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01/07/2017

Simone Veil, une grande voix de la vie politique française, s’est éteinte

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La Municipalité d'Evry avait inauguré il y a quelques mois à l'occasion de l'ouverture de l'école Aimé Césaire une avenue Simone Veil.

Elle s’est éteinte ce vendredi, à presque 90 ans. Retour sur le parcours de cette femme de droite, aux engagements souvent courageux, plébiscitée par les Français.

Elle était discrète et tenace à la fois, d’un immense courage politique.  Surtout, les femmes de France savent ce qu’elles lui doivent : c’est elle, qui devant une assemblée nationale d’hommes, hostiles et injurieux dans son propre camp politique, a défendu et imposé à l’Assemblée Nationale le projet de loi sur l’Interruption volontaire de grossesse, en 1974. Simone Veil s’est éteinte hier, à quelques jours de ses 90 ans, au terme d’une vie tumultueuse, comme un symbole du 20 siècle. 

Déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs

simone-veil_0.jpgCar Simone Veil est une rescapée de la Shoah. Née Simone Jacob, en 1927 à Nice, fille d’un architecte et d’une femme au foyer, elle a été arrêtée, le lendemain de ses épreuves du bac, qu’elle avait absolument tenu à passer malgré le danger, avec de faux papiers. La jeune fille aux yeux rieurs et aux grandes nattes brunes a été déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs ; Son père et son frère ont disparu en Lituanie, où régnaient alors les terribles Einsatzgruppen.
Déportée en 1944, elle a survécu à l’horreur, et même à la marche de la mort de 1945. Sur son bras, un constant rappel de ce passage par l’enfer,  son numéro de matricule, le 78651, et la mémoire de ceux qu’elle aimait. Et une entrée en politique, aussi : Européenne convaincue, elle déclarait, en 1975 : « Au cours du 20eme siècle, l’Europe a entraîné à deux reprises le monde entier dans la guerre. Elle doit maintenant incarner la paix ». Elle fut d’ailleurs, en 1979, la première femme présidente à être élue présidente du Parlement Européen (à noter qu’une seule autre femme, Nicole Fontaine, a occupé ce poste…). A son retour des camps, Simone Jacob rencontre Antoine Veil. Ils se marient, ont trois enfants. Mais elle ne se cantonne pas dans le rôle de la femme bourgeoise au foyer. Elle reprend ses études interrompues par la guerre. Et devient magistrate. Soit une profession quasi masculine, à l’époque.
De la France à l’Algérie, elle note alors : « comme magistrate, j'ai travaillé à l'administration pénitentiaire où j'ai constaté que le régime des femmes détenues était beaucoup plus dur que celui des hommes. Je m'en suis donc beaucoup occupée, comme par exemple des conditions de détention des femmes au moment de la guerre d'Algérie, des militantes très engagées en faveur de l'indépendance qui avaient posé des bombes et le revendiquaient.
Plus tard je me suis penchée sur le droit de la famille au moment des réformes du Code civil, et donc sur le statut de la femme sur le plan de l'autorité parentale, de la filiation et surtout de l'adoption. Et puis, dans les années soixante, avec les « trente glorieuses », tout en faisant appel à l'émigration à grande échelle la France incitait les femmes à travailler, on avait besoin de forces. Je m'étais rendu compte qu'au fond, entre les femmes et les immigrés existait une ressemblance : elles non plus n'étaient toujours pas intégrées dans la société. C'est tout cela qui m'a rendu féministe »,

La loi est sur l'IVG adoptée grâce au soutien de la gauche

Elle ne s’arrête pas en si bon chemin. En 1969, elle rejoint le cabinet de René Pleven, alors Garde des Sceaux. Mais c’est comme ministre de la Santé de Jacques Chirac, sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing, qu’elle devient une figure connue et reconnue par les Français. Parce qu’elle va porter à l’Assemblée Nationale une loi très contestée dans les rangs de la droite, le droit à l’IVG. « Je voudrais vous faire partager une réflexion de femme. Je m’excuse de le faire devant cette assemblée presqu’exclusivement composée d’hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement », dit-elle en introduction.
 
Le débat fut incroyablement houleux. Des députés de droite, toute honte bue, renvoyant Simone Veil à un rôle de génocidaire. Comme Jean-Marie Daillet qui l’a accusé de jeter des enfants « au four crématoire », ou René Feit qui a assimilé ce projet de loi au « pire racisme nazi ». Injures, graffitis sur ses murs, croix gammées sur la voiture de son mari, lettres d’insultes, manifestations de commandos anti-IVG : Simone Veil ne s’est pas laissé intimider. La loi a été adoptée, grâce aux voix des communistes et des socialistes, le 17 janvier 1975. 

Femme politique préférée des Français

Engagée à droite, Simone Veil est longtemps restée, dans les sondages d’opinion, la femme politique préférée des Français. Comme un symbole de  droiture et d’honnêteté, dans une époque qui en manque tant, et malgré les clivages.  Quitte à tacler, parfois, sa propre famille politique : elle a certes soutenu Nicolas Sarkozy pour sa candidature à l’élection présidentielle. Mais l’a sévèrement critiqué quand il a fondé son ministère de l’identité nationale, et lorsqu’il a voulu que les enfants de primaire parrainent des enfants juifs victimes de la Shoah. « A la seconde, mon sang s’est glacé », a-t-elle alors déclaré. C’est « inimaginable, insoutenable », a-t-elle ajouté auprès de l’Express. 
 
Simone Veil était une voix libre dans son propre camp. Lorsqu’elle a été intronisée à l’Académie Française, à 82 ans, Jean d’Ormesson l’avait saluée par ces mots : « Ce que vous êtes d’abord, c’est courageuse. Et les Français aiment le courage ». On ne saurait mieux dire. 
 

17/01/2015

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry (Essonne), raconte leur passage par la bande de Gaza.

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À l’invitation du patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal, la Coordination catholique pour la Terre sainte est venue sur place, du samedi 10 au jeudi 15 janvier, pour sa visite annuelle. Elle réunit 15 délégués de Conférences épiscopales nationales provenant de 11 pays, et tous doivent visiter différents points chauds en Israël, à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens occupés.

La délégation devait notamment se rendre à Gaza, dimanche 11 janvier, pour y célébrer la messe à la paroisse de la Sainte-Famille et rencontrer les fidèles au cours d’un déjeuner. Les autorités israéliennes n’ont d’abord laissé passer que 10 membres sur la quarantaine de personnes composant la délégation.

Maisons rasées ou qu’on fait exposer

« J’ai fini par passer, mais au bout de sept heures d’attente pendant lesquelles les autorités, les militaires n’ont cessé de discuter », raconte Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry (Essonne), pour qui « les Israéliens voulaient surtout montrer qu’ils sont les patrons ». Ceux-ci n’ont d’ailleurs fait aucune difficulté, le lendemain, pour laisser la délégation se rendre dans la localité israélienne de Sderot, visée par les roquettes palestiniennes.

« Nous avons vu les destructions, qui sont inimaginables », témoigne l’évêque d’Évry. Au Nord de la bande de Gaza, près de la frontière, les maisons de 180 familles ont été rasées au bulldozer ou « explosées ». Le Catholic Relief Service, l’agence catholique humanitaire américaine, vient d’y installer une quarantaine de petits « chalets », dans lesquels les familles disposent en tout et pour tout de nattes de paille et de quelques matelas de mousse...

« Personne ne nous croit »

Déclenchée après l’enlèvement et de l'assassinat des trois adolescents juifs, l’opération « Bordure protectrice » a fait plus de 2 000 morts, dont 500 enfants, et plusieurs centaines de milliers de sans-abri. « Tout est exactement dans le même état que cet été puisque le ciment ne peut passer la frontière  : les Palestiniens ne peuvent rien reconstruire », constate Mgr Dubost. Dans l’une des trois écoles catholiques de Gaza, les seuls établissements mixtes et qui accueillent 1 000 élèves au total, les évêques ont rencontré des lycéens. « Ils nous ont demandé de raconter dans nos pays ce que nous avons vu, mais en nous prévenant que personne ne nous croirait ».

Les jeunes lycéens se sont également montrés très sensibles aux attentats qui se sont produits à Paris - tueries à Charlie Hebdo, à Montrouge puis dans le supermarché casher de la Porte de Vincennes - sans doute « parce qu’ils se sentent très fragiles face aux attaques islamistes et qu’ils sont payés pour savoir leurs dégâts », estime l’évêque d’Évry.

« C’est un rêve »

À eux comme aux juifs israéliens rencontrés de l’autre côté de la frontière, ils ont demandé si « la paix est possible ». « C’est un rêve », répondent invariablement Palestiniens et Israéliens. « Il y a eu tant de tentatives, tant de destructions qu’il faut vraiment être chrétien pour se dire que cela vaut quand même la peine de reconstruire », reconnaît Mgr Dubost, en soulignant le travail « extraordinaire » des organismes de solidarité catholique pour rétablir l’eau potable. La centrale ayant été bombardée, les Gazaouis n’ont que « quatre heures d’électricité par jour ».

Le curé de Gaza, le P. Jorge Hernandez, que le pape François avait reçu fin août à Rome, a raconté à la délégation qu’il éprouvait parfois l’envie de « prendre deux bus, d’y mettre la centaine de catholiques qui restent et d’essayer de partir ». Mais à chaque fois, il s’est ravisé, convaincu que « c’est notre pays, qu’il faut qu’on reste ».

Voir À Gaza, une situation humanitaire catastrophique 

Destruction de l’autre

« Ce qu’on a vu à Gaza, rien ne peut le justifier », résume Mgr Dubost, au nom des évêques de la Coordination en Terre sainte. « Les Israéliens ont raison de vouloir la sécurité, mais la sécurité aux prix de la destruction de l’autre ne peut être juste ».

Les membres de la délégation ont également pu constater à quel point les échecs du secrétaire d’État américain, John Kerry, ont laissé des traces, côté palestinien  : « Le sentiment d’injustice est très profond, car pendant les négociations, les juifs ne cessent de continuer à construire des colonies ».

« Chacun craint l’autre, chacun méprise l’autre, personne ne croit à une solution », constate encore Mgr Dubost, pour qui l’absence de rencontres entre les deux peuples constitue l’un des problèmes majeurs de ce conflit. « Plutôt que de partir du sommet, ne faut-il pas repartir de la base, rouvrir des points de passage  ? Puisque personne n’y croit, nous, chrétiens devons croire à la paix, mais c’est difficile. »

Anne-Bénédicte Hoffner, la Croix

18:44 Publié dans Actualités, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, evry, evêque | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/11/2014

ONZE FEMMES PORTENT PLAINTE CONTRE LECLERC POUR ESCROQUERIE, OFFRE D'EMPLOI FAUSSE

leclerc.JPGSaisis par l'union locale CGT d'Évry, Me Eddy Arneton et Me Sofiane Hakiki ont déposé plainte contre X lundi au parquet d'Évry pour "escroquerie, offre d'emploi fausse, travail dissimulé, soumission de personnes vulnérables à des conditions incompatibles avec la dignité humaine et violences".

Les plaignantes, onze femmes âgées de 18 à 47 ans et chômeuses de longue durée, ont participé avec 80 autres personnes à une "préparation opérationnelle à l'embauche" entre décembre 2013 et février 2014, lors de l'aménagement d'un supermarché Leclerc à Fleury-Mérogis (Essonne).

Indemnisés par Pôle Emploi durant cette période, les stagiaires ont été chargés du ménage et de l'installation des rayons de la future enseigne franchisée. Mais, au moment de l'inauguration du magasin en janvier, la moitié des chômeurs s'est vu refuser l'embauche promise par le dispositif. Selon les avocats en charge du dossier, le franchisé n'avait aucune intention d'embaucher et souhaitait profiter d'une "main d'oeuvre gratuite, financée par Pôle emploi." "L'employeur a clairement laissé penser que l'offre de formation pouvait déboucher sur un CDI", selon Me Arneton.

Une promesse qui relève de "l'escroquerie" selon lui, "sachant que l'établissement était loin de pouvoir garantir un poste aux 91 personnes engagées dans cette prétendue formation".

Les avocats dénoncent en outre des conditions de travail "dégradantes" et des violences psychologiques -insultes, commentaires sur le physique des personnes- survenus durant la formation. Interrogé, le groupe Leclerc a indiqué  ne pas avoir été informé du dépôt de plainte et n'a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet.

Le quotidien le Monde a révélé jeudi que plusieurs franchises du groupe de grande distribution Leclerc abuseraient des dispositifs de formation des demandeurs d’emploi pour ouvrir des magasins, avant de se débarrasser des recrues.

Le groupe aurait pour habitude d’embaucher des chômeurs en stage indemnisés par Pôle emploi, avec promesses d’embauche, avant l’ouverture de franchises, et de les renvoyer une fois le supermarché ouvert.

Après enquête, le Monde aurait trouvé des cas similaires en Bourgogne, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le Languedoc-Roussillon ou encore en Île-de-France.

D'après l'Humanité, le Midi Libre, Le Monde

10:54 Publié dans Actualités, Social et économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leclerc, evry, escroquerie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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