Avertir le modérateur

22/03/2019

Éducation. Le cauchemar de l’école fantôme d’Ivry-sur-Seine

ecole Ivry.jpg

Un établissement du Val-de-Marne se voit refuser son classement en éducation prioritaire. Le prétexte ? L’absence de collège de rattachement. Une injustice que dénoncent aujourd’hui parents et enseignants.

Une situation identique que l'on retrouve dans de nombreuses écoles d'Evry Courcouronnes situées dans des quartiers comme le Canal, Parc aux Lièvres, Champtier du Coq, Champs Elysées...qui malgré leurs caractéristiques sociales ne bénéficient pas des dédoublements de classes parce qu'elles sont rattachées à des collèges non REP. Une absurdité !

Une école invisible, ça existe. Comme un fantôme, l’école Rosalind-Franklin, inaugurée à la rentrée 2014 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), vit un interminable cauchemar. Elle accueille des élèves de maternelle et primaire, on y travaille – plutôt bien du reste – mais elle demeure inexistante aux yeux de l’éducation nationale. Qui s’obstine, de manière incompréhensible, à refuser de lui reconnaître le classement en éducation prioritaire (REP) auquel elle devrait pourtant avoir droit. C’est une école fantôme donc, rebaptisée depuis ce matin « Rosalind-Fantôme » pour une journée d’action dont le point d’orgue devait être l’arrivée des élèves déguisés… en petits spectres, évidemment.

L’histoire commence en 2015. L’école ­Rosalind-Franklin est ouverte depuis la rentrée de septembre 2014, avec huit classes. Elle est située dans le quartier du port. Un quartier en pleine évolution, qui fait l’objet d’une zone d’aménagement concerté (ZAC) : « Un des plus gros chantiers d’Île-de-France, précise Stéphane Sayah, l’un des animateurs du collectif de parents d’élèves de l’école. Au début on nous a dit que le quartier allait se bonifier, qu’un nouveau collège allait ouvrir. » Deux mille logements sont sortis de terre. En quatre ans, l’école est passée de huit à vingt classes, et le collège promis est arrivé.

« C’est très injuste pour nos élèves »

Baptisé du nom de l’écrivaine algérienne Assia Djebar, il a été construit sur un terrain tout proche de l’école, celui d’une usine Philips où l’on fabriquait des lampes aux vapeurs de mercure pour l’éclairage public. L’usine a fermé, Philips est parti. Avant la construction du collège, des tests de pollution ont été faits dans les règles et le chantier a été lancé. Mais les travaux ont creusé plus profond que prévu et, à trois mois de l’inauguration officielle du collège, tout s’arrête. Le sol est pollué au mercure.

Des travaux sont lancés. Mais dépolluer un site avec un collège déjà construit dessus est infiniment complexe et très coûteux. Les travaux s’éternisent, à tel point qu’ils ne sont toujours pas terminés. Une procédure contentieuse serait d’ailleurs imminente, la Sadev 94 (société d’aménagement du Val-de-Marne), maître d’ouvrage, ayant l’intention de demander des comptes à Philips, l’ancien propriétaire du terrain. Reste que l’ouverture du collège a été une nouvelle fois repoussée : elle ne se fera pas avant la rentrée 2020… au mieux.

Le collège Assia-Djebar est donc un collège fantôme, et sa malédiction retombe sur l’école Rosalind-Franklin. Car, pour être classé REP, il faut un collège de rattachement. Ce rôle devait échoir au collège Assia-Djebar… qui ne peut le jouer. En attendant, les élèves de CM2 poursuivent leur scolarité au collège Molière – qui, lui, est classé REP. Mais rien à faire : officiellement, Molière n’est pas le collège de rattachement de Rosalind-Franklin. Il suffirait pourtant que l’administration le décide… La situation, ­absurde, ne se dénoue pas.

Parents et enseignants soulignent que l’école affiche toutes les caractéristiques de l’enseignement prioritaire. « C’est un quartier où il y a eu la volonté d’intégrer 50 % de logements sociaux », poursuit Stéphane Sayah. La mairie, qui nous soutient, a aussi relogé là des populations venues d’une cité voisine, des familles d’origine rom en cours de stabilisation, des logements sociaux d’urgence, avec des enfants dont le français n’est pas la langue maternelle… » Une vraie politique sociale et d’accueil qui confère à cette école un profil exactement similaire à celui des deux autres écoles du quartier, classées REP.

« C’est très injuste pour nos élèves », relève Leïla (1), enseignante dans l’école. « Leurs copains sont scolarisés à 800 mètres d’ici, dans des CP à 12 ou des CE1 à 21 ou 22 élèves… Nous c’est 28 en CE1 ! » Pire : pour la rentrée prochaine, il est prévu jusqu’à 32 élèves en CP. Ce n’est pas tout : « Comme nous ne pouvons plus aller à Paris à cause du plan Vigipirate, poursuit l’enseignante, le Louvre propose des interventions dans les écoles… mais seulement les écoles REP ! Pour les déplacements en car, pour les réductions lors de certaines sorties, pour la piscine… nous sommes désavantagés. »

Pas de primes REP pour les profs, non plus. Quand une délégation parents et enseignants a été reçue fin février à la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), l’administration n’a pas trouvé cela étrange, allant jusqu’à justifier cette absence de primes : « On nous a dit que l’équipe ne s’engageait pas assez », raconte Leïla. « J’ai trouvé ce discours brutal et indélicat, s’indigne Stéphane Sayah. C’est une bonne équipe, plutôt stable. Mais, évidemment, on sent qu’ils s’essoufflent, il y a des arrêts maladie… »

« On ne veut rien lâcher »

À la DSDEN, contactée par nos soins, la ligne reste toujours la même : l’école a eu un traitement « bienveillant » en se voyant attribuer un maître en plus, et le taux d’encadrement serait « vraiment satisfaisant, proche de l’éducation prioritaire ». Mais pas question de donner des chiffres sur le taux d’enseignants ! Et, surtout, on botte en touche sur le refus persistant de classer l’école en REP.

Un déni qui, aux yeux des familles et des enseignants, justifie pleinement la « journée fantôme » d’aujourd’hui. Ce n’est pas faute d’avoir alerté jusqu’au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, par une missive envoyée le 20 février dernier. Restée lettre morte… Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 400 signatures. Et Leïla de conclure : « On ne veut rien lâcher. On veut obtenir ce à quoi nos élèves ont droit. »

(1) Le prénom a été changé.
 

12:08 Publié dans Collectvités locales, Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : école, ivry, rep | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/11/2012

Rythmes scolaires : le coût de la réforme devrait atteindre 600 millions d’euros pour les collectivités locales

ECOL1.jpgRythmes scolaires : Evalué à 150 euros par enfant et par an, le coût de la réforme devrait atteindre 600 millions d’euros pour les collectivités locales, selon les maires de grandes villes.

L’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), présidée par Michel Destot, député-maire de Grenoble, fait part de son inquiétude sur le financement de trois heures supplémentaires* demandé aux collectivités locales dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Cette prise en charge a été évoquée lundi 12 novembre 2012 au cours d’une réunion entre les associations d’élus et Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, qui a tenu à présenter l’articulation des temps de la journée sous la responsabilité de l’éducation nationale et celle des collectivités.

Selon l’AMGVF, le coût de la réforme est estimé pour les collectivités locales à 150 euros par enfant et par an, soit près de 600 millions pour l’ensemble des enfants en année pleine, avec pour conséquence des dépassements budgétaires importants dans un contexte où les dotations aux collectivités locales ne feront pas l’objet d’un abondement spécifique dans les prochaines années.

Les élus des grandes villes ont interpellé le ministre afin de rappeler leur rôle clef et leur implication nécessaire à la réussite de la réforme. Ils ont ainsi demandé à ce que les horaires quotidiens ne soient pas figés par un décret mais fassent plutôt l’objet d’une concertation locale de manière à articuler la journée en fonction des nécessités et contraintes locales.

Les coûts de la réforme étant très élevés, ils ont appelé à la constitution de groupes de travail interministériels, associant la CAF, pour évaluer l’engagement financier nécessaire et supportable de tous les acteurs de la réforme. Rappelant enfin que la légitimité locale était celle du maire, ils ont souhaité que soit placée sous son autorité la coopération éducative territorialisée qui devrait découler de la réforme.

L’AMGVF devrait, avec d’autres associations d’élus, adresser un courrier au Premier ministre demandant son arbitrage.

* dont une heure trente serait partagée avec les enseignants qui s’occuperaient de groupes d’élèves réduits.

21/09/2011

NOUS VOULONS LA NEUVIEME CLASSE !

corot009.jpgAmbiance survoltée devant la Préfecture à Evry ce jour créée par les Parents et les enseignants de l’école Corot de Lisses qui souhaitaient être reçu par l’Inspecteur d’académie.

Depuis 10 jours cette école est occupée par les Parents à l’appel de la FCPE et des Indépendants qui demandent la création d’une neuvième classe justifiée par les classes surchargées et les décomptes officiels qui dépassent de plusieurs élèves les normes officielles permettant l’ouverture demandée.

école,lisses,manifestationLa même action est menée dans d’autres écoles du Département en particulier en Draveil confrontés aux mêmes situations. L’Inspecteur d’académie, représentant le ministre de l’éducation, et sur son ordre, refuse de répondre à ce jour à ces demandes légitimes.

école,lisses,manifestationDe nombreux élus dont le maire de Lisses, M. Lafon, le conseiller général, Francis Chouat, les conseillers régionaux Marianne Louis, Philippe Camo étaient présents, Diego Diaz, Maire adjoint.

Les élus communistes présents ont soulignés que depuis 5 ans plus de 60 000 postes d’enseignants ont supprimés dans l’éducation nationale et qu’aujourd’hui ils est important d’inverser cette politique en créant des dizaines de milliers d’emplois pour permettre une formation des maîtres et l’ouverture des classes nécessaires comme à Corot à Lisses.

école,lisses,manifestationIls ont fait remarquer que la Droite veut maintenir cette politique désastreuse, et que au sein de la gauche au PS, certains dirigeants comme Manuel Valls, député de la circonscription, qui dans un courrier a indiqué qu’il soutenait la lutte des Parents et des enseignants à Lisses ne veulent pas attendre parler de la moindre création de postes nouveaux dans l’enseignement.

école,lisses,manifestationCe débat est donc loin d’être clos, en attendant Parents, enseignants, élus de toutes sensibilités demandent l’ouverture de cette neuvième classe à Lisses.

Photos, vidéo, texte, exclusifs E-Mosaique


NOUS VOULONS LA NEUVIEME CLASSE ! par E-Mosaique

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu