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21/04/2018

EVRY : Patron voyou. 430 salariés mis sur le carreau par SMS

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Sylvie Ducatteau, L'Humanité

À Évry, les agents de sécurité de l’entreprise Bodyguard ont appris la liquidation de leur entreprise par un simple message envoyé sur leur téléphone portable. Ils n’ont depuis aucune nouvelle.

Les agents de sécurité de l’entreprise Bodyguard n’ont plus ni salaire, ni employeur. C’est par SMS qu’ils l’ont appris, il y a trois jours. « Par jugement du 16 avril, le tribunal de commerce a ouvert une procédure de liquidation judiciaire sans poursuite d’activité, dans ces conditions nous vous demandons de cesser toute activité à compter de 19 heures.

Les salaires seront payés par l’AGS. Signé la Direction ». La direction en question est celle de l’entreprise de sécurité, au nom prometteur de Bodyguard, installée à Évry (Essonne) depuis une vingtaine d’années. Quand Lamamra a pris connaissance de ce SMS, peu avant de prendre son poste, ce même jour en fin de journée, il n’y a d’abord pas cru.

Des appels téléphoniques à quelques collègues, agents de sécurité comme lui, l’ont vite convaincu qu’il ne s’agissait pas d’une plaisanterie. Ce jeudi, devant le siège de l’entreprise, où se sont retrouvés une quarantaine d’agents de sécurité, à l’appel de la CGT, il témoigne de son anxiété. « On n’a plus de statut. On ne sait plus si on est salarié, licencié, ou chômeur. » À cet instant, c’est la réalité de son banquier qui lui éclate au visage « À la banque on me dit qu’un SMS n’est pas valable.

Il faut un courrier officiel de l’entreprise pour justifier mon découvert et ne pas avoir trop d’ennuis. » Comme les 430 salariés de Bodyguard, Lamamra, attend toujours son salaire du mois de mars. Son compte bancaire affiche un découvert de 1 200 euros. « C’est le chaos complet, confie un agent un peu plus âgé que les autres. Personne ne nous parle, ni le patron, ni le syndicat majoritaire, la CFTC, ni le mandataire. »

Des voitures de luxe confisquées au patron par la justice en 2015

Bodyguard n’est pas n’importe quelle entreprise. Une grande partie de ses clients sont des hôpitaux, des administrations de l’État, la RATP, des universités. Nombre d’entre eux affichent dix, quinze ans d’ancienneté. Mais des salaires de bas d’échelle. 1 400 euros. 1 800 euros avec les heures supplémentaires. L’entreprise est également bien connue de l’inspection du travail et du tribunal de commerce d’Évry. Le patron historique de Bodyguard a été condamné en 2015 pour travail dissimulé et blanchiment d’argent. « Des BMW, deux Ferrari, une Dodge, et 750 000 euros lui ont été confisqués », rappelle Emmanuel Dimene Kingue, délégué du personnel CGT.

Lui surveille les locaux de l’Apec, la nuit. L’agence des cadres a très vite fait appel à un prestataire pour remplacer l’entreprise défaillante. « Elle m’a proposé un contrat mais ce n’est pas légal puisque je n’ai pas été licencié. Je ne peux pas cumuler deux contrats. Le plus étonnant est que je me suis aperçu qu’une ex-dirigeante de Bodyguard travaille dans l’entreprise qui m’a proposé ce contrat. »

Les « légèretés » de la direction avec le Code du travail voire avec les lois commerciales pourraient bien expliquer la décision exceptionnelle du tribunal de commerce d’ordonner la liquidation de l’entreprise sans autorisation de poursuivre l’activité. C’est ce qu’ont confié à l’Humanité plusieurs proches du dossier. « Que le tribunal ne laisse pas le temps à un repreneur de se manifester est rarissime pour une entreprise de cette taille. Il faut dire que rien n’a été fait dans les règles. »

Que dire ? Rien n’a filtré de la situation auprès des salariés. Ni de la part de Bodyguard, ni de l’organisation syndicale majoritaire dans toutes les instances représentatives du personnel (IRP), la CFTC. « Ils savaient puisqu’ils étaient présents au tribunal avec la direction », déplore Renaud Tancet, délégué syndical CGT, qui dénonce ce silence coupable.

24/01/2018

Isabelle Lorand : "Le président de la République veut faire un hold-up démocratique sur le Grand Paris. »

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Regards est partenaire des rencontres Niemeyer qui ont lieu au siège du Parti communiste français, à Paris, place du Colonel Fabien. Au coeur de cette journée, le droit d’habiter, la démocratie, l’égalité des territoires, etc. pour un Grand Paris connecté avec ses habitants. On en parle avec Isabelle Lorand, membre du PCF et élue locale, qui en est l’une des organisatrices.

C’est l’ambition de parler de la ville, de l’habitat, dans un parti pris qui est celui de l’égalité des territoires mais c’est aussi de jouer notre rôle de militants politiques c’est-à-dire de permettre aux gens de se mettre en débat, quelques soient leurs entrées. Des chercheurs, des praticiens, des architectes, des élus, des militants, des habitants. »
« Si on exclut la population du débat sur le Grand Paris, c’est les technocrates qui gagnent donc il faut prendre le projet à l’envers c’est-à-dire décider de ce qu’est le projet politique et en débattre. »

Sur Niemeyer, place du Colonel Fabien

« Ce bâtiment, plus que de l’architecture c’est un projet politique : le choix de faire cette œuvre d’art architecturale au cœur d’un quartier populaire c’était un projet politique. »

Sur la métropole du Grand Paris

« C’est un territoire de vie (…). Il ne faut pas que ça soit un Etat dans l’Etat. »
« Un territoire qui produit 30% du PIB de la France a un impact sur toute la France. »
« Le président de la République veut faire un hold-up démocratique. »
« Mettre ce territoire sous tutelle de la technocratie et du libéralisme, ça a un impact sur tout le pays. »
« Les habitants disent aux politiques ‘on n’attend plus de vous que vous fassiez, on attend de vous que vous nous aidiez à faire ensemble’. »
« On résiste d’autant mieux qu’on n’est pas dans la défense d’un existant nostalgique mais qu’on est porteur d’un projet audacieux et tourné vers l’avenir. »

Sur le PCF dans la ceinture rouge

« Ce qui m’importe le plus c’est de voir que ceux qui partagent nos valeurs restent extrêmement présents dans la banlieue rouge. »
« Le mot solidarité est identifié comme un fil rouge de cette banlieue (rouge). »

Sur les liens du PCF et des intellectuels

« J’ai le sentiment que le PCF a dans sa tradition longue, un lien avec les intellectuels. »
« Je crois qu’au cours de ces vingt dernières années, le lien (avec les intellectuels) a perduré mais nous n’avons pas su nous en nourrir. »
« J’espère que ces quatrième rencontres Niemeyer reconstituent un lien fécond avec les intellectuels. »

Sur les trafics et la consommation du cannabis

« Quand plus de la moitié des gamins fument du hachisch, il faut arrêter de se raconter que la loi est opportune. La loi elle doit s’appliquer à plus de la moitié des gens, sinon elle est discréditée. »
« Je suis pour la légalisation mais je ne crois pas qu’elle réglera le problème de l’économie parallèle. »
« L’économie parallèle est devenue l’économie de la survie. »

15/01/2018

FUSION EVRY-COURCOURONNES : LE DEBAT EST ENGAGE

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Les maires des deux communes, Francis Chouat (ex-PS) maire d'Evry (53 000 habitants), président de l'agglomération Grand Paris Sud, et Stéphane Beaudet (ex-LR), maire de Courcouronnes (13 000 habitants), vice président de Mme Pécresse à la région Ile de France viennent de confirmer le projet de fusion entre leurs deux villes sous le haut patronage du député de la circonscription Manuel Valls.

Après avoir réuni leurs équipes municipales, Evry et Courcouronnes vont engager un débat public avec les habitants. La fusion serait effective le premier janvier 2019.

Le calendrier prévoit une information complète des conseillers municipaux obligatoire.

La décision serait prise ensuite avec deux possibilités :

1 – Un vote unanime des deux conseils municipaux (pas de tous les conseillers municipaux mais de la majorité d'entre eux dans chaque conseil municipal)

2 – Un référendum de tous les électeurs Evryens et Courcouronnais

Les élus communistes et républicains d'Evry se prononcent pour cette deuxième possibilité. Ils se déclarent par ailleurs très réservés sur cette fusion comme d'autres élus.

Ils estiment que l'intérêt de cette fusion est loin d'être prouvé. Le débat lèvera ces inquiétudes peut être pensent ils, mais rien pour le moment est évident sur ce sujet.

Les élus communistes estiment également qu'un deuxième volet à cette fusion est probable : celui d'une recomposition politique dont cette fusion servirait de modèle avec la remise en cause du rôle des partis politiques, la disparition des notions et intérêts de droite et de gauche, tout cela dans la continuité de la stratégie mise en place par Macron et la République en Marche.

2018 sera dans tous les cas, une année où un débat important se déroulera à Evry et Courcouronnes sur les raisons, les modalités, les atouts ou pas de cette fusion, et la recomposition politique engagée au niveau local et ailleurs. Ce débat dépassera probablement largement les deux villes et aura certainement une ampleur nationale.

Ecouter ici en podcast le point de vue du Maire d'Evry Francis Chouat et celui du Président du groupe des élus communistes et républicains d'Evry }}}

 
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