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17/01/2015

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry (Essonne), raconte leur passage par la bande de Gaza.

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À l’invitation du patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal, la Coordination catholique pour la Terre sainte est venue sur place, du samedi 10 au jeudi 15 janvier, pour sa visite annuelle. Elle réunit 15 délégués de Conférences épiscopales nationales provenant de 11 pays, et tous doivent visiter différents points chauds en Israël, à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens occupés.

La délégation devait notamment se rendre à Gaza, dimanche 11 janvier, pour y célébrer la messe à la paroisse de la Sainte-Famille et rencontrer les fidèles au cours d’un déjeuner. Les autorités israéliennes n’ont d’abord laissé passer que 10 membres sur la quarantaine de personnes composant la délégation.

Maisons rasées ou qu’on fait exposer

« J’ai fini par passer, mais au bout de sept heures d’attente pendant lesquelles les autorités, les militaires n’ont cessé de discuter », raconte Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry (Essonne), pour qui « les Israéliens voulaient surtout montrer qu’ils sont les patrons ». Ceux-ci n’ont d’ailleurs fait aucune difficulté, le lendemain, pour laisser la délégation se rendre dans la localité israélienne de Sderot, visée par les roquettes palestiniennes.

« Nous avons vu les destructions, qui sont inimaginables », témoigne l’évêque d’Évry. Au Nord de la bande de Gaza, près de la frontière, les maisons de 180 familles ont été rasées au bulldozer ou « explosées ». Le Catholic Relief Service, l’agence catholique humanitaire américaine, vient d’y installer une quarantaine de petits « chalets », dans lesquels les familles disposent en tout et pour tout de nattes de paille et de quelques matelas de mousse...

« Personne ne nous croit »

Déclenchée après l’enlèvement et de l'assassinat des trois adolescents juifs, l’opération « Bordure protectrice » a fait plus de 2 000 morts, dont 500 enfants, et plusieurs centaines de milliers de sans-abri. « Tout est exactement dans le même état que cet été puisque le ciment ne peut passer la frontière  : les Palestiniens ne peuvent rien reconstruire », constate Mgr Dubost. Dans l’une des trois écoles catholiques de Gaza, les seuls établissements mixtes et qui accueillent 1 000 élèves au total, les évêques ont rencontré des lycéens. « Ils nous ont demandé de raconter dans nos pays ce que nous avons vu, mais en nous prévenant que personne ne nous croirait ».

Les jeunes lycéens se sont également montrés très sensibles aux attentats qui se sont produits à Paris - tueries à Charlie Hebdo, à Montrouge puis dans le supermarché casher de la Porte de Vincennes - sans doute « parce qu’ils se sentent très fragiles face aux attaques islamistes et qu’ils sont payés pour savoir leurs dégâts », estime l’évêque d’Évry.

« C’est un rêve »

À eux comme aux juifs israéliens rencontrés de l’autre côté de la frontière, ils ont demandé si « la paix est possible ». « C’est un rêve », répondent invariablement Palestiniens et Israéliens. « Il y a eu tant de tentatives, tant de destructions qu’il faut vraiment être chrétien pour se dire que cela vaut quand même la peine de reconstruire », reconnaît Mgr Dubost, en soulignant le travail « extraordinaire » des organismes de solidarité catholique pour rétablir l’eau potable. La centrale ayant été bombardée, les Gazaouis n’ont que « quatre heures d’électricité par jour ».

Le curé de Gaza, le P. Jorge Hernandez, que le pape François avait reçu fin août à Rome, a raconté à la délégation qu’il éprouvait parfois l’envie de « prendre deux bus, d’y mettre la centaine de catholiques qui restent et d’essayer de partir ». Mais à chaque fois, il s’est ravisé, convaincu que « c’est notre pays, qu’il faut qu’on reste ».

Voir À Gaza, une situation humanitaire catastrophique 

Destruction de l’autre

« Ce qu’on a vu à Gaza, rien ne peut le justifier », résume Mgr Dubost, au nom des évêques de la Coordination en Terre sainte. « Les Israéliens ont raison de vouloir la sécurité, mais la sécurité aux prix de la destruction de l’autre ne peut être juste ».

Les membres de la délégation ont également pu constater à quel point les échecs du secrétaire d’État américain, John Kerry, ont laissé des traces, côté palestinien  : « Le sentiment d’injustice est très profond, car pendant les négociations, les juifs ne cessent de continuer à construire des colonies ».

« Chacun craint l’autre, chacun méprise l’autre, personne ne croit à une solution », constate encore Mgr Dubost, pour qui l’absence de rencontres entre les deux peuples constitue l’un des problèmes majeurs de ce conflit. « Plutôt que de partir du sommet, ne faut-il pas repartir de la base, rouvrir des points de passage  ? Puisque personne n’y croit, nous, chrétiens devons croire à la paix, mais c’est difficile. »

Anne-Bénédicte Hoffner, la Croix

18:44 Publié dans Actualités, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, evry, evêque | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/12/2013

Appel pour GAZA !

palestine1.jpgTexte adopté à l’issue des Huit Heures pour la Palestine, à Evry, le 30 novembre 2013

A l’issue des Huit Heures pour la Palestine, qui se sont tenues le 30 novembre 2013 à Evry sur le thème « Gaza, Palestine étranglée mais résistante et vivante », les organisations du Collectif Palestine Evry Essonne, qui ont soutenu cet événement organisé par Evry Palestine, lancent un appel pressant à nos pouvoirs publics et à nos élus pour qu’une action énergique soit enfin menée auprès d’Israël pour la levée du blocus de Gaza et le rétablissement de la liberté de circulation pour les personnes et les biens.

GAZA : LA FRANCE ET L’EUROPE DOIVENT AGIR

Depuis plus de 6 ans, la Bande de Gaza vit sous un blocus inhumain et illégal, imposé par l’Etat d’Israël, puissance occupante, en violation flagrante de la quatrième convention de Genève et des conventions pour les droits de l’Homme.

Ce blocus, associé aux attaques meurtrières de 2008-2009 et de 2012, aux restrictions injustifiables à la pêche dans les eaux territoriales de Gaza, à l’impossibilité de cultiver dans la zone tampon décrétée unilatéralement par Israël, ruine l’économie de Gaza et fait vivre à sa population un calvaire insupportable. La fermeture des tunnels, décidée par l’Egypte, a supprimé cette voie bien précaire d’approvisionnement, stoppé net la reprise de l’activité de construction du secteur privé, et considérablement aggravé la situation des 1,7 millions de personnes qui vivent à Gaza. Et les bombardements par l’aviation israélienne, les assassinats ciblés, les attaques de la marine contre les pêcheurs, les tirs de l’armée contre les paysans, n’ont jamais cessé.

evry,palestine,gaza,appel des communistes,élusUn an après le cessez-le feu qui a suivi l’opération militaire d’Israël contre Gaza en novembre 2013, l’ONU constate que la situation des Palestiniens de Gaza s’est encore considérablement dégradée. Et l’UNRWA (organisation de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens) ne peut plus faire face aux besoins d’urgence compte tenu de ses moyens financiers. Même les constructions ou reconstructions d’écoles ont dû être stoppées faute de matériaux de construction.

Les services hospitaliers sont sévèrement atteints, et les égouts se déversent dans les rues faute d’énergie pour le pompage. L’eau estimpropre à la consommation dans 95% des cas, avec une perspective de destruction irrémédiable de la nappe phréatique à court terme.

Aux autorités égyptiennes, il faut demander de rouvrir largement aux personnes le terminal de Rafah, et de l’ouvrir aux marchandises, mesure rendue urgente par la destruction des tunnels qu’ils ont décidée.

Mais le premier responsable de la situation à Gaza est l’Etat d’Israël, puissance occupante au sens du droit international, et tenu de ce fait par les obligations de la 4 ème convention de Genève. Gaza est victime d’une stratégie délibérée d’Israël pour l’étrangler, ruiner son économie et son environnement, et l’isoler du reste de la Palestine.Et cela, alors que les habitants de Gaza demandent avant tout de pouvoir travailler, étudier, produire, exporter et importer, échanger avec le reste du monde comme tous les pays de la planète, et accéder à leurs droits légitimes.

Les déclarations qui condamnent le blocus de Gaza ou demandent qu’il soit levé au plus vite sont nombreuses de la part de l’Europe, des Nations-Unies et de la France (même si nous regrettons l’absence de déclaration publique sur ce point lors de la visite du Président de la République en Israël et Palestine en novembre 2013).

evry,palestine,gaza,appel des communistes,élusIl est temps de mettre les actes en conformité ave cles paroles. Il n’est plus possible de s’en tenir à quelques gestes humanitaires, comme si Gaza était victime d’une catastrophe naturelle, sans s’attaquer au blocus et à l’occupation. Le blocus de Gaza doit être levé, la liberté de circulation pour les personnes et pour les marchandises doit être rétablie dans les deux sens aux postes frontières avec Israël, les zones de pêche et de culture rétablies, une liaison assurée entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Un plan d’urgence doit être adopté pour l’eau, en limitant strictement les prélèvements d'eau par Israël entre la Cisjordanie et Gaza, et en assurant un approvisionnement d’urgence de Gaza en eau potable.

Au-delà de ces mesures d’urgence, Gaza a le droit de vivre : son aéroport doit être reconstruit, les travaux du port démarrés, la liaison permanente et sécurisée entre Gaza et la Cisjordanie assurée comme prévu par les accords d’Oslo, des ressources en eau mobilisées en proportion du nombre d’habitants. C’est, au-delà de la résolution de la crise actuelle à court terme, un ensemble d’objectifs essentiels sans lesquels aucune paix ne sera juste et durable.

Ces exigences doivent être portées fermement par la France et l’Europe, elles doivent être assorties de sanctions si Israël ne s’y conforme pas.

Nous appelons nos élus des municipalités de l’Essonne, du Conseil Général de l’Essonne, du Conseil Régional Ile de France, nous appelons les Députés et Sénateurs de l’Essonne, à porter cet appel auprès du gouvernement et du Président de la République, pour une action au niveau de la France comme de l’Europe. Nous appelons nos députés européens à porter cet appel auprès des autres parlementaires européens, du Conseil Européen et de la Commission Européenne. Nous attendons du gouvernement français et de l’Union Européenne des actions fermes et publiques dans ce sens vis-à-vis d’Israël.

Les élus communistes d'Evry se sont associés à cet appel

26/07/2011

GAZA : JEAN CLAUDE LEFORT DEPUTE HONORAIRE DU VAL DE MARNE TEMOIGNE

jeanclaudelefort.jpgVous étiez l’un des 16 passagers du « Dignité-Al karama » qui vient d’être arraisonné dans les eaux internationales par l’armée israélienne mardi 19 juillet. Avant d’en venir à cet épisode, pouvez-nous resituer le sens de cette campagne française « Un bateau pour Gaza » ?
JC L : En effet, il est très important de bien comprendre l’objet de cette « Flottille internationale n°2 ».
Depuis quasiment un an, au sein d’une coalition française regroupant et unissant 80 associations, organisations et partis – du jamais vu en France, il faut le noter – nous avons décidés de nous inscrire dans la « Flottille internationale n°2 » qui, finalement, a regroupé 12 bateaux avec des passagers venant de 22 pays.
Son objectif était clair : mettre un terme et briser le blocus illégal et absolument inhumain qui frappe depuis plus de 4 ans la population de Gaza et à propos duquel on garde un épais silence ; demander l’application du droit international et apporter de l’aide humanitaire. Notre démarche était citoyenne et non-violente.
Sur cette base, euro par euro, nous avons récoltés des sommes nécessaires pour l’achat et l’envoi de deux bateaux français : le « Louise Michel » et le « Dignité-Al Karama », un petit bateau de 15 mètres battant pavillon français.Le départ de ces « bateaux de la liberté », accompagnés par deux cargos portant l’aide humanitaire, a été bloqué immédiatement sur décision du gouvernement grec appuyé par l’Union européenne, les USA et même le secrétaire général de l’ONU – décision évidemment saluée avec force par Netanyahu !
Mais c’était sans compter avec notre petit bateau, le « Dignité » qui a réussi à tromper la vigilance des grecs et qui et parti du Pirée, vite repéré naturellement, et rejoint par des garde-côtes grecs en Crète où il avait réussi à aller. A partir de ce moment ses mouvements étaient « encadrés » : il ne pouvait pas sortir des eaux grecques.

Q 2 : Vous étiez à bord à ce moment-là ? Comment avez-vous pu rejoindre les eaux internationales ?
dignité.jpgJC L : Non, je n’étais pas à bord à ce moment. Nous avons alors réfléchi avec des amis étrangers qui n’avaient pas pu partir sur le « que faire ? ». Et nous avons estimé devoir conduire le bateau dans l’île grecque de Castellorizo qui se situe tout à l’Est de la Grèce à 2 ou 3 kilomètres de la Turquie.
C’est là que je l’ai rejoint le 14 juillet en passant par Rhodes. Nous étions 16 à bord : 3 membres de l’équipage, 3 journalistes, un grec, un canadien et un suédois. Et donc nous étions 7 Français directement engagés dans cette bataille.
Après des discussions à n’en plus finir, nous avons finalement obtenu, le samedi 16 juillet le « feu vert » pour aller en Egypte. Au terme d’un long voyage en plein centre de la Méditerranée, nous avons, dans la soirée du 18 juillet, jeté dans les eaux internationales, non loin des eaux égyptiennes et de Port Saïd. Et nous avons décidé de partir le lendemain matin à 5 heures pour aller de plein jour à hauteur de Gaza, toujours dans les eaux internationales, pour ensuite aller à Gaza.

Q 3 : Et c’est à ce moment que vous avez été arraisonnés ?
JC L : Oui, vers 10h30 du matin nous avons vu surgir cinq bateaux militaires israéliens, dont un lance-missiles. Les communications ont été coupées. Nous étions brutalement plongés dans « le noir ». Puis vers 12 heures, 7 bateaux commandos, avec 150 hommes à bord, encagoulés et armés jusqu’aux dents, sont venus à proximité du bateau pour lui intimer l’ordre d’arrêter. Nous étions dans les eaux internationales. Nous avons protesté depuis notre bateau, les mains en l’air, et l’ami suédois, juif, a sorti son saxophone et a joué une vielle musique de la culture juive. Tout cela a sidéré les israéliens qui ont reculé. On avançait donc vers Gaza, toujours dans les eaux internationales. Puis l’attaque a eut lieu. Une heure après. Les commandos sont revenus et ils ont réussi à monter à bord, neutralisant le bateau. Ils nous ont regroupés, mains levées, à l’intérieur du bateau. Ils nous ont ensuite conduits sur le lance-missiles. Puis, tandis que nous étions en fond de cale emprisonnés, ils nous on amené dans le port israélien de Ashdod. Le « Dignité » nous suivant et étant bloqué dans ce port.

Q 4 : C’est donc clairement un acte de piraterie qui a été commis ?
JC L : Oui totalement ! C’est un acte de piraterie d’Etat caractérisé, puisque sous pavillon français notre petit bateau se trouvait dans les eaux internationales. Un acte illégal de piraterie doublé d’un kidnapping des passagers tout aussi illégal.

Q 5 : La France a condamné ces actes ?
JC L : Absolument pas ! Rien. Incroyable tout de même. On a laissé faire les violeurs du droit international et emprisonnés ses défenseurs pacifiques sans que cela ne conduise à la moindre condamnation d’Israël par la France ! C’est une prime à l’impunité qui a été donnée, et c’est plus que révoltant. D’autant que nous avons tous été expulsés d’Israël mercredi 19 au titre que nous avions voulu y pénétré illégalement ! Franchement s’il est un endroit où nous ne voulions pas aller c’était bien en Israël. On nous a contraints à y aller. Et la seule « aide » reçue par nos autorités à été l’envoi de la Consule générale de Tel-Aviv dans notre prison qui s’est inquiétée sur le fait de savoir si nous avions été maltraités ! Point final.

Q 6 : Comment poursuivre l’action pour Gaza et plus généralement ?
JC L : D’abord, un point essentiel : avec cette affaire nous avons gagné ! Les retombées médiatiques mondiales ont été importantes. On a parlé plus que jamais de Gaza. Même la presse israélienne dit que c’est nous qui avons gagné « la guerre des images ». Une coquille de noix, 16 personnes, et Israël qui déploie des moyens militaires disproportionnés tout simplement parce que nous les avons déjoués et surtout parce qu’ils ne veulent surtout pas que l’action citoyenne se mêle du conflit du Proche-Orient, devienne un paramètre politique de l’équation. Là est le cœur du problème. D’où leur hargne.
Naturellement que nous allons poursuivre pour briser le blocus de Gaza. Et sans attendre, car c’est une échéance vitale, il faut obtenir que la Palestine, dans ses frontières de 67 avec Jérusalem-Est comme capitale, soit admise à l’ONU. C’est l’objet de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tiendra en septembre prochain. La France n’a pas dit qu’elle le ferait. L’Union européenne non plus. Les USA sont hostiles. Mais une première étape peut et doit être franchie : que deux tiers des Etats membres de l’ONU votent cette admission. Dont la France.

J’ai dit que ce qui fait le plus peur à tous ces Messieurs, c’est l’intervention citoyenne car elle est la seule en mesure de débloquer la situation. Il faut donc redoubler d’efforts pour que notre pays et l’Union européenne votent en faveur de cette admission de la Palestine à l’ONU. C’est là le centre du problème dans la période actuelle. A nous tous, dans le plus large rassemblement, de nous investir dans cette action. La Palestine doit être le 194ème membre de l’ONU ! C’est le plus court chemin pour aboutir à la paix. Une paix basée sur le droit et bénéfique aux deux peuples.

18:34 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jean claude lefort, gaza, flotille, bâteau | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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