07.01.2010
Trois jours avant le lancement du grand meeting du Front de gauche, Marie-George Buffet a dialogué avec les metronautes.
Nous, la diversité, on la pratique"
Bonjour à tous, Tétine : Comment réagissez vous à la mort de Philippe Séguin ?
D'abord, même si nous ne partagions pas les mêmes idées politiques, j’aimerais dire mon respect pour le travail du président de la Cour des comptes et peut être évoquer l'amoureux du foot qu'était Philippe Seguin.
Georg7 : Avez-vous lu les confessions de Lionel Jospin ? Qu'en pensez-vous ?
Non, pas encore.
Tétine : Jospin a fustigé Sarkozy et son gouvernement dans une interview au Monde, qu'en pensez-vous ?
Je crois qu'il y a de nombreuses raisons de fustiger Nicolas Sarkozy et son gouvernement. D'abord sur le plan social avec de multiples attaques contre les services publics et la protection sociale, ensuite par rapport au recul des libertés, atteintes aux droits syndicaux, mise en laisse des collectivités territoriales et poursuite des politiques libérales au plan européen. Le gouvernement de Lionel Jospin, auquel j'ai participé n'a certes pas été au bout des réformes nécessaires et a lui-même engagé des privatisations, ce qui explique d'ailleurs qu'il ait été durement sanctionné en 2002. Mais vraiment, la droite au pouvoir aujourd'hui est particulièrement régressive au plan social, au plan des valeurs et je crois qu'il est nécessaire que la gauche tire les enseignements, reconstruise un projet apte à dépasser les logiques libérales et celles du système capitaliste lui-même pour créer une dynamique populaire. C'est à quoi nous voulons travailler avec le Front de Gauche.
Catherine_deneuve : Fidel Castro, selon vous, dictateur ou grand homme d'Etat?
Fidel Castro c'est d'abord l'homme qui a libéré le peuple cubain de l'occupation, qui face au blocus américain a oeuvré au développement de ce pays et a développé, malgré les difficultés, le soutien aux pays en voie de développement. Cet internationalisme se poursuit encore puisque Cuba procure une aide en médecins, en ingénieurs à plusieurs pays progressistes d'Amérique latine. Mais j'ai déjà eu l'occasion d'en débattre avec nos camarades du PCC, la nouvelle étape de la révolution cubaine se conjuguera avec un véritable essor de la démocratie.
Si nous voulons battre la droite, il faut une gauche audacieuse, visant le dépassement du Libéralisme.
Jean : Qu'est-ce qu'être communiste aujourd'hui en France ?
Avant tout refuser les inégalités sociales, construire un monde de partage, de mise en commun, par exemple en promotionnant une autre utilisation de l'argent pour un développement social et écologique qui pourrait passer, notamment par la nationalisation des banques, pour une nouvelle politique du crédit, sur critères sociaux et écologiques, la création de fonds régionaux pour l'emploi et la formation. Deuxièmement une maîtrise sociale des marchés avec de nouveaux droits pour les salariés dans la gestion des entreprises publiques et privées, la reconquête et la création de grands services publics concernant toutes les activités portant intérêt général : éducation, santé, information, énergie, transport, logement.
Au plan international, la mise en place d'une nouvelle monnaie commune, une organisation mondiale du commerce non plus basée sur la concurrence mais sur la coopération et le développement régional, l'arrêt du pillage des terres et le développement d'une sécurité et d'une indépendance alimentaire dans les grandes régions de la planète. Enfin, c'est oeuvrer pour le désarmement nucléaire et pour la paix.
Lina : Je n'arrive pas à croire qu'il y ait encore des gens pour croire dans le communisme, le trotskisme etc. Ce sont des beaux rêves qui n'ont pas fonctionné et n'ont donné que mort et corruption. Comment vous faites, vous, pour espérer encore?
Il est vrai que ce qui s'est passé dans les pays dits socialistes a abouti à l'échec parce que l'absence de démocratie a, non seulement provoqué des souffrances humaines, mais empêché ces régimes de construire des réponses économiques et sociales répondant non seulement aux aspirations des peuples mais également aux enjeux du 20ème siècle. Mais face aux dégâts du système capitaliste, à ses échecs pour répondre à des questions comme le développement durable, la famine, la pauvreté, l'exploitation, j'espère que nous serons capables de construire avec les citoyennes et les citoyens, par leurs interventions, une société nouvelle débarrassée de toutes les formes de domination et d'exploitation. Il n'y aura pas de grand soir, mais toute une série de combats et de réformes peuvent permettre de construire des lendemains qui chantent.
Adjico : Où pourrait-on voir des marges de progression possible pour le Front de Gauche depuis les Européennes ? Finalement, il n'y a rien de nouveau. Comment alors espérer améliorer ses résultats?
D'abord, je crois que le Front de Gauche est apparu comme un espoir lors des Européennes. Lors des Régionales, d'autres forces vont venir se rajouter, ainsi que des personnalités du mouvement social. Je crois que, si nous donnons à voir que notre objectif est bien de vitaminer la Gauche dans son projet, dans sa démarche pour la faire gagner demain dans les régions et après-demain au niveau du pays, nous allons rassembler et progresser, du moins je l'espère, car il faut que la Gauche se réveille face à la droite et pour cela il faut donner à voir des propositions audacieuses et donner à ceux et celles qui luttent la possibilité de devenir demain des conseillers régionaux.
Loic : Pouvez-vous nous donner 3 ou 4 idées principales que le Front de gauche va défendre pendant la campagne électorale.
Bien sûr. D'abord, la mise en place de fonds régionaux pour l'emploi et la formation qui, sur critères sociaux et écologiques, contribueraient à la relance industrielle. Deuxièmement, la mise en place d'assemblées démocratiques permettant l'élaboration participative des budgets et des grandes mesures prises par la Région. Troisièmement la mise en place d'un observatoire régional contre les violences faites aux femmes. Quatrièmement, la création d'un grand service public régional de l'accueil d'information orientation, la mise en place de délégations publiques régionales pour les transports s'inscrivant dans l'objectif de la création d'un pôle public national des transports. Cinquièmement, le soutien à la médecine de proximité (CMS, Maisons médicales) et bien d'autres que nous ferons connaître prochainement et notamment dimanche lors du premier Meeting du Front de Gauche à 14h au Palais des Congrès.
Viviane : Quelle est la stratégie du Front de gauche pour les régionales ? Quelles sont ses ambitions ?
Le Front de Gauche a pour objectif de rassembler tous ceux et celles qui veulent que ça bouge a gauche, le score réalisé par ce Front au premier tour pèsera dans le comportement de l'ensemble de la gauche. Au deuxième tour, nous agirons pour le rassemblement de toute la gauche et nos élus, durant tout le mandat, agiront pour faire avancer nos propositions dans le cadre de la majorité de gauche.
Lenine : Bonjour. Je suis un militant du NPA, intéressé par la campagne du Front de Gauche. Mais, franchement, Pierre Laurent en tête de liste en Ile de France, ce n'est pas sérieux, c'est auto-centré autour du PCF, ça stérilise la possibilité d'une alternative, et ça va faire que je ne voterais pas !
Le Front de gauche, ce sont des têtes de liste régionales, Pierre Laurent en Ile de France, René Revol ou Elisa Martin ou Monsieur Boulanger en Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon ou Aquitaine, Christian Piquet, GU, en Midi Pyrénées.
Nous, la diversité, on la pratique, on sait s'ouvrir. Bienvenue à ceux qui veulent nous rejoindre.
Nino : Jean-Luc Mélenchon est-il un atout ou un peu trop incontrôlable à votre goût ?
Je n'ai jamais cru à l'homme ou a la femme providentiel, le Front de Gauche ne dépend ni de JLM ni de MGB. Il se construira, se développera avec l'ensemble des militants et des militantes qui le composent.
Donovan : Etes-vous déçue par Robert Hue, qui fait alliance avec le PS dès le 1er tour en IDF?
Je ne crois pas que ce soit le bon chemin. Si nous voulons battre la droite, il faut une gauche audacieuse, visant le dépassement du Libéralisme. Aujourd'hui le parti socialiste porte une politique sociale libérale qui s'illustre dans ses appels au Modem. Le meilleur moyen de faire bouger ce parti ce n'est pas d'accompagner cette dérive, mais c'est au contraire de montrer qu'un autre chemin est possible à gauche.C'est ce que propose le Front de Gauche.
A : Y aura-t-il un front de gauche après les régionales?
Nous avons décidé, d'un commun accord PCF, PG, GU de ne jamais ficeler le Front à tout jamais. Après les Européennes, nous avons tiré les enseignements et nous nous sommes donné un nouvel objectif : poursuivre le Front et l'élargir. Le 21 mars, je souhaite que nous ayons la même démarche, tirer tous les enseignements, mesurer l'utilité du Front pour la population, son efficacité pour faire bouger la gauche et battre la droite, et nous verrons alors comment poursuivre.
Alain : Une alliance avec le PS est-elle envisageable ?
Au deuxième tour des élections, le Front de gauche se rassemblera avec les autres forces de gauche pour battre la droite et créer les conditions d'une majorité de gauche dans les régions.
Jean-Jacques : Pour vous,que signifie être Français ? Et que pensez-vous du débat sur l'identité nationale ?
Je crois qu'il faut arrêter ce débat. On a vu qu'il avait provoqué des réactions xénophobes et racistes, y compris de la part de représentants de la République. La République, ce sont des valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité. Débattons des droits des hommes et des femmes qui vivent et travaillent sur notre sol au regard de ces valeurs. La Nation, ce n'est pas un décret qui décide de ceux et de celles qui la composent. La Nation, notre Nation s'est constituée au fil des temps par de grands mouvements populaires, des révolutions, le suffrage universel, des mouvements sociaux, des règles constitutionnelles. Elle a bougé et elle bougera encore. Donc, débattons de ce qui peut rassembler les hommes et les femmes, leurs aspirations communes.
Pour terminer, je dis : Alerte, Alerte. Nous devrions être des milliers dans la rue pour dire Halte au Racisme, Halte a la xénophobie !
Lolo : Quelle est votre plus grande satisfaction et déception depuis votre entrée en politique ? Et que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
Ma déception c'est peut-être le fait, pour l'instant que nous n'ayons pas pu faire en sorte qu'en France, ce pays de la Révolution, s'installe un changement progressiste, profond, durable.
Ma plus grande satisfaction, c'est que depuis mon engagement au PCF en 1969, j'ai appris beaucoup des centaines de milliers d'hommes et de femmes que j'ai rencontrés et du fait que cet engagement m'a permis, en tant qu'élu et en tant que ministre, de servir ces hommes et ces femmes.
En 2010, de beaux résultats pour le Front de Gauche et un parti communiste en pleine forme. Pour moi un peu plus de temps. Merci pour toutes vos questions. Au revoir.
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15.12.2009
Accessibilité et insertion
Favoriser le développement de nouvelles pratiques
Entretien pour le Journal du Parlement avec Christian PIGAGLIO, conseiller communautaire communiste, délégué pour le Handicap à la Communauté d'Agglomération d'Evry Centre.
« Constitue un handicap, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société… ». Les toutes premières lignes de la loi du 11 février 2005 rappellent les droits fondamentaux des personnes handicapées, notamment en termes d’accessibilité et d’insertion.
Quels sont les principaux axes, ciblés par votre action au sein de la Communauté l’Agglomération ?
Ma démarche vise essentiellement à insister sur les droits des personnes handicapées et sur ce qu’elles subissent au quotidien. Parallèlement aux droits à des ressources et à des compensations, il est important de leur garantir un accès facilité à la scolarité, à l’emploi mais également à tout ce qui a trait à la citoyenneté et à la participation à la vie sociale.
A travers la loi de 2005, le principe d'accessibilité pour tous, quel que soit le handicap, est réaffirmé. Ses critères et les délais de mise en conformité sont précisément redéfinis.
Comme de nombreuses agglomérations, nous avons malheureusement pris du retard sur l'application de ces textes.
Si les établissements existants recevant du public et les transports collectifs ont encore quelques années pour se mettre en conformité avec la loi, tous les travaux réalisés sur notre territoire aujourd’hui tiennent compte de ces impératifs. Désormais, les nouvelles structures édifiées sont en conformité avec les normes imposées par la loi et, au sein de chaque rénovation ces mesures sont prises en compte.
Nous menons une véritable politique en la matière. La personne souffrant d’un handicap physique, sensoriel ou mental, ne doit pas souffrir de marginalisation et pour ce faire, nous avons entamé un important travail de diagnostic. Cette analyse a pour finalité de mieux les besoins existants et les aspirations des personnes concernées.
Au-delà de l'aspect réglementaire, quelles sont vos autres ambitions ?
J’aimerais pouvoir « construire » un lieu de réflexion et de propositions, au sein duquel pourrait se nouer un dialogue de fond sur ce problème. Il est fondamental, si nous voulons avancer sur ce sujet, de s'interroger véritablement sur le handicap et sur ses conséquences aux niveaux professionnel, social et culturel.
Le handicap s'inscrit dans le cadre des compétences de la Communauté d'Agglomération et de fait, une action transversale à toutes les délégations doit s’instaurer. Elle doit pouvoir s’insérer dans tous les domaines : de l'emploi jusqu'au logement des bailleurs sociaux, en passant par l'aménagement urbain.
Dans le prolongement, j’ai d’autres souhaits à exprimer. Le premier tend à modifier notre mode de pensée : l’accessibilité n’est pas synonyme de charges nouvelles !
Il est bon de rappeler qu’à chaque fois qu’une initiative est amorcée, que ce soit niveau poste de travail ou de la construction d'équipement, elle est profitable à l’ensemble de la collectivité. Améliorer la qualité d'un logement, optimiser la sécurité enfantine… ne sont pas des « obligations » mais plutôt une philosophie du mieux vivre.
Le second point est une action de sensibilisation. Le handicap ne peut s’apparenter qu’au seul fauteuil roulant. Je suis frappé par l'oubli qui concerne les handicaps visuels, auditifs et moteurs, voire les maladies et les troubles liés au vieillissement.
Notre mission est d’aller plus loin et notre approche doit être globale. Il est bon en effet que les bus et leurs arrêts soient équipés de rampe d'accès et de panneaux d'affichage pour les malentendants et les aveugles. Mais en réalité, le principe d’accessibilité ne peut s’avérer efficace sans s’étendre à toute la ville, sans éliminer tout ce qui peut être un obstacle.
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24.10.2009
Construire avec les Franciliens.
Par Bruno Piriou, vice-président du Conseil général de l’Essonne
La justification de listes autonomes du Parti socialiste aux élections régionales en Île-de-France se mesure à notre capacité à porter un projet politique tout à la fois crédible et plus ambitieux en termes d’emploi et de formation, de logement, de transports, d’aménagement et de développement durable, de culture et de démocratie. Nous ne partons pas de rien. Tout au long de cette mandature, le citoyen élu départemental que je suis a pu apprécier les initiatives politiques associant les différents acteurs franciliens sur l’ensemble de ces sujets. Ce fut le cas encore cette semaine avec la rencontre sur l’avenir de la métropole et de la région Île-de-France.
Les défis devant nous appellent pourtant de nouveaux rapports de forces et des idées encore plus audacieuses. La détermination de Nicolas Sarkozy à mener à son terme le Grand Paris, la réforme territoriale, la suppression de la taxe professionnelle annoncent une région parisienne plus inégalitaire, plus concurrentielle entre les territoires, plus abandonnée aux appétits privés dans tous les domaines logement, transport, santé, culture, éducation.
Bien au contraire, les Franciliens espèrent plus de services publics, de gratuité, de soutien à la réussite des projets de la jeunesse, de coopération entre université, recherche et entreprise, de cohérence territoriale. Pour porter un tel projet émancipateur en Île-de-France, ne négligeons aucune force, aucune association disponible pour se rassembler : Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire, NPA avec son engagement d’être prêt à l’exercice du pouvoir avec le Parti socialiste et les Verts, la fédération, toutes associations de quartiers, de jeunesse, d’usagers, syndicats, réseaux et bien au-delà encore, jusqu’aux citoyens eux-mêmes. La radicalité pour mieux vivre ensemble en Île-de-France est à trouver dans l’expression de l’usager du RER C ou D, des jeunes en quête d’emploi ou de formation, des familles qui connaissent la cohabitation forcée dans des logements étroits, des artistes sans moyens de création ou de diffusion.
Le fond et la force du projet de notre liste de gauche à construire ne se situent pas d’abord dans le choix de la tête de liste mais dans la détermination à le construire au grand jour par département et par grande question sociale. Les milliers d’élus communistes et républicains de notre région, les dizaines de milliers de militants encartés ou pas, qui, pour une raison ou une autre, de la recherche aux transports en passant par le Pôle emploi, l’environnement ou les transports, ont manifesté ces six dernières années, espèrent un débouché politique à plus de 10 % à l’occasion de ces échéances régionales.
L’utilité communiste passe avant tout dans sa capacité à porter la démocratie, en dynamisant les moments de rencontres, d’écoutes, d’échanges, de construction des idées et des propositions, en prenant notre part à la structuration des listes les plus ouvertes possibles. Si le temps perdu ne se rattrape plus, les cinq mois devant nous peuvent être efficacement utilisés à cette effervescence citoyenne.
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19.10.2009
Face à l’urgence, vive l’écologie planifiée !
Par Gabriel Amard, président (PG) de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne (*).
Quel plaisir, ces derniers mois, de voir que l’écologie est devenue un sujet d’intérêt pour les grands de ce monde. Je ne saurais jamais assez me féliciter de cet élan en faveur de notre patrimoine commun : l’environnement. L’élu que je suis, pleinement investi sur ces dossiers au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, se dit que, enfin, les efforts que nous avons menés pour restaurer le cadre de vie des habitants de Grigny et Viry- Châtillon depuis quinze ans rejoignent une dynamique générale… Oui, je fais de l’ironie. Et ce n’est pas la récente journée consacrée au climat par l’ONU qui va me réchauffer le coeur : elle a accouché d’une souris en termes de lutte contre le réchauffement climatique. La préparation du sommet de Copenhague me laisse aussi dubitatif. Malgré les engagements du président Obama, les États-Unis ne seront pas prêts à franchir un pas significatif à cette occasion. Pendant ce temps-là, partout en France, les démarches d’Agenda 21 s’amplifient pour élaborer un diagnostic partagé et préparer des solutions pour demain… Quand le gouvernement s’acharne à culpabiliser les citoyens en leur imposant une taxe carbone, les collectivités travaillent à bâtir des solutions à partir de leur territoire et en intégrant de manière positive les citoyens dans leur mise en oeuvre. Deux visions de l’action publique en matière d’écologie s’opposent, je voulais le rappeler.
Cela dit, je considère qu’il faut aller maintenant au-delà de la démarche Agenda 21. Le diagnostic s’impose aujourd’hui à tout le monde, de l’habitant de la Grande-Borne au premier ministre chinois. Et pour cause, chacun le vit au jour le jour : réchauffement climatique, disparition des espèces animales et végétales, hausse du niveau des mers, accroissement des émissions de gaz à effet de serre, pollution galopante… Autant de conséquences d’un système – le capitalisme – qui, comme le disait Marx, épuise autant la terre que le travailleur. Oui, l’urgence est là ! Au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, nous avons décidé d’assumer notre part dans le combat en faveur d’un environnement restauré, qui réponde tant à des préoccupations écologiques que sociales. Nous ne devons pas nous cacher derrière l’enjeu planétaire pour ne rien faire. Et nous pensons que nous ne devons pas attendre les hypothétiques décrets d’application des deux « Grenelle de l’environnement » pour agir. Dès 1997, nous avons mis sur la table les moyens pour restaurer les lacs de Grigny et Viry-Châtillon, cent hectares de surface à dépolluer, à aménager, où nous avons recréé des zones humides… Le résultat a été marqué par l’arrivée d’espèces d’oiseaux protégées tels le martin-pêcheur et la sterne pierregarin.
Mais cela ne suffisait pas, à notre sens. Nous avons voulu améliorer l’efficacité de l’action publique en termes d’environnement. Dès avril 2008, nous avons décidé de passer la vitesse supérieure en instaurant la planification écologique : prévoir les objectifs, anticiper les besoins, décider des moyens, assumer les échéances les unes après les autres. Et je veux pouvoir dire ici que cette méthode fonctionne. Cette année, nous avons cessé d’utiliser les produits phytosanitaires, pesticides, herbicides en engrais et nous avons choisi le recours à des méthodes alternatives de désherbage. Nous introduisons aussi la gestion différenciée des espaces verts. Résultat : l’orchidée sauvage fait son apparition chez nous. C’est un bel indicateur sur la capacité à enrayer, sur un territoire, la catastrophe qui s’avance. La planification écologique, c’est notre manière de contribuer au dépassement du capitalisme par une action concrète que je pourrais résumer aussi par « l’écologie par la preuve ». Preuve que c’est possible, au quotidien, de transformer l’environnement sur un territoire, de changer de pratiques sans pour autant que le service public que nous mettons en oeuvre ne perde de son efficacité au service de tous les citoyens. (*) La communauté regroupe les deux communes de Grigny et Viry-Châtillon.
Tribune publiée dans l'Humanité
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05.09.2009
LA FIN DE L'ESSONNE ET D'EVRY ?
Le coup de ciseaux dans la carte de France prévu par le projet gouvernemental risque de mettre à mal l’organisation institutionnelle de nos territoires.
La modernité a parfois bon dos. Depuis plus de deux ans, Nicolas Sarkozy ne cesse de vilipender l’organisation de notre territoire en communes, départements, régions. Ce « mille feuille institutionnel » serait inefficace pour répondre aux besoins des Français. À ses yeux, la nécessaire « modernisation » de nos institutions s’impose ! Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a rendu public « un avant-projet de loi relatif aux collectivités territoriales ». Celui-ci conduirait, en l’état et à terme, à un véritable bouleversement de l’organisation institutionnelle de nos territoires, remettant en cause ce qui fait l’originalité de notre pays, fruit de notre histoire et des luttes du peuple français, c’est-à-dire, pour l’essentiel, la démocratie locale de proximité, avec pour corollaire, l’éloignement du citoyen des lieux de décision. Contre l’avis maintes fois exprimé de l’Association des régions de France (ARF) et celle des départements de France (ADF), l’avant-projet du gouvernement prévoit, suivant les préconisations du rapport Balladur, l’élection de « conseillers territoriaux », en lieu et place des conseillers régionaux et départementaux, qui siégeraient dans les deux assemblées.
Ce dispositif, qui conduirait à une diminution de 30 à 40 % du nombre d’élus, s’accompagne, pour ces deux institutions, de la fin de la « compétence générale », qui leur permettait, au-delà de leurs responsabilités spécifiques, de répondre aux besoins des populations. Même s’il n’est pas indiqué, noir sur blanc, la fin des départements, ce qui demanderait une révision constitutionnelle, ce projet c’est la mort programmée des départements et des communes.
Pour Jean-Paul Dufresgne, président communiste du conseil général de l’Allier : « Quand je mesure aujourd’hui le rôle du département en terme de proximité sur les questions sociales, d’aménagement, de services aux populations, on ne peut que s’opposer à une telle réforme. »
Cet avant-projet prévoit la création d’une collectivité à statut particulier : la métropole. Ces entités seraient créées à partir de 500 000 habitants, (Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes et Nice sont dans ce cas). Ce niveau pourrait être abaissé pour permettre à des villes de la taille de Strasbourg d’en faire partie. Ces métropoles se substitueraient aux départements sur leur territoire ; elles en récupéreraient les compétences, de même que celles des communes qui les composent. Lesquelles deviendraient de simples arrondissements ou quartiers de la métropole. L’initiative de leur création en revenant soit à une majorité de communes soit… au préfet.
De même, la carte des intercommunalités, établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), devrait être bouclée au 1er janvier 2014. Leur périmètre, avec regroupement éventuel de plusieurs EPCI, permettrait de former de plus importantes entités territoriales. Le tout se faisant sur la base du volontariat des villes… le préfet tranchant en dernière instance. Ces EPCI auront des compétences élargies, en lieu et place des communes qui les composent. Les conseillers communautaires seront élus en même temps que les conseillers municipaux, transformant ainsi les EPCI en collectivités territoriales de plein exercice. Nous passerons de la coopération entre communes à l’intégration dans une nouvelle entité. D’ailleurs, l’avant-projet prévoit la création de « nouvelles communes » en lieu et place des EPCI regroupant moins de 500 000 habitants. Ces nouvelles communes seraient créées sur propositions des villes concernées qui deviendraient des arrondissements, après référendum des habitants et… décision du préfet.
Ce texte, qui sera débattu en septembre au Sénat avant de passer ensuite devant l’Assemblée nationale, procède d’une logique qui aboutirait, à terme, à ce dont une partie de la droite, mais pas seulement, a toujours rêvé, la disparition de ce foyer démocratique que constitue, fait unique en Europe, l’existence de 36 000 communes. Certes, chaque année, des fusions de communes se réalisent pour faire face aux besoins des populations et au développement des territoires, mais ce qui se concocte va bien au-delà des enjeux politiciens immédiats ou la droite veut faire reculer la gauche majoritaire dans les régions et les départements. Il se dessine une tout autre organisation du territoire où il n’existerait plus que des métropoles et des nouvelles communes ou des intercommunalités et des régions. Celles-ci, aujourd’hui au nombre de 22, pourraient demain être moins nombreuses. La région parisienne n’est pas concernée. Pour cette dernière, au sujet de laquelle le président de la République est particulièrement attentif avec son projet de Grand Paris, une loi devrait être déposée à l’automne.
La réforme des collectivités territoriales, qui dessine la France dans laquelle nous vivrons demain, permettra-t-elle de faire vivre la démocratie locale ? Avec ce projet, on peut craindre le contraire… quoi qu’il en soit, là est l’enjeu.
Diego Diaz, Maire adjoint d'Evry
19:48 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : essonne, evry, disparition













