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22/05/2013

Expo photo: les secrets de la valise mexicaine dévoilés à Paris

espagne, exposition, guerre d'espagne, guerre civile espagnole, robert capa, gerda taro, david seymour, cynthia young, Jusqu'au 30 juin 2013, le Musée d’art et d’histoire du Judaisme (MAHJ) vous invite à découvrir la « valise mexicaine », exposition présentant une sélection de 4500 négatifs retrouvés de la guerre d’Espagne. Ces archives correspondent à des photographies réalisées entre 1936 et 1939 par Robert Capa, Gerda Taro (compagne de ce dernier décédée brutalement en 1937 au cours d’un reportage pendant la bataille de Brunete) et David Seymour, dit Chim.

Après avoir voyagé entre New York, Arles, Barcelone, Bilbao et Madrid… c’est à Paris que vient se poser la mystérieuse valise mexicaine.
C’est en 2008 que ce trésor photographique est réapparu. Cette découverte confine au miracle. Trois boîtes contenant plusieurs milliers de négatifs font témoigner dans la durée un conflit qui, à l’aube de la seconde guerre mondiale, a jeté dans l’abîme l’Europe du XXe siècle. Elles avaient été égarées depuis… 1939. Après un parcours invraisemblable, ces boîtes ont été retrouvées à Mexico. « Capa, Chim et Taro étaient jeunes et pleins d’espoir. L’adaptation de la scénographie, évoquant une foule en mouvement, renforcera cette idée » explique Patrick Bouchain, architecte et scénographe de l’exposition. Ce dernier a privilégié un agencement de l’espace dynamique capable de flirter avec l’agitation, visuelle et politique, de l’époque.

« C'est vraiment très important de montrer cette exposition à Paris, car c'est la ville qui a accepté ces trois immigrés qui avaient quitté l'Allemagne pour Gerda Taro, la Hongrie pour Robert Capa et la Pologne pour Chim » complète l'américaine Cynthia Young, commissaire de l'exposition et conservateur à l'International Centre of Photography (ICP) de New York .
Ces clichés sont entrecoupés de films et de documents d’actualité qui diversifient l’intérêt documentaire de ce projet. Les photographes défendent des parti-pris esthétiques très affirmés. Des choix qui anticipent le genre de la photographie de guerre. Originalité des cadrages, jeux de lumières et composition stratégique des plans permettent de considérer que le photo-reportage (dont les codes ont été depuis banalisés) y trouve en effet une pleine expression, voire ses prémisses.

Ces récits sont, pour l’essentiel, présentés sous forme de planches-contacts et d’agrandissements. Certaines de ces photographies ont été popularisées très tôt dans la presse, d’autres sont inédites. On nous en dévoile méthodiquement la chronologie, le savoir-faire à l’œuvre à travers les épreuves et poses contenues dans un même film. C'est une occasion rare de se confronter à la genèse de l'acte photographique.
Les négatifs révèlent des portraits, des scènes de combat ou de manifestation… des détails modestes ou impressionnants d’un quotidien en proie à une instabilité terrifiante. On devine des conciliabules entre soldats. On lit tantôt la peur, tantôt la détermination de plusieurs générations embarquées dans la cause républicaine.

Si ces témoignages ont le soucis de nouer avec l’action la plus grande proximité, ils retiennent aussi les « temps suspendus » de la guerre. Ils participent à une trame narrative complexe, qui veut saisir tous les moments de vies qui livraient alors combat, diversement, au franquisme répressif. Entre deux batailles, les photographes agencent des silences. Des relâchements qui créent une respiration, un contraste avec l’ignominie de la guerre. Même la solitude vient nous rappeler les effets, cruels et diffus, de cette guerre civile.
Chim photographie l’humeur plus « nuancée » des villes et des campagnes tandis que Capa et Taro (la qualité de ses travaux, en dépit de son décès précoce, nous rappelle qu’elle est une des premières femmes photojournalistes reconnues) investissent le réel le plus brut, radical, des champs de bataille.

L’exposition insiste également dans sa présentation sur les méthodes nouvelles par lesquelles une information, visuelle et légendée, parvient à trouver un récepteur. Dans des temps aussi troublés, il s’agissait aussi bien de renseigner que d’avertir sur la marche d’un monde ici enlisé dans la guerre et la haine de la démocratie.

Pour y parvenir, à travers plusieurs orignaux, une place confortable est offerte aux magazines qui, pour la première fois, ont conféré au photojournalisme un statut et un public. C’est ainsi, s’agissant de ces événements, que l’on redécouvrira plusieurs « unes » et enquête proposées régulièrement dans le mensuel communiste « Regards » ou « Vu » (fondé par le pacifiste Lucien Vogel). Ces deux titres prennent, avec leurs moyens propres, position activement contre le franquisme.

Alerter sur les réalités du franquisme relevait alors d’un double impératif, inextricablement journalistique et militant. Ces trois figures du reportage ont effectivement choisi leur camp : elles ont en commun d’avoir été des juifs exilés, sympathisants communistes.
En 1947, réchappés de la guerre d’Espagne et de la seconde guerre mondiale, Chim et Capa continuent de faire vivre cet engagement en faveur du droit à informer par l’image et des exigences qui y sont liées (une partie des photographes et reporters de métier revendiquent en outre, à partir du milieu du siècle dernier, un cadre pour le contrôle sur l’utilisation de leurs photos). Ils donnent alors naissance à une des plus grandes aventures photographiques – et coopératives - françaises en créant l’agence Magnum Photos.

La Valise mexicaine
Capa, Taro, Chim
Les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole
Jusqu'au 30 juin 2013

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

Publié dans le journal l'Humanité

25/03/2012

EXPOSITION PHOTOS NEWTON AU GRAND PALAIS

deneuve.jpgDepuis la mort d’Helmut Newton (1920 -2004), aucune rétrospective du photographe n’a eu lieu en  France, pays où il a cependant créé une partie majeure de son œuvre, notamment en travaillant pour l’édition française de Vogue.

Sulfureux, parfois choquant, l’œuvre de Newton a cherché à restituer la beauté, l’érotisme, l’humour, parfois la violence que sa sensibilité lui permettait de relever dans les rapports sociaux des mondes qu’il fréquentait : la mode, le luxe, l’argent, le pouvoir.

 L’exposition réunit plus de deux cents images, quasi exclusivement des tirages originaux ou « vintage » réalisés sous le contrôle d’Helmut Newton : polaroïds, tirages de travail de divers formats, œuvres monumentales. Elle sera enrichie d’un extrait du film réalisé par June Newton, épouse du photographe pendant soixante ans et elle-même photographe : Helmut by June.

 Le propos s’inscrit dans un parcours rétrospectif et thématique. Présentant les grands thèmes newtoniens : mode, nus, portraits, sexe, humour, l’exposition entend montrer comment s’est constitué, bien au-delà de la photographie de mode, l’œuvre d’un grand artiste. Un œuvre qu’il n’a eu de cesse de libérer de toute contrainte imposée, alors qu’il travaillait le plus souvent dans un cadre de « photographie appliquée » à la mode et aux portraits. Un œuvre éminemment classique en ce sens qu’il s’inscrit dans une perspective artistique très large. Un œuvre qui fait l’expérience de la liberté, dans ses thèmes comme dans ses formats. Un œuvre qui donne à voir une vision nouvelle et unique du corps féminin contemporain.

On a dit d’Yves Saint Laurent qu’il a par ses créations donné le pouvoir à la Femme. On pourrait dire la même chose d’Helmut Newton, qui accompagna longtemps et intimement – ce n’est pas un hasard – la démarche du premier. Nues ou en smoking, les femmes de Newton sont puissantes, séductrices, dominantes, jamais glaciales mais toujours impressionnantes, voire intimidantes.

417645.jpgCe sont des femmes qui, fortes de leur révolution sexuelle, assument la pleine liberté de leur corps, sans heure ni cadre, ouverte à tous les fantasmes. Ce sont des femmes riches, qui ont conquis le monde et son argent, et vivent dans un raffinement extrême, de leurs robes à leur lit. Luxe, classe et volupté : tel pourrait être l’adage de la Femme newtonienne.

Quand Newton publie un livre intitulé Un monde sans hommes, il formule l’expression visionnaire d’une société où les femmes ont conquis assez de pouvoir pour parvenir, le cas échéant, à se passer des hommes.

 L’exposition ne s’attache pas à l’unique représentation de la Femme par Newton, mais restitue les divers champs, parfois plus secrets, de son travail. Conçue par June Newton et ponctuée de citations du photographe, elle est aussi, à double titre, « Newton par Newton ».

L’exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, avec l’aimable participation de Madame June Newton, Monte-Carlo, et de la Fondation Helmut Newton, Berlin.

Commissaire : June Newton, avec la collaboration de Jérôme Neutres, conseiller du Président de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

Scénographie : Paul Kahlfeldt, Kahlfeldt Architekten, Berlin

 L’exposition bénéficie du soutien d’HSBC France. Elle a été réalisée également avec le concours du cabinet Linklaters

03/03/2012

DEGAS EXPOSITION DES NUS

degasnu.gifPremière grande exposition monographique consacrée à Edgar Degas (1834-1917) à Paris depuis la rétrospective de 1988 au Grand Palais, Degas et le nu participe de l'ambition du musée d'Orsay de donner à voir l'avancée des connaissances sur les grands maîtres de la deuxième moitié du XIXe siècle, après les hommages à Claude Monet (1840-1926) et Edouard Manet (1832-1883).

Cette exposition explore l'évolution de Degas dans la pratique du nu, de l'approche académique et historique de ses débuts à l'inscription du corps dans la modernité au cours de sa longue carrière. Occupant avec les danseuses et les chevaux une place prédominante dans l'œuvre de l'artiste, les nus sont présentés à travers toutes les techniques pratiquées par Degas, la peinture, la sculpture, le dessin, l'estampe et surtout le pastel qu'il porte à son plus haut degré d'achèvement.

Organisée avec le Muséum of Fine Arts, Boston, l'exposition bénéficie du très riche fonds d'œuvres graphiques du musée d'Orsay, rarement montré pour des raisons de conservation, auxquels s'adjoignent des prêts exceptionnels des plus grandes collections, comme celles du Metropolitan Muséum of Art de New York ou de l'Art Institute de Chicago.

13 mars - 1 juillet 2012, musée d'Orsay

16:51 Publié dans Actualités, Découvertes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : degas, peinture, exposition, orsay | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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