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07/02/2011

HOPITAL SUD FRANCILIEN : VERS LA BEREZINA ?

hopnouv.gifLe nouvel hôpital Sud Francilien qui va regrouper les sites de Courcouronnes et de Corbeil sur un territoire situé à Corbeil sera ouvert progressivement aux usagers théoriquement à partir du 17 mai 2011.

Il remplacera ainsi l’hôpital Louise Michel de Courcouronnes, et Gilles de Corbeil à Corbeil et regroupera en outre les lieux de soins de Yerres.

 

BEREZINA FINANCIERE

Pour le comité de défense de ses hôpitaux, remplacer des structures construites dans les années 70 constituent déjà un premier gâchis financier.

 

A ce gâchis, tout indique déjà que l’ouverture de ce nouvel hôpital ultramoderne et géant d’une superficie de 110 000 m2, avec 1017 lits, 20 blocs opératoires, 130 salles de consultation, risque très rapidement par se traduire par une double bérézina financière et humaine.

 

Le milliardaire Serge Dassault, maître d’œuvre de ce projet, ancien Maire de Corbeil, homme influent du régime,  pour un hôpital qui un jour probablement portera son nom, souligne déjà : « quelques problèmes financiers qui son à résoudre », et pour cause…

D’un coût de construction estimé à 344 millions d’€, le prix global en y ajoutant la totalité des frais (construction, aménagement routier, mises en réseaux, déménagement, démolition ou réaménagement des hôpitaux actuels) dépassera d’après de nombreuses estimations plus d’un milliard d’€.

 

Les collectivités locales déjà étranglées financièrement par les réformes de l’Etat et la suppression de la Taxe Professionnelle sont largement mises à contribution, en particulier le département, et avec eux les habitants de l’Essonne au même moment où des moyens financiers manquent cruellement au conseil général pour intervenir dans le domaine social, qui est pourtant de sa compétence première.

 

La construction de cet hôpital a été confié à une société privé Heveil, filiale du groupe BTP Eiffage dans le cadre d’un partenariat public-privé malgré les fortes réticences du Conseil Constitutionnel qui dans un avis daté de 2003 estimait : « que généraliser ce type de construction serait contraire aux exigences constitutionnelles d’égalité et bon usage des fonds publics ».

Le remboursement de cette opération sera effectué par le biais d’un loyer annuel payé par le centre hospitalier qui prévu à l'origine à 30 millions d'€ est aujourd'hui fixé à 42 millions d’€, abondé au 2/3 par l’assurance maladie pour un coût total final de 1,2 milliard d’€ sur toute la durée du bail prévue initialement jusqu’en 2041 mais risque fort d’être repoussé. La société Heivel sera également responsable de la maintenance et de l’exploitation de ce bâtiment.

 

Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile de France publié en juillet 2010 indique que "le recours à la maîtrise d'ouvrage publique financée par un emprunt aurait été une solution moins coûteuse, moins hasardeuse et surtout davantage maîtrisable", "une stimulation pour un emprunt de 344 millions d'€ sur 30 ans donne un coût final de 757 millions d'€, soit une économie de 550 millions d'€".

 

hopital047.jpgBERIZINA HUMAINE

Les 3000 à 4000 emplois dont la Direction a approuvé la suppression à l’Assistante Publique de la Région Parisienne sont un petit avant goût de ce qui attend les salariés de ce nouveau hôpital après la fusion des deux autres.

Aujourd’hui ce sont plus de 3000 personnes qui travaillent dans les  hôpitaux Sud Francilien, les prévisions données dans les dossiers de presse sur le nombre de personnes qui seront alors employées après dans cet hôpital unique est de 1500 précisément. Le « dégraissage »  sera massif, même si le chiffre annoncé est discutable et ne prend pas en compte sans doute toutes les données.

Ce sont des centaines d’emplois qui vont être supprimés, des dizaines de services fermés, des milliers d’usagers « éjectés » vers les cliniques privés, où qui ne recevront plus de soins. Le maire d'Evry a avoué que l'ouverture de cet hôpital de traduira également par le "siphonage" des emplois de tous les autres hôpitaux du secteur. Le regroupement envisagé pour tout le Sud de l'Ile de France des urgences uniquement vers l'hôpital sud francilien en est la malheureuse illustration.

 

hop.jpgLe déficit structurel de ce centre hospitalier est aujourd’hui de 15 millions d’€, auquel va s’ajouter le coût du surloyer à payer à Eiffage.

Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France a averti. « La masse salariale des hôpitaux représentent 68 à 70 % des charges, et reste la seule variante d’ajustement pour rester dans les enveloppes accordées ». Enveloppes qui de fait se réduisent d’année en année. La piste est tracée.

 

Pas sûr que salariés, usagers, élus acceptent ce scénario sans réagir.

Article publié le 27 janvier 2010, et actualisé le 07 février 2011

19/11/2010

Corbeil-Essonnes: trois listes pour un fauteuil

laurent048.jpgLes électeurs de Corbeil-Essonnes (Essonne) auront le choix entre trois listes pour l'élection municipale des 5 et 12 décembre, après l'annulation par le Conseil d'Etat, en septembre, du scrutin d'octobre 2009, a-t-on appris jeudi auprès de la préfecture de l'Essonne.

La liste "Jean-Pierre Bechter: le maire de tous les Corbeil-Essonnois" sera menée par le maire UMP sortant Jean-Pierre Bechter. L'industriel Serge Dassault, qui fut maire de la commune de 1995 à 2009, y figure en dernière position.

Jean-François Bayle, ancien adjoint au maire, est à la tête de la liste "Un autre choix pour Corbeil-Essonnes" (sans étiquette).

Enfin, la liste "Corbeil-Essonnes Ensemble" rassemble tous les partis de gauche, derrière Bruno Piriou (PCF).

La campagne électorale débute officiellement lundi. Lors des élections municipales partielles de 2009, huit listes avaient été déposées. Les électeurs corbeil-essonnois sont appelés à élire leur conseil municipal pour la troisième fois en moins de trois ans. Les élections municipales de mars 2008 avaient été invalidées en juin 2009 par le Conseil d'Etat, qui avait déclaré inéligible pour un an le maire UMP Serge Dassault, pour des "dons d'argent" qu'il conteste.

 En octobre 2009, Jean-Pierre Bechter (UMP), bras droit de Serge Dassault, avait été élu à la tête de la commune. L'élection a également été annulée, le 22 septembre.

Le Conseil d'Etat a estimé que la mention du nom de Serge Dassault sur les bulletins du candidat UMP avait été "de nature à semer le doute". Redevenu éligible en juin, Serge Dassault avait laissé entendre en septembre qu'il souhaitait à nouveau prendra la tête de la municipalité. Le 2 octobre, l'industriel et patron de presse, âgé de 85 ans, avait annoncé qu'il renonçait finalement à conduire la liste pour la prochaine élection.

Publié par l'Humanité, photo E-Mosaïque

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28/09/2010

CORBEIL / Entretien avec Bruno Piriou tête de liste de la gauche rassemblée

laurent037.jpgBruno Piriou : "Notre ville est en panne politique"

L’élection à la municipalité de l’équipe Dassault (UMP) vient, une nouvelle fois, d’être annulée. Bruno Piriou, conseiller général PCF, qui conduira une liste de large union, précise ses objectifs.

Pour la deuxième fois depuis 2008, les élections municipales sont annulées 
pour tricherie. Comment réagissez-vous ?

Bruno Piriou. C’est une première en France qu’une ville voie ses élections annulées deux fois de suite. C’est le résultat du système politique qui a été mis en place par Serge Dassault et son équipe. Dans tous les domaines de la vie publique, ils se sont cru au-dessus des lois. Il y a dans la population un ras-le-bol, de l’exaspération. Notre ville est en panne. En panne politique, puisqu’on revote tous les ans et qu’on est ainsi dans l’incapacité de se projeter dans l’avenir, d’avoir des projets de développement sur le long terme. En panne économique, commerciale, culturelle, mais aussi morale. Je partage cette exaspération. Il faut tous ensemble nous saisir de l’occasion qui nous est donnée avec ce nouveau scrutin pour tourner la page et enfin travailler à l’avenir de notre ville.

Y a-t-il dans la population cette volonté de tourner
la page ?

Bruno Piriou. Ce qui est sûr, c’est que la situation que nous vivons est exaspérante pour une grande majorité. Mais, un des risques, c’est qu’une partie de la population se détourne de ces questions politiques en renvoyant dos à dos les protagonistes de ces affaires. Le défi que les forces de gauche et tous les démocrates ont à relever, c’est qu’après la justice, qui a su faire preuve d’indépendance face à un des hommes les plus puissants de France, la démocratie l’emporte. Ce n’est pas gagné d’avance. Il y a une volonté de changer qui est sûrement majoritaire. Encore faut-il qu’elle se traduise par le goût, le désir de dire qu’autre chose est possible.

laurent048.jpgLors des dernières élections municipales, la gauche est partie désunie au premier tour. Qu’en sera-t-il pour cette élection qui devrait avoir lieu d’ici à la fin de 2010 ?

Bruno Piriou. La dernière fois qu’il y a eu union de la gauche au premier tour d’une élection municipale à Corbeil-Essonnes, c’est en 1989. Depuis, les forces de gauche n’ont pas su s’unir. C’est donc un événement majeur qu’aujourd’hui, de Lutte ouvrière jusqu’au Parti socialiste, en passant par le PCF, les Verts, le NPA… des démocrates et des républicains, une seule liste d’union puisse voir le jour. Je la conduirai. Parce que à quasiment toutes les élections, le courant de gauche que je représente est arrivé en tête au premier tour. Non seulement les partenaires de la gauche reconnaissent cette réalité, mais mesurent aussi qu’aujourd’hui, à Corbeil comme en France, face à une droite qui cogne dur, la nécessité de s’unir est impérative.

Cette union peut-elle vous permettre de gagner alors que, lors des derniers scrutins, à quelques voix près, vous n’avez pas réussi à l’emporter ?

Bruno Piriou. Le défi, c’est de réconcilier les Corbeil-Essonnois. Quand on perd deux fois, même s’il y a eu tricherie à droite, il faut en tirer les enseignements. Un discours moralisateur ne suffit pas. Il faut gagner une majorité. Nous devons faire la démonstration que des valeurs comme la démocratie, la décision commune, le service public, les politiques sociales, de développement économique, la considération de chaque citoyen apportent plus à chacun et au développement de la ville que le système Dassault. Ce sont des valeurs de gauche dans lesquelles des citoyens d’horizons très différents peuvent se retrouver. Depuis deux ans, nous avons déjà beaucoup travaillé pour élaborer des propositions. Mais, même si la campagne est courte, nous allons prendre le temps de l’écoute pour rassembler et construire des mesures nouvelles répondant aux besoins immédiats et permettant de construire un projet d’avenir. Lors des dernières élections, la moitié des électeurs se sont abstenus ; raison de plus pour prendre le temps du débat avec chacun.

Entretien réalisé par 
Max Staat pour l'Humanité, photos E-Mosaïque (Pierre Laurent, François Delapierre et Bruno Piriou)

20:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno piriou, corbeil | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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