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19/04/2014

TU SAIS QUE TU VIENS DE GRIGNY QUAND....

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Depuis quelques semaines, une page Facebook fait beaucoup parler d'elle, à Grigny dans l'Essonne et au-delà.

 Au lendemain des élections municipales, pour "réunir toute la ville", un éducateur sportif a eu l'idée de lancer sur le réseau social une page intitulée "Tu sais que tu viens de Grigny", titre suivi de trois petits points, le reste étant à compléter par les internautes. Et avec plus de 2800 inscrits, l'idée rencontre un succès fou

La place des pigeons, à Grigny, est l'occasion pour les internautes de raconter leurs souvenirs à cet endroit de la ville... © Radio France - Virginie Pironon

Parmi les jeunes du quartier, tous, ou presque, ont posté leurs commentaires. L'entre d'entre eux a ainsi contribué à la fameuse page Facebook en écrivant : "Tu sais que tu viens de Grigny quand tu connais tous les chemins de la Grande Borne..."

Un souvenir, un sentiment, une anecdote

Une référence à ce quartier en forme de labyrinthe, conçu à la fin des années 60 par l'architecte Emile Aillaud qui voulait en faire un paradis pour les enfants, sans voitures. Un serpent de mer, la tête de Gulliver, et même, des pigeons géants... des œuvres d'art sont disséminées dans tout le quartier.

Sur la page Facebook "Tu sais que tu viens de Grigny quand...", chaque internaute poste un souvenir, un sentiment sur "sa" ville. Chacun y va de son anecdote.

Le maire de la ville fan du projet

Fransky, 28 ans, est à l'origine du groupe sur Facebook. Son idée ? Créér du lien en évoquant les souvenirs, en échangeant des photos, et donc, même, faire revenir le fameux glacier... Mais cet éducateur sportif ne s'attendait pas vraiment à une telle réussite, puisqu'à ce jour sa page a réuni plus de 2.800 fans.

Parfois, les anecdotes se transforment en aveux : oui, j'ai volé un poney au cirque, ou plus classique, des bonbons chez ED... On évoque aussi Annie, la "folle" qui terrorisait les enfants... Bref, des histoires de gosses, d'ados, comme partout ailleurs.

Et il y en a un qui s'amuse bien, qui participe lui aussi, c'est le maire, le communiste Philippe Rio, bientôt 40 ans et enfant de la Grande Borne.

Reportage diffusé par France Info

12/08/2010

ZOHRA MEZIANE Une lavandière dans le poumon de Grigny 2

Quartiers. Les visages de l'engagement

zohra.jpgElle est l’unique salariée d’une petite laverie associative située au cœur d’un des plus grands quartiers populaires de l’Essonne. Un petit espace que Zohra anime chaleureusement pour rompre l’isolement des vieux, des femmes seules 
et des plus précaires.

Son sourire lui mangerait le visage. Sa voix est forte, parfois ferme, toujours déterminée. Zohra Meziane est une femme de Grigny, une Marocaine native de Casablanca. Nous l’avons rencontrée au 64 bis, route de Corbeil, à la Source, laverie associative de la commune la plus jeune et la plus pauvre du département. Pendant l’entretien, des femmes passent, pas forcément pour apporter du linge à laver. Parfois, juste pour faire un petit coucou. «Je connais tout le monde ici !» dit-elle en agitant la main. Les machines à laver sont pleines. Les sèche-linge tambourinent. Dans les odeurs de lessive, Zohra raconte un itinéraire peu commun.

Des vies, on peut dire qu’elle en est à sa deuxième. La première se déroule au Maroc, dans un décor de firme pharmaceutique. «J’étais déléguée médicale. Je faisais la promotion des médicaments auprès des médecins, des cliniques, dans les petits patelins du Maroc.» Poussée par un père militaire engagé aux côtés de l’armée française, Zohra est une élève brillante et disciplinée. «J’allais dans les bibliothèques. Je travaillais beaucoup. Mon père me disait toujours : “ il faut travailler plus que les autres, tu dois gagner ton indépendance”.» La mère de Zohra, elle, s’engage aux côtés des Marocains qui réclament l’indépendance. «Ma mère était très belle. Elle allait dans les prisons en djellaba, se couvrait le visage et demandait à aller voir son frère. Dès que les soldats français la voyaient, ils la laissaient passer. Après, elle échangeait sa djellaba avec un prisonnier pour qu’il puisse s’évader.» Mais l’ambiance à la maison, avec ses sept frères et sœurs, est davantage militaire que révolutionnaire. En somme, «une éducation à la française»…

Zohra se passionne pour la physique, la chimie et les mathématiques. Elle est considérée comme un «excellent élément» et son père l’envoie en France passer son bac, et étudier à l’Institut universitaire de technologie et de chimie. Au bout d’un an, elle rentre et trouve immédiatement du travail comme déléguée médicale. Cinq ans à sillonner le Maroc pour le compte de Hoechst, groupe pharmaceutique allemand. Débauchée par Sanofi, elle poursuit sa carrière pendant dix ans, se spécialisant dans «le cardio-vasculaire». Elle fait du chiffre d’affaires et se révèle une communicante très douée. Les primes augmentent, la paye aussi. «Je travaillais comme une dingue en faisant du business… Mon père me poussait à battre les hommes qui ne me faisaient pas de cadeaux !» Un appartement dans le quartier chic des Palmiers à Marrakech, une Mercedes 300, des week-ends en France… Zohra vit bien. Jusqu’au jour où, comme elle le dit si pudiquement, « ma fille est tombée dans mon ventre».

Enceinte de six mois, elle rend visite à sa sœur au Havre. La fille de Zohra naît prématurée le 15 novembre 1998. À partir de là, tout bascule. La petite Inès arrive au monde avec de graves problèmes respiratoires. C’est le début d’une lente mue pour Zohra. «Les médecins m’ont dit qu’il fallait que j’aille vivre à la montagne avec ma fille. Je n’ai même pas prévenu mon patron. En 1999, j’étais licenciée. Je suis partie vivre à Saint-Laurent-du-Pont dans l’Isère, à 1 800 mètres d’altitude.» La vie s’écoule et au bout de quatre ans, Zohra décide de se rapprocher «des grands hôpitaux parisiens». En 2002, elle trouve une annonce, un appartement à louer à Grigny 2. L’arrivée avenue des Sablons est brutale. L’appartement fait 23 mètres carrés, infesté de punaises et de cafards. Zohra touche le RMI et s’adresse aux associations caritatives. «C’était dur, un peu humiliant pour moi.» Pour rembourser ses dettes et payer des soins médicaux à sa fille, Zohra vend son appartement marocain, sa voiture et même sa retraite. «Mais comme je ne suis pas une femme qui reste à la maison, j’ai commencé à faire du bénévolat. D’abord au Secours catholique puis à l’épicerie sociale, juste à côté d’ici.» Peu à peu, elle rencontre des habitants de Grigny et trouve une petite maison à louer au 51, rue Pierre-Brossolette, à deux pas de la Source, la laverie associative.

Ce sont deux éducatrices spécialisées qui lancent le projet en 2001, à partir d’un simple constat : beaucoup d’habitants de Grigny 2 et de la Grande Borne n’ont pas de machine à laver, beaucoup sont des primo-arrivants, des sans-papiers, des exilés, venus d’Afrique mais aussi d’autres banlieues parisiennes. «Les gens viennent dans cette ville car on leur dit qu’il y a des associations et des aides pour les étrangers. Il paraît aussi que la préfecture est moins dure qu’ailleurs.» En 2004, la laverie cherche une salariée. Zohra est toute désignée. Depuis, elle fait l’accueil, l’écoute, la comptabilité, le lavage et le repassage, épaulée par une dizaine de bénévoles. En tout, l’association possède plus d’une centaine d’adhérents, parvenant à toucher « e poumon de Grigny 2».

Au fond, la laverie est un beau prétexte. Pour créer du lien, prévenir, rompre l’exclusion, réorienter les personnes vers d’autres services. «Parfois, on a des hommes seuls, parfois alcooliques, qui viennent pour parler, vider leur sac. Il y a les vieux aussi qui ne savent pas remplir les papiers administratifs, les chômeurs qu’on aide à imprimer des CV… Je vois aussi des familles qui se partagent un seul appartement. Les enfants étouffent. Ici, on joue avec eux, on lit des histoires.» Une petite étagère abrite quelques jeux et livres usés. Un ordinateur, un peu daté, «qu’on aimerait changer», une imprimante qui tourne beaucoup, 
«il faudrait faire de l’alphabétisation»… Beaucoup de missions pour une association aux moyens modestes.

La deuxième vie de Zohra a commencé à Grigny. Définitivement, elle ne changerait pas un millimètre à sa vie. « J’ai été du côté de ceux qui poussent les gens à consommer, maintenant je suis du côté de ceux qui subissent la société de consommation. » La roue tourne, comme elle dit en haussant les épaules. Heureuse, fière même d’être «avec les gens». Maintenant, c’est son tour.

 Ixchel Delaporte, l'Humanité

10:27 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : grigny, zohra | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/06/2010

GRIGNY VOIT ROUGE !

grignya.jpgMusique de fond en klaxon, trompette et tambour, c’est sur une ambiance festive que des centaines d’habitants de Grigny, des employés communaux, des élus ont manifesté devant la Préfecture de l’Essonne pour protester contre les directives gouvernementales qui veulent asphyxier financièrement les collectivités  locales et en particulier cette ville qui est une des plus jeune et des plus pauvre de France.

 

L’Etat non seulement se désengage, mais de plus refuse d’honorer ses dettes liées aux programmes de réhabilitations qu’il avait initié avec la ville.

 

Aujourd’hui le Préfet qui l’an dernier avait décidé contre l’avis des élus d’augmenter de 50 % les impôts locaux, demande à la Municipalité d’économiser sur tous les services pourtant indispensable à la vie de la cité (école, social, habitat, crèche, sport, enfance…).

 

Le conseil municipal et le conseil général unanime, toutes sensibilités politiques comprises ont apporté le soutien aux habitants et à l’équipe municipale de Grrigny.

 

grignyb.jpgClaude Vasquez, le Maire communiste de Grigny a rappelé devant la préfecture ces faits, soutenu par de nombreux parlementaires, conseillers généraux et Maire présents dont Bernard Véra, sénateur, Julien Dray député, Francis Chouat, Marjolaine Rauze, Francis Chouat, Bruno Piriou, Patrice Finel, Paul da Silva, Gabriel Amard, conseillers généraux, des élus de Grigny, Viry dont Simone Mathieu, Maire de la ville, Evry, Morsang,  Longpont, Corbeil...

 

Une délégation a été reçue par le Préfet.

 

La situation financière difficile des collectivités locales, la volonté du gouvernement de diminuer les dotations, la montée en charge des besoins sociaux des habitants laisse présager que la colère exprimée par Grigny et le début d’un mécontentement qui va augmenter sensiblement et très rapidement.

 

Texte, photos, vidéo exclusifs E-Mosaïque

 

 

16:39 Publié dans Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : grigny | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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