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26.07.2011

GAZA : JEAN CLAUDE LEFORT DEPUTE HONORAIRE DU VAL DE MARNE TEMOIGNE

jeanclaudelefort.jpgVous étiez l’un des 16 passagers du « Dignité-Al karama » qui vient d’être arraisonné dans les eaux internationales par l’armée israélienne mardi 19 juillet. Avant d’en venir à cet épisode, pouvez-nous resituer le sens de cette campagne française « Un bateau pour Gaza » ?
JC L : En effet, il est très important de bien comprendre l’objet de cette « Flottille internationale n°2 ».
Depuis quasiment un an, au sein d’une coalition française regroupant et unissant 80 associations, organisations et partis – du jamais vu en France, il faut le noter – nous avons décidés de nous inscrire dans la « Flottille internationale n°2 » qui, finalement, a regroupé 12 bateaux avec des passagers venant de 22 pays.
Son objectif était clair : mettre un terme et briser le blocus illégal et absolument inhumain qui frappe depuis plus de 4 ans la population de Gaza et à propos duquel on garde un épais silence ; demander l’application du droit international et apporter de l’aide humanitaire. Notre démarche était citoyenne et non-violente.
Sur cette base, euro par euro, nous avons récoltés des sommes nécessaires pour l’achat et l’envoi de deux bateaux français : le « Louise Michel » et le « Dignité-Al Karama », un petit bateau de 15 mètres battant pavillon français.Le départ de ces « bateaux de la liberté », accompagnés par deux cargos portant l’aide humanitaire, a été bloqué immédiatement sur décision du gouvernement grec appuyé par l’Union européenne, les USA et même le secrétaire général de l’ONU – décision évidemment saluée avec force par Netanyahu !
Mais c’était sans compter avec notre petit bateau, le « Dignité » qui a réussi à tromper la vigilance des grecs et qui et parti du Pirée, vite repéré naturellement, et rejoint par des garde-côtes grecs en Crète où il avait réussi à aller. A partir de ce moment ses mouvements étaient « encadrés » : il ne pouvait pas sortir des eaux grecques.

Q 2 : Vous étiez à bord à ce moment-là ? Comment avez-vous pu rejoindre les eaux internationales ?
dignité.jpgJC L : Non, je n’étais pas à bord à ce moment. Nous avons alors réfléchi avec des amis étrangers qui n’avaient pas pu partir sur le « que faire ? ». Et nous avons estimé devoir conduire le bateau dans l’île grecque de Castellorizo qui se situe tout à l’Est de la Grèce à 2 ou 3 kilomètres de la Turquie.
C’est là que je l’ai rejoint le 14 juillet en passant par Rhodes. Nous étions 16 à bord : 3 membres de l’équipage, 3 journalistes, un grec, un canadien et un suédois. Et donc nous étions 7 Français directement engagés dans cette bataille.
Après des discussions à n’en plus finir, nous avons finalement obtenu, le samedi 16 juillet le « feu vert » pour aller en Egypte. Au terme d’un long voyage en plein centre de la Méditerranée, nous avons, dans la soirée du 18 juillet, jeté dans les eaux internationales, non loin des eaux égyptiennes et de Port Saïd. Et nous avons décidé de partir le lendemain matin à 5 heures pour aller de plein jour à hauteur de Gaza, toujours dans les eaux internationales, pour ensuite aller à Gaza.

Q 3 : Et c’est à ce moment que vous avez été arraisonnés ?
JC L : Oui, vers 10h30 du matin nous avons vu surgir cinq bateaux militaires israéliens, dont un lance-missiles. Les communications ont été coupées. Nous étions brutalement plongés dans « le noir ». Puis vers 12 heures, 7 bateaux commandos, avec 150 hommes à bord, encagoulés et armés jusqu’aux dents, sont venus à proximité du bateau pour lui intimer l’ordre d’arrêter. Nous étions dans les eaux internationales. Nous avons protesté depuis notre bateau, les mains en l’air, et l’ami suédois, juif, a sorti son saxophone et a joué une vielle musique de la culture juive. Tout cela a sidéré les israéliens qui ont reculé. On avançait donc vers Gaza, toujours dans les eaux internationales. Puis l’attaque a eut lieu. Une heure après. Les commandos sont revenus et ils ont réussi à monter à bord, neutralisant le bateau. Ils nous ont regroupés, mains levées, à l’intérieur du bateau. Ils nous ont ensuite conduits sur le lance-missiles. Puis, tandis que nous étions en fond de cale emprisonnés, ils nous on amené dans le port israélien de Ashdod. Le « Dignité » nous suivant et étant bloqué dans ce port.

Q 4 : C’est donc clairement un acte de piraterie qui a été commis ?
JC L : Oui totalement ! C’est un acte de piraterie d’Etat caractérisé, puisque sous pavillon français notre petit bateau se trouvait dans les eaux internationales. Un acte illégal de piraterie doublé d’un kidnapping des passagers tout aussi illégal.

Q 5 : La France a condamné ces actes ?
JC L : Absolument pas ! Rien. Incroyable tout de même. On a laissé faire les violeurs du droit international et emprisonnés ses défenseurs pacifiques sans que cela ne conduise à la moindre condamnation d’Israël par la France ! C’est une prime à l’impunité qui a été donnée, et c’est plus que révoltant. D’autant que nous avons tous été expulsés d’Israël mercredi 19 au titre que nous avions voulu y pénétré illégalement ! Franchement s’il est un endroit où nous ne voulions pas aller c’était bien en Israël. On nous a contraints à y aller. Et la seule « aide » reçue par nos autorités à été l’envoi de la Consule générale de Tel-Aviv dans notre prison qui s’est inquiétée sur le fait de savoir si nous avions été maltraités ! Point final.

Q 6 : Comment poursuivre l’action pour Gaza et plus généralement ?
JC L : D’abord, un point essentiel : avec cette affaire nous avons gagné ! Les retombées médiatiques mondiales ont été importantes. On a parlé plus que jamais de Gaza. Même la presse israélienne dit que c’est nous qui avons gagné « la guerre des images ». Une coquille de noix, 16 personnes, et Israël qui déploie des moyens militaires disproportionnés tout simplement parce que nous les avons déjoués et surtout parce qu’ils ne veulent surtout pas que l’action citoyenne se mêle du conflit du Proche-Orient, devienne un paramètre politique de l’équation. Là est le cœur du problème. D’où leur hargne.
Naturellement que nous allons poursuivre pour briser le blocus de Gaza. Et sans attendre, car c’est une échéance vitale, il faut obtenir que la Palestine, dans ses frontières de 67 avec Jérusalem-Est comme capitale, soit admise à l’ONU. C’est l’objet de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tiendra en septembre prochain. La France n’a pas dit qu’elle le ferait. L’Union européenne non plus. Les USA sont hostiles. Mais une première étape peut et doit être franchie : que deux tiers des Etats membres de l’ONU votent cette admission. Dont la France.

J’ai dit que ce qui fait le plus peur à tous ces Messieurs, c’est l’intervention citoyenne car elle est la seule en mesure de débloquer la situation. Il faut donc redoubler d’efforts pour que notre pays et l’Union européenne votent en faveur de cette admission de la Palestine à l’ONU. C’est là le centre du problème dans la période actuelle. A nous tous, dans le plus large rassemblement, de nous investir dans cette action. La Palestine doit être le 194ème membre de l’ONU ! C’est le plus court chemin pour aboutir à la paix. Une paix basée sur le droit et bénéfique aux deux peuples.

18:34 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean claude lefort, gaza, flotille, bâteau | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19.03.2011

RIS ORANGIS : SORTIE NATIONALE DU FILM : GAZA-STROPHE PALESTINE - LE REALISATEUR INTERDIT DE DEBAT

gaza.jpgPrès de 200 personnes étaient présentes au cinéma d’Arts et d’Essais, le Cinoche à Ris Orangis pour assister en sortie national à la projection du film Gaza Strophe Palestine des réalisateurs Khéridine Mabrouk et Salir Abdallah. Ce dernier devait être présent pour débattre comme il est de coutume dans ce type de projection avec les spectateurs à la fin du film.

Ce réalisateur n’a pu malheureusement venir suite à une interdiction formelle du Président de la communauté d’agglomération d’Evry Centre Manuel Valls d‘être présent et de participer à cette présentation et au débat. La communauté d’agglomération étant gestionnaire de ce cinéma.

Le débat qui a malgré tout suivi cette projection malgré l’interdiction a permis d’éclairer sur les motivations de cette censure.

C’est sur injonction du maire socialiste de Ris Orangis, suite à une exigence du représentant du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) que l’interdiction de la présence du réalisateur a été notifiée.

Les participants à cette projection se sont déclarés scandalisés par cette décision sans précédent dans ce cinéma, cette ville et ce département. Ils ont considérés que c’était une atteinte à la liberté d’expression gravissime. En acceptant qu’une institution religieuse décide de la qualité d’une production audiovisuelle, de la présence ou non du créateur de cette production c’est l’esprit de la laïcité et de la République qui sont ainsi bafoués.

Pendant le débat plusieurs responsables et élus politiques sont intervenus dans ce sens dont Jacques Picart et Hervé Perard pour les élus Verts, Bruno Piriou et Diego Diaz pour les élus communistes.

Les associations Evry Palestine et Ris Palestine organisatrices de cette séance se sont exprimés également avec virulence dans un communiqué de presse.

Gazastrope.jpgLE FILM / GAZA-STROPHE PALESTINE (d'après : comme au cinéma.com)

Grand prix du Jury, catégorie Documentaire, du festival international du film d'histoire de Pessac en 2010

 Gaza est sous blocus israélien depuis 2007, et a subi le feu de l'opération Plomb Durci pendant 22 jours. C'est le 20 janvier 2009 que les réalisateurs sont entrés dans Gaza pour filmer, et témoigner des conséquences de cette guerre. Les récits de dizaines de témoins font prendre la mesure du cauchemar palestinien. Au-delà de leurs souffrances, les habitants nous montrent leur espoir.

LA CRITIQUE DE LA PRESSE :

Ce documentaire de guerre salutaire mais dur ne mâche pas ses images, forçant à voir la réalité en face quand l'Occident préfèrerait détourner la tête." D.F. (article entier disponible dans Le Canard Enchaîné)

 "Le film, tout entier dédié à la souffrance des victimes, n'en dit mot, et pas davantage de l'idéologie ni de la politique du Hamas. C'est (avec le jeu de mots de son titre) une chose d'autant plus regrettable que cela n'aurait pas atténué d'un iota les exactions de Tsahal."."Jacques Mandelbaum (article entier disponible dans Monde du 15/03/11)

" L’enfer vu de l’intérieur, ce n’est pas si fréquent. (…) Documentaire exceptionnel, "Passé le stade de l’émotion légitime, on peut prendre un recul tout aussi légitime par rapport au film. Se demander si Abdallah et Mabrouk n’ont pas soigneusement trié leurs témoignages pour coller à une certaine vision, pourquoi le Hamas ou le contexte géopolitique sont si peu évoqués ? (…)Reste un document impressionnant. Serge Kaganski (article entier disponible dans Les Inrocks n°798, page 74)

Gaza-strophe a aussi valeur d'avertissement, tant il montre que les Gazaouis n'ont désormais plus rien à perdre. " Mathilde Blottière (article entier disponible dans Télérama n°3192, page 49-50)

Notre avis : Très beau film, où est montré avec beaucoup de pudeur la vie à Gaza, où les habitants survivent dans la misère et le désespoir mais aussi avec une volonté de vivre sur leur terre couverte de tant de sang et de pleurs. Jamais dans ce film ni Israël, ni la religion Juive ne sont mis en causes en tant qu’Etat ou croyance, c’est aussi pour cela que l’attitude du CRIF sur la demande de censure est incompréhensible.

 


  Comme

10:18 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ris orangis, crif, thierry mandon, cinéma, gaza | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13.11.2009

Evry Palestine et le Conseil Général de l'Essonne à Gaza !

Evry Palestine, lors de son rendez-vous du 28 novembre, à la bourse de travail (situé près de l’Agora du centre commercial) Les 6 Heures pour la Palestine, à Evry, a été  l'occasion de revenir sur le voyage effectué en Palestine, et de nous livrer leurs impressions de la situation actuelle dans la bande de Gaza.

10:06 Publié dans Découvertes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : palestine, gaza, conseil général | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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