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01/11/2010

EXPOSITION : BRUNE/BLONDE

cinebrune.jpg

Une exposition Arts et cinéma

Ou comment le cinéma, à l’instar de la peinture, de la sculpture et de la photographie, s’est amusé à représenter les brunes et les blondes dans des scénarios où se mêlent le désir, le fétichisme et la rivalité mimétique.

L’idée est d’Alain Bergala, commissaire de cette exposition à la fois savante et ludique sur l’histoire de la chevelure au cinéma. L’exposition s’accompagnera d’un catalogue (très illustré et avec de nombreux textes et entretiens passionnants), d’une programmation de films, de conférences, d’un documentaire (produit par Zadig Productions et diffusé sur Arte).

Quand l’art se fait attraper par les cheveux

Sous l’intitulé « Brune/Blonde », la Cinémathèque française propose une exposition Arts et Cinéma d’une belle exigence sur le thème de la chevelure féminine.

Sur des écrans suspendus, une jeune femme avance dans un passage voûté. Ses cheveux longs dansent dans son dos, glissent sur une épaule qu’elle tourne par intermittence au gré de pas animés d’une sorte de hardiesse naturelle et baladeuse. De la fumée de sa cigarette naît une rêverie. Sans autre commentaire, cette vidéo ponctue tout le parcours de l’actuelle exposition de la Cinémathèque autour de la chevelure féminine dans ses représentations artistiques.

Comme une invite doucement répétée au visiteur à renouer avec sa subjectivité au sein d’une profusion d’œuvres pourtant maîtrisée. En extraits de films et réalisations inédites, tableaux, photographies et installations, c’est ici le choix des forces créatrices auxquelles on ne peut jamais soustraire le désir qui en est la source sauf à les dénaturer.

Alain Bergala, qui a conçu l’exposition, et 
Nathalie Crinière, qui s’est employée à sa scénographie, ont puisé au vertige des émotions qu’une telle thématique peut susciter, une constellation dont l’aperçu visible révèle l’infini de ses arrière-plans. On peut décliner la suite de ses espaces, « le Mythe », « Histoire et géographie » de la chevelure, ses « Gestes », vient ensuite le positionnement de la chevelure au cœur de la fiction diffracté en « rivales », « métamorphose », « travestissement », « relique ». Puis la voie s’évade vers l’abstraction, et l’usage des cheveux dans la matière picturale, la manière ornementale qui le déleste de sa charge érotique sans déflorer le mystère de la fascination.

On va lentement dans des décors succincts. Blondes en vitrines, archives de télévision et unes de magazines qui nous conduisent de l’ingénuité naïve de la blondeur à l’impérialisme de sa séduction dès lors qu’elle est outrée de platine, de leurres en boucles crantés à la Jean Harlow ou lissés en rideau d’alcôve sur l’œil de Veronica Lake. Le casque brun de Louise Brooks qui célèbre les garçonnes évoque les corsets qui tombent. Le roux incendiaire de Rita Hayworth, dans le noir et blanc de Gilda, s’embrase d’un gant roulé vers le poignet.

Hitchcock, Buñuel, Antonioni, aujourd’hui Wong Kar-waï, Abbas Kiarostami ou Godard n’ont cessé d’empoigner les mèches de leurs actrices qu’ils tressent et tordent, contraignent en chignons épinglés de fer, lâchent en fausse nonchalance, ici ployant une nuque qu’ils dénudent, là jouant de périlleux déséquilibres. Si le cinéma trace l’épine dorsale de l’exposition, ses organisateurs l’approchent d’autres moyens d’expression qui résonnent en corridors d’échos.

Les salles se succèdent en teintes presque impalpables ménageant heurts et caresses des contrastes. Et tout fonctionne des miroirs et de leurs troubles. Ainsi de celui que le visiteur lui-même figure face à la vidéo de 
Marina Abramovic. En non-réponse à « l’Art doit-il être beau ? », l’artiste s’y arrache les cheveux. À cette compulsion l’exposition, évacuant le trash, oppose l’ombre tutélaire de la rétention hitchcockienne, le legs qu’en a prélevé Lynch. Deux bonnes heures de bonheur tout de même.

Brune/Blonde à la Cinémathèque française jusqu'au 16 Janvier 2011, 51, rue de Bercy, 
75012 Paris.

Dominique Widemann pour l'Humanité



Brune / Blonde - Bande-annonce de l'exposition
envoyé par lacinematheque. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

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31/10/2010

Au secours, la « TVA sociale » revient ! (ou quand Manuel valse avec le Medef)

par Charles Arambourou militant au Front de Gauche ; praticien des finances publiques. Tribune publiée par Respublica

marche.jpgDans le numéro 642 de Respublica, nous attirions l’attention sur le « danger de l’intérieur » que représenterait, pour la gauche, la fiscalisation des prélèvements sociaux proposée par le PS. Mais il est toujours possible de faire pire, comme le prouve la Tribune Libre signée Manuel Valls et Jean-Marie Le Guen, parue dans le Monde du 14 octobre dernier.Reprenant « sans tabou » un thème de la droite et du MEDEF, ces deux socialistes proposent ni plus ni moins : « une augmentation de la TVA, en substitution d’une part des charges sociales payées par l’employeur (…) ». Bref : une « baisse du coût du travail » pour « améliorer (…) la compétitivité » des entreprises –traduisons : pour rétablir les profits. La lutte des classes, ou Robin des Bois à l’envers…

Renvoyons donc à l’analyse faite dans Respublica n° 642, en en remettant une petite couche : l’origine des « déficits sociaux », c’est le partage inégal de la valeur ajoutée, la part du capital s’accroissant au détriment de celle du travail (salaires + protection sociale). Le chômage en est une des causes, mais pas la seule, puisque les gouvernements de gauche et de droite n’ont cessé de baisser les cotisations patronales (au nom justement de la « compétitivité » !).

Donc, pour sortir de là, pas besoin d’avoir fait l’X pour conclure qu’il faut affecter une part plus grande du PIB (la richesse produite, somme des valeurs ajoutées) à la protection sociale. Erreur, nous disent Valls et Le Guen : il faut donner encore plus au capital, et faire payer le tout par l’impôt indirect !
Ces « camarades des patrons » (comme les Allemands avaient baptisé le chancelier social-démocrate Schroeder) entonnent la rengaine du « libéralisme pour les Nuls » : « crise de l’Etat providence », « prélèvements obligatoires », « déficits publics », « mondialisation », tous épouvantails chargés d’éviter au bon peuple la réflexion, et de l’inciter à la soumission. Par les temps de manifs qui courent, on leur souhaite bien du plaisir. Cerise sur le gâteau, ils se réclament hardiment de la « justice » !

En réalité, la substitution de la « TVA (anti) sociale » à la « part patronale » (élément du « salaire socialisé ») démantèlerait notre système de financement de la protection sociale, fondé sur les prélèvements mutualisés sur la richesse créée à la source. Brillante contribution au « détricotage du programme du Conseil national de la Résistance » appelé de ses vœux par le MEDEF !

depression_van_gogh.jpgAlors rappelons-le une bonne fois : la TVA est ce qu’on fait de plus injuste et inefficace comme impôt !
Injuste, car elle frappe tout le monde, mais de façon dégressive avec le revenu : les pauvres, qui consomment ce qu’ils gagnent, payent plein pot ; les riches, qui ne consomment qu’une partie de leurs revenus, épargnent « hors TVA ». A l’inverse, l’impôt sur le revenu est progressif (de moins en moins, hélas !). La part prépondérante prise dans les ressources fiscales par les impôts indirects (dont la TVA), au détriment des impôts directs, est en elle-même inéquitable.

La TVA ne frappe par ailleurs que les biens et services finaux vendus, dont les prix la répercutent sur le consommateur : elle est en revanche remboursée aux entreprises sur leurs consommations intermédiaires (intégrées dans leurs prix de revient). Le consommateur (dont la masse des salariés) n’a pas le choix : c’est lui qui acquitte l’essentiel de la TVA, les prix étant fixés par le producteur !

Voilà une des causes de l’inefficacité de la TVA. N’en déplaise à Valls et Le Guen, qui proposent, pour nous consoler, d’exclure de la TVA à taux plein les « biens de première nécessité » (dont certains -le savent-ils ?- déjà exemptés), une baisse de la TVA permet pour l’essentiel aux entreprises d’augmenter leurs marges. Ainsi, selon la Cour des comptes, la réduction du taux de TVA sur la restauration coûte plus cher qu’elle ne rapporte, et n’a pas entraîné les créations d’emplois annoncées !

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les propositions citées : à défaut d’efficacité sociale et économique, elles peuvent sûrement contribuer à la relance… de la « machine à perdre » du PS.

10:18 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tva sociale, retraite, valls, evry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/10/2010

EVRY : DES LIENS ENTRE LES GENERATIONS

semainebleue.jpgDepuis quatre ans la Semaine Bleue à Evry qui a durée 10 jours cette année du 15 au 24 octobre 2010 s’est inscrit comme un évènement départemental, la manifestation consacrée aux seniors la plus importante.

Le Président du conseil général de l’Essonne, Michel Berson présent à l’occasion des assises l’a reconnu .

35 manifestations différentes se sont déroulés pendant ces 10 jours sur toute la ville avec la participation de plus de 2500 personnes. Le Sport, la culture, les loisirs, l’handicap ont été mis en avant.

C’est sans doute la réflexion autour de plusieurs thèmes qui a été l’axe central de cette manifestation.

LES SENIORS DANS LE MONDE

Un atelier organisé en partenariat avec le Centre Local, d’Informations et de Coordination gérontologique a permis une discussion et un échange d’opinions sur ce sujet passionnant.

Aujourd’hui près de 600 millions de personnes âgées vivent sur notre planète, essentiellement dans les pays en développement, demain elles seront un milliard.

Le mode de vie et de culture sont très différent dans la plupart des pays, y compris en Europe. En France même la réalité des seniors d’origine immigrés qui vivent par exemple dans des foyers est très complexe, parfois difficile. La projection pendant cette semaine bleue du film réalisé par le foyer ADEF, les « Navigants » a permis aussi un débat passionnant.

VIE ASSOCIATIVE, BENEVOLAT

semainebleue1.jpgUn sondage réalisé par le conseil général auprès des Essonniens de plus de 50 ans indique que pour les personnes interrogées la solitude à 40 % est la principale préoccupation des seniors.

Le bénévolat est la vie associative est une des réponse la plus efficace à cette inquiétude.

Réalisé en concertation avec l’IRFAS une étude à l’initiative de la Municipalité d’Evry démontre que l’investissement dans la vie associative comme dans le bénévolat peut revêtir plusieurs formes (consommation et ou engagement) mais contribue à sortir de l’isolement et à préserver la reconnaissance d’un statut social.

Le rôle des seniors en particulier entre 60 et 70 ans est essentiel dans le fonctionnement de la plupart des associations, des conseils de quartiers, des clubs. La réforme de la retraite peut d’ailleurs avoir un effet très négatif à ce sujet.

L’INTERGENERATIONNEL

semainebleue2.jpgCe thème a été central pendant cette semaine bleue avec des manifestations organisées par le conseil municipal des enfants, les centres de loisirs, et l’Union des retraités d’Evry.

C’est pendant les assises qu’il a revêtu une ampleur particulière avec la participation de deux personnalités. Julie Pietri, chanteuse populaire dans le sens noble du terme comme elle se définit elle-même, est intervenue en présentant son livre témoignage : « fille du silence » qui relate les différentes générations qui ont vécu autour d’elle, d’un arrière grand père esclave noir, à sa fille de 17 ans, lycéenne qui le matin encore manifestait contre la réforme des retraites.

Natacha Boussaa, jeune écrivain talentueuse, auteur d’un livre « il vous faudra nous tuer » sur fond de lutte contre le CPE a exposé l’intérêt d’une solidarité intergénérationnelle indispensable, contraire à l’opposition artificielle entre génération construite aujourd’hui par de nombreux médias, la plupart absents par ailleurs, en dehors du Républicain, pendant ces assises.

De nombreuses personnes qui ont témoigné pendant ces assises ont démontré la force et la qualité des liens entre générations, dans les familles, mais aussi dans la société.

Dans l’étude réalisée par l’IRFAS le document se terminait ainsi « révélateur que la retraite , n’est pas le retrait, la centration sur les problèmes de sa seule génération ou de sa seule condition de retraité ne semble ainsi pas de mise ».

Article E-Mosaïque, photos EM et BD.

19:13 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : semaine bleue, evry, natacha boussaa, julie pietre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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