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27/11/2018

Exposition. Venise, éblouissante face à son destin

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Le Grand Palais, à Paris, évoque l’âge d’or de la ville au XVIIIe siècle, où les arts, le jeu, l’insouciance et les plaisirs masquent une lente agonie.

Conversation entre masques, c’est un tableau peint par Pietro Longhi (1702-1785), l’un des maîtres de cette « Éblouissante Venise » du XVIIIe siècle, si l’on retient le titre de l’expo qui lui est consacrée, au Grand Palais. Mais, curieusement, on éprouve devant ces personnages richement costumés et au visage dissimulé par ce qui ressemble à des becs d’oiseau, comme aussi bien devant un autre tableau de Giandomenico Tiepolo, fils non moins talentueux de Giambattista, Scène de carnaval, un certain malaise qu’il faut un moment pour identifier. Bien sûr, Visconti et cette scène de son film Mort à Venise où les comédiens grimaçants qui viennent jouer devant les riches touristes sont déjà mourants de la peste.

Comme une scène

Venise au XVIIIe siècle, c’est le carnaval, les fêtes, le théâtre, la musique avec le nom de Vivaldi, bien sûr, mais tant d’autres. C’est encore la peinture, avec Canaletto, Guardi, Tiepolo père et fils, donc, ou encore l’extraordinaire Piazzetta, que l’on découvre ici. C’est la splendeur perpétuée pour peu de temps encore des doges, que symbolise l’extraordinaire et majestueux vaisseau d’or qu’est le Bucentaure, présent dans de multiples tableaux… Mais la ville est putride, les canaux sont des cloaques, derrière les masques de la galanterie, il y a la prostitution, on vient y goûter de toute l’Europe, dont les lumières sont ici les bougies des établissements de jeu où l’arnaque est reine, les aristocrates sont aussi bien des escrocs… Venise pourrit. Elle n’en finira plus. Sa beauté, malgré les boutiques clinquantes autour de la place Saint-Marc d’aujourd’hui, est aussi sa mort.

Mais Venise, selon les mots de l’un des auteurs du catalogue de l’expo, Patrick Barbier, « gère joyeusement sa lente agonie ». Elle brille de mille feux, écrivent d’autres auteurs (Emmanuel Marcovitch et Emmanuel Coquery), mais le paradoxe de cet âge d’or, c’est que « touchée de plein fouet par une crise économique et sociale, la cité décline jusqu’à la date fatidique de 1797 ». La République succombe devant les armées de Bonaparte.

Macha Makeïeff, invitée à construire le parcours de l’expo, l’a fait en femme de théâtre, jouant dès la première salle à nous faire penser Venise comme une scène. On découvre ensuite, bien sûr, les multiples vues du Grand Canal, de la place Saint-Marc, qui, peintes grâce à un procédé de chambre noire appelé veduta, furent recherchées jusqu’en Angleterre. On découvre aussi les théâtres de marionnettes, les arts décoratifs, le rayonnement dans toute l’Europe des peintres vénitiens, avec au sommet le décor de la résidence de Wurtzbourg par Giambattista Tiepolo, le rayonnement de ce dernier et de son fils à la cour d’Espagne.

Le goût des curiosités

Macha Makeïeff a également consacré une salle aux jeux populaires comme les pyramides humaines, installant une sorte de petite scène de théâtre où vont se produire des artistes pendant toute la durée de l’expo, attirant aussi l’attention sur le goût des curiosités et de l’exotisme avec le rhinocéros peint par Pietro Longhi. On ne saurait sinon passer sur ce qu’on a dit plus haut des peintures de Piazzetta comme une découverte. Elle tient à sa touche puissante et réaliste qui tranche avec celle de ses contemporains et qui dans un total anachronisme le rapprocherait de Courbet.

On retient cependant une œuvre plus que toute autre. C’est une statue en marbre d’Antonio Corradini, une allégorie de la foi sous la forme d’une femme dont un voile presque transparent épouse la forme du visage. Corradini a réalisé plusieurs allégories avec ce voile comme un linceul et comme autant de visions de Venise elle-même face à sa propre destinée.

Jusqu’au 21 janvier. Catalogue édité par la Réunion des musées nationaux, 260 pages, 45 euros.
 

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01/07/2017

Simone Veil, une grande voix de la vie politique française, s’est éteinte

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La Municipalité d'Evry avait inauguré il y a quelques mois à l'occasion de l'ouverture de l'école Aimé Césaire une avenue Simone Veil.

Elle s’est éteinte ce vendredi, à presque 90 ans. Retour sur le parcours de cette femme de droite, aux engagements souvent courageux, plébiscitée par les Français.

Elle était discrète et tenace à la fois, d’un immense courage politique.  Surtout, les femmes de France savent ce qu’elles lui doivent : c’est elle, qui devant une assemblée nationale d’hommes, hostiles et injurieux dans son propre camp politique, a défendu et imposé à l’Assemblée Nationale le projet de loi sur l’Interruption volontaire de grossesse, en 1974. Simone Veil s’est éteinte hier, à quelques jours de ses 90 ans, au terme d’une vie tumultueuse, comme un symbole du 20 siècle. 

Déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs

simone-veil_0.jpgCar Simone Veil est une rescapée de la Shoah. Née Simone Jacob, en 1927 à Nice, fille d’un architecte et d’une femme au foyer, elle a été arrêtée, le lendemain de ses épreuves du bac, qu’elle avait absolument tenu à passer malgré le danger, avec de faux papiers. La jeune fille aux yeux rieurs et aux grandes nattes brunes a été déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs ; Son père et son frère ont disparu en Lituanie, où régnaient alors les terribles Einsatzgruppen.
Déportée en 1944, elle a survécu à l’horreur, et même à la marche de la mort de 1945. Sur son bras, un constant rappel de ce passage par l’enfer,  son numéro de matricule, le 78651, et la mémoire de ceux qu’elle aimait. Et une entrée en politique, aussi : Européenne convaincue, elle déclarait, en 1975 : « Au cours du 20eme siècle, l’Europe a entraîné à deux reprises le monde entier dans la guerre. Elle doit maintenant incarner la paix ». Elle fut d’ailleurs, en 1979, la première femme présidente à être élue présidente du Parlement Européen (à noter qu’une seule autre femme, Nicole Fontaine, a occupé ce poste…). A son retour des camps, Simone Jacob rencontre Antoine Veil. Ils se marient, ont trois enfants. Mais elle ne se cantonne pas dans le rôle de la femme bourgeoise au foyer. Elle reprend ses études interrompues par la guerre. Et devient magistrate. Soit une profession quasi masculine, à l’époque.
De la France à l’Algérie, elle note alors : « comme magistrate, j'ai travaillé à l'administration pénitentiaire où j'ai constaté que le régime des femmes détenues était beaucoup plus dur que celui des hommes. Je m'en suis donc beaucoup occupée, comme par exemple des conditions de détention des femmes au moment de la guerre d'Algérie, des militantes très engagées en faveur de l'indépendance qui avaient posé des bombes et le revendiquaient.
Plus tard je me suis penchée sur le droit de la famille au moment des réformes du Code civil, et donc sur le statut de la femme sur le plan de l'autorité parentale, de la filiation et surtout de l'adoption. Et puis, dans les années soixante, avec les « trente glorieuses », tout en faisant appel à l'émigration à grande échelle la France incitait les femmes à travailler, on avait besoin de forces. Je m'étais rendu compte qu'au fond, entre les femmes et les immigrés existait une ressemblance : elles non plus n'étaient toujours pas intégrées dans la société. C'est tout cela qui m'a rendu féministe »,

La loi est sur l'IVG adoptée grâce au soutien de la gauche

Elle ne s’arrête pas en si bon chemin. En 1969, elle rejoint le cabinet de René Pleven, alors Garde des Sceaux. Mais c’est comme ministre de la Santé de Jacques Chirac, sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing, qu’elle devient une figure connue et reconnue par les Français. Parce qu’elle va porter à l’Assemblée Nationale une loi très contestée dans les rangs de la droite, le droit à l’IVG. « Je voudrais vous faire partager une réflexion de femme. Je m’excuse de le faire devant cette assemblée presqu’exclusivement composée d’hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement », dit-elle en introduction.
 
Le débat fut incroyablement houleux. Des députés de droite, toute honte bue, renvoyant Simone Veil à un rôle de génocidaire. Comme Jean-Marie Daillet qui l’a accusé de jeter des enfants « au four crématoire », ou René Feit qui a assimilé ce projet de loi au « pire racisme nazi ». Injures, graffitis sur ses murs, croix gammées sur la voiture de son mari, lettres d’insultes, manifestations de commandos anti-IVG : Simone Veil ne s’est pas laissé intimider. La loi a été adoptée, grâce aux voix des communistes et des socialistes, le 17 janvier 1975. 

Femme politique préférée des Français

Engagée à droite, Simone Veil est longtemps restée, dans les sondages d’opinion, la femme politique préférée des Français. Comme un symbole de  droiture et d’honnêteté, dans une époque qui en manque tant, et malgré les clivages.  Quitte à tacler, parfois, sa propre famille politique : elle a certes soutenu Nicolas Sarkozy pour sa candidature à l’élection présidentielle. Mais l’a sévèrement critiqué quand il a fondé son ministère de l’identité nationale, et lorsqu’il a voulu que les enfants de primaire parrainent des enfants juifs victimes de la Shoah. « A la seconde, mon sang s’est glacé », a-t-elle alors déclaré. C’est « inimaginable, insoutenable », a-t-elle ajouté auprès de l’Express. 
 
Simone Veil était une voix libre dans son propre camp. Lorsqu’elle a été intronisée à l’Académie Française, à 82 ans, Jean d’Ormesson l’avait saluée par ces mots : « Ce que vous êtes d’abord, c’est courageuse. Et les Français aiment le courage ». On ne saurait mieux dire. 
 

03/08/2014

EVRY : SOUTIEN A LA PAIX EN PALESTINE ET EN ISRAEL !

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Pour la troisième fois en quinze jours, plus de cent personnes se sont rassemblés dans le calme, à l'appel d'Evry Palestine et d'une dizaine d'organisations et de partis.

ep3.jpgLes élus communistes une nouvelle fois étaient très présents à ce rassemblement avec les élus communistes d'Evry Elise Yagmur et Diego Diaz ainsi que Bruno Piriou, conseiller général de Corbeil. Des élus Verts, du PG et du MODEM avaient tenus aussi à participer à ce rassemblement.

Plusieurs orateurs ont rappelé à partir de témoignages précis les atrocités commises par l'Etat d'Israël sur Gaza à moitié détruite où déjà plus de 700 personnes ont été assassinées et plus de 7000 grièvement blessées le plus souvent avec des bombes à fragmentations, totalement interdites par les conventions internationales et entrainant un handicap horrible, à vie, pour les personnes blessées, acte de barbarie dénoncé par tous.

Diego Diaz est intervenu rappelant l'attitude honteuse du gouvernement français et des pays européens qui par leurs silences approuvent ces massacres. Il a rappelé que la Bolivie a décrété Israël, pays terroriste.

ep8.jpgElise Yagmur a appelé à développer la solidarité pour la Palestine meurtri.

Bertrand Heilbronn, le Président de l'association Evry Palestine a cité longuement Dominique Villepin qui résume bien l'ensemble des interventions prononcées, l'ancien premier ministre Gaulliste qui a déclaré particulièrement :

« Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre.

Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien.

En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité.

L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire.

C'est la spirale de l'Afrique du Sud de l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle. »

"Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada.

Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause?

Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés?

Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d'alignement et de soutien au recours à la force."

Texte et photos exclusifs E-Mosaïque

12:58 Publié dans Actualités, Evénements, Informations locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : evry, palestine, soutien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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