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16/08/2018

DE LA RESISTANCE AU PARLEMENT DISPARITION DE ROBERT VIZET

Robert Vizet.jpg

Résistant, ancien maire de Palaiseau, député puis sénateur communiste, Robert Vizet est décédé à l’âge de 94 ans. Palaiseau perd une personnalité majeure de la seconde moitié du XXè siècle.

A l’âge de six ans, sa famille s’installe dans la commune voisine de Palaiseau pour y tenir un café. C’est dans cette commune de ce qui ne s’appelait pas encore l’Essonne, mais la Seine-et-Oise, que grandit le jeune homme. A 16 ans, il est envoyé à Paris pour suivre un apprentissage comme futur imprimeur. Mais les évènements se précipitent et la France est occupée à partir de juin 1940.

En 1943, alors qu’il est réquisitionné à 19 ans pour effecteur le Service du travail obligatoire (STO), Robert Vizet entre dans la clandestinité. Il participe à plusieurs opérations anti-occupation, et combat lors de l’insurrection parisienne d’août 1944 au côté des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il entre au conseil municipal de Palaiseau en 1953, dans l’équipe d’Eugène Deloges, puis devient maire en 1959. Jusqu’en 1965 où la ville bascule à droite avec André Hardy. A la suite de cette parenthèse, il est élu pour un nouveau mandat en 1971.

Réélu en 1977, il laisse la main deux ans plus tard à son premier adjoint Jean Pacilly à la tête de la municipalité, Robert Vizet choisissant alors de se concentrer sur ses autres fonctions. Parallèlement, il siège au conseil général de l’Essonne.

Député en 1967/1968 puis de 1973 à 1981, il termine sa carrière au sénat de 1986 à 1995.

Jusqu’en 2001, il siège en tant que conseiller municipal de Palaiseau, pour un total de 48 années de présence (et plusieurs alternances) au sein de l’instance palaisienne.

Maire (LR) depuis 2012, Grégoire de Lasteyrie l’avait rencontré à plusieurs reprises, Robert Vizet étant toujours présent dans la commune : « il faisait preuve d’une régularité parfaite à la cérémonie de Libération de Palaiseau, et suivait également toujours le comité de jumelage ».

L’actuel édile qui n’a d’ailleurs « pas les mêmes idées politiques », parle d’un « vrai engagement pour Palaiseau » qui caractérisait Robert Vizet. L’ancien maire fut en effet partie prenante de plusieurs projets caractéristiques du Palaiseau de la seconde moitié du XXe siècle, la création de pans de quartiers et de logements, de nouvelles écoles ou encore la MJC ouverte à cette période.

Dans un communiqué, la fédération communiste de l’Essonne a salué un « homme de conviction, de caractère, de loyauté et d’union ». Alors qu’un hommage de ses camarades aura lieu, le PCF perd l’un de ces principaux porte parole essonnien dans les luttes comme dans les hémicycles de ces dernières décennies. « Si les salariés, les progressistes, le considèrent comme l’un des leurs, il force le respect de ses adversaires » ajoute le parti. Annick Le Poul milite au PCF depuis 30 ans dans le nord du 91, elle a côtoyé Robert Vizet sur plusieurs terrains : « mon mari travaillait à la SFIM (ex Safran), dans les années 70/80.

Robert Vizet était déjà maire, puis député, il était très proche de ses habitants, des militants, des salariés : je me souviens quand il venait le matin à 6h30 devant la porte de cette plus grosse entreprise de ce territoire, pour soutenir les luttes.

Il était très proche, très simple, se nourrissait de ces contacts, des gens pour qui il se battait au quotidien ». Comme lors de ses interventions parlementaires, pour lesquelles « il a toujours gardé la proximité, ce qu’il disait n’était jamais déconnecté, toujours en prise directe avec la réalité du terrain » ajoute Annick le Poul.

Sources Essonne Infos

08/05/2010

George Sand, à Palaiseau

sand1.jpgAu moment même où un très beau téléfilm diffusé par France 3 relate une partie de la vie mouvementée d'un des plus important écrivain de notre pays, peu de personnes savent que George Sand a passé une partie importante de sa vie dans une ville de l'Essonne, Palaiseau.

RECIT

Sandeau, Musset, Chopin, Michel de Bourges et quelques autres, compagnons de route ou passants de nuit, les amours de George Sand n'ont plus de secret pour personne.
On connaît moins Alexandre Manceau, à qui Anne Chevereau consacre une biographie très documentée. Il occupa pourtant une place de choix dans sa vie, seize années durant.
Seize années ! Amour de la maturité : elle a quarante-cinq ans quand ils se rencontrent, il en a treize de moins.
Ce graveur de talent vient à Nohant invité par Maurice, le fils adoré, dont il est un ami. Petit, mince, le regard un peu triste, il n'a rien d'un séducteur, même si le visage fin frappe par sa sensibilité. Mais son charme doit être bien réel, puisque, très vite, son séjour à Nohant se transforme en résidence à demeure.
Il ne rentre à Paris que quelques mois plus tard, pour prendre son matériel de graveur, et installe son atelier non loin de la chambre de George. " Oui, je l'aime lui... je l'aime avec tout ce qu'il est et il y a un calme étonnant dans mon amour, malgré mon âge et le sien... je suis heureuse, je supporte tout, même son absence, moi qui n'ai jamais supporté cela... " confie Sand à Hetzel, portée par l'enthousiasme des débuts. Pourtant, cette fois, elle ne se trompe pas - et si elle fut moins spectaculaire que d'autres, sa relation avec Manceau fut peut-être la plus touchante. La plus proche aussi d'un équilibre que, faute de mieux, on pourrait appeler conjugal, avec ce que cela suppose de compagnonnage, de joies et de peines partagées, et de (quasi) fidélité.

Manceau fait très vite partie de la famille. Il participe aux soirées théâtrales, aux veillées, aux promenades dans la campagne berrichonne. Il se révèle indispensable. Non seulement il s'acquitte des tâches de secrétariat de Madame, gère l'intendance et les finances, mais en plus il paye son écot - ce qui ne s'est jamais vu ! Et surtout, il se consacre nuit et jour à sa dame qu'il entoure de mille soins, prévenant ses désirs, aplanissant tutes les difficultés matérielles, lui témoignant amour et respect avec un dévouement sans limites. " Elle ne peut s'asseoir sans qu'il surgisse des plumes, de l'encre bleue, du papier à cigarettes, du tabac turc et du papier à lettres rayé. Et elle en use... " Bref, homme rare, il remplit à ses côtés le rôle que tant de femmes tiennent près d'un artiste ! " Manceau toujours bon comme un ange et me soignant comme si j'en étais un... " s'émeut George.

Cette harmonie va durer quinze ans, tantôt à Nohant, tantôt à Paris rue Racine où ils ont chacun un appartement (décence oblige) dans le même immeuble, tantôt à Gargilesse où Manceau a acheté une petite maison.

Mais c'est compter sans Maurice... Sans doute n'a-t-il jamais bien accepté la liaison de sa mère avec son camarade. Ce faible aux brusques emportements met brutalement Manceau à la porte, sans en aviser sa mère et sans le moindre droit. Coup de théâtre : George Sand quittera elle aussi Nohant, sa maison - et son fils, pour suivre son compagnon.
Déchirement. Tentative de compromis. Départ. " Me voilà désormais seul avec elle, quelle responsabilité, aussi quel honneur, quelle joie ! " note Manceau dans l'Agenda qu'il tient avec Madame.

sandpalaiseau.jpgC'est à Palaiseau que le graveur a trouvé une maison. George est " dans le ravissement de tout, du pays, du petit jardin, de la vue, du mobilier... C'est un enchantement ". Une dizaine de pièces, deux étages, une campagne verdoyante : un petit Nohant à proximité de Paris où le couple va vivre un peu plus d'un an.
Il faut aujourd'hui une certaine imagination pour effacer les immeubles qui enserrent la Villa Sand, mais la maison, à l'exception de quelques agrandissements, a assez peu changé. Visites de proches, soirées tranquilles, escapades culturelles à Paris, " mangeaille très bonne " : la vie à Palaiseau serait douce sans le drame qui va y mettre fin. Manceau depuis des mois tousse, crache le sang. Sand espère. Puis mesure la gravité de l'état de Manceau qu'elle accompagne avec une tendresse sans faille jusqu'à la fin. " ... toi qui m'a tant aimée sois tranquille, ta part reste impérissable ", écrit la femme de soixante ans au soir de l'enterrement.
Elle reviendra par intermittence dans la maisonnette léguée par Manceau... à Maurice qui la vendra en 1869. Puis elle retrouvera Nohant, et son fils. La maison ne se visite pas.

Alexandre Manceau, le dernier amour de George Sand, Anne Chevereau. Ed. Christian Pirot, 20

16:04 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand, palaiseau, essonne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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