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12/07/2017

Banlieues : le maire de Grigny dénonce le silence d'Emmanuel Macron et de son gouvernement

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Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 6 juillet 2017 à 10:02

La banlieue n'a été évoquée cette semaine ni par le président Macron ni par son Premier ministre. Pour Philippe Rio, le maire PC de Grigny (Essonne), c'est inacceptable. Il vient d'écrire au chef de l'Etat pour lui dire que les quartiers populaires ont besoin d'actes forts et d'aides financières.

Le maire communiste de Grigny, Philippe Rio est déçu, inquiet et en colère. Il a bien écouté les discours du président Macron lundi et celui de son Premier ministre Edouard Philippe mardi. Et il a constaté que ni l'un ni l'autre n'avaient parlé de la banlieue, ces quartiers populaires où vivent cinq millions d'habitants. C'est ce qui l'a poussé à écrire au chef de l'Etat.

 

"La pauvreté à perpète on en a marre", dit Philippe Rio. "On en a marre de refaire de la pédagogie, de rapport en rapport, tout le monde connait la situation. Donc soit on résout le problème dans ce pays et on dit la République elle est partout et il n'y a pas d'apartheid territorial et social, soit on fait le choix politique de ne pas résoudre ce problème". Pour le maire l'enjeu c'est de faire de ce territoire, où il n'y a que 25% des gamins qui vont au Bac contre 80% à l'échelle nationale, se raccroche à la République. Pour cela, il faut des moyens, dit-il et "ça nous coûtera beaucoup moins cher financièrement que collectivement, politiquement et judiciairement".

Les quartiers populaires ont besoin d'actes forts

Grigny est le parfait exemple d'une ville populaire qui manque de moyens. Le maire rappelle que sa ville est l'une des communes les plus pauvres mais aussi les plus jeunes de France. Comment faire face, dit-il, par exemple à la surcharge scolaire de sa ville. Grigny scolarise deux fois plus d'enfants qu'une ville de la même taille. Le maire souhaiterait que cette réalité soit prise en compte dans le calcul des dotations de l'Etat aux collectivités locales. Il demande que ces dotations soient réévaluées de 10% chaque année durant cinq ans pour Grigny.

L'apartheid social, ça suffit

A Grigny, l'apartheid social dure depuis plus de 40 ans. Il faut que cela cesse estime le maire, Philippe Rio. Le revenu fiscal moyen de la ville est de 10.000 euros par ménage. Comment faire face, se demande le maire qui exige que les disparités soient compensées. "Il en va de l'un des principes de notre République : l'égalité", explique Philippe Rio qui envisage se saisir la cour européenne des droits de l'homme s'il n'est pas entendu rapidement.

03/07/2017

Avec Valérie Pécresse, le Passe Navigo fait des vagues

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Gérald Rossi, Humanite.fr

Le protocole signé entre la Région Île-de-France et le Premier ministre, qui prévoit une hausse de 3 euros de l’abonnement mensuel, organise aussi une augmentation du Versement transport (VT) des entreprises, principalement dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Les ressources des tous les départements franciliens sont par ailleurs bridées, au profit de la région. Un accord piégé. Après avoir menacé il y a quelques jours, d’augmenter jusqu’à 15 euros pas mois le passe Navigo, permettant de se déplacer sans limitation dans toute l’Île-de-France, la présidente de la région et du Stif a revu ses prix à la baisse après la signature d’un accord entre sa collectivité et l’Etat.

La hausse payée par l’usager ne sera que de 3 euros. Ce qui fait quand même 4,3% de progression. Mais le protocole signé par madame Pécresse et monsieur Valls contient d’autres mauvaises nouvelles qui ont déclenché la colère de nombreuses collectivités.

Le Versement transport (VT) acquitté par les entreprises devra augmenter de 0,1% au premier janvier 2017. Mais sous couvert d’harmonisation, la hausse sera beaucoup plus importante dans les deux départements les moins bien florissants économiquement parlant, la Seine Saint-Denis et le Val-de-Marne, par comparaison avec Paris ou les Hauts-de-Seine... Et pourtant, le taux du VT y sera relevé de 0,21 % dès janvier, pour arriver à 0,94% dans les prochaines années.

« La contribution sera trois fois plus importante à Créteil ou Bobigny qu’elle ne le sera sur les Champs Elysées et à la Défense » a ainsi dénoncé le sénateur communiste Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne. Et ce n’est pas tout.

Afin d’accorder les financements réclamés à la région, l’accord prévoit de capter la part dynamique de la CVAE, taxe payée par les entreprises qui a succédé à la taxe professionnelle, et qui est désormais perçue par les départements. Lesquels en conserveront le bénéfice figé sur 2016. Les sommes au-delà n’iront plus dans les caisses départementales mais dans celles de la région qui en attend 30 millions dès 2017 et près de 100 millions sous trois ans. Christian Favier dénonce cette « ponction sévère », tout comme son collègue Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis qui dénonce une « triple peine » frappant habitants et entreprises de son département.

Colère aussi chez les élus de droite des départements de la grande couronne parisienne (Val d’Oise, Yvelines, Seine et Marne, Essonne) qui déplorent la perte organisée de « 13 millions d’euros ». Christian Favier regrette aussi qu’Etat et Région « se sont mis d’accord sur le financement du prolongement du RER E à l’Ouest, sans apporter aucun financement pour le prolongement à l’est ni aucun financement de la gare  de Bry-Villiers-Champigny, indispensable pour le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne ».

Les élus Front de Gauche au Stif ont une nouvelle fois mardi soir dénoncé ce pacte fait « sur le dos des usagers et de l’est parisien ».

Ils rappellent aussi leur proposition d’augmentation du VT « uniquement dans des zones très favorisées en terme de développement économique, notamment celles du centre et de l’ouest de Paris ainsi que dans la partie le plus dense en terme d’emplois des Hauts de Seine », explique Pierre Garzon, également conseiller départemental de Villejuif.

« Les 200 millions que doit produire le Versement transports, ajoutés à la CVAE dans trois ans et aux 100 millions de la hausse pour les usagers totalisent environ 500 millions d’euros » explique Jacques Baudrier, conseiller communiste de Paris et administrateur du Stif. « C’est la somme que nous préconisions pour améliorer la situation des transports dans la région, mais avec une toute autre répartition » ajoute-t-il.

Pour le Front de gauche en effet, il n’était pas question de modifier le tarif des 70 euros, que Valérie Pécresse, pendant sa campagne électorale, avait dit d’ailleurs ne pas toucher... Mais pour lui, outre la modulation du VT, il importerait de ramener à 5,5% la TVA sur les transports, qui est désormais de 10%. « Mais la messe n’est pas dite » souligne Jacques Baudrier  « et lors du conseil d’administration du 13 juillet nous nous ferons entendre, notamment avec nos amendements ».

02/07/2017

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