01.09.2011
HOPITAL SUD FRANCILIEN : DEMISSION DU DIRECTEUR
Nous apprenons aujourd’hui la démission du directeur général du Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF), Alain Verret, dans une lettre adressée au personnel de l’établissement.
Ce départ forcé a tous les contours d’une mise à pied du directeur du site en raison de son opposition au groupe EIFFAGE pour leurs responsabilités dans le cadre des innombrables dysfonctionnements dans la construction du site unique, dont le coût s’élève aujourd’hui à la somme exorbitante de 1,8 milliards d’euros.
Alors que l’Hôpital relève 2 000 malfaçons constatées par huissiers sur le site, le groupe EIFFAGE réclamerait 100 millions d’euros supplémentaires pour l’ouverture du site. Pour avoir demandé des comptes au groupe EIFFAGE, le directeur général du Centre Hospitalier Sud Francilien a été rappelé à l’ordre par les plus hautes autorités de l’Etat.
En démissionnant, il a refusé d’accepter l’inacceptable : que l’Hôpital public paye les conséquences désastreuses du choix de confier la construction du site à un groupe privé totalement incompétent pour de telles structures. Comment avoir pu imaginer qu’un tel groupe ne privilégierait pas ses intérêts financiers au détriment de l’intérêt public ?
Comme dans l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais, comme dans l’affaire EPR de Flamanville/Bouygues, Nicolas Sarkozy confirme par son intervention autoritaire qu’il fait passer les intérêts des grands groupes avant ceux du service public.
Autant d’éléments qui nous éclairent sur les raisons – et les conséquences -de la réunion des PDG des neuf grands groupes français lors d’un dîner désormais fameux le soir de l’élection du président de la République.
Seul élu à voter contre le projet du site unique et le Partenariat Public-Privé pour sa construction au début des années 2000, je me satisfais aujourd’hui que la raison l’emporte à travers ce nouveau scandale, et que les élus de gauche de notre territoire défendent le choix du droit à la santé pour tous face aux intérêts des groupes privés.
C’est dans cette perspective que me rendrai donc à la conférence de presse de Manuel Valls, ce jeudi 1er septembre à 17h, à l’Hôpital de Courcouronnes.
J’y défendrai trois propositions. Dans l’immédiat, la renégociation du loyer aux frais du groupe EIFFAGE. A moyen terme, la remise en cause du Partenariat Public-Privé dans l’exploitation du site. Enfin, l’association de l’ensemble de la communauté médicale et des usagers à la définition collectives des besoins du territoire en matière de santé publique.
Bruno PIRIOU, conseiller général PCF de Corbeil.
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| Tags : hôpital sud francilien, piriou |
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07.02.2011
HOPITAL SUD FRANCILIEN : VERS LA BEREZINA ?
Le nouvel hôpital Sud Francilien qui va regrouper les sites de Courcouronnes et de Corbeil sur un territoire situé à Corbeil sera ouvert progressivement aux usagers théoriquement à partir du 17 mai 2011.
Il remplacera ainsi l’hôpital Louise Michel de Courcouronnes, et Gilles de Corbeil à Corbeil et regroupera en outre les lieux de soins de Yerres.
BEREZINA FINANCIERE
Pour le comité de défense de ses hôpitaux, remplacer des structures construites dans les années 70 constituent déjà un premier gâchis financier.
A ce gâchis, tout indique déjà que l’ouverture de ce nouvel hôpital ultramoderne et géant d’une superficie de 110 000 m2, avec 1017 lits, 20 blocs opératoires, 130 salles de consultation, risque très rapidement par se traduire par une double bérézina financière et humaine.
Le milliardaire Serge Dassault, maître d’œuvre de ce projet, ancien Maire de Corbeil, homme influent du régime, pour un hôpital qui un jour probablement portera son nom, souligne déjà : « quelques problèmes financiers qui son à résoudre », et pour cause…
D’un coût de construction estimé à 344 millions d’€, le prix global en y ajoutant la totalité des frais (construction, aménagement routier, mises en réseaux, déménagement, démolition ou réaménagement des hôpitaux actuels) dépassera d’après de nombreuses estimations plus d’un milliard d’€.
Les collectivités locales déjà étranglées financièrement par les réformes de l’Etat et la suppression de la Taxe Professionnelle sont largement mises à contribution, en particulier le département, et avec eux les habitants de l’Essonne au même moment où des moyens financiers manquent cruellement au conseil général pour intervenir dans le domaine social, qui est pourtant de sa compétence première.
La construction de cet hôpital a été confié à une société privé Heveil, filiale du groupe BTP Eiffage dans le cadre d’un partenariat public-privé malgré les fortes réticences du Conseil Constitutionnel qui dans un avis daté de 2003 estimait : « que généraliser ce type de construction serait contraire aux exigences constitutionnelles d’égalité et bon usage des fonds publics ».
Le remboursement de cette opération sera effectué par le biais d’un loyer annuel payé par le centre hospitalier qui prévu à l'origine à 30 millions d'€ est aujourd'hui fixé à 42 millions d’€, abondé au 2/3 par l’assurance maladie pour un coût total final de 1,2 milliard d’€ sur toute la durée du bail prévue initialement jusqu’en 2041 mais risque fort d’être repoussé. La société Heivel sera également responsable de la maintenance et de l’exploitation de ce bâtiment.
Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile de France publié en juillet 2010 indique que "le recours à la maîtrise d'ouvrage publique financée par un emprunt aurait été une solution moins coûteuse, moins hasardeuse et surtout davantage maîtrisable", "une stimulation pour un emprunt de 344 millions d'€ sur 30 ans donne un coût final de 757 millions d'€, soit une économie de 550 millions d'€".
Les 3000 à 4000 emplois dont la Direction a approuvé la suppression à l’Assistante Publique de la Région Parisienne sont un petit avant goût de ce qui attend les salariés de ce nouveau hôpital après la fusion des deux autres.
Aujourd’hui ce sont plus de 3000 personnes qui travaillent dans les hôpitaux Sud Francilien, les prévisions données dans les dossiers de presse sur le nombre de personnes qui seront alors employées après dans cet hôpital unique est de 1500 précisément. Le « dégraissage » sera massif, même si le chiffre annoncé est discutable et ne prend pas en compte sans doute toutes les données.
Ce sont des centaines d’emplois qui vont être supprimés, des dizaines de services fermés, des milliers d’usagers « éjectés » vers les cliniques privés, où qui ne recevront plus de soins. Le maire d'Evry a avoué que l'ouverture de cet hôpital de traduira également par le "siphonage" des emplois de tous les autres hôpitaux du secteur. Le regroupement envisagé pour tout le Sud de l'Ile de France des urgences uniquement vers l'hôpital sud francilien en est la malheureuse illustration.
Le déficit structurel de ce centre hospitalier est aujourd’hui de 15 millions d’€, auquel va s’ajouter le coût du surloyer à payer à Eiffage.
Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France a averti. « La masse salariale des hôpitaux représentent 68 à 70 % des charges, et reste la seule variante d’ajustement pour rester dans les enveloppes accordées ». Enveloppes qui de fait se réduisent d’année en année. La piste est tracée.
Pas sûr que salariés, usagers, élus acceptent ce scénario sans réagir.
Article publié le 27 janvier 2010, et actualisé le 07 février 2011
18:00 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
| Tags : hôpital sud francilien, evry, corbeil, courcouronnes |
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