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15/01/2018

FUSION EVRY-COURCOURONNES : LE DEBAT EST ENGAGE

fusion evry courcouronnes.jpg

Les maires des deux communes, Francis Chouat (ex-PS) maire d'Evry (53 000 habitants), président de l'agglomération Grand Paris Sud, et Stéphane Beaudet (ex-LR), maire de Courcouronnes (13 000 habitants), vice président de Mme Pécresse à la région Ile de France viennent de confirmer le projet de fusion entre leurs deux villes sous le haut patronage du député de la circonscription Manuel Valls.

Après avoir réuni leurs équipes municipales, Evry et Courcouronnes vont engager un débat public avec les habitants. La fusion serait effective le premier janvier 2019.

Le calendrier prévoit une information complète des conseillers municipaux obligatoire.

La décision serait prise ensuite avec deux possibilités :

1 – Un vote unanime des deux conseils municipaux (pas de tous les conseillers municipaux mais de la majorité d'entre eux dans chaque conseil municipal)

2 – Un référendum de tous les électeurs Evryens et Courcouronnais

Les élus communistes et républicains d'Evry se prononcent pour cette deuxième possibilité. Ils se déclarent par ailleurs très réservés sur cette fusion comme d'autres élus.

Ils estiment que l'intérêt de cette fusion est loin d'être prouvé. Le débat lèvera ces inquiétudes peut être pensent ils, mais rien pour le moment est évident sur ce sujet.

Les élus communistes estiment également qu'un deuxième volet à cette fusion est probable : celui d'une recomposition politique dont cette fusion servirait de modèle avec la remise en cause du rôle des partis politiques, la disparition des notions et intérêts de droite et de gauche, tout cela dans la continuité de la stratégie mise en place par Macron et la République en Marche.

2018 sera dans tous les cas, une année où un débat important se déroulera à Evry et Courcouronnes sur les raisons, les modalités, les atouts ou pas de cette fusion, et la recomposition politique engagée au niveau local et ailleurs. Ce débat dépassera probablement largement les deux villes et aura certainement une ampleur nationale.

Ecouter ici en podcast le point de vue du Maire d'Evry Francis Chouat et celui du Président du groupe des élus communistes et républicains d'Evry }}}

07/02/2011

HOPITAL SUD FRANCILIEN : VERS LA BEREZINA ?

hopnouv.gifLe nouvel hôpital Sud Francilien qui va regrouper les sites de Courcouronnes et de Corbeil sur un territoire situé à Corbeil sera ouvert progressivement aux usagers théoriquement à partir du 17 mai 2011.

Il remplacera ainsi l’hôpital Louise Michel de Courcouronnes, et Gilles de Corbeil à Corbeil et regroupera en outre les lieux de soins de Yerres.

 

BEREZINA FINANCIERE

Pour le comité de défense de ses hôpitaux, remplacer des structures construites dans les années 70 constituent déjà un premier gâchis financier.

 

A ce gâchis, tout indique déjà que l’ouverture de ce nouvel hôpital ultramoderne et géant d’une superficie de 110 000 m2, avec 1017 lits, 20 blocs opératoires, 130 salles de consultation, risque très rapidement par se traduire par une double bérézina financière et humaine.

 

Le milliardaire Serge Dassault, maître d’œuvre de ce projet, ancien Maire de Corbeil, homme influent du régime,  pour un hôpital qui un jour probablement portera son nom, souligne déjà : « quelques problèmes financiers qui son à résoudre », et pour cause…

D’un coût de construction estimé à 344 millions d’€, le prix global en y ajoutant la totalité des frais (construction, aménagement routier, mises en réseaux, déménagement, démolition ou réaménagement des hôpitaux actuels) dépassera d’après de nombreuses estimations plus d’un milliard d’€.

 

Les collectivités locales déjà étranglées financièrement par les réformes de l’Etat et la suppression de la Taxe Professionnelle sont largement mises à contribution, en particulier le département, et avec eux les habitants de l’Essonne au même moment où des moyens financiers manquent cruellement au conseil général pour intervenir dans le domaine social, qui est pourtant de sa compétence première.

 

La construction de cet hôpital a été confié à une société privé Heveil, filiale du groupe BTP Eiffage dans le cadre d’un partenariat public-privé malgré les fortes réticences du Conseil Constitutionnel qui dans un avis daté de 2003 estimait : « que généraliser ce type de construction serait contraire aux exigences constitutionnelles d’égalité et bon usage des fonds publics ».

Le remboursement de cette opération sera effectué par le biais d’un loyer annuel payé par le centre hospitalier qui prévu à l'origine à 30 millions d'€ est aujourd'hui fixé à 42 millions d’€, abondé au 2/3 par l’assurance maladie pour un coût total final de 1,2 milliard d’€ sur toute la durée du bail prévue initialement jusqu’en 2041 mais risque fort d’être repoussé. La société Heivel sera également responsable de la maintenance et de l’exploitation de ce bâtiment.

 

Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile de France publié en juillet 2010 indique que "le recours à la maîtrise d'ouvrage publique financée par un emprunt aurait été une solution moins coûteuse, moins hasardeuse et surtout davantage maîtrisable", "une stimulation pour un emprunt de 344 millions d'€ sur 30 ans donne un coût final de 757 millions d'€, soit une économie de 550 millions d'€".

 

hopital047.jpgBERIZINA HUMAINE

Les 3000 à 4000 emplois dont la Direction a approuvé la suppression à l’Assistante Publique de la Région Parisienne sont un petit avant goût de ce qui attend les salariés de ce nouveau hôpital après la fusion des deux autres.

Aujourd’hui ce sont plus de 3000 personnes qui travaillent dans les  hôpitaux Sud Francilien, les prévisions données dans les dossiers de presse sur le nombre de personnes qui seront alors employées après dans cet hôpital unique est de 1500 précisément. Le « dégraissage »  sera massif, même si le chiffre annoncé est discutable et ne prend pas en compte sans doute toutes les données.

Ce sont des centaines d’emplois qui vont être supprimés, des dizaines de services fermés, des milliers d’usagers « éjectés » vers les cliniques privés, où qui ne recevront plus de soins. Le maire d'Evry a avoué que l'ouverture de cet hôpital de traduira également par le "siphonage" des emplois de tous les autres hôpitaux du secteur. Le regroupement envisagé pour tout le Sud de l'Ile de France des urgences uniquement vers l'hôpital sud francilien en est la malheureuse illustration.

 

hop.jpgLe déficit structurel de ce centre hospitalier est aujourd’hui de 15 millions d’€, auquel va s’ajouter le coût du surloyer à payer à Eiffage.

Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France a averti. « La masse salariale des hôpitaux représentent 68 à 70 % des charges, et reste la seule variante d’ajustement pour rester dans les enveloppes accordées ». Enveloppes qui de fait se réduisent d’année en année. La piste est tracée.

 

Pas sûr que salariés, usagers, élus acceptent ce scénario sans réagir.

Article publié le 27 janvier 2010, et actualisé le 07 février 2011

28/05/2010

Une politique de la ville qui n’avance pas d’un pas

Fillon.gifFrançois Fillon a annoncé le report du projet de sa réforme à 2011. Un an de trop pour les élus de villes pauvres, qui tirent le signal d’alarme et réclament des mesures « urgentes » face à la dégradation de la situation sociale des banlieues.

« C’est une déception. » À l’issue de l’installation par le premier ministre du nouveau Conseil national des villes, Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois, n’a pas caché son amertume. Alors que les maires des villes les plus démunies attendaient l’annonce de mesures urgentes, c’est exactement l’inverse qui s’est produit. « Fillon n’a rien annoncé de nouveau. Tout est repoussé à 2011 », glisse un membre de l’équipe municipale de Clichy-sous-Bois. Devant les caméras et les micros, François Pupponi, député maire (PS) de Sarcelles, exprime sa colère  : « Cela fait des mois et des années que l’on dit qu’on va à la catastrophe et la réponse qu’on nous donne c’est  : “on continue à réfléchir, on vous dira l’année prochaine comment on va faire”. »

les maires relayent la colère des habitants

maire.gifDans son discours, le premier ministre a insisté sur les investissements et les travaux réalisés dans le cadre du plan national de rénovation urbaine (Anru). Il a fait l’inventaire des mesures du Plan espoir banlieues (cordées de la réussite, contrats d’autonomie) mais a clairement spécifié qu’il ne fallait pas « mettre la charrue avant les bœufs ». Une forme de réponse au courrier que lui a adressé la secrétaire d’État à la ville, Fadela Amara, le 30 avril dernier. Dans cette missive, elle expliquait la nécessité du dépôt « avant le 1er octobre d’un projet de loi » sur la géographie prioritaire et l’engagement, « début 2011 », de la négociation des nouveaux contrats urbains de cohésion sociale. Une façon, selon elle, de « calmer les inquiétudes ».

Sa lettre semble avoir eu peu d’effets. Pourtant, quelques minutes après la non-annonce de François Fillon, la secrétaire d’État a assuré que le premier ministre avait tenu compte de ses demandes. « J’ai attendu des arbitrages. J’ai obtenu des arbitrages exactement sur ce que j’ai demandé. » Pendant que l’une avale des couleuvres, d’autres refusent de se plier au calendrier gouvernemental. « Les populations que nous représentons sont en colère. Quand je croise les habitants de ma ville et qu’ils me demandent quand est-ce que leurs conditions de vie vont s’améliorer, comment vais-je leur expliquer que rien ne va se passer  ? » s’emporte Claude Dilain. Au point que le maire de Clichy-sous-Bois a annoncé qu’il poserait la question de sa démission aux membres du Conseil national des villes (CNV). Leur seul motif de satisfaction pourrait être l’annonce selon laquelle le gel des dotations de l’État aux collectivités locales ne toucherait pas les villes pauvres.

le désengagement de l’état

Dans une lettre adressée à François Fillon, deux jours avant l’installation du CNV, 46 élus tiraient à nouveau la sonnette d’alarme sur l’avenir de villes pauvres, au bord de l’implosion.

 beaudet.jpgParmi les signataires, Stéphane Beaudet, maire UMP de Courcouronnes (Essonne), qui justifiait son ralliement au texte par la volonté de lancer « un cri d’alarme ». « On est installé sur une bombe sociale. On a beau déployer une énergie colossale, je vois ma population se paupériser tous les jours. » La péréquation financière était une des lignes directrices du projet. Si François Fillon propose de « commencer à y réfléchir », pour les maires, c’est tout vu. « On est dans une situation aveugle. Nous sortons de cette réunion sans aides financières supplémentaires, alors que la plupart des villes pauvres votent des budgets en déséquilibre, renchérit Claude Dilain. Si on remet le grand soir à 2012, il ne va rien se passer. »

Au fond, la posture de désengagement croissant du gouvernement vis-à-vis des villes en difficulté permet à terme de faire peser la responsabilité des problèmes à venir sur la tête des élus locaux. Avec en ligne de mire, la présidentielle de 2012.

Ixchel Delaporte, l'Humanité

14:54 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ville, courcouronnes, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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