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19/11/2018

Industrie. Hélio Corbeil, une imprimerie qui entre en résistance

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La coopérative de l'Essonne fait appel à ses soutiens pour empêcher le groupe Figaro, dont le maire de Corbeil-Essonnes est administrateur, de la couler en dénonçant le contrat qui la lie au journal.

Depuis la mezzanine, tous les yeux regardent l’immense ruban de papier tourner à toute vitesse dans les deux imposantes rotatives, grandes comme deux immeubles. Cent vingt mille exemplaires d’un magazine de 48 pages en sortent chaque heure. Elles sont le cœur de l’imprimerie Hélio Corbeil, et le clou du spectacle promis aux centaines de visiteurs qui ont poussé le portail, samedi, de la coopérative de Corbeil-Essonnes (Essonne). « On organise cette journée “portes ouvertes” pour alerter la population sur les dangers qui pèsent sur notre Scop, explique Ludovic, bobineur, et l’un des “gilets rouges” du syndicat CGT des imprimeries de presse et de la communication (SIPC-CGT) qui accueillent le public.

Le groupe Figaro veut nous lâcher en nous retirant l’impression de TV Magazine », un supplément commun au quotidien conservateur et à plus de cinquante journaux régionaux. Cet hebdomadaire, numéro un des magazines télé, « assure 80 % de la production d’Hélio Corbeil, avec plus de cinq millions d’exemplaires chaque semaine », enchaîne Stéphane, rotativiste, devant des visiteurs qui scrutent les cylindres de cuivre de plusieurs quintaux servant à l’impression par héliogravure, un procédé de grande qualité adapté aux forts tirages.

Le modèle économique de la Scop est visé

Le Figaro, propriété du groupe Dassault, entend dénoncer le contrat « au prétexte que l’imprimerie ne peut baisser ses tarifs de 20 %. Mais aucun imprimeur ne peut faire ces prix-là, sauf à s’endetter ou à bénéficier d’aides massives », explique Bruno Arasa, ex-délégué syndical d’Hélio Corbeil devenu président-directeur de la Scop en 2012, après que les anciens propriétaires, le groupe Circle Partners, ont abandonné l’entreprise fondée en 1837 par la famille Crété.

Pour les 90 salariés et leurs soutiens, derrière l’argument du prix, c’est le modèle économique et social solidaire de la Scop qui est visé. « Quand on a demandé de rapatrier le Figaro Madame, imprimé en Belgique, sur le territoire français, on nous a dit que ce n’était techniquement pas possible. Puis le groupe Riccobono (imprimeur du Figaro – NDLR) rachète une imprimerie (H2D, en Seine-et-Marne – NDLR), et là, c’est possible », ironise Gérard Letréguilly, représentant du SIPC-CGT.

Les salariés de la coopérative accusent aussi le maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter (LR), lui-même administrateur du Figaro, de vouloir couler l’usine pour récupérer les terrains. Pour Ludovic, le bobineur, l’ancien bras droit et successeur de Serge Dassault à la mairie espère ainsi faire d’une pierre deux coups : « Livrer le terrain aux promoteurs et se débarrasser de la CGT », omniprésente dans l’usine. « Ils ne veulent plus d’exemple où la CGT réussit, dénonce aussi Gérald Glancer, délégué syndical. Mais chaque salarié a mis trois mois de salaire dans la Scop. Pendant que certains se gavent d’aides et de subventions, nous, on s’endette pour travailler. »

« C’est “pot de terre contre pot de fer’’ »

En 2016, la Scop a déjà dû subir la perte de la production de Télé Star, après la rupture du contrat avec le groupe Mondadori. Malgré ces déboires, l’entreprise a investi dans une ligne de finition en 2017, et Lagardère devrait lui confier la fabrication dès 2019 d’une partie de son titre Version Femina, supplément du Journal du dimanche et d’une trentaine de journaux régionaux. « Dans cette course au moins-disant tarifaire, nous avons réussi à établir un projet d’avenir. Bien sûr, c’est “pot de terre contre pot de fer’’ », résume Bruno Arasa, qui n’entend pas « entrer dans l’engrenage de l’endettement pour faire profiter aux éditeurs de prix inférieurs à la rentabilité ».

Samedi midi, les salariés ont rassemblé autour d’un buffet fraternel tous leurs soutiens : des anciens du métier, des syndicalistes du département, des candidats à la législative partielle d’hier à Évry-Corbeil-Essonnes (le communiste Michel Nouaille, l’insoumise Farida Amrani et le divers gauche Mikaël Matingou), et même le délégué général du syndicat patronal des imprimeurs (Uniic), Pascal Bovero, ainsi que des habitants de Corbeil. « Cette entreprise ancestrale a su innover pour s’affranchir du modèle libéral, il ne faut pas laisser Bechter l’effacer de l’histoire industrielle de la ville », glisse Michel Nouaille. « On ne sera pas les sacrifiés de l’histoire ! » a lancé de son côté Gérard Letréguilly.

16/08/2018

DE LA RESISTANCE AU PARLEMENT DISPARITION DE ROBERT VIZET

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Résistant, ancien maire de Palaiseau, député puis sénateur communiste, Robert Vizet est décédé à l’âge de 94 ans. Palaiseau perd une personnalité majeure de la seconde moitié du XXè siècle.

A l’âge de six ans, sa famille s’installe dans la commune voisine de Palaiseau pour y tenir un café. C’est dans cette commune de ce qui ne s’appelait pas encore l’Essonne, mais la Seine-et-Oise, que grandit le jeune homme. A 16 ans, il est envoyé à Paris pour suivre un apprentissage comme futur imprimeur. Mais les évènements se précipitent et la France est occupée à partir de juin 1940.

En 1943, alors qu’il est réquisitionné à 19 ans pour effecteur le Service du travail obligatoire (STO), Robert Vizet entre dans la clandestinité. Il participe à plusieurs opérations anti-occupation, et combat lors de l’insurrection parisienne d’août 1944 au côté des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il entre au conseil municipal de Palaiseau en 1953, dans l’équipe d’Eugène Deloges, puis devient maire en 1959. Jusqu’en 1965 où la ville bascule à droite avec André Hardy. A la suite de cette parenthèse, il est élu pour un nouveau mandat en 1971.

Réélu en 1977, il laisse la main deux ans plus tard à son premier adjoint Jean Pacilly à la tête de la municipalité, Robert Vizet choisissant alors de se concentrer sur ses autres fonctions. Parallèlement, il siège au conseil général de l’Essonne.

Député en 1967/1968 puis de 1973 à 1981, il termine sa carrière au sénat de 1986 à 1995.

Jusqu’en 2001, il siège en tant que conseiller municipal de Palaiseau, pour un total de 48 années de présence (et plusieurs alternances) au sein de l’instance palaisienne.

Maire (LR) depuis 2012, Grégoire de Lasteyrie l’avait rencontré à plusieurs reprises, Robert Vizet étant toujours présent dans la commune : « il faisait preuve d’une régularité parfaite à la cérémonie de Libération de Palaiseau, et suivait également toujours le comité de jumelage ».

L’actuel édile qui n’a d’ailleurs « pas les mêmes idées politiques », parle d’un « vrai engagement pour Palaiseau » qui caractérisait Robert Vizet. L’ancien maire fut en effet partie prenante de plusieurs projets caractéristiques du Palaiseau de la seconde moitié du XXe siècle, la création de pans de quartiers et de logements, de nouvelles écoles ou encore la MJC ouverte à cette période.

Dans un communiqué, la fédération communiste de l’Essonne a salué un « homme de conviction, de caractère, de loyauté et d’union ». Alors qu’un hommage de ses camarades aura lieu, le PCF perd l’un de ces principaux porte parole essonnien dans les luttes comme dans les hémicycles de ces dernières décennies. « Si les salariés, les progressistes, le considèrent comme l’un des leurs, il force le respect de ses adversaires » ajoute le parti. Annick Le Poul milite au PCF depuis 30 ans dans le nord du 91, elle a côtoyé Robert Vizet sur plusieurs terrains : « mon mari travaillait à la SFIM (ex Safran), dans les années 70/80.

Robert Vizet était déjà maire, puis député, il était très proche de ses habitants, des militants, des salariés : je me souviens quand il venait le matin à 6h30 devant la porte de cette plus grosse entreprise de ce territoire, pour soutenir les luttes.

Il était très proche, très simple, se nourrissait de ces contacts, des gens pour qui il se battait au quotidien ». Comme lors de ses interventions parlementaires, pour lesquelles « il a toujours gardé la proximité, ce qu’il disait n’était jamais déconnecté, toujours en prise directe avec la réalité du terrain » ajoute Annick le Poul.

Sources Essonne Infos

15/01/2018

FUSION EVRY-COURCOURONNES : LE DEBAT EST ENGAGE

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Les maires des deux communes, Francis Chouat (ex-PS) maire d'Evry (53 000 habitants), président de l'agglomération Grand Paris Sud, et Stéphane Beaudet (ex-LR), maire de Courcouronnes (13 000 habitants), vice président de Mme Pécresse à la région Ile de France viennent de confirmer le projet de fusion entre leurs deux villes sous le haut patronage du député de la circonscription Manuel Valls.

Après avoir réuni leurs équipes municipales, Evry et Courcouronnes vont engager un débat public avec les habitants. La fusion serait effective le premier janvier 2019.

Le calendrier prévoit une information complète des conseillers municipaux obligatoire.

La décision serait prise ensuite avec deux possibilités :

1 – Un vote unanime des deux conseils municipaux (pas de tous les conseillers municipaux mais de la majorité d'entre eux dans chaque conseil municipal)

2 – Un référendum de tous les électeurs Evryens et Courcouronnais

Les élus communistes et républicains d'Evry se prononcent pour cette deuxième possibilité. Ils se déclarent par ailleurs très réservés sur cette fusion comme d'autres élus.

Ils estiment que l'intérêt de cette fusion est loin d'être prouvé. Le débat lèvera ces inquiétudes peut être pensent ils, mais rien pour le moment est évident sur ce sujet.

Les élus communistes estiment également qu'un deuxième volet à cette fusion est probable : celui d'une recomposition politique dont cette fusion servirait de modèle avec la remise en cause du rôle des partis politiques, la disparition des notions et intérêts de droite et de gauche, tout cela dans la continuité de la stratégie mise en place par Macron et la République en Marche.

2018 sera dans tous les cas, une année où un débat important se déroulera à Evry et Courcouronnes sur les raisons, les modalités, les atouts ou pas de cette fusion, et la recomposition politique engagée au niveau local et ailleurs. Ce débat dépassera probablement largement les deux villes et aura certainement une ampleur nationale.

Ecouter ici en podcast le point de vue du Maire d'Evry Francis Chouat et celui du Président du groupe des élus communistes et républicains d'Evry }}}

 
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