il est censé représenter. En désignant un « ennemi de l’intérieur », elles fracturent la cohésion sociale et fragilisent le pacte républicain.

Philippe RIO, maire de Grigny

 
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