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24/10/2018

Essonne : le PCF a son candidat pour la législative partielle

Michel Nouaille.jpg

Michel Nouaille, déjà candidat en 2017, va à nouveau tenter sa chance sur le siège laissé vacant par Manuel Valls.

À un mois de la législative partielle dans la 1re circonscription de l’Essonne, déclenchée par l’officialisation du départ à Barcelone du député sortant Manuel Valls, les candidatures se multiplient. Pour l’heure, les 18 et 25 novembre, les électeurs auront à départager Jean-François Bayle, candidat LR et adjoint au maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, le sans-étiquette Mikaël Matingou, par ailleurs ancien directeur de cabinet du maire (ex-PS) d’Évry, Francis Chouat, lui-même candidat avec le soutien de LaREM.

Alors que la démission de Manuel Valls du 2 octobre se profilait, Farida Amrani, candidate FI arrivée au second tour en 2017, annonçait déjà lancer un « appel pour que (sa) candidature soit soutenue le plus largement possible », quand le PCF et Génération.s invitaient, par voie de communiqués, à mettre toutes les forces de gauche autour de la table pour discuter d’une candidature.

La rencontre, entre Génération.s, le PCF, la FI, EELV, le PS et Ensemble, a eu lieu le 13 octobre. La FI, composée du binôme de 2017 Farida Amrani et Ulysse Rabaté, réitère : sa campagne serait déjà lancée et hors de question de négocier quoique ce soit (tous derrière nous, tous derrière Melenchon et ses candidats).

Puis, les Verts font « savoir que jusqu’aux européennes, ils auront des candidats à toutes les élections », quand le PS « souhaitait que ce soit Jérôme Guedj (ancien député d’une autre circonscription de l’Essonne – NDLR) », relate Michel Nouaille.

Les Verts continuent de négocier avec le PS pour un ticket qui doit être annoncé ce mardi. Le PCF et Génération. S, le mouvement de Benoît Hamon, sont eux sortis de ces négociations pour un candidat commun à gauche.

Michel Nouaille (PCF), va repartir en campagne. Candidat à la législative sur la 1er circonscription (Evry-Corbeil) en juin 2017, il avait recueilli 7,6 % des suffrages avec le soutien des Verts. Il l’est à nouveau pour la législative partielle des 18 et 25 novembre prochain, à la suite de la démission de Manuel Valls.

« Les Verts nous ont fait savoir que jusqu’aux Européennes, ils auront des candidats à toutes les élections, regrette Michel Nouaille. Le PS souhaitait que ce soit Jérôme Guedj. Par-delà les qualités de l’homme, ce parti n’a toujours pas fait son travail d’inventaire ni construit de projet. » La suppléante de Michel Nouaille est Joëlle Caïlachon (G. s), une militante de 46 ans qui travaille à l’université d’Evry.

Sources Le Parisien,

L'Humanité

Mosaik Radios

20/11/2014

Le système Dassault, du cash par millions jusqu’au crash ?

dassault.jpg

En avril 2014, l’ancien maire UMP avait été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ».

Le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a avoué aux juges avoir remis 53 millions d’euros transférés en cash depuis l’étranger 
à l’ancien maire UMP de la cité de l’Essonne, dans le cadre de l’enquête sur la corruption électorale présumée orchestrée par le grand patron.

Le comptable a parlé. Et les chiffres sont effarants. Entre 1995 et 2012, Gérard Limat a remis 53 millions d’euros en cash et en main propre à son ami et employeur Serge Dassault. Le citoyen suisse l’a avoué aux juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, chargés de l’enquête sur la corruption électorale, présumée, organisée à Corbeil-Essonnes par l’avionneur et ancien maire UMP.

Les procès-verbaux, auxquels nos confrères de Libération et de France Inter ont eu accès, dévoilent un système complexe combinant des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg et en Suisse. Si le montage financier paraît savant, la méthode se termine comme dans n’importe quelle saga mafieuse : quartier des Champs-Élysées, un coursier de la société suisse Cofinor remet un sac à Limat, qui le dépose ensuite dans le bureau parisien de Dassault.

Le « sachet en plastique ‘‘passe partout’’ (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. (…) Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose », a déclaré l’ami très proche.

Les bénéficiaires des virements suspects habitent Corbeil-Essonnes

corbeil-essonnes_38443.jpgLimat prétend ignorer à quoi pouvait servir tout cet argent, et affirme avoir simplement répondu aux besoins du boss. Serge Dassault, lui, a été mis en examen en avril 2014 pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ». L’enquête concerne trois élections municipales organisées entre 2008 et 2012 à Corbeil-Essonnes à la suite d’annulations successives prononcées par le Conseil d’État.

Une période pendant laquelle Limat admet avoir livré 7,45 millions en petites coupures au grand patron. Tout cet argent a-t-il servi à acheter des voix pour que Dassault, puis son successeur désigné Jean-Pierre Bechter, conservent le fauteuil de maire ? Selon les juges, plus de 4,2 millions d’euros de virements suspects effectués par Limat s’ajoutent aux sommes en liquide. Des virements dont les bénéficiaires sont très majoritairement des habitants de… Corbeil-Essonnes.

Plus frappant encore, Gérard Limat a avoué avoir livré 700 000 euros le 8 juillet 2009, puis 314 000 euros supplémentaires le 17 septembre, exactement dix jours avant le premier tour des municipales. Plus de 1,7 million d’euros ont ensuite été acheminés dans les sept mois qui ont suivi l’élection, comme le précise Libération.

Une sacrée coïncidence à laquelle s’ajoute la concordance du témoignage de Limat avec celui de Mamadou Kébé dans le Monde. Pour le comptable suisse, les sacs étaient remplis de liasses de billets de 100 et 200 euros. Pour le second, Corbeil-Essonnois, mis en examen pour complicité d’achats de vote, l’enveloppe touchée en 2010 était pleine de « paquets de billets de 100 et 200, encore entourés du truc de la banque ».

Le maire actuel Jean-Pierre Bechter, son adjointe Cristela de Oliveira, le cadre local de l’UMP Jacques Lebigre et le supposé intermédiaire Younès Bounouara sont, eux aussi, mis en examen dans cette affaire. « Il est urgent que la justice fasse son travail et qu’un procès aboutisse à condamner les corrupteurs et les corrompus », espère Michel Nouaille. Pour le secrétaire de section PCF à Corbeil-Essonnes, candidat aux municipales de 2009, « ces dernières révélations confirment un peu plus l’existence d’un système très bien organisé qui a sans doute fonctionné de 1995 à 2012, et qui a contribué à pervertir totalement la démocratie pendant dix-sept ans. Et peut-être même plus... »

« Il est très important de montrer que même les puissants n’échappent pas à la justice, et primordial de rétablir un climat serein dans cette ville », lance Bruno Piriou, candidat Front de gauche en 2014, qui a été dans les premiers à dénoncer le système Dassault dans sa ville. « Il est impressionnant de voir les sommes absolument faramineuses qu’un seul homme peut utiliser pour asseoir son pouvoir », accuse-t-il, avant de tancer un Serge Dassault encore sénateur, patron de presse (Le Figaro) et détenteur de la quatrième fortune de France, qui n’a cessé toute sa vie de fustiger les fonctionnaires, les chômeurs et les plus défavorisés. « Lui et le Medef disent qu’il n’y a plus d’argent ? Eh bien, force est de constater qu’il y en a ! » s’indigne-t-il.

 

Aurélien Soucheyre

Aurélien Soucheyre: http://www.humanite.fr/le-systeme-dassault-du-cash-par-millions-jusquau-crash-558087#sthash.7BPYCCyi.dpuf

17:34 Publié dans Actualités, Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serge dassault, corbeil, ump | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/09/2012

La Cause et l’Usage

lacauseetlusage.jpgCe film documentaire réalisé par Dorine Brun et Julien Meunier et diffusé actuellement au Cinéma de Ris. Il semble qu’il soit interdit de diffusion dans les cinémas de Corbeil .

 Il relate la campagne électorale du printemps 2008 et l’atmosphère électoral de corruption généralisée trouvée dans cette ville dont le maire a été pendant de nombreuses années la maire milliardaire UMP Serge Dassault et où à deux reprises les élections municipales ont été annulées.

Les réalisateurs sont venus présentés ce film de grande qualité en indiquant les objectifs et les difficultés de la réalisation de ce film.

Plusieurs journaux ont souligné dans leurs critiques de ce film sa richesse. NOUS VOUS PROPOSONS ICI CE QU’EN A DIT CRITIKAT :

Corbeil-Essonnes, printemps 2008 : les élections municipales sont invalidées lorsque le maire sortant, Serge Dassault, milliardaire, est soupçonné de fraude.

Automne 2009 : Dorine Brun et Julien Meunier, tous deux originaires de cette ville, partent en quête de la parole publique lors du nouveau scrutin. Sur les marchés, dans les conseils de quartiers, dans des cités, ils filment la démocratie à l’œuvre, au fil de rencontres où chaque interlocuteur devient un personnage à part entière de la mascarade élective.

Sans jamais chercher le propos partisan ou édifiant, La Cause et l’usage pose un regard à la juste distance d’un microcosme aussi singulier que paradigmatique.Une militante en boubou distribue les tracts de la liste UMP menée (en théorie) par Jean-Pierre Brechter : « Tant qu’il est en vie, ça ne peut pas finir », clame-t-elle à propos de Serge Dassault, déclaré inéligible en mars 2008. La photographie de Brechter orne le tract, mais celle de Dassault, maire de Corbeil depuis 1995, occupe toute la place. Si l’avionneur n’est pas candidat, il demeure partout présent.

 Il envahit les rues de la ville de son visage reproduit à l’envi sur les affiches. Il sature l’espace de son corps pesant aux côtés du candidat faire-valoir lors des apparitions publiques. Il occupe l’espace sonore par la répétition permanente de son nom, qui semble ne pouvoir se détacher de celui de Corbeil-Essonnes. Militants et partisans, pro ou anti-Dassault, ne parlent que de lui, se disputant sans cesse au sujet de sa légitimité politique et de ses méthodes peu orthodoxes. En disposant de sa fortune personnelle pour « faire le bien des habitants », Dassault achète des voix pour certains, pallie les lacunes d’un système administratif trop lent pour d’autres.

Dans cet espace ubuesque, la patience permet aux documentaristes de révéler la théâtralité d’un dispositif de campagne par des cadrages soignés et attentifs aux détails de décors parfois saturés de signes (affiches, tracts, individus vociférants). Le décryptage de la vie politique locale passe par la longueur et la répétition du filmage dans des lieux de passage. On prend le temps de laisser les militants, les candidats, les partisans, les citoyens blasés s’habituer à la présence discrète de la caméra, pour mieux laisser éclater des personnalités qu’un film de fiction envierait.

Ainsi, Rachid, ancien militant socialiste, encarté UMP pendant la campagne présidentielle de 2007, concourt sans étiquette avec une énergie proche du désespoir. Du haut de ses 1,61 % au premier tour, il appellera à voter Brechter/Dassault, loin d’un retournement de veste près. L’agencement des interventions de tels personnages construit le rythme d’un film où l’on rit et l’on tremble face au carnaval d’une élection jouée d’avance.

Nous avions découvert La Cause et l’usage lorsqu’il ne portait pas encore de titre, à l’occasion d’une séance de ciné-club au Cinéma du Panthéon en novembre 2011. Revoir ce film dix mois plus tard confirme notre impression première quant à la qualité du travail mené par Dorine Brun et Julien Meunier, organisé de bout en bout par un parti pris de réalisation très clair. Grâce à leur dispositif de tournage ultra-léger, ils parviennent à recueillir une parole riche et naturelle, pleine de justesse et d’excès, de passion et de naïveté. La voix des deux jeunes documentaristes demeure la plus discrète possible et l’image n’est jamais informée par d’autre commentaire que celui proféré par le ou les individus filmés.

 Le sens du film, jamais univoque, toujours ouvert, est démultiplié par les interactions du montage (opération toujours complexe, mais carrément performante dans le cas présent). Avec l’intelligence d’un récit filmique construit selon une apparente simplicité chronologique, La Cause et l’usage rappelle dans sa forme les grands documentaires de campagne de Leacock et Pennebaker (The War Room sur la campagne de Clinton en 1992 ou Primary sur celle de John F. Kennedy en 1960), ceux-là même qui ont inspiré Depardon dans la préparation de 1974, une partie de campagne.

 En toute modestie, le film de Dorine Brun et Julien Meunier parvient à travailler un même dispositif de réalisation sur un sujet local, dont la complexité est pourtant loin d’être facile à contenir en 1h02 de film. Avec clarté et concision, La Cause et l’usage réussit à décortiquer les relations de Dassault avec sa ville, mettre à jour les tensions saillantes entre les partis politiques, exposer les difficultés des quartiers et la détresse des ouvriers, sans oublier de montrer l’hypocrisie, l’opportunisme et la complaisance de certains individus tiraillés entre intérêt collectif et personnel.

 Dassault n’est pas montré comme le grand méchant loup aux allures d’ange (ou pas seulement), mais il devient au fil des séquences, qu’il y apparaisse ou non, le révélateur de toutes les dérives comportementales d’une période d’élection.Malgré la dimension pragmatique de son sujet, La Cause et l’usage développe une beauté cinématographique à la mesure du désespoir de son objet.

 Le travail sur les sons seuls et sur les silences est pensé dans tout son potentiel d’expressivité filmique, en interaction avec l’image. Ainsi, l’avant-dernier plan du film se révèle d’une efficacité redoutable pour résumer la violence de cette étrange élection.

lacauseetlusage604-604x400.jpgMichel Nouaille, candidat communiste soutenu par l’ensemble de la gauche, est réduit au silence dans la salle des conseils, où son micro peine à fonctionner et où son propos est volontairement couvert par les voix du clan opposé. Isolé par la caméra, écrasé par les sons environnants, il devient l’anti-héros tragique d’une élection fictive, et pourtant effective. Dans le silence, tout est dit.

Carole Milleliri

15:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la cause et l'usage, corbeil, dassault, michel nouailles | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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