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28.12.2011

À Évry, l’internat d’excellence contesté

internat.pngLe coûteux projet de structure qui doit ouvrir ses portes en septembre 2012 suscite l’indignation des équipes éducatives, qui réclament des moyens pour tous les élèves.

Vitrine médiatique de la politique éducative du gouvernement, les internats « d’excellence » passent beaucoup moins bien sur le terrain qu’à la télé. Depuis un mois, le projet de structure qui doit ouvrir ses portes à la rentrée prochaine au collège du Village, à Évry (Essonne), rencontre une solide opposition des enseignants et des parents d’élèves.

Le 15 décembre, plus de 70 % des profs de l’établissement, ainsi que tout le personnel de la vie scolaire, étaient en grève pour dénoncer ce futur internat. Et, la semaine dernière, la fédération départementale de la FCPE a interpellé le conseil général de l’Essonne, partenaire de l’inspection d’académie dans ce projet, pour lui demander de renoncer à ce « miroir aux alouettes ».

Rescapés du plan Espoir banlieues de 2008, les internats d’excellence – on en compte treize actuellement – font partie des mesures défendues par le chef de l’État pour « casser le ghetto scolaire ». La circulaire d’application vise à permettre à des élèves « méritants et motivés, ne bénéficiant pas d’un environnement propice aux études, d’exprimer tout leur potentiel ».

à Évry, le futur internat devrait accueillir en septembre prochain sept élèves et, d’ici trois ans, une quarantaine. Le coût d’investissement est énorme : 1 680 000 euros, financés à moitié par l’État et à moitié par le conseil général, soit 40 000 euros par élève. Ce qui fait bondir Patrice Coulon, le président de la FCPE de l’Essonne. « D’un côté, on supprime à tour de bras des postes d’enseignant, on détruit les Rased, on stoppe la scolarisation des moins de trois ans, on bourre les classes de lycéens et, de l’autre, on donne tous les moyens à une quarantaine d’élèves pour montrer qu’on fait quelque chose. C’est lamentable. L’excellence, elle doit être pour tout le monde. »

La FSU est particulièrement remontée contre le département. « Que l’éducation nationale mette en œuvre la politique du gouvernement, c’est normal, mais que le PS soutienne cette initiative, c’est absurde », dénonçait récemment Alain Goiny, secrétaire départemental du syndicat.

L’affaire passe d’autant plus mal que le collège est confronté à une érosion de ses effectifs, à une hausse des dégradations matérielles et à un regain de violence. « Les moyens humains ne cessent de diminuer alors que nous sommes confrontés à des problématiques toujours plus complexes, s’agace l’équipe éducative. La mise en place d’un internat d’excellence ne répond pas aux priorités de nos élèves. » Mais sûrement plus à celle du gouvernement…

Laurent Mouloud pour l'Humanité

Lire également l'article : Ouvrir un internat d'excellence, c'est fermer un internat de réussite éducative

17.11.2011

TRAVAIL DOMINICAL DANS LE CENTRE COMMERCIAL : LES SALARIES ET LES PETITS PATRONS DISENT NON !

cc.jpgLes conseillers municipaux d’Evry à l’exception notable des élus communistes et de quelques élus Verts, et plus surprenant d'élus de Droite en contradiction avec les positions gouvernementales  pensaient en votant pour l’ouverture du centre commercial d’Evry que « l’affaire était entendue » et les salariés se soumettre à leurs bons vouloirs.

Il en est rien. Les salariés de l’enseigne Galeries Lafayette,  les premiers à s’être exprimés ont dit NON à 95 % (59 contre 2). Les autres salariés dispersés dans plusieurs centaines de boutiques se sont largement exprimés en signant massivement la pétition proposée par la CGT demandant une consultation collective des 2200 salariés concernés conformément à la loi.

cc2.jpgLes militants de la CGT ont tous été surpris par l’accueil favorables des salariés dont très peu sont pourtant syndiqués. Un journaliste du Parisien qui a accompagné les militants du Syndicat dans l’action menée pour proposer les pétitions en a témoigné dans un article publié ce 17 novembre.

Pire sans doute pour ceux qui ont proposé l’ouverture de ce centre commercial le dimanche des responsables de boutiques se sont exprimés clairement contre cette proposition. Ainsi une directrice d’un magasin d’habits pour femmes s’est exprimée ainsi dans le Parisien « Nous n’avons tout simplement les moyens d’ouvrir. Les baux vont augmenter, la masse salariale aussi. Tout ça pour quatre clients qui n’ont rien à faire le dimanche ». Un autre responsable de magasin précise : « Ces ouvertures dominicales vont diluer le pouvoir d’achat des clients. Ce qui est dépensé le dimanche ne l’est pas le samedi ou le lundi ».

Les élus communistes en échos à ces réactions vont continuer pour leurs parts à exiger l’annulation de la proposition de l’ouverture du centre commercial le dimanche.

Au Sénat Mme Annie David, sénatrice communiste de l‘Isère, présidente de la commission des affaires sociales a proposé un texte de loi afin de garantir de nouvelles protections et garanties aux salariés quant au travail dominical en renforçant la portée symbolique du repos dominical et en renforçant les droits des salariés qui travaillent le dimanche.

Ce texte dispose à son article premier que « Dans l'intérêt des salariés, de leurs familles et de la société, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. Aucune dérogation à ce principe n’est possible, à moins que la nature du travail à accomplir, la nature du service fourni par l’établissement ou l’importance de la population à desservir ne se justifie. »

Il précise par ailleurs que « Le refus de travailler le dimanche pour un salarié d’une entreprise bénéficiaire d’une telle dérogation ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement ».

Au conseil municipal d’Evry les élus communistes vont à nouveau interpeller le Maire pour exiger que la consultation collective des salariés soit respectée avant toute décision unilatérale. Ils vont continuer à proposer la signature d’une pétition contre l’ouverture du Centre Commercial le dimanche actuellement en ligne sur internet et massivement déjà signée.

Le secrétaire départemental de la CGT, Hervé Leblanc en conclusion de la journée d’action du syndicat a déclaré :  "La vraie question c’est : Quelle société voulons nous ? Ce n’est pas un maire, un employeur ou un préfet qui doivent décider pour les salariés"

Texte et photos E-Mosaïque

29.07.2011

MUSEES EN SOUFFRANCE !

Musee_du_Louvre_pyramid.jpgLes musées, nés de la Révolution, souffrent et, avec eux, leurs personnels, depuis que l’État se désengage et les soumet à un modèle de gestion privée. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite accentue le manque de moyens et ne fait qu’empirer les choses.

Avec l’été, l’engouement pour les musées s’affiche. Les files d’attente s’allongent à l’entrée des grands musées nationaux. Elles sont l’arbre qui cache la forêt des tensions et souffrances pour les personnels. Car la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, s’applique aux musées et fait que les mêmes missions de service public sont à assumer avec toujours moins de moyens.

Mal-être des professionnels pourtant très investis

Un rapport rédigé en décembre 2009 par les médecins de prévention du Centre des monuments nationaux, établissement public placé sous tutelle du ministère de la Culture et dont les missions sont de restaurer, entretenir et ouvrir au public une centaine de monuments appartenant à l’État, affirme : « Les personnes qui souffrent au travail sont toujours des professionnels très investis, en situation de vouloir tenir les objectifs avec soin. Leurs proches les voient s’enfoncer et, très vite, ils ne les comprennent plus (…) » Les experts notent que depuis l’arrivée d’une nouvelle présidente, « les agents ne voient pas la finalité de la modification de l’organisation du travail. Ils se sentent niés dans leurs compétences professionnelles, voire dans leur intelligence opératoire ». Ils décrivent « une perte de la latitude décisionnelle et un déficit de reconnaissance ».

Ils évoquent aussi « un conflit de loyauté », « une perte de sens » qui débouchent sur « un mal-être ». « Les agents, disent-ils, 
insistent, dans certains services, sur la discordance des ordres ; dans d’autres, sur des mises au placard. Sont observés des troubles du sommeil, de la mémoire, une apparition de fatigue, une augmentation préoccupante de la consommation de cigarettes, d’alcool, de médicaments. Pour notre part, soulignent-ils en gras, nous identifions une peur diffuse qui ne dit pas son nom. » Rapportant le sentiment des agents vis-à-vis de leurs supérieurs, ils parlent d’« une symptomatologie faite de peur, d’agressivité envers les collaborateurs, en lien avec l’instauration d’une demande de disponibilité totale via l’apparition du BlackBerry ».

Les préconisations de la médecine préventive formulées dans ce rapport ont, depuis, été ignorées. Les directeurs des ressources humaines et du développement culturel ont démissionné. Des agents déprimés se retrouvent en danger. Craignant un syndrome France Télécom, le ministère a diligenté une inspection générale de l’administration des affaires culturelles qui doit rendre son rapport ces temps-ci. Les méthodes managériales sont toujours aussi brutales, le délitement de la communauté de travail se poursuit d’autant plus, au siège du Centre des monuments nationaux (CMN) et dans les monuments nationaux, que les sous-effectifs, conjugués à l’explosion du travail précaire et sous-payés, obligent les équipes à travailler en flux tendus. Le quotidien est fait de refus de congés et de stages, de remise en cause des temps partiels choisis, d’ouverture des sites en dépit du non-respect des conditions de sécurité.

Précarité et privatisation comme moyens de gestion

Du coup, le 27 mai dernier, à la Conciergerie, à l’Arc de triomphe, aux tours de Notre-Dame, à la basilique Saint-Denis, au Mont-Saint Michel, au château d’Azay-le-Rideau, aux remparts de Carcassonne… le personnel était en grève à l’appel de la CGT et de la CFDT. Ça barde aussi au Domaine de Saint-Cloud, au Mucem à Marseille, à Beaubourg Metz, au ministère de la Culture…

Depuis l’abandon de leur mutualisation et l’autonomie accordée à un nombre croissant de musées contraints de s’autofinancer, depuis la décapitation de la direction des musées de France, fondue dans la direction des patrimoines, une gestion par la pénurie, la précarité, la privatisation, la mise en concurrence, la brutalité des révocations, la mise à l’écart des scientifiques prévaut et conduit à la multiplication des conflits.

Ces établissements vivent dans la douleur un changement de culture qui les transforme en lieux de consommation voués à accueillir, à un rythme effréné, sans les effectifs suffisants, ce que Roland Recht, professeur au Collège de France, nomme « des opérations événementielles faisant croire qu’on est dans une logique d’enrichissement du patrimoine, alors que les ressorts sont bien souvent commerciaux et économiques ».

Un rapport très critique de la Cour des comptes

musées,louvre,versailles,souffranceIl considère que le ministère ne joue plus, vis-à-vis des musées, son rôle de régulateur en matière de tarifs, publics, prêts, mécénats.

Le 30 mars dernier, la 3e chambre de la Cour des comptes publiait un rapport portant sur dix années de gestion des 37 musées nationaux. Au vu du contenu du prérapport, le ministère de la Culture aurait tenté d’empêcher sa publication.

Il faut dire que la Cour a rédigé un rapport à charge. Ainsi déplore-t-elle le fait que si la décennie a été marquée par une forte croissance de la fréquentation, elle n’a été accompagnée ni d’un rajeunissement ni d’une ouverture sociale plus grande des publics. Alors que les tarifs d’entrée ont explosé (+ 35,5 % en dix ans au Louvre, + 113 % à Versailles, +160 % au Centre Pompidou), que les établissements sont forcés de s’autofinancer, le taux d’ouvriers, par exemple, a chuté de 23 % à 15 %. Quant au pourcentage des jeunes qui ne vont jamais au musée, il passe de 17 % en 2003 à 15,6 % aujourd’hui.

Le rapport pointe aussi le manque à gagner pour l’État d’un mécénat culturel « mal évalué » dont il doit, à cause des incitations fiscales, rembourser jusqu’à 90 % des acquisitions et qui, de plus, a baissé de 63 % entre 2008 et 2010. Dénonçant « une politique nationale de plus en plus parisienne », relevant que les prêts gratuits entre musées existent de moins en moins au profit de locations d’espaces aux mécènes, il précise : « Il serait fâcheux que de telles opérations se développent sans que leur cadre éthique et scientifique ait été fixé. »

La Cour insiste sur le fait que le ministère de la Culture ne joue plus son rôle de régulation en matière de tarifs, mécénats, prêts, visiteurs. Mais, après avoir pointé la déroute des personnels, déstabilisés par des évolutions brutales qui percutent le sens de leurs missions, elle recommande, au vu de l’augmentation de 58 % en dix ans des crédits de l’État aux musées, de « réduire le train de vie », de « compenser par des gains de productivité la réduction du soutien de l’État », bref, d’appliquer au maximum la RGPP. Quelle incohérence !

Article publié par l'Humanité

19:04 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musées, louvre, versailles, souffrance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26.06.2011

TARTERET, CORBEIL : LA PAROLE LIBERE

tarterets_immeubles.jpgÀ l’initiative de Bruno Piriou, conseiller général (PCF) de Corbeil-Essonnes, habitants, enseignants, médecins, commerçants et policiers ont débattu  de l’avenir de leur quartier.

Figés, anéantis, abandonnés. Les habitants du quartier des Tarterêts

n’avaient pas assez de mots, mardi dernier à la bourse du travail de la ville, pour dire leur désespoir. Désespoir face aux récentes violences entre jeunes et forces de police. Désespoir aussi face à l’état de santé de Daranca, cette petite fille de neuf ans, victime collatérale de ces affrontements

, toujours dans le coma. Le quotidien, plombé par la présence massive des policiers et des CRS, est semé d’obstacles, d’angoisses et d’isolement. Et pourtant, tous ont exprimé le désir de vivre paisiblement dans ce quartier choisi pour les uns, aimé, et désormais maudit par d’autres. Si le maire de la ville, l’UMP Jean-Pierre Bechter, a brillé par son absence, la parole, elle, était bel et bien là. Libérée, en colère, parfois immensément triste.

Un cocktail explosif

Sophie Toutain est venue avec sa fille. Animatrice et habitante des Tarterêts, elle parle avec franchise et émotion : « J’en suis à un point où je remets en question tout ce en quoi je croyais. Je viens de Normandie et j’ai choisi de m’installer ici. Il y a des milliers de choses que je n’aurais jamais connues si je ne vivais pas ici. C’est la vraie vie ! Est-ce que je dois choisir entre l’éducation de ma fille et mes convictions ? Le pire, c’est que je voudrais apporter mon aide pour changer les choses et je n’y arrive pas. La parole des habitants n’est pas entendue. Politiquement, on n’est pas entendu. » Les failles du maillage associatif, le manque d’investissement financier dans les structures, le peu de perspectives d’emploi pour les jeunes et le trop-plein de répression forment un cocktail explosif. Annie Chavaudret est directrice du centre social du quartier. Son avis sur les jeunes a changé : « Ils sont en colère. Et en fait, ils ont raison. Leur horizon socioprofessionnel est bouché. Il faut commencer par reconnaître leur colère. Après, il faut décider ensemble de ce qu’on en fait. C’est une question de conscientisation. »

Assis non loin d’elle, deux hommes silencieux écoutent, attentifs, les prises de parole. Ce sont des policiers. L’un, Serge Faye est commandant de police à Corbeil-Essonnes, l’autre, Luc Adnot, est commandant, délégué à la cohésion police-population pour le quartier des Tarterêts. Une présence assez rare pour être remarquée. C’est face à eux que Radya Soualhi, membre de l’amicale des locataires, a vidé son sac : « Les gamins grandissent avec l’image de la police. Chez moi, c’est Bagdad, c’est la guerre civile. On n’a que des hommes armés et casqués. L’année dernière, on a fait une fête de quartier, préparée pendant des mois. Il y a eu des incidents et on a été gazés par la police. Les enfants étaient traumatisés. On a déposé plainte mais il ne s’est rien passé. On est lâché par tous. La police joue le même jeu que les jeunes. C’est comme deux bandes de voyous. Si les flics veulent qu’on les respecte, il va falloir qu’ils changent d’attitude. »

Les policiers aussi ont peur

taterets_flics.jpgLe commandant de police encaisse et attend le tour de table pour s’exprimer : « Je suis père de deux enfants et je me sens concerné par ce que vous dites. Vous parliez de Bagdad, madame. Les policiers sont équipés d’une arme à feu qu’ils n’utilisent qu’en cas de légitime défense. Ils n’ont qu’une hantise : utiliser leur arme. Donc, on a essayé de trouver d’autres moyens de défense collective, avec des armes non létales. Notre but, c’est de protéger la population, de sécuriser les écoles... Depuis un mois, j’ai eu 10 blessés sur 120 fonctionnaires. Les policiers aussi ont peur. Ils n’osent plus intervenir dans les quartiers. Ils risquent leur peau. » Énergique, Marie-France Winghardt, directrice de l’école Montagne des Glaises, dans le haut Tarterêt, réagit vivement : « Les gamins croient que c’est la guerre. On travaillait avant avec la police de proximité pour changer les représentations sur la police. Aujourd’hui, on ne le fait plus. Pourquoi ? Il faut retrouver des lieux de dialogue. Et ce n’est pas non plus en supprimant les réseaux d’aide au soutien scolaire qu’on avancera. »

José Kinkela, président de l’amicale des locataires, un des personnages les plus actifs du quartier, alerte sur l’urgence à agir. Accusant les politiques d’avoir mis trop de temps à réagir, il prévient : « La situation est grave. Quand on entend ce que dit Guéant, il n’y a que de la pression sur nos quartiers. Il était plus que temps de se réunir et de réfléchir. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter là. Sinon, le pire sera à venir... »

Recréer du lien social

« Cette réunion est un début pour remobiliser les citoyens. 
Le but est de faire revenir les institutions au sein des Tarterêts. C’est mon rôle d’élu de faire ce lien », lance

Bruno Piriou, conseiller général de Corbeil-Essonnes

bruno.JPG. Si le seul élu présent 
en a pris pour son grade sur le désintérêt des politiques pour 
les cités, c’est tout de même lui qui a permis une réflexion collective sur le contexte de désagrégation socio-économique 
du quartier. Il a émis la volonté de créer un club de prévention pour les jeunes et de développer des assises de la jeunesse 
dans le département. Enfin, Bruno Piriou souhaite lancer 
un comité de quartier, première étape pour redonner corps 
à l’engagement des habitants.

Ixchel Delaporte, l'Humanité

19:32 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20.05.2011

PREFECTURE DE L’ESSONNE, ACCUEIL DES IMMIGRES, LA HONTE AU QUOTIDIEN

100_6997.JPGTous les soirs, rue des Mazières à Evry, à partir de 20 h ils sont plusieurs centaines à se placer en file d’attente, espérant ainsi être bien placées, pour que le lendemain à partir de 8h, un des quatre bureaux chargés de renouveler leurs cartes de séjour puisse enfin traiter leurs dossiers.

Eux, ceux sont des « étrangers », pour la quasi-totalité en situations régulières, hommes, femmes, personnes âgées, supportant les aléas du temps, et à la merci de personnes mal intentionnées. Ils sont ainsi traités comme des chiens, peut être même pire que ces animaux qui bénéficient le plus souvent des bonnes intentions de leurs maîtres.

Ici le Préfet, au nom du gouvernement applique avec zèle les consignes en fermant dans les sous-préfectures les points d’accueils pour les ressortissants étrangers, et en limitant strictement ceux de la Préfecture.

Sans doute le fait t-il dans un contexte où les idées du Front National sont promues, voire encouragées. Le Syndicat CGT de la Télévision Publique a ainsi décompté plus de 700 passages où citations de ce Parti, depuis le début de l’année, uniquement sur FR3.

Le Gouvernement, et l’UMP veulent en « rajouter », même de la manière la plus ignoble, en tentant de monter l’opinion publique contre ces « hordes » montrés ainsi du doigt, c’est sans doute la raison pour laquelle la Préfecture laisse cette population dans la détresse et dans l’humiliation quotidienne. Tout cela pour quelques voix…

Devant le mécontentement des habitants du quartier jouxtant la Préfecture d’Evry, le Maire de la ville, Manuel Valls,  dans une lettre adressée au Préfet a déploré dès le 06 mai cette situation inacceptable et inhumaine et a demandé « qu’une solution décente et pérenne soit trouvée ».

manif14.JPGLe Parti communiste Français, et les élus communistes d’Evry, dans un communiqué en rappelant que ces immigrés comme l'ont confirmé plusieurs études jouent un rôle économique et social indispensable, et contribuent plus que ceux qu'ils reçoivent, ont indiqué pour leur part que « cette situation était indigne, insupportable dans une République dont la devise est inscrite sur les frontons de nos mairies : Liberté, Egalité, Fraternité ».

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09.03.2011

A POLE EMPLOI : FEMME SOIS BELLE ET CHOME !

femmes.jpgDes ateliers « relooking » pour les femmes au chômage ? C’est l’idée lancée par l’organisme public et une fondation privée pour les aider à retrouver du travail. Une opération de communication à bas coût, fondée sur des principes idéologiques douteux, entre séduction et culpabilisation.

«Eh bien voilà, avec cette journée, vous n’avez plus d’excuses ! », lance Christine Salaün, présidente de la fondation Ereel. Face à elle, dix femmes au chômage inscrites à Pôle emploi l’écoutent avec attention. Jusqu’à cette journée du mardi 22 février, ces femmes auraient-elles cherché des excuses pour ne pas retrouver du travail ? Auraient-elles, même volontairement, négligé leur apparence au point de se voir exclues du monde du travail ?

Depuis janvier 2011, Pôle emploi d’Île-de-France, en partenariat avec le Fonds de dotation Ereel, propose aux femmes « demandeuses d’emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, qui ont de faibles revenus ou sont en situation de handicap » de participer à un atelier « relooking ». Une journée pour « apprendre à se présenter, à s’exprimer devant un futur employeur, mais aussi à convaincre sans stress et avoir confiance en soi  ». Tout un programme. La deuxième édition s’est tenue à l’école internationale d’esthétique-parfumerie Régine Ferrère, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris.

Dans l’ambiance feutrée d’un salon de coiffure, entre les miroirs, la penderie, les rouges à lèvres et les fauteuils, elles sont dix femmes au chômage et presque autant de journalistes, micros et caméras. Il y a aussi l’équipe bénévole : deux jeunes apprenties maquilleuses, une styliste, un coiffeur, une spécialiste en manucure, Christine Salaün de la Fondation Ereel, Régine Ferrère, directrice de l’école, et des conseillères de Pôle emploi. Sélectionnées et choisies à la seule condition d’accepter de se prêter au jeu des médias, les dix femmes sont donc là, en théorie, pour augmenter leur chance de trouver du travail.

Ecouter les conseils des « coachs beauté »

relooking.jpgLa plupart sont assistantes, opératrices, secrétaires. Toutes au chômage depuis au moins deux ans et âgées de quarante ans et plus. Pendant la journée, elles vont écouter sagement les conseils de professionnels, les « coachs beauté » : soins de la peau (qu’il est important de « bien préparer »), maquillage (qualifié de « mise en beauté pour un entretien »), mains et ongles (« l’importance des mains pendant un entretien »), coiffure, et enfin atelier « image de soi » pour « savoir quelle couleur choisir pour mettre en valeur son teint et ses cheveux ».

L’image, c’est donc là que tout se joue pour un travail ? « Pôle emploi mène une campagne pour que les demandeurs communiquent mieux avec leur image et leur CV. « À compétences égales, on sait que le stress joue énormément dans un entretien d’embauche », justifie Anne-Laure Germond, de Pôle emploi. « La première image, c’est celle que l’employeur garde en tête. Il vaut mieux privilégier une apparence qui cadre. Une erreur de jean, de maquillage trop chargé, peut être fatale », ajoute Christine Salaün. Voilà, on y est. Les femmes qui sont au chômage doivent jouer la carte du charme. C’est à elles de faire un effort, à elles de plaire. Une manière de réduire le rapport des femmes au travail à un jeu de séduction et de gommer ainsi un enjeu essentiel, à aucun moment évoqué pendant la journée : les compétences de ces femmes à l’intérieur d’un marché du travail en crise.

Membre d’honneur de la fondation Ereel, Régine Ferrère détaille sa perception des chômeurs : « Quand on est licencié, on a un choc. Le téléphone ne sonne plus. On n’est plus dans la vie. Nous, on est là pour leur faire prendre conscience qu’un employeur accorde beaucoup d’importance au physique et à l’aisance. Si vous êtes bien dans votre peau et que vous avez confiance en vous, vous pouvez donner envie à l’employeur de vous embaucher. Il faut le séduire. C’est comme dans un couple. Quand on n’est pas bien le matin, il faut avoir la fierté de donner la bonne image de soi. Et ce n’est pas toujours la faute des autres. C’est dur pour tout le monde. » Voilà, sans détour, l’idée de la culpabilisation qui monte. L’idée que, au fond, si on se laisse aller, on n’a qu’à s’en prendre à soi-même. La responsabilité individuelle se dessine et, en creux, un rapport de domination admis et inéluctable entre le demandeur d’emploi et le recruteur.

jerome5.jpgPendant qu’elle se fait maquiller par une jeune apprentie de l’école d’esthéticiennes, Martine répond volontiers aux sollicitations d’un journaliste. « Alors, qu’est-ce qui cloche dans votre look ? » lui demande-t-il brutalement. Martine, la cinquantaine, au chômage depuis 2007, répond : « J’ai découvert d’autres façons de me maquiller. C’est bien parce que c’est vrai qu’on a des baisses de moral, mais moi j’ai toujours pris soin de moi. Ce n’est pas nouveau. Je sais bien qu’un entretien, c’est un rapport de séduction. » Carole, quarante-six ans, mère au foyer, cherche du travail depuis un an. « Un atelier relooking ? Je me suis dit pourquoi pas. Même si je le fais déjà naturellement, ça peut apporter un plus. Ça nous met en confiance. »

Dans une autre pièce, dédiée à la manucure et à la coiffure, Alexandra fait un soin des ongles. L’esthéticienne lui explique : « Le recruteur regarde les mains. Elles sont le reflet de l’âme. On nous juge par nos mains, par notre personnalité. » Contentes de se faire « chouchouter  », Alexandra, Mafalda, Martine ou Malika ne sont pourtant pas dupes. Elles n’imaginent pas trouver du travail, « comme ça, du jour au lendemain », grâce à cet atelier. « C’est un plus, ce n’est pas désagréable, ça va me remotiver, souffle Mafalda, mais je ne suis pas naïve et je sais que ça ne me fera pas avoir du travail plus facilement. »

Tout au long de cette journée, Christine Salaün louera l’esprit de « solidarité » et remerciera « les gens de cœur à l’esprit de générosité et de simplicité » qui s’associent bénévolement à sa démarche. Bénévolement, oui et non. Car, dans le communiqué de presse envoyé aux médias apparaissent très nettement les références de chaque partenaire. Le retour sur investissement pour leur « engagement bénévole » est de l’ordre de la promotion de l’image. Quant à la fondatrice d’Ereel, elle se présente comme une bienfaitrice : « Chaque être humain a le devoir moral et la responsabilité de veiller sur les plus faibles. Rejeter la faute sur les autres ou se lamenter ne sert à rien, agir dans un esprit de solidarité pour trouver ensemble des solutions est bien plus efficace ! »

La journée touche à sa fin. Les femmes repartent avec des crèmes, une trousse de maquillage et un vêtement. Christine Salaün leur promet de faire un suivi personnalisé : « Vous avez besoin d’un coup de pouce. Sachez que vous n’êtes plus seules. On ne vous abandonnera pas comme ça. C’est pour ça, ce genre de choses, c’est du cœur, c’est vrai. C’est ça, le mécénat ! »

Ce vernis vous est offert par…

Lors de la journée, la présidente de la fondation a bien insisté sur « la gratuité » de l’initiative « pour le contribuable et pour le Pôle emploi ». Alors qui paye ? Les produits de beauté sont offerts par les marques Revlon et Gatineau. « Les fondations sont là pour prendre le relais de l’État. Au lieu de se plaindre, nous, on bouge, on est dans l’action, on est apolitiques. » Apolitiques ? Pourtant, sa fondation privée est parrainée par Pénélope Fillon, la comédienne Marie-Anne Chazel ou encore le député UMP Bernard Debré… 

Article de Ixchel Delaporte pour le journal l'Humanité

L'atelier relooking ou comment se remotiver pour rechercher un emplo, la "com"de Pôle emploi


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15.02.2011

Le SOS des associations d’aide à domicile

amsad.jpgMises à l’honneur dans les discours gouvernementaux, elles subissent de plein fouet les coupes budgétaires : plus de 300 structures et 20 000 emplois menacés en 2011.

A lors que l’aide à domicile est à l’honneur dans les discours officiels – Nicolas Sarkozy devrait encore y aller de son coup de chapeau ce jour lors de la présentation de ses vœux aux acteurs de la santé et de la prise en charge de la dépendance –, alors que la demande en la matière est en hausse constante, les acteurs économiques du secteur commencent l’année dans une extrême précarité. « 2011 risque d’être une année fatidique pour un secteur pourtant créateur d’emplois et de cohésion sociale », avertit un collectif de 16 fédérations d’associations de bénéficiaires et de prestataires d’aide aux publics en difficulté, personnes âgées, handicapés, familles.

Entre 300 et 400 de ces structures risquent de devoir mettre la clé à la porte, et quelque 21 500 emplois sont menacés. Depuis plusieurs années, les financeurs du secteur, en l’occurrence les collectivités territoriales (APA pour les personnes âgées, PCH pour les handicapés et aide sociale à l’enfance) et les caisses de Sécurité sociale, paient de plus en plus mal les interventions des associations, dont les coûts, parallèlement, augmentent sensiblement (voir témoignage ci-contre). En dépit de leurs SOS, de la tenue d’une table ronde, fin 2009, avec les pouvoirs publics, des promesses faites, les responsables des associations n’ont rien vu venir. Pire : fin 2010, le gouvernement leur assénait un coup de massue, qui, pour beaucoup, risque d’être le coup de grâce, en décidant la suppression, dans la loi de finances 2011, d’exonérations de cotisations patronales dont bénéficiaient les structures d’aide à domicile.

Conséquence immédiate : une hausse du coût de leurs prestations jusqu’à 15 %. La suite du scénario est écrite : leurs financeurs, déjà aux abois, ne pouvant suivre, les associations, à but non lucratif et donc sans actionnaires, devront réduire leur volume d’interventions. 6,5 millions d’heures pourraient ne plus être réalisées, 120 000 personnes pourraient ne plus être aidées, et donc des milliers de salariés aidants seraient licenciés, selon une simulation du collectif qui a réclamé, en vain à ce jour, un fonds d’urgence de 100 millions d’euros pour éviter le pire.

Yves Housson, l’Humanité

FAILLITE : L’EXEMPLE DE L’ADMR

L’association d’aide à domicile du Finistère, troisième employeur du département avec 3700 salariés et 30000 familles aidées est en situation de faillite avec une dette cumulée de 5,8 millions d’€. La situation sociale est délétère, et le conseil général principal financeur veut tout remettre à plat devant ce désastre social.

Aide à domicile. 2 millions de personnes aidées

aide-a-domicile.pngComposé d’organismes à but non lucratif de statuts divers (associations, centres communaux d’action sociale, mutuelles…), le secteur de l’aide à domicile intervient auprès de plus de 2 millions de personnes : aide aux personnes en perte d’autonomie, handicapés, personnes malades, soutien aux parents, garde d’enfants…


Il compte 240 000 salariés, un effectif en constante progression. Les femmes représentent 93 % du personnel des associations. Beaucoup d’emplois restent précaires (temps partiel non choisi, salaire au-dessous du Smic). 
u Les principaux financeurs sont les conseils généraux, les caisses d’allocations familiales.

Evry, l’exemple de l’AMSAD

L’Association de Soins et d’Aide au Maintien à Domicile intervient auprès (1) de 506 bénéficiaires d’Evry, de Lisses et Courcouronnes avec le concours de 59 salariées dont la totalité sont des femmes.

Une plateforme commune a été mise en place avec l’association d’aide à domicile de Ris Orangis qui emploie plus de 40 salariés pour ce qui concerne la gestion administrative et comptable.

Le budget global de l’association se situe à près de 1,5 millions d’€ assuré par des recettes qui proviennent pour 1/3 des bénéficiaires, pour près de la moitié par le conseil général (avec l’Allocation Personnalisée Autonomie) et la participation d’autres caisses de retraites et de la CNAV. Les Municipalités ont accordé une subvention globale de près de 100 000 €.

L’AMSAD intervient auprès de 159 personnes dont la dépendance est élevée (GIR 1 à 4), soit l’équivalent du nombre de résidants de 2 maisons de retraites, et auprès de 354 personnes relativement autonomes (GIR 5 et 6).

Cette association qui a un rôle important pour le maintien à domicile des personnes âgées et emploie avec l’association partenaire de Ris plus de 100 salariés est en situation financière difficile. Cette année la réforme fiscale va entraîner un surcoût financier de près de 50 000 € difficile à équilibrer puisque les prix des journées sont strictement encadrés dans le cadre des conventions financières avec les différents financeurs, et que les usagers ont des revenus en diminution constante après les différentes réformes sociales.

(1) Chiffres 2009

07.02.2011

HOPITAL SUD FRANCILIEN : VERS LA BEREZINA ?

hopnouv.gifLe nouvel hôpital Sud Francilien qui va regrouper les sites de Courcouronnes et de Corbeil sur un territoire situé à Corbeil sera ouvert progressivement aux usagers théoriquement à partir du 17 mai 2011.

Il remplacera ainsi l’hôpital Louise Michel de Courcouronnes, et Gilles de Corbeil à Corbeil et regroupera en outre les lieux de soins de Yerres.

 

BEREZINA FINANCIERE

Pour le comité de défense de ses hôpitaux, remplacer des structures construites dans les années 70 constituent déjà un premier gâchis financier.

 

A ce gâchis, tout indique déjà que l’ouverture de ce nouvel hôpital ultramoderne et géant d’une superficie de 110 000 m2, avec 1017 lits, 20 blocs opératoires, 130 salles de consultation, risque très rapidement par se traduire par une double bérézina financière et humaine.

 

Le milliardaire Serge Dassault, maître d’œuvre de ce projet, ancien Maire de Corbeil, homme influent du régime,  pour un hôpital qui un jour probablement portera son nom, souligne déjà : « quelques problèmes financiers qui son à résoudre », et pour cause…

D’un coût de construction estimé à 344 millions d’€, le prix global en y ajoutant la totalité des frais (construction, aménagement routier, mises en réseaux, déménagement, démolition ou réaménagement des hôpitaux actuels) dépassera d’après de nombreuses estimations plus d’un milliard d’€.

 

Les collectivités locales déjà étranglées financièrement par les réformes de l’Etat et la suppression de la Taxe Professionnelle sont largement mises à contribution, en particulier le département, et avec eux les habitants de l’Essonne au même moment où des moyens financiers manquent cruellement au conseil général pour intervenir dans le domaine social, qui est pourtant de sa compétence première.

 

La construction de cet hôpital a été confié à une société privé Heveil, filiale du groupe BTP Eiffage dans le cadre d’un partenariat public-privé malgré les fortes réticences du Conseil Constitutionnel qui dans un avis daté de 2003 estimait : « que généraliser ce type de construction serait contraire aux exigences constitutionnelles d’égalité et bon usage des fonds publics ».

Le remboursement de cette opération sera effectué par le biais d’un loyer annuel payé par le centre hospitalier qui prévu à l'origine à 30 millions d'€ est aujourd'hui fixé à 42 millions d’€, abondé au 2/3 par l’assurance maladie pour un coût total final de 1,2 milliard d’€ sur toute la durée du bail prévue initialement jusqu’en 2041 mais risque fort d’être repoussé. La société Heivel sera également responsable de la maintenance et de l’exploitation de ce bâtiment.

 

Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile de France publié en juillet 2010 indique que "le recours à la maîtrise d'ouvrage publique financée par un emprunt aurait été une solution moins coûteuse, moins hasardeuse et surtout davantage maîtrisable", "une stimulation pour un emprunt de 344 millions d'€ sur 30 ans donne un coût final de 757 millions d'€, soit une économie de 550 millions d'€".

 

hopital047.jpgBERIZINA HUMAINE

Les 3000 à 4000 emplois dont la Direction a approuvé la suppression à l’Assistante Publique de la Région Parisienne sont un petit avant goût de ce qui attend les salariés de ce nouveau hôpital après la fusion des deux autres.

Aujourd’hui ce sont plus de 3000 personnes qui travaillent dans les  hôpitaux Sud Francilien, les prévisions données dans les dossiers de presse sur le nombre de personnes qui seront alors employées après dans cet hôpital unique est de 1500 précisément. Le « dégraissage »  sera massif, même si le chiffre annoncé est discutable et ne prend pas en compte sans doute toutes les données.

Ce sont des centaines d’emplois qui vont être supprimés, des dizaines de services fermés, des milliers d’usagers « éjectés » vers les cliniques privés, où qui ne recevront plus de soins. Le maire d'Evry a avoué que l'ouverture de cet hôpital de traduira également par le "siphonage" des emplois de tous les autres hôpitaux du secteur. Le regroupement envisagé pour tout le Sud de l'Ile de France des urgences uniquement vers l'hôpital sud francilien en est la malheureuse illustration.

 

hop.jpgLe déficit structurel de ce centre hospitalier est aujourd’hui de 15 millions d’€, auquel va s’ajouter le coût du surloyer à payer à Eiffage.

Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France a averti. « La masse salariale des hôpitaux représentent 68 à 70 % des charges, et reste la seule variante d’ajustement pour rester dans les enveloppes accordées ». Enveloppes qui de fait se réduisent d’année en année. La piste est tracée.

 

Pas sûr que salariés, usagers, élus acceptent ce scénario sans réagir.

Article publié le 27 janvier 2010, et actualisé le 07 février 2011

03.02.2011

EVRY, L’EAU EN QUESTION…

eauQuelMonde.jpgLa gestion de l’eau n’est plus sujet tabou sur l’agglomération d’Evry. Le Maire de la ville qui est également Président de la communauté d’agglomération d’Evry centre, l’a annoncé publiquement à l’occasion du conseil municipal du 27 janvier « une étude sera réalisée pour déterminer si cette gestion ne doit pas être confiée à une régie municipale ».

Les élus communistes de l’agglomération d’Evry, le PCF viennent de proposer une pétition dans ce sens. Le Parti de Gauche, Attac demandent également de rendre publique cette gestion de l’eau.

Le prix moyen de l’eau se situe autour de 3.33 € le m3, en Ile de France.

A Evry le tarif en 2010 était de 3.78 € (gestion privée) contre 2.89 € par exemple à Paris (gestion publique).

Cette gestion est assurée aujourd’hui par la Société des Eaux de l’Essonne de la Lyonnaise des Eaux, une des sociétés les plus importante du groupe Suez Environnement.

Dans le bilan d’activité du 1er semestre 2010 Suez Environnement a indiqué « le segment Eau-Europe affiche un chiffre d’affaire de 2016 millions d’€ en croissance de 4 %. En France, l’évolution de l’activité résulte des effets positifs des augmentations tarifaires, dans un contexte de stabilité du volume des eaux vendus ».

Le résultat net du groupe était de 386 millions d’€ (+121 %), soit 0,79 € par action.

Le débat s’engage….

TEXTE DE LA PETITION PROPOSEE PAR LE PARTI COMMUNISTE ET SES ELUS

petitionhop.JPGEVRY : LEAU NEST PAS UNE MARCHANDISE, SA GESTION DOIT ETRE PUBLIQUE

La délégation du service public de leau de la communauté dagglomération d Evry Centre arrive à son terme.

Les citoyennes et les citoyens vont enfin pouvoir donner leur avis.

Si comme nous vous souhaitez que la gestion de leau soit publique, que son prix soit réduit pour les besoins vitaux, que de véritables économies soient programmées, vous pouvez signer cette pétition :

Depuis la création de la ville nouvelle dEvry, la gestion de leau est privatisée. Elle a été confié à la Société des Eaux de lEssonne, de la Lyonnaise des eaux, du groupe Suez Environnement dont les résultats net au premier semestre 2010 sétablissent à + 121 %.

Le tarif au m3 était de 3,78 en 2010, pratiquement un des plus chers de lIle de France (tarifs situés en moyenne à 3,33 €, 2,89 à Paris).

Dici 2015 les prévisions de hausse dans la région Parisienne sont de plus de 15 %.

« Leau nest pas une marchandise, cest un bien commun de lhumanité, nous exigeons sa gestion publique en régie municipale.

Pour arrêter le gaspillage, pour une tarification sociale, nous souhaitons une gestion transparente sous contrôle des citoyens.

Pour cela, nous demandons que la communauté dagglomération dEvry centre diligente une étude indépendante, comparative entre le privé et le public. »

JEUNESSE COMMUNISTE-GROUPE DES ELUS COMMUNISTES DEVRY ET DE LISSES

POUR SIGNER LA PETITION CLIQUEZ SUR CETTE LIGNE

INFOS : 15 % DE HAUSSE D’ICI 2015

eaubouteille2.jpgLes tarifs de l'eau en Ile-de-France devraient augmenter en moyenne de 15 % d'ici à 2015, selon une étude interne de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, rapporte le quotidien Le Parisien.

Selon le quotidien, le prix médian payé par les 11 millions d'habitants de l'Ile-de-France passera de 3,33 à 3,82 euros/m3, soit "un surcoût annuel d'environ 30 euros pour une personne seule et de 60 euros pour une famille avec deux enfants".

A Paris, la hausse devrait avoisiner les 11%."En Ile-de-France, les tarifs actuels varient du simple au double, allant de 2,89 euros/m3 pour Paris, le tarif le moins cher, à 5,52 euros/m3 pour Auvers-sur-Oise, dans le Val-d'Oise".

Une "médiation de l'eau" a été créée fin octobre pour tenter de régler à l'amiable les contentieux entre les consommateurs et les entreprises privées de services d'eau. Une dizaine d'associations de consommateurs est partenaire de la médiation de l'eau, mais pas l'UFC-Que Choisir, très critique sur le coût de l'eau dans plusieurs agglomérations françaises, notamment en Ile-de-France.

 

17:00 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, gestion, prix, evry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23.01.2011

ILE DE FRANCE - L'AIR SOUS CONTROLE

airparifidf.gifLE DOSSIER

AIRPARIF (Association Inter-Régionale sur la Pollution Atmosphérique en Région Ile-de-France) est une association type de loi de 1901 à but non lucratif, du réseau ATMO, créée en 1979 et implantée rue Crillon dans le 4°ardt de Paris.

C’est un organisme agréé par le ministère chargé de l’Environnement.


AIRPARIF a quatre missions :

1 - Surveiller la qualité de l’air ;

2 - Prévoir les épisodes de pollution ;

3 - Evaluer l’impact des mesures de réductions des émissions ;

4 - Informer les autorités et les citoyens.


Son conseil d’administration est constitué de représentants de l’Etat (préfet de région et de Paris, DRIRE, STIIC, ADEME…), de collectivités territoriales (mairie de Paris, conseil régional et conseils généraux, SYCTOM, STIF), de représentants des diverses activités polluantes (association AIRASIF comprenant EDF, CPCU, TIRU…et transports comme RATP et AdP) et des associations agréées de protection de l’environnement (Que Choisir, LCPP, LHVP, le président de AIRPARIF…).

 

Cette pluralité assure son indépendance par rapport à ces décisions concernant les orientations de la politique de surveillance.
Le financement provient de la Taxe Générale des Activités Polluantes (TGAP) reversées par les industriels et les collectivités, et de l’apport de l’Etat. Ces 2 sources sont équivalentes.

aiparifEVRY.jpgAIRPARIF réalise une surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France grâce à une cinquantaine de stations, dites « trafic » (Champs-Elysées, Place Victor Basch…), « de fond » (Issy, Ivry, Aubervilliers, Lognes…) ou « rurale » (Fontainebleau, Rambouillet, Prunay Le Temple…) suivant leur éloignement du trafic routier. A Evry la station est située 1 place Mendes France (voir la photo).

Les paramètres mesurés sont les oxydes d’azote et de soufre, le monoxyde de carbone, l’ozone et les particules inhalables dites « PM10 » et « PM2,5 ». Tous les paramètres ne sont pas mesurés sur toutes les stations du réseau.


Elle informe, dépendamment des résultats et du bulletin Météo France reçu, les franciliens de la qualité de l’air du jour et une prévision sur J+1.

 

Les données sont mises en ligne sur le site d’AIRPARIF (http://www.facebook.com/l/e40b1;www.airparif.asso.fr) 24h/24h. On y trouve tous les paramètres mesurés de toutes les stations du réseau permanent.


Des campagnes de mesures commandées ou internes sont également réalisées et rendues publiques sur le site internet.

 

airparif1.jpgTelles sont les campagnes actuelles de ce début d’année 2010 sur la mesure de la qualité de l’air après la mise en service de la première section du tunnel « Duplex A86 », vers Rueil-Malmaison et Versailles, et avant l’ouverture de la deuxième section (http://www.facebook.com/l/e40b1;www.observatoire-a86ouest.fr) et sur la mesure de métaux autour de l’incinérateur d’ordures ménagères de Saint Ouen (93) (Jacqueline ROUILLON, PCF, est maire de Saint Ouen).

Cette mesure sur les métaux fait d’ailleurs partie d’un programme interne de mesure sur les métaux depuis 2 ans.

Des mesures avaient été réalisées il y a deux ans aux abords d’une aciérie électrique à Montereau-Fault-Yonne (77) et l’an dernier aux abords d’une raffinerie à Grandpuits (77).

Eric Woerth, le 3 décembre 2009, ministre du budget, a annoncé aux dirigeants des opérateurs de l’Etat les nouvelles règles de gouvernances. Les associations du réseau ATMO (dont fait partie AIRPARIF) ont appris qu’elles étaient, elles aussi, opérateurs de l’Etat. Ce fait implique un contrôle direct de l’Etat et un financement majoritaire de l’Etat.


AIRPARIF perdrait son indépendance et près de la moitié de ses apports pécuniaires.


De plus, et sans rapport, si ce n’est le camp politique des protagonistes, la station d’Issy-les-Moulineaux (qui fait partie des 50 stations AIRPARIF), implantée depuis près de 20 ans dans le cœur de la ville est en danger.

 

En effet, depuis quelques temps et le début des constructions de Seine-Ouest, les résultats ne sont plus ce qu’ils étaient au début de la création de cette station.

Prétextant que les résultats anormaux provenaient des abords de la ville et non de la ville et que le public allait se méprendre, le maire de la ville, André Santini, et son adjointe à l’Environnement ont décidé de supprimer la station.

 

 AIRPARIF ne devrait donc pas avoir l’autorisation de rester dans le local où est actuellement entreposé les appareils en activité.

 

 
Infos :

 

Les normes de qualité pour l’ozone sont en moyenne dépassées deux fois plus dans les zones rurales de l’Ile-de-France qu’au cœur de Paris. En effet, l’ozone disparaît en présence de dioxyde d’azote, qui lui est émis par le trafic routier.


AIRPARIF enregistre en moyenne 15 dépassements par an.
Le transport routier contribue à 52% des émissions de NOx, 36% des particules et 28% des HC.

18:12 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : airparif, air, contrôle, pollution | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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