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13/01/2010

Froid et réchauffement climatique

hivseine.JPGVous l'avez sûrement pensé... Ou entendu autour de vous. "On nous bassine avec le réchauffement climatique alors qu'il a rarement fait aussi froid!" Trois questions à Etienne Kapikian, météorologue à Météo-France.

 

Que répondre à ceux qui trouvent ici un argument pour nier l'existence du réchauffement climatique?

 

Le réchauffement climatique ne se fait pas du jour au lendemain, mais de manière progressive. Les températures moyennes augmentent sensiblement chaque année, c'est un fait. Il existe encore ce que l'on appelle une douceur hivernale, comme il existe des vagues de froid. Par ailleurs, il est indéniable qu'il fait moins froid, comparé aux hivers 54 où 85 entre autres, où l'on frôlait les -25°C dans le nord-est de l'hexagone. On peut toujours parler de réchauffement climatique dans le sens où les probabilités de revenir à des températures aussi basses sont très faibles. Ce serait d'ailleurs catastrophique à notre époque. Le pays serait paralysé et beaucoup de sans-abri mourraient. Les sceptiques doivent relativiser en pensant au fait que l'on bat de plus en plus souvent des records de chaleur en été. C'est une réalité qu'ils ne peuvent pas nier.

 

Comment expliquer ces températures record? (ndlr –20°C dans l'Essonne) et la quantité importante de neige tombée sur la France, du Nord au Sud?

 

lisneige.jpgCes températures ne sont pas exceptionnelles, même s'il est vrai que l'étendue de neige tombée est relativement importante avec une couverture à 85% du territoire national. C'est cette couverture neigeuse qui favorise la chute des températures. Il y'a des précédents, comme en janvier 87 par exemple où les températures atteignaient –15°C à Paris intra-muros alors qu'aujourd'hui le maximum est de –6. A la même époque, on frôlait les –25°C dans l'Est et les –10 dans le Sud. Cette année, la phase de douceur de la fin décembre était prévue, avec des températures supérieures aux moyennes saisonnières. Même si aujourd'hui nous sommes à 5 à 8°C en-dessous des normales saisonnières, cela n'est pas anormal.

 

Que nous disent les prochaines prévisions?

 

lisneige2.jpgOn annonce un redoux progressif en France, plus marqué dans le Sud-Ouest. Ailleurs dans l'hexagone, le retour à des températures plus douces sera lent et relatif. Dès demain, les intempéries vont reprendre, avec des pluies verglacentes et de la neige qui arrivent par l'ouest du pays. Il y a actuellement une vigilance orange sur la Bretagne (Finistère, Morbihan et Côtes d'Armor). Cette alerte pourrait s'étendre à une dizaine d'autres départements mais il est encore trop tôt pour le dire...

 

Article publié par l'Express, photos exclusives E-Mosaique

12:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : froid, essonne, réchauffement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/12/2009

Carrefour pour 1400 salariés…

carrefour.jpgLes 1 400 salariés du siège du groupe Carrefour ont appris que leur direction projetait de quitter leur site de Levallois pour s’installer dans l’Essonne.

 

Carrefour s’apprête à quitter la banlieue ouest limitrophe de Paris pour gagner le sud francilien. L’information, diffusée par mail à l’ensemble du personnel il y a quinze jours, suscite un profond malaise. « J’habite à cinq minutes. Je viens à pied. J’ai toute ma famille sur place, s’inquiète une jeune femme, salariée depuis un an. Je ne veux pas déménager pour me retrouver seule et isolée dans un département où je n’ai aucune attache. Mais est-ce que je retrouverai facilement un autre emploi en cette période de crise ? »

30 % des effectifs peu disposés à déménager


Ce projet de déménagement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale du géant de la distribution. « Carrefour souhaite regrouper ses activités sur une même zone géographique dans un souci d’efficacité, explique-t-on au service de presse. L’éclatement sur plusieurs sites rend difficile la communication entre les services et les équipes. L’autre raison est économique. Les frais de location des bureaux actuels ne sont pas compatibles avec le programme de réduction des coûts engagés par le groupe. »
La direction a retenu trois sites en Essonne : Les Ulis, Evry et Massy-Palaiseau. Les activités France pourraient être regroupées à Evry, où est déjà implanté le siège qui gère toutes les enseignes du groupe Carrefour. Les autres activités près d’une dizaine pourraient être réparties sur les deux villes. « La nouvelle a filtré lors d’un comité d’entreprise extraordinaire consacré à l’annonce d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) chez Carrefour management. La direction a décidé d’annoncer son projet de fermeture du site de Levallois pour couper court aux rumeurs qui circulent depuis un mois », explique un représentant du comité interentreprises (CIE). Pour l’heure, la date du regroupement n’a pas encore été fixée.

Le bail de location des bureaux vient d’être prolongé d’un an.
Mais l’inquiétude est vive chez les salariés. Car une partie importante du personnel vit à l’Ouest ou au Nord. D’après un responsable du CIE, 30 % des effectifs ne seraient pas disposés à suivre leur entreprise. Mais le pourcentage varie selon les catégories professionnelles : 60 % de réticents parmi les employés et agents de maîtrise ; 40 % chez les cadres, et 15 à 20 % chez les cadres supérieurs.
« En déménageant dans la banlieue sud, la direction va faire l’économie d’un plan social, s’énerve une salariée. Elle sait qu’une partie de ses effectifs ne suivra pas. »



Le Parisien

 

19:09 Publié dans Social et économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carrefour, emplois, evry, essonne, levallois | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/12/2009

DEBAT SUR L'IDENTITE NATIONALE A LA PREFECTURE DE L'ESSONNE

PRFECT~1.JPGvml.gife débat public sur l'identité nationale organisé vendredi à la préfecture d'Evry n'a pas fait salle comble. Sur les 450 invitations envoyées par le préfet, seules quelque 150 personnes ont répondu présent, pour la plupart des responsables associatifs ou des lycéens du département. Le débat est soigneusement encadré et se déroulera selon les principes édictés par le guide du ministère de l'immigration. Devant le cabinet du préfet, un groupe d'étudiantes de première d'un lycée de ZEP de Corbeil-Essonne patiente en attendant l'ouverture des discussions.

 

"Pourquoi ce débat apparaît-il maintenant ? Quel est le rapport avec l'islam ?, s'interroge Ghalia. J'ai envie d'entendre les points de vue des autres sur ces questions." Pour sa camarade de classe Safia, ce débat est tout simplement mal né : "Le problème ne résulte pas d'une crise identitaire, mais d'une crise de l'esprit civique. Et ce n'est pas un débat inutile qui va régler le problème du communautarisme, qui dure depuis des années dans certains quartiers. Sans compter qu'avec la polémique des minarets et de la burqa, c'est toujours la même religion qui est stigmatisée", analyse cette jeune lycéenne.

 

"TA GUEULE"

Après une double introduction de Nathalie Kosciusko-Morizet, tête de liste UMP dans l'Essonne pour les régionales, et d'un professeur d'histoire-géo, place au débat. Et au premier incident de la journée. Une déléguée syndicale, bottée de cuir, s'empare du micro et lit avec conviction un communiqué de la CGT dénonçant la confusion entre "identité nationale" et "immigration". "Ta gueule", lance un participant. Dans la salle, on est visiblement venu pour débattre, pas pour négocier les termes du débat. La déléguée poursuit sa lecture. "CGT de merde… Rentre chez toi", persifle un autre. L'animateur du débat arrache alors le tract des mains de la syndiquée, qui quitte la salle en lançant un sourire triomphant à l'assistance.

 

L'incident est clos. Un chef d'entreprise se lève et tente de relancer la discussion. La question de l'identité nationale est, selon lui, devenue extrêmement complexe du fait que "le village" se soit mondialisé : "Les jeunes ne jurent plus que par Michael Jackson et Madonna", a-t-il cru observer. Un frisson réprobateur et un tantinet moqueur parcourt la moitié gauche de la salle, celle réservée aux "jeunes".

 

L'une d'entre elles, Kamina, en 1re dans un lycée de ZEP, prend alors le micro : "Mon père est guinéen. A l'école, on lui enseignait que ses ancêtres étaient gaulois. Mon grand-père s'est battu pour la France. Qui peut me dire aujourd'hui que je ne suis pas française ?" Applaudissements nourris dans la salle. Le micro change de main. Un homme d'un certain âge lui répond : "Je ne suis pas certain que mes ancêtres soient plus gaulois que les tiens, mais ça fait partie de mon récit personnel." Cette question, celle du passé colonial de la France et de ses difficultés à intégrer les descendants de ses anciennes colonies, va hanter toute la suite du débat.



ERIC CANTONA

Un colonel à la retraite, "français depuis plusieurs générations", aujourd'hui président d'une association d'aide aux immigrés, se lève : "Il est temps d'assumer notre passé colonial. S'il y a tant de Maghrébins et d'Africains noirs en France, c'est parce que nous avons colonisé leurs pays." La voix trébuchante, l'homme livre alors sa vision du "vivre-ensemble" : "On évoque souvent la liberté et l'égalité, qui sont en partie du ressort de l'Etat, mais on passe trop sous silence la fraternité, qui ne dépend que de nous."

C'est au tour de "M. Dawson", français d'origine algérienne, de prendre la parole : "Je vais citer un poète, qui est aussi philosophe et sportif." La salle est intriguée. "C'est Eric Cantona. Il a dit qu'être français, c'est être révolutionnaire. Dans révolutionnaire, moi j'entends résistant. Or si on me parle de la collaboration, je pense à Pétain, Laval, alors que si je cherche des noms de résistants, je m'aperçois que je n'en connais pas. Guy Môquet ? Il y a encore quelques semaines, je croyais que c'était une station de métro…" Une camarade de classe de Kamina, arrivée en France à l'âge de trois ans, tente de mettre le débat en perspective : "Au lieu de s'intéresser toujours au passé, on ferait mieux de penser aux jeunes et de se pencher sur l'avenir. Quels sont nos projets pour l'avenir ?"



BLANQUETTE ET COUSCOUS

En conclusion d'une intervention plus ou moins limpide, un homme en complet-veston s'interroge : "On est le quatrième pays en terme de nombre de bicyclettes par habitant. Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Est-ce que ça parle de notre goût pour la liberté ?" Personne ne se hasardera à lui répondre. Mais l'animateur des débats profite de cette intervention pour y aller de sa petite anecdote. "A l'étranger, quelqu'un m'a dit un jour que les deux plats typiquement français étaient la blanquette et le couscous." La salle s'esclaffe. "C'est la choucroute !", s'insurge une femme née au Nigeria.

 

Un imam, responsable associatif et aumonier musulman à la prison de Fleury-Mérogis, rebondit sur la perception qu'ont les étrangers de l'identité nationale française. "Pour les étrangers, c'est une question simple. Mais se la poser à nous-mêmes, c'est la question qui tue", explique-t-il. Il évoque alors son propre rapport complexe à la France, le parcourt de son père, "qui a passé sa vie ici et à qui on n'a jamais proposé d'être naturalisé"… et fond en larmes. Il se reprend : "Ceux qui se pensent d'ailleurs, du 'bled', sont ceux qui ont raté leur intégration." "Voilà, c'est ça, c'est vrai !", s'enthousiasme la femme d'origine nigériane.

 

C'est ce moment que choisit la moitié de la salle, celle occupée par les lycéens, pour lever le camp dans un fracas certain. Ils poursuivront le débat en classe, avec leur professeur.

 

Soren Seelow, pour le Monde

 

15:22 Publié dans Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essonne, identité nationale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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