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25/03/2012

EXPOSITION PHOTOS NEWTON AU GRAND PALAIS

deneuve.jpgDepuis la mort d’Helmut Newton (1920 -2004), aucune rétrospective du photographe n’a eu lieu en  France, pays où il a cependant créé une partie majeure de son œuvre, notamment en travaillant pour l’édition française de Vogue.

Sulfureux, parfois choquant, l’œuvre de Newton a cherché à restituer la beauté, l’érotisme, l’humour, parfois la violence que sa sensibilité lui permettait de relever dans les rapports sociaux des mondes qu’il fréquentait : la mode, le luxe, l’argent, le pouvoir.

 L’exposition réunit plus de deux cents images, quasi exclusivement des tirages originaux ou « vintage » réalisés sous le contrôle d’Helmut Newton : polaroïds, tirages de travail de divers formats, œuvres monumentales. Elle sera enrichie d’un extrait du film réalisé par June Newton, épouse du photographe pendant soixante ans et elle-même photographe : Helmut by June.

 Le propos s’inscrit dans un parcours rétrospectif et thématique. Présentant les grands thèmes newtoniens : mode, nus, portraits, sexe, humour, l’exposition entend montrer comment s’est constitué, bien au-delà de la photographie de mode, l’œuvre d’un grand artiste. Un œuvre qu’il n’a eu de cesse de libérer de toute contrainte imposée, alors qu’il travaillait le plus souvent dans un cadre de « photographie appliquée » à la mode et aux portraits. Un œuvre éminemment classique en ce sens qu’il s’inscrit dans une perspective artistique très large. Un œuvre qui fait l’expérience de la liberté, dans ses thèmes comme dans ses formats. Un œuvre qui donne à voir une vision nouvelle et unique du corps féminin contemporain.

On a dit d’Yves Saint Laurent qu’il a par ses créations donné le pouvoir à la Femme. On pourrait dire la même chose d’Helmut Newton, qui accompagna longtemps et intimement – ce n’est pas un hasard – la démarche du premier. Nues ou en smoking, les femmes de Newton sont puissantes, séductrices, dominantes, jamais glaciales mais toujours impressionnantes, voire intimidantes.

417645.jpgCe sont des femmes qui, fortes de leur révolution sexuelle, assument la pleine liberté de leur corps, sans heure ni cadre, ouverte à tous les fantasmes. Ce sont des femmes riches, qui ont conquis le monde et son argent, et vivent dans un raffinement extrême, de leurs robes à leur lit. Luxe, classe et volupté : tel pourrait être l’adage de la Femme newtonienne.

Quand Newton publie un livre intitulé Un monde sans hommes, il formule l’expression visionnaire d’une société où les femmes ont conquis assez de pouvoir pour parvenir, le cas échéant, à se passer des hommes.

 L’exposition ne s’attache pas à l’unique représentation de la Femme par Newton, mais restitue les divers champs, parfois plus secrets, de son travail. Conçue par June Newton et ponctuée de citations du photographe, elle est aussi, à double titre, « Newton par Newton ».

L’exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, avec l’aimable participation de Madame June Newton, Monte-Carlo, et de la Fondation Helmut Newton, Berlin.

Commissaire : June Newton, avec la collaboration de Jérôme Neutres, conseiller du Président de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

Scénographie : Paul Kahlfeldt, Kahlfeldt Architekten, Berlin

 L’exposition bénéficie du soutien d’HSBC France. Elle a été réalisée également avec le concours du cabinet Linklaters

26/02/2010

Turner et l’ivresse de la lumière

turnercalais.jpgAu Grand Palais, à Paris, «  Turner et ses peintres  ». Une exposition pour mieux comprendre
le parcours 
du plus singulier des peintres britanniques.

Sans doute faut-il commencer par la fin si l’on veut mettre en lumière ce que la nouvelle exposition du Grand Palais à Paris consacrée à Turner, sous le titre «  Turner et ses peintres  », peut avoir de singulier. La fin si l’on peut dire, alors que le peintre, né en 1775, approche de ses soixante-dix ans, ce sont ces toiles où les formes se noient dans la saturation lumineuse et l’explosion de la couleur, les tourbillons de la matière. Le Lac de Lauerzer et le Mythen, en 1848, les Chutes de la Clyde, vers 1845, ou encore cette formidable Tempête de neige, en mer, en 1842, que le peintre aurait lui-même vécue et à propos de laquelle on dit qu’il s’était fait attacher au mât, non pour entendre le chant des sirènes mais la grande symphonie chaotique des éléments déchaînés.

La copie des maîtres fait partie du parcours de tout artiste

Partir de la fin car l’exposition, dont on ne doute pas du succès, met en évidence avec pertinence d’où part Turner, mais cela n’a de sens que si l’on voit où il arrive. L’imitation, voire la copie des maîtres font partie du parcours de tout artiste, aussi grand soit-il, et c’est même la marque des plus grands que d’assumer leurs sources. À la Royal Academy of Arts de Londres, Turner entendra les discours de son président, le grand portraitiste sir Joshua Reynold  : « Étudiez donc les œuvres des grands maîtres pour toujours. Étudiez-les d’aussi près que vous le pouvez, à la manière et selon les principes qui les ont eux-mêmes guidés. » Mais aussi ceci, essentiel  : « Considérez-les à la fois en tant que modèles à imiter et en tant que rivaux à combattre. »

Turner est entré à quatorze ans à la Royal Academy. Fils d’un modeste barbier mais animé par une solide ambition, il va beaucoup produire, beaucoup imiter, découvrant en même temps Rembrandt, Poussin, Claude Lorrain, dont un tableau l’aurait fait fondre en larmes. En 1813, il reprend, de Poussin, le thème du déluge et rajoute le rougeoiement d’un soleil de fin du monde, des trombes d’eau monstrueuses. En 1828, il reprend, de Claude Lorrain, un port de mer au soleil couchant, mais son soleil touche à l’ivresse et la lumière est partout. La lumière, il la prend aussi chez Rembrandt, dorée quand elle nimbe le corps de Bethsabée ou le philosophe  ; chez Watteau, dans les lointains où se dessine Cythère… Il va la porter à l’incandescence, qu’il s’agisse de marines, de scènes mythologiques comme dans Mercure envoyé pour avertir Énée, en 1850, d’un train dans la fumée… Il donne à voir autrement. Avant Turner, dira Oscar Wilde, « il n’y avait pas de brouillard à Londres ». Il est toujours facile, après coup, de voir ce que l’œuvre d’un peintre a pu anticiper des temps qui l’ont suivi. On a dit de Turner qu’il annonçait l’impressionnisme. C’est un peu une illusion d’optique. La lumière de Turner est un emportement, pas un réalisme. Il est plus proche en un sens de Gustave Moreau et du symbolisme. On dirait qu’il pressent l’abstraction, mais peut-être cherchait-il seulement à éblouir ses contemporains. On reste un peu pantois, toutefois, devant ses Trois Marines, de 1827. Des bandes de couleur horizontales. Tiens, se dit-on, on dirait un Rothko..

Maurice Ulrich, l'Humanité

Jusqu’au 24 mai 2010. 
Catalogue édité par la Réunion 
des musées nationaux. 290 pages. 39 euros.

turneraut.jpgTURNER WILLIAM

Peintre anglais, né à Londres le 23 avril 1775, mort à Chelsea le 19 décembre 1851.

Fils d'un pauvre perruquier, il se lia dans son enfance avec Thomas Girtin et peignit comme lui des aquarelles (cet artiste très bien doué mourut à vingt-sept ans, à la suite de débauches): les deux amis intéressèrent à leurs efforts le docteur Munro qui leur permit de copier les dessins de sa magnifique collection et achetait une demi-couronne leurs croquis.

Les grands peintres


Exposition "Turner et ses peintres"
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19:48 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, turner, exposition, grand palais | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/10/2009

LE JOUR OU RENOIR ROMPIT AVEC RENOIR

renoinu.jpgJusqu’au 04 janvier 2010, le Grand Palais à Paris, invite à découvrir la dernière période du peintre Auguste Renoir, peu connue et souvent décriée. Des centaines de tableaux en rupture totale avec l’impressionnisme : les œuvres d'un Renoir se confrontant aux maîtres classiques italiens, Titien en tête.

 

Dès la fin des années 1870 Pierre-Auguste Renoir se démarque des impressionnistes, ses premiers compagnons. Il remet en cause leurs principes, et se consacre principalement au portrait et au nu, en référence à la peinture classique.

Le Grand Palais a rassemblé 200 oeuvres dont 80 tableaux des années 1890 à la mort de Renoir (jusqu'au 4 janvier).

En 1892, pour la première fois, un tableau de Renoir (1841-1919) est acheté par un musée: Jeunes filles au piano entre au musée du Luxembourg. La même année, son fidèle marchand, Paul Durand-Ruel, lui consacre une rétrospective importante. La reconnaissance arrive, pour celui qui s'est battu aux côtés des impressionnistes contre l'académisme, alors qu'il se démarque déjà depuis un moment de ses premiers compagnons, qui ne constituent plus d'ailleurs un mouvement. Dès les années 1880, il a abandonné la touche impressionniste et la peinture en plein-air.

Dans la dernière partie de sa vie, Renoir propose même "une peinture qui est presque une réaction à l'impressionnisme", explique Sylvie Patry, conservateur du patrimoine au musée d'Orsay et commissaire de l'exposition.

En même temps le peintre abandonne les teintes dites "aigres" et le dessin un peu sec qu'il avait développé dans les années 1880 en réaction aux impressionnistes et reprend une touche plus ronde et plus souple. Deux toiles jumelles, Danse à la campagne et Danse à la ville, illustrent son évolution vers plus de monumentalité et une vocation décorative.

L'exposition a pour but de "révéler cette dernière période et jeter un autre regard sur l'ensemble de la carrière de l'artiste", souligne Sylvie Patry.

Renoir abandonne les scènes de bals ou de déjeuners pour se consacrer à des portraits, à des scènes plus intimes et à des nus. Au début des années 1890, il aime peindre des jeunes filles sages et élégantes à la lecture ou au piano, dans l'esprit du XVIIIe siècle. Ou encore des baigneuses sculpturales inspirées des statues antiques.

 

renoir, le concert.jpg« Ce qui se passe dans mon crâne ne m’intéresse pas. Je veux toucher…au moins voir ! », déclare t-il à propos de ces toiles de rondes baigneuses et de femmes plantureuses se prélassant, qu’il représente comme des nymphes antiques fondues dans la nature. Leurs chairs opulentes, qui évoquent les peintures de Titien, le peintre se plaît à « passer la main dessus ».

Sa famille est un de ses sujets favoris, notamment ses fils Jean et Claude, nés en 1895 et 1901. Il les peint dans des scènes intimes, parfois avec leur gouvernante, Gabrielle, se référant aux intérieurs des Hollandais du XVIIe. Il les prend aussi comme modèles avec des habits divers (Pierrot, clown), lors de séances de pose dont ils n'ont pas toujours gardé bon souvenir.

renoirenfants.jpgRenoir ne veut pas de modèle professionnel, de poses convenues. Il recherche la simplicité et préfère peindre son sujet dans une activité quotidienne, la toilette, la couture, la lecture. La brune Gabrielle, restée 14 ans au service de la famille, devient un des modèles préférés de Renoir. Elle a posé pour près de 200 tableaux, nue, habillée...

Renoir travaille particulièrement sur le nu, dont il est un des grands peintres. "Le nu me paraît être la forme indispensable de l'art", disait le peintre. S'il l'a pratiqué toute sa vie, il a excellé dans le genre les trente dernières années de sa vie. Peignant d’une touche vaporeuse, il triche avec l'anatomie, ajoutant aux courbes de ces jeunes filles, amplifiant les bassins, arrondissant les articulations. Il alterne lourdes chevelures blondes ou brunes qui ajoutent à la sensualité des chairs pâles. Renoir n'a aucun souci de réalisme. "La peinture est faite pour embellir", disait-il d'ailleurs à Bonnard.

 "La référence de plus en plus appuyée à la grande statuaire antique", dit la commissaire de l'exposition, est patente notamment dans les grands nus monumentaux, où il s'inspire aussi du thème de l'odalisque. Ses derniers nus ont particulièrement inspiré Picasso, dont quelques oeuvres ponctuent l'exposition. (Grande baigneuse de 1921).

Renoir sait mettre aussi de la fantaisie dans ses portraits, représentant le marchand Vollard en habit de toréador, soignant les décors. Dans ses dernières oeuvres, le peintre aime remplir les toiles "à craquer", comme dans le Concert, où les deux modèles sont représentées dans un tourbillon de couleurs, de tissus et de fleurs. Pour Renoir, qui conteste ce qu’il considère comme un « excès de théorie » de certains de ses contemporains, la peinture est avant tout décorative. Elle est faite pour « égayer les murs », dit-il. L’exposition comprend quelques oeuvres de commande purement décoratives, comme une paire de danseuses (aux castagnettes et au tambourin) peintes pour un collectionneur parisien, que le sculpteur Henry Moore admirait particulièrement.

L’exposition présente aussi des aspects peu connus de l’œuvre de Renoir, avec quelques sculptures, ainsi que des dessins, dont de grands dessins préparatoires à la sanguine, impressionnants de volume.

A la fin de sa vie, Renoir souffre de polyarthrite et s'installe dans le sud, à Cagnes. L'exposition présente quelques-uns de ses paysages méditerranéens, baignés de lumière. Si les oeuvres tardives de Renoir ont souffert d'une certaine désaffection, ses contemporains appréciaient l'artiste comme l’homme sociable et aimable. Picasso et Matisse l’admiraient, tout comme de grands marchands ou collectionneurs comme Ambroise Vollard ou le docteur Albert Barnes.

De nombreux artistes lui rendaient visite dans le Midi, comme en attestent des photos de Brassaï, un dessin de Bonnard, un petit portrait de Maurice Denis, une tête de Maillol. Ils aimaient l’ambiance chaleureuse de la maison, où le vieil artiste continuait de créer malgré ses problèmes de santé.

Ce nouveau Renoir déconcerte et suscite de vives critiques, portant notamment sur « ces énormes femmes rouges, tellement grasses, avec de très petites têtes » comme l’écrit Mary Cassat en 1913.

 

Il confia à ces proches lors de ces dernières années : "Je commence à comprendre ce qu'est la peinture. Il m'a fallu 50 ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore".

Renoir au XXe siècle, Galerie nationales du Grand Palais, square Jean Perrin, 75008 Paris
Tous les jours 10h-22h sauf le mardi et le 25 décembre. Fermeture à 20h le jeudi.

Pendant les vacances scolaires: tous les jours, même le mardi, jusqu'à 23h
Tarifs: 11€ / 8€. Renseignements et achat de billets sur le site de la RMN
Jusqu'au 4 janvier 2010

 

France 2 culture et l'Humanité, voir également sa biographie, et notre mini site consacré à la peinture

 



Découvrez "Renoir au 20ème siècle" au Grand Palais : un autre regard sur l'oeuvre de l'artiste sur Culturebox !

 

 

16:25 Publié dans Découvertes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : renoir, grand palais, exposition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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