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20/06/2018

Paris : tête de liste du PCF aux Européennes, Ian Brossat explique ses choix

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Ian Brossat, l’adjoint (PCF) d’Anne Hidalgo, chargé du logement, a été désigné chef de file des communistes aux élections Européennes. Mais il ne dit pas adieu à Paris.

L’adjoint au logement d’Anne Hidalgo a été désigné pour mener la campagne du PCF lors des élections européennes de mai 2019. Ian Brossat s’explique sur son choix qui va l’amener à quitter ses fonctions au sein de l’exécutif parisien à moyen terme même s’il annonce qu’il soutiendra la maire en 2020.

Une partie des élus de gauche vous reproche de quitter le bateau en pleine tempête…

Je n’abandonne personne et que chacun se rassure, la gauche pourra compter sur moi pour la campagne de 2020. J’ai constaté en tant qu’élu que pour faire bouger les choses à Paris, il faut faire évoluer un certain nombre de règles à l’échelle du Parlement Européen. C’est le cas pour les réfugiés mais aussi pour Airbnb qui fait pression sur la commission européenne pour ne pas réguler ses locations touristiques illégales.

Comment la maire de Paris a-t-elle réagi à votre candidature ?

Elle m’a félicité chaleureusement et m’a donné quelques conseils que je garderai pour moi. J’ai toujours eu d’excellentes relations avec la maire de Paris et il n’y a aucune raison pour que cela change. Je l’avais d’ailleurs prévenue avant. Et quoiqu’il advienne, je souhaite que la gauche puisse prolonger l’aventure de 2014.

Sauf si la maire de Paris choisit de ne pas conclure d’alliance avec le PCF…

Plus le temps passe, plus la République en Marche affiche son ambition de gagner Paris et moins l’hypothèse d’une alliance avec les macronistes me paraît crédible. LAREM a d’ailleurs une attitude de plus en plus agressive vis-à-vis de la politique municipale et les élus macronistes parisiens n’hésitent plus à s’attaquer à ce qui fait le cœur du projet municipal. Je ne vois pas comment nous pourrions parvenir à un accord dans ce contexte. Pour gagner, il faut que la gauche se rassemble en 2020.

A l’heure qu’il est, personne n’imagine que la gauche seule puisse gagner Paris ?

Si, moi et beaucoup d’autres. A la condition que la gauche se rassemble et quelle porte les aspirations de la classe moyenne. Sur le terrain, je ressens une forte opposition à la politique de Macron et un accord avec ce que nous portons sur la lutte contre la pollution, l’accueil des réfugiés ou le logement.

Si vous n’êtes pas élu député Européen, reviendrez-vous à Paris ?

Je n’envisage pas cette hypothèse. J’y vais pour gagner et si je gagne, je démissionnerai de mon mandat d’adjoint au maire et je resterai conseiller de Paris et conseiller du XVIIIe.

Redeviendrez-vous enseignant ?

Un jour, certainement. Quand ? Je ne le sais pas. J’ai gardé de bons souvenirs de mes années à Sarcelles (Val-d’Oise). Enseigner, comme être élu, c’est être utile. Mon mandat est un prolongement de mon métier.

Quels sont vos projets d’ici la fin de la mandature ?

D’abord, nous allons continuer à produire de l’habitat social à un rythme très soutenu. D’ici 2018, nous financerons le 100000e logement depuis 2001. Nous allons poursuivre le travail de régulation des meublés touristiques et réactiver l’encadrement des loyers à l’automne pour protéger le pouvoir d’achat des classes moyennes. Et nous lancerons en octobre le programme « Réparer Embellir » qui vise à rénover les parties communes et la sécurité dans le parc social. Le coût — 20 M€ — sera cofinancé par la Ville et les bailleurs sociaux. Plus de 30 000 logements répartis sur 200 sites bénéficieront de ces améliorations d’ici décembre 2019.

Quel bilan tirez-vous de ces quatre années à l’hôtel de ville ?

Nous avons investi 400 M€ par an dans le secteur du logement, avec des réussites à la clé comme l’implantation d’un centre d’accueil pour SDF en lisière du bois de Boulogne, dans le XVIe. Mais la situation à Paris reste difficile. C’est un combat long et difficile car la municipalité ne peut pas réguler seule les forces du marché.

Cette politique coûteuse n’a pourtant pas permis de réduire la demande de logement ni même d’atteindre le seuil de 25 % de logements sociaux…

On ne veut pas densifier la ville en construisant à un rythme effréné car nous voulons préserver la qualité de vie des Parisiens. Mais nous avons permis à 500 000 personnes appartenant à la classe moyenne ou à des milieux plus défavorisés de se maintenir dans la capitale. Ce n’est pas le cas à Barcelone qui a vu les prix de l’immobilier flamber ou de Londres qui se mord les doigts d’avoir livré la ville aux promoteurs.

Entretien réalisé par le Parisien

20:07 Publié dans Actualités, Radio Evry | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ian brossat, européennes, élections, paris | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/02/2018

Supermétro. Retardé, le Grand Paris Express sera-t-il aussi « au rabais » ?

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Pierre Duquesne, L'Humanité

Les lignes 15, 16, 17 et 18 du supermétro ne seront achevées qu’en 2030, selon le nouveau calendrier annoncé hier par le premier ministre, Édouard Philippe, qui souhaite faire 10 % d’économies sur le coût du « chantier du siècle ».

«Le Grand Paris Express, un projet hors norme. » Ce message, le premier ministre l’a martelé hier, avant d’annoncer un nouveau calendrier de construction de ce supermétro en banlieue parisienne. Les retards seront importants par rapport aux délais annoncés au moment du lancement de ce « chantier du siècle ».

En 2024, seule une fraction du Grand Paris Express sera sortie de terre. Doit être mise en service, à cette date, la ligne 14 jusqu’à Carrefour-Pleyel, à proximité du village olympique? et son prolongement jusqu’à l’aéroport d’Orly, au sud. Le même délai a été assigné à l’achèvement de la ligne 15 sud traversant les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, jusqu’à Noisy-Champs.

Cette ligne devait initialement être terminée… en 2020. Selon la nouvelle feuille de route, la ligne 16 ira, en 2024, de Saint-Denis à Clichy-sous-Bois. Le désenclavement de cette zone était prioritaire pour défendre la « cohésion sociale » du projet. Le gouvernement ne pouvait pas non plus déjuger Emmanuel Macron, qui s’est engagé sur l’arrivée du supermétro en 2024 à Clichy-sous-Bois. Mais la deuxième partie de la ligne 16, jusqu’à Noisy-Champs, se fera plus tard.

« Nous n’accepterons pas de Grand Paris Express rabougri  »

Les lignes ne seront édifiées dans leur intégralité qu’à l’horizon 2030. Ce n’est qu’à cette date que la « rocade » autour de la capitale devrait enfin devenir réalité. Les lignes 15 est, traversant le cœur de la Seine-Saint-Denis, et la ligne 15 ouest, qui ferme la boucle (Saint-Denis-La Défense-Pont de Sèvres), ne sont pas prioritaires. L’autre « perdant », c’est la ligne 18, devant relier l’aéroport d’Orly au plateau de Saclay (objectif 2027), puis Versailles, en 2030. C’est à cette date que doivent être achevées les lignes 15, 16, 17 et 18. Pas sûr non plus que le supermétro puisse rallier en 2024 l’espace média des JO, situé à l’aéroport du Bourget.

« Je ne suis pas sûr que l’on ait toujours dit la vérité sur la difficulté de ce projet pharaonique », a déclaré le premier ministre, insistant sur la complexité inédite du chantier. « Nous allons excaver 43 millions de tonnes de terre » pour construire ces lignes « entre 30 mètres et 50 mètres de profondeur ». Et ce, dans une compression de temps importante : « Lorsque la ligne 14 a été construite sous Paris, il a fallu neuf ans pour construire 9 kilomètres de ligne. Aujourd’hui, nous voulons en construire 200 kilomètres… et le faire en 20 ans. » Le locataire de Matignon a répété toutefois la volonté de l’État de mener à bien ce projet à l’horizon 2030 « dans toutes les composantes » et de le rendre « totalement irréversible ».

S’il a affirmé vouloir « reprendre en main » le chantier, le chef du gouvernement n’a pas évoqué de moyens supplémentaires pour accélérer la cadence, en finançant par exemple plus de tunneliers. « Nous avons porté des propositions de financements comme l’augmentation de la taxe locale sur les bureaux. Pour l’instant, rien n’est acté », ont réagi les élus PCF siégeant au conseil d’administration d’Île-de-France Mobilité (ex-Stif). Une commission a été confiée au député LR Gilles Carrez, ex-président de la commission des Finances de l’Assemblée, pour « étudier » de telles pistes.

Le chef du gouvernement n’a pas attendu, toutefois, pour annoncer une « optimisation » et une revue de chantier destinées à économiser 10 % du coût final estimé. La Cour des comptes a réévalué son montant à 35 milliards d’euros. Mais cet argent ne vient pas des caisses de l’État : il est financé par un emprunt à long terme qui sera remboursé par les entreprises et les habitants d’Île-de-France. Dans cette affaire, l’État n’apporte que sa garantie… mais cela fait entrer cette dette dans les critères du traité de Maastricht. Où se feront ces 3,5 milliards d’économies ? Édouard Philippe ne l’a pas dit. Cela pourrait se traduire par la réalisation de deux sorties de gare au lieu de trois par exemple, ou d’une baisse de leur ambition architecturale.

Des dispositifs financiers étaient prévus pour compenser les nuisances du chantier pour les commerçants et les riverains. L’évacuation de déblais par voie fluviale ou ferroviaire, plus chers que par camion, pourrait aussi être menacée… C’est la crainte de certains élus. « Nous n’accepterons pas de Grand Paris Express au rabais », prévient Jacques Baudrier, conseiller PCF de Paris et administrateur d’Île-de-France Mobilité. Il appelle à nouveau à la mobilisation de la population et des élus pour éviter un supermétro « rabougri ».

20:14 Publié dans Collectvités locales, Informations locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : supermetro, paris | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/05/2013

MANIFESTATION : PROJET ACTE III DE LA DECENTRALISATION ET DEMOCRATIE

100_9737.JPGPlusieurs centaines d’élus communistes et républicains ont manifesté devant le Sénat contre le projet sur la décentralisation qui se traduirait en cas de vote par une atteinte à la démocratie municipale et citoyenne et la perte de moyens financiers considérables pour les collectivités.

Plusieurs maires et sénateurs ont rappelé les enjeux de cette loi, dont André Chassaigne président des députés Front de Gauche (voir vidéo) et Dominique Adenot, maire de Champigny et président de l’Association Nationale des Elus communistes et républicains.

Plusieurs milliers de salariés ont ensuite manifesté à l’appel de la CGT et FO pour s’opposer également à ce projet.

CE PROJET

100_9748.JPGLes collectivités jouent un rôle essentiel pour développer les droits de tous à se former, à se loger, à se déplacer, à se soigner, à se cultiver. Elles contribuent à relever les défis économiques, industriels, ceux de la transition énergétique. Il faut une réforme qui permette de combattre les fractures territoriales béantes, les inégalités sociales, une réforme qui réponde aux besoins humains, sociaux, écologiques d’aujourd’hui, tant dans les grandes agglomérations que dans le secteur rural. Il faut une réforme qui permette aux citoyens d’être enfin au centre des enjeux et des décisions.

Les regroupements forcés en grandes intercommunalités se poursuivent sous la houlette des préfets. L’« acte III de décentralisation » ne rompt pas avec cette logique. Aux cotés de mesures d’intégration spécifiques pour Paris, Lyon et Marseille, il crée d’autres métropoles dans des territoires si nombreux que cela impacte près de 40% de la population …

décentralisation, loi, élus communistes, André Chasssaigne, Pcf, Paris, SénatLe gouvernement programme une réduction des dotations d’État aux collectivités pour les trois ans à venir de 4 milliards et demi : du jamais vu ! A cela s’ajoute deux milliards de charges imposées : relèvement du taux de TVA, réforme du temps scolaire, hausse des cotisations à la CNRACL, cofinancement des politiques nationales, …

Une nouvelle RGPP se met en place avec un autre nom : la Modernisation de l’Action Publique… Les collectivités deviendraient des variables d’ajustement au nom du remboursement de la dette publique, alors qu’elles n’en sont pas responsables. L’acte III prévoit l’encadrement et le contrôle de la dépense publique, mettant en œuvre la baisse des investissements publics des collectivités. C’est leur capacité à contribuer à une relance de l’activité économique en répondant aux besoins des habitants qui est mise en cause. Il n’y aura pourtant pas de sortie de crise sans les collectivités territoriales qui génèrent 70% de l’investissement public.

 

Pour un renouveau démocratique dans une république unie et solidaire !

La réponse aux défis d’aujourd’hui passe par un renouveau démocratique profond de nos institutions, à contrario de tous les processus qui, à tous les niveaux, ont organisé la mise à la marge des citoyens, le dessaisissement progressif de leur pouvoir. C’est pourquoi, l’instauration de la proportionnelle, la citoyenneté de résidence avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, et l’institutionnalisation de la démocratie participative à tous les niveaux, sont des changements à décider sans délais.

Un État qui s’engage et joue son rôle !

Les Services Publics nationaux doivent se décliner dans une gestion partagée avec les collectivités territoriales, ces coopérations se menant ainsi avec des garanties nationales d’accès égal pour tous. Toute leur place aux coopérations volontaires !

Indissociablement, la réforme doit se hisser à la hauteur du niveau de coopération volontaire aujourd’hui rendu nécessaire entre les différentes institutions de notre République.


ACTE lll DE LA DECENTRALISATION : MANIFESTATION... par E-Mosaique

 

 
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