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04/07/2013

Paris : une succession de mauvais coups contre les communes

favierchristianbertrandguayafp.jpgLETTRE OUVERTE DE CHRISTIAN FAVIER, Président du Conseil Général et sénateur du Val de Marne.

Je viens de prendre connaissance des amendements portant sur la métropole du Grand Paris déposés ce matin par le gouvernement en commission des lois de l’Assemblée nationale.

Je suis stupéfait devant ce qui s’apparente à une succession de mauvais coups contre les communes des départements de petite couronne au profit d’une nouvelle instance technocratique éloignée de la vie et des citoyens.

Mauvais coup par la forme : en pleine période estivale, sans aucune concertation ni avec les élus, ni avec les populations.

Mauvais coup sur le fond : cette métropole, administrée par un conseil d’élus de deuxième rang, rassemblant 124 communes et plus 6,7 millions d’habitants (56% de la population régionale et 10% de la population nationale !) disposera de pouvoirs immenses, en matière d’aménagement, d’urbanisme, de logement et de transition énergétique.

C’est la porte grande ouverte à un retour aux errements du passé, au temps où Paris imposait ses logements sociaux, ses cimetières, ses entrepôts aux communes de banlieue. En fait de modernité, cette métropole incarne le retour vers un passé que les territoires de banlieue espéraient enfin révolu. Mauvais coup également contre la simplification puisque pas moins de 5 institutions sont créées à l’échelle de la métropole ainsi qu’une quinzaine de conseils de territoire rayonnant sur des aires de plus de 300.000 habitants.

De fait cette métropole s’apparente à une véritable usine à gaz technocratique.Mauvais coup contre les institutionsdémocratiques ensuite, puisque l’organisation de la métropole sera demain calquée sur celle de Paris aujourd’hui.

Un conseil métropolitain de 200 membres qui décidera de tout, des conseils de territoire, à l’image des mairies d’arrondissements qui gèreront par délégation et enfin, des communes qui n’auront pas plus de poids ni de responsabilité demain qu’un conseil de quartier parisien actuellement.

C’est une perspective inacceptable tant le rôle pivot joué par la commune dans l’organisation territoriale de la République ne peut être remis en cause sauf à vouloir fragiliser l’ensemble de nos institutions.

Mauvais coup enfin sur la question du logement puisque sous couvert de créer un fort bloc de compétence autour de la métropole, l’Etat se désengage de fait financièrement et réglementairement d’un domaine où lui seul peut imposer à l’égoïsme de certains, le respect de l’intérêt général.

Au final, le gouvernement préconise un bouleversement total et anti démocratique de la petite couronne alors qu’à Paris les institutions héritées du siècle dernier demeurent inchangées.

J’estime, au regard des enjeux de lutte contre la crise et de remobilisation des institutions démocratiques que tout ce qui éloigne les citoyens des lieux de décision n’est pas bon. C’est la raison pour laquelle je ne peux accepter cette re-concentration qui s’accélère avec la création de la métropole de Paris, dans une démarche radicalement inverse à ce que devrait être une nouvelle étape de la décentralisation.

Aux côtés des maires et des citoyennes et citoyens qui sont attachés à la commune et à la démocratie locale, je demande solennellement au gouvernement de retirer ce mauvais projet et d’engager sans délais un véritable débat populaire sur la base des travaux effectués par le syndicat mixte Paris-métropole sur les enjeux de l’avenir de la métropole et de ses habitants.

Christian Favier
Sénateur
Président du Conseil général du Val-de-Marne

21/12/2011

Grand Paris, les contribuables franciliens paient l’addition !

manif19061.JPGLe « Grand Paris » fait l’objet de nombreux débats. Ce projet est d’abord et surtout un projet capitalistique qui consacre l’idée d’une métropole financière de rang mondial, mais dont la majorité des salariés et habitants franciliens n’ont rien de bon à attendre en matière de transports, de logement, de services publics etc… Car l’objectif est de faire de l’Ile-de-France une place forte financière qui entrerait en concurrence avec les autres places financières européennes telles Londres ou Francfort.

Et dans un tel contexte, les transports sont un enjeu essentiel dans cette logique capitalistique, l’organisation des transports précédant souvent l’aménagement du territoire.

Il en est ainsi du projet « Grand Paris Express ». Si certains localement peuvent y trouver une réponse à leurs problèmes de transports, globalement ce projet ne répond pas aux attentes et besoins des populations, particulièrement celles qui sont moins fournies en matière de transports collectif. Et pourtant tous les contribuables franciliens vont payer ce projet « Grand Paris ».

impot.gifAinsi tous les propriétaires et locataires doivent mettre la main au porte monnaie. En effet, que ce soit sur la taxe foncière ou la taxe d’habitation 2011, est apparue une ligne en forte progression (+ 160 % à + de 200 %) dans la colonne taxe sociale d’équipement (TSE). Et en bas de page, en tout petit, on vous explique que la taxe spéciale d’équipement comprend la TSE « grand Paris » pour X Euros.

Oui, dans la plus grand discrétion, tous les franciliens sont ponctionnés pour financer ce « Grand Paris » dont ils ont peu d’informations concrètes, mais qui pour beaucoup n’apportera rien dans leur quotidien, ou pire pourra l’aggraver, avec une amplification des inégalités territoriales concernant le logement, les transports, la santé, l’éducation, les services publics etc…

industrie.jpgAinsi on note, que dans ce projet « Grand Paris » le transport des marchandises est totalement absent et le nouveau projet d’infrastructure qu’est le « Grand Paris Express » s’il reste en l’état ne le permet pas. Mais là n’est pas leur objectif qui lui est de desservir (servir) des pôles d’excellences au service du capital. Peu importe le reste de la région. Dans leur logique capitalistique, l’industrie et l’emploi industriels, sont eux aussi appelés à fortement diminuer alors que c’est bien sur une industrie forte, renouvelée et rénovée que repose l’économie. Rappelons que l’Ile-de-France demeure la première région industrielle française, et qu’elle en a historiquement toujours puisé sa puissance.

C’est pourquoi nous combattons cette désindustrialisation de l’Ile-de-France qui est très inquiétante. Les emplois et activités de services et tertiaires ne suffisent pas à pérenniser un développement économique et social durable.

Avec ce « Grand Paris » nous connaissons une situation nouvelle avec un détournement du sens des transports qui n’est plus de répondre aux besoins des usagers et des populations, de participer à l’aménagement du territoire et au développement industriel, mais répondre uniquement au besoin du capital. Les franciliens n’ont pas à payer cette logique. Leurs attentes, c’est une amélioration immédiate de leurs conditions de transports, sachant qu’avec les réorganisations, les délocalisations, le coût du logement, les temps de transports ne cessent de s’allonger.

D’autres choix sont possibles et nécessaires passant aussi pour d’autres financements. En commençant par mettre à contribution ceux qui profitent (au sens de faire du profit) en territoire des équipements publics et du transport (grande distribution, industrie du tourisme, zones logistiques …) via une fiscalité qui alimente les fonds régionaux.

Il faut également généraliser le versement transports, impôts sur les entreprises pour qu’elles participent aux financements des équipements transports, réformer la fiscalité du transport professionnel avec prise en compte des coûts externes aujourd’hui à charge de la collectivité (pollution, nuisances, infrastructures, accidents…)

La CGT propose la création d’un pôle financier public ! La maitrise publique du système de transport est nécessaire, elle est possible, c’est un choix politique, le service public de transport à besoin d’être renforcé !

Communiqué de la CGT Île-de-France

27/05/2011

Grand Paris Express : un nouveau pas décisif

plan-GrandParisExpress.jpgCommuniqué du groupe Front de gauche PCF-GU-AC au conseil régional Ile de France

Avec l’adoption de l’« acte motivé » de la Société du Grand Paris, un nouveau pas décisif est franchi vers la réalisation d’un nouveau réseau de transport de 200 km de long, essentiellement de banlieue à banlieue.

C’est un projet que nous défendons depuis des années. Il est essentiel pour répondre aux besoins des Francilien-ne-s, indissociablement de l’amélioration des réseaux existants. 12 milliards d’euros vont être consacrés à l’amélioration et à la modernisation de l’existant et 20,5 milliards au nouveau métro.

Pour Gabriel Massou, président du groupe Front de gauche PCF-GU-AC, « ce sont les débats publics sur Arc Express et le Grand Huit et la mobilisation des populations et des élu-e-s locaux qui ont permis d’aboutir ». Les débats ont clairement montré qu’on ne pouvait en rester à une desserte rapide de pôles à pôles. Ils ont affirmé l’exigence indissociable d’un métro en rocade qui desserve les territoires et d’agir dès maintenant pour améliorer l’existant.

Le schéma adopté aujourd’hui, quatre mois après le protocole État/Région, est imprégné de ces exigences. L’intervention citoyenne a changé la nature du projet initial du Réseau de transport du Grand Paris :

- Alors que la SGP proposait un projet de 39 gares, ce sont 72 gares qui devraient être réalisées, répondant à l’exigence de desserte fine et de désenclavement que le groupe Front de gauche PCF-GU-AC a toujours portée.

- La création de deux arcs à l’est, en Seine-Saint-Denis, en Val-de-Marne et en Seine-et-Marne, ainsi que d’un arc reliant Val-de-Fontenay, est un acte fort pour le rééquilibrage des transports franciliens et le désenclavement des quartiers populaires.

- Conformément à nos demandes, la liaison Orly-Versailles via Saclay ne sera pas un métro démesuré, mais une desserte légère – avec un métro de 250 places – qui répond aux besoins des territoires, avec 11 stations au lieu de 3, et préserve les terres agricoles.

Tout n’est pas encore écrit et du chemin reste à parcourir pour moderniser les transports publics en Île-de-France. La mobilisation doit encore continuer pour améliorer le projet de métro de banlieue à banlieue comme le réseau existant !

Les cinq gares optionnelles doivent être confirmées. Il serait impensable que des quartiers populaires comme Chevilly-L’Haÿ-Villejuif, La Courneuve 6 Routes ou Nanterre La Boule soient les oubliés du Grand Paris.

Le STIF doit être reconnu comme « autorité organisatrice des transports ». Aucun des choix essentiels — exploitation, matériel roulant — ne doit pouvoir être pris sans son accord. C’est une exigence démocratique essentielle, puisqu’à travers le STIF, c’est la voix des élu-e-s et des territoires qui s’exprime. Cela passe par une modification de la loi.

Il y a urgence à dégager de nouvelles ressources pour le fonctionnement des transports publics. Le fonctionnement des nouveaux réseaux ne pourra reposer sur les usagers, qui subissent déjà des hausses inacceptables ! Il est urgent d’augmenter la contribution des entreprises par une hausse du versement transport, et de faire payer la spéculation.

Sans attendre, il y a urgence à confirmer les financements pour le Plan de mobilisation et la modernisation des RER. L’État et les collectivités doivent enfin être à la hauteur des attentes des populations face à une situation devenue aujourd’hui invivable.

17:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grand paris, shéma | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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