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09/07/2019

Ian Brossat : "Emmanuel Macron va choisir son préfet à Paris"

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Ian Brossat, porte parole du Parti communiste, maire-adjoint à Paris en charge du logement et candidat aux municipales à Paris, était l’invité politique de Patrick Roger le 9 juillet sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40. Emmanuel Macron a-t-il eu raison de parler de prise d'otages pour les copies du bac […]

Emmanuel Macron a-t-il eu raison de parler de prise d'otages pour les copies du bac : "Je n'ai pas apprécié les propos d’Emmanuel Macron sur les 'otages' . C’est très insultant pour les enseignants et c’est une manière de banaliser le terrorisme". J’ai été enseignant, je suis en disponibilité depuis une dizaine d’années, rappelle Ian Brossat. Mais je comprends l'exaspération des enseignants. Pour finir par retenir les copies sur trois jours, c'est quand même qu'ils en ont gros sur le cœur. On gagnerait à écouter la colère de ces profs".

Auraient-ils pu faire grève à un autre moment ? "Cela fait des mois qu'ils tirent la sonnette d'alarme. Pour l’instant, le ministre poursuit sa réforme coûte que coûte. Si Jean-Michel Blanquer avait écouté, nous n'en serions pas là". Que pense par ailleurs le porte-parole du Parti communiste de la proposition de loi sur la Cyberhaine. Y voit-il une restriction à la liberté d’expression : "On ne peut pas accepter que les propos haineux se répandent. Cela ne me choque pas que les députés y remettent un peu d'ordre. Je voterai sans doute cette loi".

"Pas campagne contre Anne Hidalgo"

Le maire-adjoint de Paris a-t-il un avis sur les candidats LREM dans la capitale : " Tous ces candidats sont des petits Macron. En réalité, ils ne cherchent pas un maire de Paris, mais un représentant du président de la République à Paris, juge Ian Brossat. Or, quand on est maire, on doit défendre ses habitants, même contre l’État. Emmanuel Macron va choisir son préfet à Paris ! C'est dingue qu'il s'occupe des municipales, il a des sujets à régler, le chômage, le pouvoir d’achat, des services publics qui disparaissent. Et que fait le président de la République, il s’occupe de l’investiture du candidat macroniste dans la capitale". Pour le porte-parole du Parti communiste, "Macron veut quelqu'un qui le défende à Paris et je ne pense pas que les Parisiens le veuillent. Je souhaite que l’on ait à Paris quelqu'un qui défend les Parisiens, et pas qui soit seulement là pour défendre l’Élysée !"

Sera-t-il candidat PCF à Paris ? "Je serai candidat aux municipales. Nous déciderons en octobre, au PCF, si nous partons aux municipales dans une alliance de gauche ou bien sur une liste autonome. La question principale est 'est-ce que nous pourrons continuer à vivre à Paris ?' Nous avons bataillé pour que l’encadrement des loyers se réapplique depuis le 1er juillet. Cela devrait permettre aux classes moyennes de rester à Paris".
"Je ne ferai pas campagne contre Anne Hidalgo, mon obsession c'est que Paris reste à gauche. On ne fera sans doute pas d'alliance au premier tour avec les écologistes, mais il faudra se rassembler au deuxième tour". Pour Ian Brossat, "Yannick Jadot fait fausse route quand il parle d'alliance avec la droite, sa famille, c‘est la gauche".

Pour une interdiction totale d’AirBnB

Quid d’une interdiction totale d’AirBnB ? : "Il faut poser la question de l'interdiction totale dans la capitale. C'est le législateur qui pourrait nous en donner la possibilité, il faudrait y réfléchir sérieusement. Dans le centre de Paris, un logement sur quatre ne sert plus à loger des Parisiens. Certains quartiers deviennent des quartiers d'hôtels clandestins. Il faut des référendum dans ces quartiers". Faut-il pour autant faire la chasse aux touristes à Paris ? "La question du sur-tourisme peut être posée. On le voit bien à Barcelone, où la maire s’est posée la question".

12:09 Publié dans Actualités, Informations locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ian brossat, paris, pcf | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/05/2019

Européennes 2019 : Ian Brossat, communiste new-look

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La tête de liste du PCF aux européennes réussit sa campagne, sur le terrain et dans les médias… mais reste scotchée à 3 % dans les sondages.

C’est l’une des révélations de cette campagne des européennes. Ian Brossat, la tête de liste communiste, prend la lumière comme personne au PC depuis Georges Marchais. « C’est bien pour notre parti et pour le débat politique en général », se réjouit-on Place du Colonel-Fabien. Certes, les sondages sont loin d’être aussi brillants : le communiste, 39 ans depuis quelques jours, n’est même pas crédité des 3 % indispensables pour un remboursement de ses frais de campagne.

Malgré les meetings et les réunions qu’il enchaîne depuis plusieurs semaines. « Si Ian réussit à franchir ce seuil et à plus forte raison les 5 % nécessaires pour conserver des sièges au Parlement de Strasbourg, alors il sera promis à un avenir de premier plan au sein du parti », affirme Stéphane Peu, un briscard du PC et député de Seine-Saint-Denis.

Dans les débats diffusés par les télés et les radios, le conseiller de Paris défend avec brio des notions aussi arides qu’une clause de « non-régression sociale », un smic européen ou le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale. Mais Brossat a aussi le sens de la formule. « Nathalie Loiseau, c’est un peu la Richard Virenque de la politique, elle a été candidate à l’insu de son plein gré », lance le communiste à propos de la présence de sa rivale, en 1984 à Sciences Po, sur une liste d’extrême-droite.

Même l’opposition parisienne le loue

Surtout, Brossat préfère la démonstration à la polémique, le débat à l’anathème. « Dans la période de grande confusion que vit la gauche, le parti communiste peut devenir un repère, analyse cet ancien professeur, agrégé de lettres, spécialiste de littérature américaine. Nous sommes là depuis des décennies sans jamais, contrairement à d’autres, changer tous les quatre mois d’idées ou de nom », vante Brossat qui, entré au parti à l’âge de 19 ans, y a « passé plus de temps dedans que dehors ». « Il faut nous juger sur ce que l’on fait localement et non sur ce qu’on disait dans les années 1970 », insiste l’adjoint au maire de Paris, en charge du logement.

Car la « Brossat touch » c’est l’affirmation d’une ligne réaliste face aux idéologues. La lutte contre Airbnb accusé de favoriser l’envolée des loyers, l’installation d’un centre d’hébergement pour SDF dans le très bourgeois XVIe arrondissement parisien… « Aujourd’hui, les gamins du centre vont dans les clubs de hockey sur gazon jouer avec les enfants des familles du quartier », se félicite-t-il.

Même l’opposition parisienne le loue. « Ian Brossat est porteur d’un idéal communiste qui passe, par exemple, par une politique de préemption à laquelle je m’oppose. Mais cet idéal, il veut le traduire dans le réel. Cela lui donne sa force », reconnaît Pierre-Yves Bournazel, député centriste et conseiller de Paris.

« Notre banque, ce sont nos militants ! »

Une forme d’engagement qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti. « Ian incarne une génération plus communicante qu’idéologue, tacle Stéphane Peu. Après tout, dans une époque où les certitudes ont vécu, la plasticité est peut-être un atout. » Chez les Insoumis, les critiques sont encore plus cinglantes. « Je ne comprends pas le choix de Brossat comme tête de liste. Il a été porte-parole d’Anne Hidalgo et reste son soutien. Il participe à Paris à un exécutif avec des soutiens de Macron. Son discours évolue donc selon les circonstances et ses intérêts », s’étrangle le député Alexis Corbière, un proche de Mélenchon.

Ce timide, à l’allure plus bobo que prolo, vivant avec le même compagnon depuis dix-huit ans, conserve la foi du charbonnier. « Si je n’avais pas été communiste, je serais peut-être croyant », confie ce petit-fils d’un médecin juif polonais qui, pour fuir les camps nazis, s’était engagé dans l’Armée rouge avant d’immigrer en 1947 à la naissance de l’État d’Israël… où il fut ensuite emprisonné vingt ans pour espionnage au profit de l’URSS.

« C’est mon grand-père qui m’a insufflé le sens du combat, explique Brossat. Je voue une reconnaissance infinie aux communistes qui l’ont sauvé. » La tête de liste aux européennes nourrit de grandes ambitions pour son parti. « C’est un parti de gens désintéressés qui grâce à leurs cotisations, au reversement par les élus de leurs indemnités, lui permettent d’être encore là. Notre banque, ce sont nos militants ! Je veux contribuer à ce que le parti communiste retrouve une place dans le paysage politique. Il le mérite. »

Sources Le Parisien

20/06/2018

Paris : tête de liste du PCF aux Européennes, Ian Brossat explique ses choix

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Ian Brossat, l’adjoint (PCF) d’Anne Hidalgo, chargé du logement, a été désigné chef de file des communistes aux élections Européennes. Mais il ne dit pas adieu à Paris.

L’adjoint au logement d’Anne Hidalgo a été désigné pour mener la campagne du PCF lors des élections européennes de mai 2019. Ian Brossat s’explique sur son choix qui va l’amener à quitter ses fonctions au sein de l’exécutif parisien à moyen terme même s’il annonce qu’il soutiendra la maire en 2020.

Une partie des élus de gauche vous reproche de quitter le bateau en pleine tempête…

Je n’abandonne personne et que chacun se rassure, la gauche pourra compter sur moi pour la campagne de 2020. J’ai constaté en tant qu’élu que pour faire bouger les choses à Paris, il faut faire évoluer un certain nombre de règles à l’échelle du Parlement Européen. C’est le cas pour les réfugiés mais aussi pour Airbnb qui fait pression sur la commission européenne pour ne pas réguler ses locations touristiques illégales.

Comment la maire de Paris a-t-elle réagi à votre candidature ?

Elle m’a félicité chaleureusement et m’a donné quelques conseils que je garderai pour moi. J’ai toujours eu d’excellentes relations avec la maire de Paris et il n’y a aucune raison pour que cela change. Je l’avais d’ailleurs prévenue avant. Et quoiqu’il advienne, je souhaite que la gauche puisse prolonger l’aventure de 2014.

Sauf si la maire de Paris choisit de ne pas conclure d’alliance avec le PCF…

Plus le temps passe, plus la République en Marche affiche son ambition de gagner Paris et moins l’hypothèse d’une alliance avec les macronistes me paraît crédible. LAREM a d’ailleurs une attitude de plus en plus agressive vis-à-vis de la politique municipale et les élus macronistes parisiens n’hésitent plus à s’attaquer à ce qui fait le cœur du projet municipal. Je ne vois pas comment nous pourrions parvenir à un accord dans ce contexte. Pour gagner, il faut que la gauche se rassemble en 2020.

A l’heure qu’il est, personne n’imagine que la gauche seule puisse gagner Paris ?

Si, moi et beaucoup d’autres. A la condition que la gauche se rassemble et quelle porte les aspirations de la classe moyenne. Sur le terrain, je ressens une forte opposition à la politique de Macron et un accord avec ce que nous portons sur la lutte contre la pollution, l’accueil des réfugiés ou le logement.

Si vous n’êtes pas élu député Européen, reviendrez-vous à Paris ?

Je n’envisage pas cette hypothèse. J’y vais pour gagner et si je gagne, je démissionnerai de mon mandat d’adjoint au maire et je resterai conseiller de Paris et conseiller du XVIIIe.

Redeviendrez-vous enseignant ?

Un jour, certainement. Quand ? Je ne le sais pas. J’ai gardé de bons souvenirs de mes années à Sarcelles (Val-d’Oise). Enseigner, comme être élu, c’est être utile. Mon mandat est un prolongement de mon métier.

Quels sont vos projets d’ici la fin de la mandature ?

D’abord, nous allons continuer à produire de l’habitat social à un rythme très soutenu. D’ici 2018, nous financerons le 100000e logement depuis 2001. Nous allons poursuivre le travail de régulation des meublés touristiques et réactiver l’encadrement des loyers à l’automne pour protéger le pouvoir d’achat des classes moyennes. Et nous lancerons en octobre le programme « Réparer Embellir » qui vise à rénover les parties communes et la sécurité dans le parc social. Le coût — 20 M€ — sera cofinancé par la Ville et les bailleurs sociaux. Plus de 30 000 logements répartis sur 200 sites bénéficieront de ces améliorations d’ici décembre 2019.

Quel bilan tirez-vous de ces quatre années à l’hôtel de ville ?

Nous avons investi 400 M€ par an dans le secteur du logement, avec des réussites à la clé comme l’implantation d’un centre d’accueil pour SDF en lisière du bois de Boulogne, dans le XVIe. Mais la situation à Paris reste difficile. C’est un combat long et difficile car la municipalité ne peut pas réguler seule les forces du marché.

Cette politique coûteuse n’a pourtant pas permis de réduire la demande de logement ni même d’atteindre le seuil de 25 % de logements sociaux…

On ne veut pas densifier la ville en construisant à un rythme effréné car nous voulons préserver la qualité de vie des Parisiens. Mais nous avons permis à 500 000 personnes appartenant à la classe moyenne ou à des milieux plus défavorisés de se maintenir dans la capitale. Ce n’est pas le cas à Barcelone qui a vu les prix de l’immobilier flamber ou de Londres qui se mord les doigts d’avoir livré la ville aux promoteurs.

Entretien réalisé par le Parisien

20:07 Publié dans Actualités, Radio Evry | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ian brossat, européennes, élections, paris | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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