04.12.2011
Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale, celui à qui il avait donné le goût de la dignité
Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l'élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu'il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.
La ville de Paris vient de lui rendre hommage, en inaugurant une place à son nom. Une rue de la ville d'Evry porte aussi son nom, là où se trouve le siège de la CPAM de l'Essonne. La ville de Corbeil, UMP, au contraire a débaptisé le nom de la rue qui depuis depuis des années l'honorait.
« Jamais nous ne tolérerons qu'un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »
Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l'inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris (La place Ambroise Croizat se situe à l'intersection de l’avenue Paul Appell et des rues Porto-Riche et Monticelli, dans le 14è arrondissement de la capitale.) Un slogan brûlant d'actualité à l'heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l'un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale.
Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l'éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L'espoir, c'est le père d'Ambroise qui l'incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l'obtient mais de vieilles revanches l'invitent à s'embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C'est là qu'Ambroise prend le relais du père.
Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l'établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s'ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d'une assemblée paysanne. Proche du peuple d'ou il venait. »
Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S'unir, disait-il, pas unis, pas d'acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.
En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures.
Vient l'année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d'Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR).
La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l'ombre, exigeons la mise en place d'un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l'État. »
Á la tête d'une commission de résistants, Ambroise trace dès l'été 1943 les moutures de ce qui va devenir l'un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C'est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l'ordonnance d'octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail.
Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d'œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n'ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu'en 1948. Il faut dire l'appui irremplaçable d'Ambroise Croizat.
Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l'origine d'un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l'époque permit la naissance de l'institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d'adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l'héroïsme de sa résistance. Là ne s'arrête pas l'héritage.
Ambroise laisse à l'agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d'entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l'entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles... « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu'Ambroise a toujours voulu qu'elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l'exclusion.
Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l'accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.
Michel Etiévent (*) Auteur d'Ambroise Croizat ou l'invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d'innovation sociale. Livres disponibles auprès de l'auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l'un + 5 euros de port l'unité).
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13.11.2011
EVRY : LE GROUPE MANOUCHIAN COMMEMORE
Après le Parti communiste français et ses militants, la Municipalité a commémoré le groupe Manouchian sur les lieux même de son arrestation près de le gare d’Evry Petit Bourg. A cette occasion une nouvelle stèle a été inaugurée en mémoire à Joseph Epstein arrêté le 16 novembre 1943 en même temps que Manouchian.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Préfet délégué, des représentants des anciens combattants, d‘élus notamment communistes , de son fils Dufo-Epstein (voir photos).
JOSEPH EPSTEIN
Joseph Epstein, dit Colonel Gilles, né à Zamosc en Pologne le 16 octobre 1911 et fusillé au fort du Mont Valérien le 11 avril 1944, est un militant communiste et résistant.
Joseph Epstein appartient à une famille aisée de culture yiddish. Dès son plus jeune âge, il participe, dans les rangs du Parti communiste de Pologne, à la lutte contre le gouvernement de Józef Piłsudski. Il poursuit par ailleurs des études de Droit à l'université de Varsovie. En 1931, il doit s'exiler et choisit la France pour terminer ses études.
En 1936 durant la guerre d'Espagne, il combat aux côtés des républicains espagnols dans les brigades internationales et il est grièvement blessé. Pendant sa guérison, il participe à l'action de la compagnie maritime « France Navigation », laquelle est chargée du transport de l'aide à l'Espagne républicaine. De retour en Espagne, il est affecté à la compagnie d'artillerie « Anna Pauker ». Il participe à la bataille de l'Èbre et il est cité à l'ordre de l'Armée. À son retour en France en 1939, il est emprisonné au camp de Gurs. Il est libéré en juillet 1939.
Engagé dans la Légion étrangère, il est fait prisonnier pendant la campagne de 1940. Il est envoyé dans un Stalag en Allemagne, près de Leipzig, d'où il s'évade en décembre 1940 et rejoint la lutte clandestine en France auprès des Francs-tireurs et partisans (FTP).
Tout d'abord principal responsable, en 1942, des groupes de sabotage et de destruction (GSD) créés par les syndicats CGT dans les entreprises travaillant pour l'occupant, il prend la direction de l'ensemble des FTP de la région parisienne, en mai 1943, sous le nom du colonel Gilles1.
Il a l'idée d'engager des commandos de quinze combattants à Paris, permettant de réaliser un certain nombre d'actions spectaculaires qui n'auraient pas été possibles avec les groupes de trois qui étaient la règle dans l'organisation clandestine depuis 19402. Il instaure ainsi une tactique de guérilla urbaine que mettent en œuvre les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI).
Dénoncé par un traître, il est arrêté en gare d'Évry Petit-Bourg, le 16 novembre 1943, avec Missak Manouchian. Il est torturé pendant plusieurs mois, puis fusillé au fort du Mont-Valérien avec 28 autres résistants, le 11 avril 1944. Le jour de son exécution, il aide un camarade à s'évader du camion qui les amène au peloton d'exécution.
Publié par Wikipédia
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12.10.2011
CROIX GAMME SUR LES MURS DES HEROS : L'INSULTE A LA RESISTANCE
Indignation à Vigneux dans l’Essonne après la découverte de croix gammée et des inscriptions à la gloire du nazisme sur le mur du jardin du pavillon où est apposée une plaque à la mémoire de Jacqueline Jeunon, résistante morte à 22 ans en déportation, chemin de l'Ecluse à Vigneux.
Plus que d'autres, la famille JEUNON aura payé cher son refus de mise en esclavage de notre pays pour avoir hébergé et fait tourner le centre d'impression de tracts du Parti communiste pour Vigneux et les communes voisines et son engagement dans la résistance auprès des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges.
Des six membres de la famille JEUNON arrêtés le même jour pour le même motif, quatre trouvent la mort dans les camps de concentration, Jacqueline, son grand-père Claude JEUNON, sa grand-mère Marie-Madeleine NAUDIN-JEUNON, sa tante Éliane JEUNON-THOMAS. Son père Jacques JEUNON est fusillé le 17 décembre 1941 au Mont Valérien, son nom figure parmi les 1 007 martyrs sur la cloche du Mémorial. Seule sa mère, Reine BOISNIER-JEUNON, reviendra malade mais vivante de déportation.
Jacqueline JEUNON
Lire le récit de la déportation de Jacqueline, par son amie également déportée, Denise GINOLIN, députée.
Née le 1er février 1923 à Alfortville, fille de Jacques et Reine. Militante à l’Union des Jeunes Filles de France, elle commence sa vie active par la collecte de lait, d’argent, de vêtements pour les enfants des Républicains espagnols.
Sa formation de sténo-dactylo la conduit très vite, à l’exemple de toute sa famille, à une participation encore plus politique, et c’est elle qui tape des stencils et tire les tracts s’élevant contre l’arrestation des communistes en 1939, puis s’élevant contre la capitulation et le refus de l’occupation dès l’arrivée des premiers soldats allemands.
Le matériel préparé dans la maison familiale sera distribué dans tout le secteur Vigneux, Draveil, Ablon, Villeneuve-le-Roi et Villeneuve-St-Georges, y compris les cheminots et les ateliers des Chantiers de la Haute-Seine de la navigation.
Elle entre dans la Résistance Intérieure Française à partir du 1er novembre 1940 (date homologuée), puis entre au Front national en avril 1941.
Arrêtée à 17 ans, le 10 novembre 1941 dans les mêmes circonstances que les 5 autres membres de sa famille, elle est condamnée à mort, est déportée en janvier 1942. Refusant avec toute une équipe de jeunes filles de travailler à la fabrication d’éléments de communication militaires, sans jamais se soumettre, elle est mise au cachot et meurt d’épuisement à Oëls en Pologne, le 1er avril 1945.
- "Morte pour la France"
- Médaille militaire
- Croix de guerre avec palme
- Médaille de la Résistance
Photo Jacky Corbel
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12.06.2011
GERMAINE TRUGNAN, JEUNE COMMUNISTE, RESISTANTE, ASSASSINEE PAR LES NAZIS, TORTUREE PAR LA POLICE DE PETAIN
« Les camps de concentration sont un détail de l’histoire » - J M Le Pen
C’est bien avant le 22 juin 1941, jour où les troupes allemandes pénétrèrent en Union soviétique que de nombreux communistes, souvent très jeunes rentrèrent en résistance en France contrairement à une légende soigneusement entretenue qui ne data ce moment qu’après l’envahissement de l’URSS par les troupes hitlériennes.
Parmi ces jeunes beaucoup restent des anonymes. Ils contribuèrent pourtant largement par leurs actes et leur courage à la libération de la France. Parmi eux une jeune fille, dont la beauté et la flamme furent anéanties par la bestialité de la Police de Pétain, et la cruauté des Nazis :
- Germaine Trugnan
Un soir de mai 1941, trois inspecteurs se présentent au domicile des parents de Germaine Trugnan, alors âgée de 16 ans au 144 avenue Ledru-Rollin.
Le père est persuadé que c’est à cause de son activité syndicale qu’ils sont là. La mère se pose une interrogation identique. Mais c’est Germaine que les policiers viennent chercher.
Elle a été vue dans la journée en train de distribuer des tracts communistes : « Où sont ces tracts ? Nous voulons les voir ! ». Ils fouillent la maison de fond en comble sans rien trouver, alors qu’un paquet de tracts repose tranquillement sur le rebord de la fenêtre.
Germaine est emmenée à la préfecture de police. Interrogée, battue, torturée pendant une semaine, elle ne dit rien aux policiers français. Vexés par son mutisme, ils l’emprisonnent à Fresnes.
L’avocat communiste Michel Rolnikas la défend. Il est à son tour arrêté, est fusillé quelques jours plus tard.
Aucune charge ne peut être démontrée à l’encontre de Germaine qui trois mois plus tard est placée en résidence surveillée.
Avec ses parents, elle réussit à rejoindre la Zone Sud. La Gestapo la retrouve en avril 1944. Avec ses parents elle est déportée . Ils sont tous sauvagement assassinés à leur descente du train.
De la famille, seul son frère Roger, arrêté en 1943 avec un groupe de jeunes communistes menée par Henri Krasucki, futur secrétaire général de la CGT réchappera à la déportation au camp de Buchenwald.
D’après le livre d’Antoine Porcu, Héroïques publié par Geai bleu éditions
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| Tags : germaine trugnan, résistante, communiste |
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21.11.2010
HEROIQUES - LES FEMMES DANS LA RESISTANCE
Un ouvrage d’Antoine Porcu publié par Geai bleu éditions
Les femmes pendant la résistance tinrent un rôle considérable. Dans ce livre remarquable les biographie. d’une centaine d’entre elles portent témoignage.
Marie George Buffet, députée de la Seine St Denis, ancienne ministre en présentant cet ouvrage historique, dit : « Ce n’était pas une histoire d’hommes. Elles étaient femmes, pleinement ; résistantes, pleinement. Nous devons à ce qu’elles ont accompli d’être ce que nous sommes. Et cette révolte les emportait tout entières. De leur sceau, elles ont marqué ces grandes heures de notre histoire. »
Voilà l’histoire d’une d’entre elle, qui est rentrée avec les honneurs dans la grande histoire, notre histoire, notre bien commun.
Arlette Humbert-Laroche, résistante et poétesse (1915-1945)
Agent de liaison d'un groupe de résistance, elle fut arrêtée en janvier 43. Après plusieurs mois à Fresne, elle fut jugée à Berlin, emprisonnée à la prison de Jauer en Silésie. Lorsque les armées russes avancent, elle est conduite à Ravensbrück, Mathausen, et Bergen-Belsen où elle mourut.
Véritable mélomane, passionnée de musique et de poésie, Arlette écrit elle-même des poèmes qu’elle lit à ses amis lors des insouciantes soirées d’avant-guerre.
Son amour de l’art ne l’éloigne pas de la réalité sociale. Secrétaire dans un organisme aidant au placement des chômeurs, elle sait que les conquêtes sociales du Front populaire ne sont plus que souvenir.
De par son travail, elle est en contact avec les syndicats et les partis politiques de gauche. L’interdiction de la CGT et du PCF en 1939 la révolte. Elle ne coupe pas le contact avec les militants qui, pour beaucoup d’entre eux, sont déjà clandestins. Ce sont ces relations qui lui facilitent son engagement dans la résistance.
Son dévouement est total. Agent de liaison, elle va d’un centre de résistance à un autre. Lorsqu’elle a quelque répit, elle distribue des tracts à la volée aux portes des usines.
Un jour de janvier 1943, elle est arrêté par la Gestapo. Enfermée dans une cellule à Fresnes, le temps de subir quelques tortures, elle est ensuite déportée en Allemagne. Le train la conduit jusqu’à Berlin, puis elle est chargée dans un camion jusqu’à la forteresse de Jauer. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück, Mathausen et Belsen où elle trouve la mort.
Ses camarades ont conservé précieusement son dernier poème, inspiré des conditions de survie dans les camps de la mort :
On tue -
D’un bout de la terre à l’autre
On tue
On tue sur la mer-
La nuit ont peut voir
Dans l’énorme et l’indifférente sollitude
De l’eau
Les cadavres
Qui ont encore leurs dernières larmes
A leur face de linge
Tournée vers le ciel noir.
On tue aux courbes fleuries des fleuves,
On tue aux flancs chands des montagnes,
On tue dans les villes où le tocsin qui sonne
Crie la douleur des dômes saignants
Et des cathédrales éclatées.
Là depuis des sites, on a travaillé
Mais la terre est soudain devenue
Une éponge monstrueuse
Buvant la longue patience des hommes
Partout la peur, la nuit, la mort.
Pourtant le soleil est là.
Je l’ai vu ce matin
Jeune, fort, exigeant,
Il ruisselait sur les toits.
Il mordait au cœur des arbres,
Il empoignait la ville aux épaules
Et réclamait à la terre son réveil.
Il est là,
Il est au fond de toutes les choses
Et devant ce monde qui s’entrouvre, s’affaisse
Et se replie
Il y la mystérieuse et latente énergie
Qui refuse les ténèbres
Et ne veut pas que l’on tue.
Prison de Jauer, 1er juillet 1944
Texte Antoine Porcu, introduction Marie George Buffet, E-Mosaïque, poème Arlette Humbert-Laroche, photo UFF.
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13.11.2010
HOMMAGE A MANOUCHIAN
Le Parti communiste français et la Municipalité d’Evry ont rendu un vibrant hommage à Missak Manouchian né en 1906 assassiné en 1944 et qui participa activement à la résistance avec ses compagnons arrêtés à Evry le 16 novembre 1943.
Le samedi 13 novembre, de nombreux militants s’étaient donnés rendez-vous sur le lieu même où Missak avait été arrêté par la police française.
Christian Pigaglio, Président du groupe des élus communistes d’Evry, et Philippe Camo, conseiller régional, secrétaire fédéral du PCF de l’Essonne après le dépôt des gerbes ont rappelé la mémoire de Manouchian, et mis le parallèle avec cette période de résistance menée aujourd’hui pour défendre le droit des Roms et les acquis liés au programme du Conseil National de la Résistance comme celui de nos retraites et de la sécurité sociale.
L’HISTOIRE
Le tragique rendez-vous du 16 novembre 1943 à Évry Petit-Bourg Rien à signaler sur les divers fronts. Mais ce matin-là, sous un ciel lourd, aux environs immédiats de la gare d'Évry Petit-Bourg (Essonne), va se jouer un épisode dramatique du " front invisible " où s'affrontent, à armes inégales, les Francs-Tireurs et Partisans immigrés (FTP-MOI) et les Brigades Spéciales de la police française aux ordres de la Gestapo.
" Filé " à partir de son domicile parisien, Missak Manouchian devait rencontrer, sur les berges de la Seine, Joseph Epstein, responsable des Francs-Tireurs Français pour l'Ile-de-France. Ils seront capturés sur la rive gauche après avoir tenté d'échapper aux policiers en civil lancés à leurs trousses. Ainsi a pris fin l'une des plus grandes opérations de police contre la résistance, notamment la formation militaire des volontaires immigrés d'origines juive, italienne, espagnole, arménienne... dont les faits d'armes, dans la capitale même, furent autant de coups portés au prestige de l'occupant. Ce qui leur valut la colère de Berlin qui exigeait de mettre rapidement les "terroristes juifs et étrangers hors d'état de nuire".
Missak Manouchian tombera au Mont-Valérien, avec vingt-et-un de ses camarades, sous les balles de l'ennemi, le 19 février 1944. Également condamnée à mort, la jeune femme, Olga (Golda) Bancic, sera décapitée en Allemagne. Joseph Epstein et vingt-huit autres partisans français seront fusillés le 11 avril 1944.
Louis Aragon lui consacra un poème « l’affiche rouge » rappelant pour l’histoire le rôle essentiel de ces résistants venus de l’étranger qui moururent pour la France.
En donnant le nom de Missak Manouchian à un parc, à l'endroit même où eut lieu son arrestation, la Mairie d'Évry a ainsi créé un lieu de Mémoire et encore un lieu de Vie.
Hommage à Manouchian
envoyé par E-Mosaique. - La vie de famille à travers le monde en vidéo.
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| Tags : manouchian, affiche rouge, evry |
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12.08.2010
ZOHRA MEZIANE Une lavandière dans le poumon de Grigny 2
Quartiers. Les visages de l'engagement
Elle est l’unique salariée d’une petite laverie associative située au cœur d’un des plus grands quartiers populaires de l’Essonne. Un petit espace que Zohra anime chaleureusement pour rompre l’isolement des vieux, des femmes seules
et des plus précaires.
Son sourire lui mangerait le visage. Sa voix est forte, parfois ferme, toujours déterminée. Zohra Meziane est une femme de Grigny, une Marocaine native de Casablanca. Nous l’avons rencontrée au 64 bis, route de Corbeil, à la Source, laverie associative de la commune la plus jeune et la plus pauvre du département. Pendant l’entretien, des femmes passent, pas forcément pour apporter du linge à laver. Parfois, juste pour faire un petit coucou. «Je connais tout le monde ici !» dit-elle en agitant la main. Les machines à laver sont pleines. Les sèche-linge tambourinent. Dans les odeurs de lessive, Zohra raconte un itinéraire peu commun.
Des vies, on peut dire qu’elle en est à sa deuxième. La première se déroule au Maroc, dans un décor de firme pharmaceutique. «J’étais déléguée médicale. Je faisais la promotion des médicaments auprès des médecins, des cliniques, dans les petits patelins du Maroc.» Poussée par un père militaire engagé aux côtés de l’armée française, Zohra est une élève brillante et disciplinée. «J’allais dans les bibliothèques. Je travaillais beaucoup. Mon père me disait toujours : “ il faut travailler plus que les autres, tu dois gagner ton indépendance”.» La mère de Zohra, elle, s’engage aux côtés des Marocains qui réclament l’indépendance. «Ma mère était très belle. Elle allait dans les prisons en djellaba, se couvrait le visage et demandait à aller voir son frère. Dès que les soldats français la voyaient, ils la laissaient passer. Après, elle échangeait sa djellaba avec un prisonnier pour qu’il puisse s’évader.» Mais l’ambiance à la maison, avec ses sept frères et sœurs, est davantage militaire que révolutionnaire. En somme, «une éducation à la française»…
Zohra se passionne pour la physique, la chimie et les mathématiques. Elle est considérée comme un «excellent élément» et son père l’envoie en France passer son bac, et étudier à l’Institut universitaire de technologie et de chimie. Au bout d’un an, elle rentre et trouve immédiatement du travail comme déléguée médicale. Cinq ans à sillonner le Maroc pour le compte de Hoechst, groupe pharmaceutique allemand. Débauchée par Sanofi, elle poursuit sa carrière pendant dix ans, se spécialisant dans «le cardio-vasculaire». Elle fait du chiffre d’affaires et se révèle une communicante très douée. Les primes augmentent, la paye aussi. «Je travaillais comme une dingue en faisant du business… Mon père me poussait à battre les hommes qui ne me faisaient pas de cadeaux !» Un appartement dans le quartier chic des Palmiers à Marrakech, une Mercedes 300, des week-ends en France… Zohra vit bien. Jusqu’au jour où, comme elle le dit si pudiquement, « ma fille est tombée dans mon ventre».
Enceinte de six mois, elle rend visite à sa sœur au Havre. La fille de Zohra naît prématurée le 15 novembre 1998. À partir de là, tout bascule. La petite Inès arrive au monde avec de graves problèmes respiratoires. C’est le début d’une lente mue pour Zohra. «Les médecins m’ont dit qu’il fallait que j’aille vivre à la montagne avec ma fille. Je n’ai même pas prévenu mon patron. En 1999, j’étais licenciée. Je suis partie vivre à Saint-Laurent-du-Pont dans l’Isère, à 1 800 mètres d’altitude.» La vie s’écoule et au bout de quatre ans, Zohra décide de se rapprocher «des grands hôpitaux parisiens». En 2002, elle trouve une annonce, un appartement à louer à Grigny 2. L’arrivée avenue des Sablons est brutale. L’appartement fait 23 mètres carrés, infesté de punaises et de cafards. Zohra touche le RMI et s’adresse aux associations caritatives. «C’était dur, un peu humiliant pour moi.» Pour rembourser ses dettes et payer des soins médicaux à sa fille, Zohra vend son appartement marocain, sa voiture et même sa retraite. «Mais comme je ne suis pas une femme qui reste à la maison, j’ai commencé à faire du bénévolat. D’abord au Secours catholique puis à l’épicerie sociale, juste à côté d’ici.» Peu à peu, elle rencontre des habitants de Grigny et trouve une petite maison à louer au 51, rue Pierre-Brossolette, à deux pas de la Source, la laverie associative.
Ce sont deux éducatrices spécialisées qui lancent le projet en 2001, à partir d’un simple constat : beaucoup d’habitants de Grigny 2 et de la Grande Borne n’ont pas de machine à laver, beaucoup sont des primo-arrivants, des sans-papiers, des exilés, venus d’Afrique mais aussi d’autres banlieues parisiennes. «Les gens viennent dans cette ville car on leur dit qu’il y a des associations et des aides pour les étrangers. Il paraît aussi que la préfecture est moins dure qu’ailleurs.» En 2004, la laverie cherche une salariée. Zohra est toute désignée. Depuis, elle fait l’accueil, l’écoute, la comptabilité, le lavage et le repassage, épaulée par une dizaine de bénévoles. En tout, l’association possède plus d’une centaine d’adhérents, parvenant à toucher « e poumon de Grigny 2».
Au fond, la laverie est un beau prétexte. Pour créer du lien, prévenir, rompre l’exclusion, réorienter les personnes vers d’autres services. «Parfois, on a des hommes seuls, parfois alcooliques, qui viennent pour parler, vider leur sac. Il y a les vieux aussi qui ne savent pas remplir les papiers administratifs, les chômeurs qu’on aide à imprimer des CV… Je vois aussi des familles qui se partagent un seul appartement. Les enfants étouffent. Ici, on joue avec eux, on lit des histoires.» Une petite étagère abrite quelques jeux et livres usés. Un ordinateur, un peu daté, «qu’on aimerait changer», une imprimante qui tourne beaucoup, «il faudrait faire de l’alphabétisation»… Beaucoup de missions pour une association aux moyens modestes.
La deuxième vie de Zohra a commencé à Grigny. Définitivement, elle ne changerait pas un millimètre à sa vie. « J’ai été du côté de ceux qui poussent les gens à consommer, maintenant je suis du côté de ceux qui subissent la société de consommation. » La roue tourne, comme elle dit en haussant les épaules. Heureuse, fière même d’être «avec les gens». Maintenant, c’est son tour.
Ixchel Delaporte, l'Humanité
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08.05.2010
George Sand, à Palaiseau
Au moment même où un très beau téléfilm diffusé par France 3 relate une partie de la vie mouvementée d'un des plus important écrivain de notre pays, peu de personnes savent que George Sand a passé une partie importante de sa vie dans une ville de l'Essonne, Palaiseau.
RECIT
Sandeau, Musset, Chopin, Michel de Bourges et quelques autres, compagnons de route ou passants de nuit, les amours de George Sand n'ont plus de secret pour personne.
On connaît moins Alexandre Manceau, à qui Anne Chevereau consacre une biographie très documentée. Il occupa pourtant une place de choix dans sa vie, seize années durant.
Seize années ! Amour de la maturité : elle a quarante-cinq ans quand ils se rencontrent, il en a treize de moins.
Ce graveur de talent vient à Nohant invité par Maurice, le fils adoré, dont il est un ami. Petit, mince, le regard un peu triste, il n'a rien d'un séducteur, même si le visage fin frappe par sa sensibilité. Mais son charme doit être bien réel, puisque, très vite, son séjour à Nohant se transforme en résidence à demeure.
Il ne rentre à Paris que quelques mois plus tard, pour prendre son matériel de graveur, et installe son atelier non loin de la chambre de George. " Oui, je l'aime lui... je l'aime avec tout ce qu'il est et il y a un calme étonnant dans mon amour, malgré mon âge et le sien... je suis heureuse, je supporte tout, même son absence, moi qui n'ai jamais supporté cela... " confie Sand à Hetzel, portée par l'enthousiasme des débuts. Pourtant, cette fois, elle ne se trompe pas - et si elle fut moins spectaculaire que d'autres, sa relation avec Manceau fut peut-être la plus touchante. La plus proche aussi d'un équilibre que, faute de mieux, on pourrait appeler conjugal, avec ce que cela suppose de compagnonnage, de joies et de peines partagées, et de (quasi) fidélité.
Manceau fait très vite partie de la famille. Il participe aux soirées théâtrales, aux veillées, aux promenades dans la campagne berrichonne. Il se révèle indispensable. Non seulement il s'acquitte des tâches de secrétariat de Madame, gère l'intendance et les finances, mais en plus il paye son écot - ce qui ne s'est jamais vu ! Et surtout, il se consacre nuit et jour à sa dame qu'il entoure de mille soins, prévenant ses désirs, aplanissant tutes les difficultés matérielles, lui témoignant amour et respect avec un dévouement sans limites. " Elle ne peut s'asseoir sans qu'il surgisse des plumes, de l'encre bleue, du papier à cigarettes, du tabac turc et du papier à lettres rayé. Et elle en use... " Bref, homme rare, il remplit à ses côtés le rôle que tant de femmes tiennent près d'un artiste ! " Manceau toujours bon comme un ange et me soignant comme si j'en étais un... " s'émeut George.
Cette harmonie va durer quinze ans, tantôt à Nohant, tantôt à Paris rue Racine où ils ont chacun un appartement (décence oblige) dans le même immeuble, tantôt à Gargilesse où Manceau a acheté une petite maison.
Mais c'est compter sans Maurice... Sans doute n'a-t-il jamais bien accepté la liaison de sa mère avec son camarade. Ce faible aux brusques emportements met brutalement Manceau à la porte, sans en aviser sa mère et sans le moindre droit. Coup de théâtre : George Sand quittera elle aussi Nohant, sa maison - et son fils, pour suivre son compagnon.
Déchirement. Tentative de compromis. Départ. " Me voilà désormais seul avec elle, quelle responsabilité, aussi quel honneur, quelle joie ! " note Manceau dans l'Agenda qu'il tient avec Madame.
C'est à Palaiseau que le graveur a trouvé une maison. George est " dans le ravissement de tout, du pays, du petit jardin, de la vue, du mobilier... C'est un enchantement ". Une dizaine de pièces, deux étages, une campagne verdoyante : un petit Nohant à proximité de Paris où le couple va vivre un peu plus d'un an.
Il faut aujourd'hui une certaine imagination pour effacer les immeubles qui enserrent la Villa Sand, mais la maison, à l'exception de quelques agrandissements, a assez peu changé. Visites de proches, soirées tranquilles, escapades culturelles à Paris, " mangeaille très bonne " : la vie à Palaiseau serait douce sans le drame qui va y mettre fin. Manceau depuis des mois tousse, crache le sang. Sand espère. Puis mesure la gravité de l'état de Manceau qu'elle accompagne avec une tendresse sans faille jusqu'à la fin. " ... toi qui m'a tant aimée sois tranquille, ta part reste impérissable ", écrit la femme de soixante ans au soir de l'enterrement.
Elle reviendra par intermittence dans la maisonnette léguée par Manceau... à Maurice qui la vendra en 1869. Puis elle retrouvera Nohant, et son fils. La maison ne se visite pas.
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03.01.2010
Mme la marquise de Montespan, 1640-1707
Mme de Montespan avait pris pour résidence la ville d'Evry où elle reçu et se promena avec le roi, son amant, Louis XIV. Une rue de la ville porte son nom, une autre, celui de son fils, le duc d'Antin.
ses origines-le début de sa vie-sa liaison avec le roi-la fin de sa vie
Dame d'honneur de la reine, elle devint la favorite du roi Louis XIV en 1667. Elle fut compromise dans l'Affaire des poisons (1680). Après avoir été exilée par Louis XIV, elle se réfugia dans la château de Petit Bourg à Evry. Elle légua le château à son fils le duc d'Antin. Le château reçut la visite de Louis XIV, Louis XV et du tsar Pierre le Grand. En 1691 elle se retira dans un couvent.
Ses origines
C'est dans le village de Lussac-les-Châteaux, dans le département de la Vienne, que l'on trouve la trace des Rochechouart de Mortemart. Le père de Madame de Montespan se nommait Gabriel, duc de Mortemart. Il fût élevé avec le jeune Louis XIII et suivit fidèlement le roi dans toutes ses campagnes militaires où il fût récompensé par les plus hautes distinctions: premier gentilhomme de la chambre, chevalier du Saint Esprit, gouverneur et lieutenant général aux pays et évêchés de Metz, Toul et Verdun. En 1650, Louis XIV érigera le marquisat de Mortemart en duché.
La mère de la marquise se nommait Diane de Grandseigne. Elle était dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche. De cette union naquirent cinq enfants:
Gabrielle, marquise de Thianges, née en 1633.
Louis Victor de Rochechouart, né à Vivonne le 25 aout 1636, il fût l'un des enfants d'honneur et plus tard, ami du roi soleil.
Marie Madeleine Gabrielle abbesse de Fontevrault, née en 1645. Marie Christine entra au couvent et y mena une vie de macération et de prières.
Françoise, plus connue sous le nom de Madame de Montespan née à Lussac-les-chateaux le 5 octobre 1640.
Le début de sa vie
Madame de Montespan fût placée très jeune au couvent afin d'être préparée à sa future vie à la cour de France. A l'âge de 20 ans, elle fût conduite à Paris et admise à la cour sous le nom de demoiselle de Tonnay-Charente. Elle fût nommée demoiselle d'honneur de la reine Marie Thérese d'Autriche, épouse de Louis XIV.
De son mariage en 1663 avec Louis Henry de Pardaillon de Gondrain marquis de Montespan naîtra deux enfants. Une fille, Marie Christine, née en 1663 et décédée en 1675 et un garçon, Louis Antoine né en 1665, marquis puis duc d'Antin. Il mena une carrière des plus prestigieuse.
Montespan, au lieu de se morfondre en attendant sa femme qui s'amusait à la cour, se lança dans une carrière militaire. Il combattit les barbaresques à Alger et fit la campagne du Roussillon. Lorsque la liaison de sa femme avec le roi fût divulguée, il sema le scandale dans tout Paris.
Il fût alors enfermé à For-l' Evêque, pour avoir désapprouvé le choix du roi. Lorsqu'il sortit de prison, il prit le chemin de l'exil et les époux se séparèrent de corps et de biens le 11 juillet 1670. Sa liaison avec le roi Louis XIV Roi de France (1638-1715)
Sa liaison avec le roi
Sa rencontre avec Louis XIV fût des plus banale. Le roi était âgé de 28 ans et était très épris de la maîtresse royale en titre: Mademoiselle de La Vallière. Madame de Montespan dame d'honneur de la reine et, encore très prude, n'hésitait pas à jeter la pierre à la favorite ! Par son esprit taquin, caustique et bien souvent moqueur, elle agaçait le roi.
Vers 1666, la passion du roi pour sa favorite commença à s'affaiblir. Louise de la Vallière était d'une tendresse inouïe et aimait sincèrement Louis XIV. Mais avec le temps, le roi trouvait bien des attraits à la belle Montespan. Elle rayonnait de joie de vivre et était une beauté, selon les critères de l'époque. Il est vrai que la belle n'avait pas son pareil pour mener une discussion et son physique agrémentait encore mieux le charme qui émanait d'elle. Madame de Montespan, d'abord prudente, se rendit vite compte de la chance qui lui était offerte.
Pendant un temps, le roi eut trois femmes dans sa vie: la reine, la maîtresse en titre et Madame de Montespan. N'ayant pas le courage de chasser Louise de La Vallière qui lui avait donné quatre enfants (dont deux légitimés), le roi lui offrit le tabouret de duchesse, signe de son déclin, ultime distinction. La jeune femme, accablée de douleur, décida de quitter la cour et son souverain pour se rendre au couvent et y terminer sa vie en se consacrant à dieu.
Madame de Montespan se retrouva vite enceinte, mais l'enfant mourut obscurément en 1672 sans avoir été légitimé. Un second fils naîtra en 1670 : Louis Auguste, futur duc du Maine.
Cinq autres enfants naîtront de ses amours royales :
Louis César (1672-1683) comte de Vexin, abbé de Saint Germain des Prés et déclaré prince de Bourbon.
Louise Françoise (1673-1743) demoiselle de Nantes.
Louise Marie Anne (1674-1681) demoiselle de Tours et princesse de Bourbon.
Françoise Marie (1677-1749) demoiselle de Blois, duchesse d'Orléans.
Louis Alexandre (1678-1731) comte de Toulouse, déclaré prince de sang en 1714.
Pour élever les enfants, d'abord dans la discrétion la plus totale puis ouvertement suite à la légitimation, il fût choisi la veuve du poète Scarron, une petite femme vêtue de gris à l'aspect austère : Françoise d'Aubigné, la future Madame de Maintenon qui détrônera quelques années plus tard la marquise de Montespan.
La faveur de Madame de Montespan dura près de 10 ans. Pendant cette période, elle protégea la Fontaine, Molière et Quinault et donna au roi l'idée de faire écrire son histoire par Racine et Boileau. Mais Louis XIV, en digne petit fils d'henry IV surnommé "le vert galant", commença à se lasser et porta un peu plus d'intérêt à la gouvernante de ses enfants.
Une fois de plus, le roi se trouva pris au piège de ses sens, trois femmes partageaient sa vie. Madame de Montespan dont le déclin approchait, Madame Scarron qui n'allait pas tarder à devenir Madame de Maintenon et une toute jeune fille de 20 ans, Marie Angélique de Scoraille de Roussille, Demoiselle de Fontanges.
Le roi en était fou. C'était une protégée de Madame de Montespan qui avait cru pouvoir retenir le roi en lui présentant une jeune oie blanche. Mais elle s'était laissée prendre à son propre piège. Mademoiselle de Fontanges se retrouva vite enceinte mais accoucha prématurément d'un petit garçon qui ne survécu pas. Suite à cette épreuve douloureuse la belle fût prise d'un mal lent qui l'affaiblissait de jour en jour et elle mourut à l'âge 20 ans.
C'est cet incident qui déclencha l'affaire des poisons et les soupçons se portèrent rapidement sur Madame de Montespan. Aurait elle fait empoisonner la jeune femme ?
A cette époque, à Paris de nombreuses femmes accusées de sorcellerie étaient arrêtées et brûlées sur le bûcher. La fille de l'une d'elles déclara avoir assisté à plusieurs reprises à des cérémonies que sa mère aurait célébré en compagnie de dames de la cour. Le nom de Mademoiselle des Oeillets, dame de compagnie de Madame de Montespan fût cité, mais du fait de son rang, de la protection de Colbert et de l'attachement que le roi lui portait, elle ne fût pas inquiétée.
Néanmoins, cet événement sera la cause du déclin de la marquise. Le roi la délaissa pour trouver paix et tranquillité de l'âme auprès de l'austère Madame de Maintenon. En 1691, il décida d'éloigner la marquise de leur progéniture, rompant le dernier lien qui reliait Madame de Montespan à la cour.
La fin de sa vie
Par dépit, la marquise fit prévenir le roi qu'elle abandonnait la vie de cour pour se consacrer à Dieu et au salut de son âme. Aux abords de la soixantaine, la marquise avait perdu l'éclat de cette beauté qui avait tant soulevé l'admiration de ses contemporains. Sa gourmandise, son féroce appétit et ses maternités répétées avaient considérablement alourdi sa taille! Cette femme jadis si sensuelle, ne connut plus que les privations de toutes sortes.
Elle fuyait la mort en voyageant sans cesse, son appartement restant éclairé pendant la nuit, et exigeant de ses servantes qu'elles la veillent assidûment pour qu'elle ne se trouve jamais seule.
C'est lors d'un séjour au mois de mai 1707 à Bourbon-l'Archambault, que Madame de Montespan ressentit les premiers malaises. S'étant fait saigner, elle eu un transport de cerveau. Une servante lui donna alors de une mixture qui aggrava son état et Madame de Montespan rendit l'âme quelques jours plus tard, le 28 mai 1707 à l'âge de 66 ans.
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