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29/03/2012

La jeunesse des quartiers rêve d’« une vie meilleure »

classe populaire,présidentielle 2012,banlieue quartiers populairesTémoignages. Dans les trois grands ensembles de Corbeil-Essonnes, 40 % des habitants ont moins de vingt-cinq ans. Réunis à l’initiative du conseiller général PCF Bruno Piriou, une quinzaine d’entre eux confrontent leurs conceptions de la politique et pointent le manque de réponses aux problèmes des quartiers.

La politique n’est pas un gros mot. Mais les jeunes préfèrent la tenir à distance. Ils préfèrent prévenir qu’ils se méfient surtout de la politique politicienne, celle des mots creux et des phrases toutes faites. Si l’exercice est peu fréquent, la quinzaine de jeunes originaires de différents quartiers de Corbeil-Essonnes se sont vite pris au jeu. Réunis il y a quelques semaines, à l’initiative de Bruno Piriou, conseiller général (PCF) de l’Essonne, et d’Ulysse Rabaté, candidat du Front de gauche dans la première circonscription de l’Essonne (Évry-Corbeil) aux élections législatives, ces jeunes, âgés entre vingt et trente ans, ont accepté de confronter leurs points de vue et d’interroger leur rapport à la politique.

Il y a cinq ans, la moitié de ces jeunes n’avait pas encore le droit de vote. Certains glisseront leur bulletin dans l’urne pour la première fois le 22 avril. C’est le cas de Mickaël, vingt-trois ans, étudiant en master d’enseignement et nouveau militant du PCF. « J’y ai adhéré en octobre dernier parce que j’ai été choqué par les agissements de Sarkozy, qui donne tout aux plus riches. Mes parents ne parlaient pas de politique. Alors j’ai mis du temps à y venir. Aujourd’hui, pour moi, Mélenchon représente le peuple. Oui, il est radical et, oui, il exige une égalité sociale. Ça me parle. »

« Remettre de la culture dans ces quartiers »

Jeune entrepreneur de vingt-huit ans issu du quartier de la Poterie, Badis (lire son portrait ci-contre) semble très préoccupé. Il pointe le manque de réponses des politiques en direction des quartiers populaires. « La politique, c’est censé apporter des solutions. En banlieue, ça fait quarante ans que les politiques se foutent des gens qui y vivent. Leurs conditions de vie ne se sont pas améliorées. Que proposent-ils pour qu’on ait des vies meilleures ? » s’emporte-t-il. Elsa partage cet avis mais semble moins pessimiste. Le vote, c’est une arme pour cette étudiante de vingt-deux ans, en coopération internationale. « Si on veut faire changer les choses, ça ne se fera pas d’un seul coup. Si on ne participe pas, on ne peut pas se plaindre ensuite d’avoir été bernés. » Et de prendre pour exemple la proposition du droit de vote des étrangers, que la gauche n’a pas mise en place en 1981. « La question, c’est aussi de se sentir français, ajoute Ilefe, habitante des Tarterêts et étudiante en 3e année d’administration. Si on permettait aux étrangers de voter aux municipales, ils se sentiraient plus impliqués. Ça changerait des choses. »

La rénovation urbaine engagée depuis plusieurs années dans les quartiers populaires arrive très vite dans la conversation. Georges, animateur dans le quartier des Tarterêts, lance : « On détruit des quartiers entiers et on traumatise des milliers de gens. D’un coup, le quartier disparaît de la surface de la terre. Mais les gens n’ont pas les moyens de s’opposer. C’est bien d’être mieux logé, mais si c’est pour fabriquer encore plus d’individualisme…» Mourad est technicien en CDD à la mairie. Il a grandi à Montconseil, un des quartiers de Corbeil concerné par la rénovation urbaine et où le taux de chômage avoisine les 30 %. Il abonde dans le sens de l’animateur : « Ça me dégoûte de voir mon quartier dans cet état. Il faut voir le niveau des charges, qui ont augmenté. Avant, on se connaissait tous, il y avait un service jeunesse et culturel. Les bâtiments n’ont plus d’âme, il n’y a plus que des résidences privées barricadées », déplore-t-il. C’est le cercle vicieux : les charges augmentent, pas les salaires. « Les familles s’endettent et retour à la case départ. » Elsa, l’étudiante en coopération internationale, acquiesce : « Une tour démolie ne change rien aux conditions de vie. Il faut remettre de la culture dans ces quartiers. »

Eugénie, vingt et un ans, suit une formation d’assistante sociale. Elle s’indigne de situations sociales terribles, « presque pas imaginables ». Pour elle, faire de la politique, c’est s’engager pour des candidats qui veulent changer ces situations. « C’est ce que je vois dans le programme du Front de gauche. Prendre l’argent aux riches, pourquoi pas ? Je n’en peux plus du décalage immense qu’il y a entre les pauvres et les riches. » Sur ce système économique plus qu’inégalitaire, que peut la gauche ? Si ce sentiment d’une économie à deux vitesses est partagé, certains expriment des scrupules à « prendre aux riches ». Ce n’est pas le cas de Mourad : « Oui, taxer les riches, ça me paraît juste. Ce ne sont pas des paroles en l’air. Il faut changer les règles du système financier. » D’autres, comme Nicolas ou Elsa, s’interrogent sur la faisabilité des propositions économiques du leader du Front de gauche. « C’est bien beau, le Smic à 1 700 euros, mais je ne vois pas bien comment il va financer tout cela ! » lance l’étudiante en coopération internationale. Georges, l’animateur graffeur, rappelle que la France est la 5e puissance mondiale. Et que, comme les autres pays d’Europe, elle consomme et vit sur le dos des pays pauvres, pourtant bien plus riches que nous en matières premières. « On vit dans une surconsommation indécente, qui devrait nous interpeller. La terre n’est pas inépuisable. »

« On a tous grandi dans le multiculturalisme »

D’autant que ces richesses, même en Europe, tout le monde n’en profite pas. « On nous répète que c’est la crise, qu’il faut faire des efforts. Mais en face, il y a Total et les banques qui font des bénéfices de fous ! » Partager les richesses : l’idée communiste fait son chemin. Et Georges de lancer : « Pourquoi le communisme ne fait-il plus recette ? Parce qu’on ne connaît pas l’histoire des luttes sociales pour les droits. Il faut se la réapproprier, tout en respectant les croyances de chacun. Quand il y a des crises, les gens ont besoin de retrouver des valeurs, et si la politique n’y répond pas, c’est la religion qui le fait. Mais ce n’est pas forcément mauvais. Je trouve ignoble qu’on stigmatise en permanence les musulmans. On a tous grandi dans le multiculturalisme, et ici, l’islam ne pose problème à personne. »

Pour Lucie, restée jusque-là silencieuse, sa génération ne pose pas l’islam comme un « problème » : « J’ai grandi avec des jeunes issus de l’immigration. Pour moi, les sorties des politiques sur cette religion sont un écran de fumée pour éviter de parler des vraies questions. » Sur ce point et plus largement sur les banlieues, Elsa regrette que le Front de gauche n’y soit pas plus ancré : « Si Mélenchon les défendait un peu plus, il gagnerait plein de votes. » N’empêche, poursuit Eugénie, la future assistante sociale, Mélenchon est le seul à parler de la réalité des gens. « Les hommes politiques ne sont pas sur le terrain. Ils n’écoutent pas. Mélenchon écoute et fait des propositions concrètes. Il est peut-être utopique, mais si on se résigne et qu’on n’a pas d’espoir, on ne peut plus avancer. »

Lutter contre la ghettoïsation. Sollicité par la Maison des potes sur l’avenir des quartiers populaires, le Front de gauche a répondu sur une série de dix propositions, suggérant « un service public de la ville, de l’habitat et du logement ». Une des clés de voûte de l’amélioration de la vie dans les quartiers concerne aussi le « développement des services publics et la mise en œuvre concrète du “droit à la ville” », à la titularisation des 800 000 précaires de la fonction publique. Enfin, le FdG prône, entre autres, l’abrogation des lois sécuritaires.

Publié par l'Humanité

 

18/02/2012

FACULTE DES METIERS D’EVRY : LES BTS DE TOURISME DOIVENT ETRE SAUVES !

amsterdam6.jpgPETITION

Jeudi 9 février , les dirigeants de la faculté des métiers d'Evry annonçaient un plan social prévoyant la suppression de 63 emplois, soit 20% du personnel de la faculté,

L'application de cette mesure menacerait des sections entières, au premier rang desquelles les 2 BTS de Tourisme: les BTS AGTL (animation et gestion touristique locales) et VPT (ventes et productions touristiques ) seraient fermés dès cet été, sans même permettre aux élèves de 1ère année de terminer leur cursus de 2 ans.

Ce projet est totalement inacceptable pour 3 raisons:

1°/ Ce serait une trahison à l'égard des élèves, de leurs familles et des enseignants

L'été dernier, les dirigeants de la faculté ont touché des aides très importantes de l'Etat et de la Région Ile de France pour préserver les enseignements de la faculté, et notamment les section Tourisme. Les élèves se sont inscrits sur la base de ces promesses. A peine 6 mois plus tard, alors qu'ils sont complètement engagés dans leur formation, ils apprennent qu'ils ne pourront pas la mener à bien.La faculté n'est pas une chaine de production de conserves qu'on peut stopper du jour au lendemain! Les élèves et leurs enseignants méritent plus de respect ! Ce n'est pas à eux de payer payer les erreurs de gestion des dirigeants de la faculté!

2°/ Cela signifierait un gaspillage énorme d'argent public:

La création en 2005 de la Faculté des métiers, et son fonctionnement depuis cette date ont bénéficié d'aides très importantes de l'Etat et des Collectivités territoriales (Conseil Régional d'Ile de France, Conseil général de l'Essonne, Evry et son Agglomération). Ces aides visaient l'ouverture de formations adaptées aux activités économiques de notre Région, et permettant aux jeunes essonniens d'y accèder. La faculté des métiers d'Evry a été encouragée comme un modèle à suivre pour la réussite de ses formations en apprentissage. Comment accepter que toutes ces ambitions éducatives, tous ces crédits, toutes ces belles déclarations passent à la trappe aujourd'hui au prétexte d'erreurs de gestion?

Jamais, jusqu'à présent, on a vu une suppression de formation préparatoire à un diplôme sans que les élèves puissent la terminer.Accepter cela, donnerait vraiment un très mauvais exemple à tous ceux qui jugent aujourd'hui que l'éducation est une charge à réduire

3°/ Cette décison à courte vue irait à l'encontre des perspectives de notre région.

Les 2 sections de BTS Tourisme d'Evry , les seules de l'Essonne, sont venues utilement compléter une offre de formation inaccessible à la majorité des élèves dans notre région : enseignement le plus souvent payant, nombre de place insuffisant.

Cette création correspondait aux perspectives d'une région Île de France qui s'affirme plus que jamais comme une des premières régions touristiques du monde. Exclure l'Essonne et ses jeunes de cette perspective serait vraiment une grave erreur qui serait regrettée amèrement demain.

Pour toutes ces raisons:

- Nous exigeons le maintien des 2 BTS de Tourisme de la Faculté des métiers d'Evry

- Nous attendons des dirigeants de la Faculté et de tous les pouvoirs publics participant à son financement et à son contrôle qu'ils assument leurs responsabilités, en garantissant dans tous les cas l'aboutissement complet des cursus de formation engagés à la rentrée 2011

21/12/2011

Grand Paris, les contribuables franciliens paient l’addition !

manif19061.JPGLe « Grand Paris » fait l’objet de nombreux débats. Ce projet est d’abord et surtout un projet capitalistique qui consacre l’idée d’une métropole financière de rang mondial, mais dont la majorité des salariés et habitants franciliens n’ont rien de bon à attendre en matière de transports, de logement, de services publics etc… Car l’objectif est de faire de l’Ile-de-France une place forte financière qui entrerait en concurrence avec les autres places financières européennes telles Londres ou Francfort.

Et dans un tel contexte, les transports sont un enjeu essentiel dans cette logique capitalistique, l’organisation des transports précédant souvent l’aménagement du territoire.

Il en est ainsi du projet « Grand Paris Express ». Si certains localement peuvent y trouver une réponse à leurs problèmes de transports, globalement ce projet ne répond pas aux attentes et besoins des populations, particulièrement celles qui sont moins fournies en matière de transports collectif. Et pourtant tous les contribuables franciliens vont payer ce projet « Grand Paris ».

impot.gifAinsi tous les propriétaires et locataires doivent mettre la main au porte monnaie. En effet, que ce soit sur la taxe foncière ou la taxe d’habitation 2011, est apparue une ligne en forte progression (+ 160 % à + de 200 %) dans la colonne taxe sociale d’équipement (TSE). Et en bas de page, en tout petit, on vous explique que la taxe spéciale d’équipement comprend la TSE « grand Paris » pour X Euros.

Oui, dans la plus grand discrétion, tous les franciliens sont ponctionnés pour financer ce « Grand Paris » dont ils ont peu d’informations concrètes, mais qui pour beaucoup n’apportera rien dans leur quotidien, ou pire pourra l’aggraver, avec une amplification des inégalités territoriales concernant le logement, les transports, la santé, l’éducation, les services publics etc…

industrie.jpgAinsi on note, que dans ce projet « Grand Paris » le transport des marchandises est totalement absent et le nouveau projet d’infrastructure qu’est le « Grand Paris Express » s’il reste en l’état ne le permet pas. Mais là n’est pas leur objectif qui lui est de desservir (servir) des pôles d’excellences au service du capital. Peu importe le reste de la région. Dans leur logique capitalistique, l’industrie et l’emploi industriels, sont eux aussi appelés à fortement diminuer alors que c’est bien sur une industrie forte, renouvelée et rénovée que repose l’économie. Rappelons que l’Ile-de-France demeure la première région industrielle française, et qu’elle en a historiquement toujours puisé sa puissance.

C’est pourquoi nous combattons cette désindustrialisation de l’Ile-de-France qui est très inquiétante. Les emplois et activités de services et tertiaires ne suffisent pas à pérenniser un développement économique et social durable.

Avec ce « Grand Paris » nous connaissons une situation nouvelle avec un détournement du sens des transports qui n’est plus de répondre aux besoins des usagers et des populations, de participer à l’aménagement du territoire et au développement industriel, mais répondre uniquement au besoin du capital. Les franciliens n’ont pas à payer cette logique. Leurs attentes, c’est une amélioration immédiate de leurs conditions de transports, sachant qu’avec les réorganisations, les délocalisations, le coût du logement, les temps de transports ne cessent de s’allonger.

D’autres choix sont possibles et nécessaires passant aussi pour d’autres financements. En commençant par mettre à contribution ceux qui profitent (au sens de faire du profit) en territoire des équipements publics et du transport (grande distribution, industrie du tourisme, zones logistiques …) via une fiscalité qui alimente les fonds régionaux.

Il faut également généraliser le versement transports, impôts sur les entreprises pour qu’elles participent aux financements des équipements transports, réformer la fiscalité du transport professionnel avec prise en compte des coûts externes aujourd’hui à charge de la collectivité (pollution, nuisances, infrastructures, accidents…)

La CGT propose la création d’un pôle financier public ! La maitrise publique du système de transport est nécessaire, elle est possible, c’est un choix politique, le service public de transport à besoin d’être renforcé !

Communiqué de la CGT Île-de-France

 
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