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16/03/2019

MARCHE DU SIECLE POUR LE CLIMAT : 350 000 PERSONNES DANS 220 VILLES DONT EVRY COURCOURONNES

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Fin du monde, fin de mois, même combat": la "Marche du siècle" a été un succès samedi réunissant des centaines de milliers de manifestants à travers la France, qui ont dénoncé "l'inaction" contre le changement climatique mais ont aussi appuyé les revendications sociales de mouvements comme les "gilets jaunes".
Plus de 350.000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l'inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale", ont affirmé les organisateurs dans un communiqué.
Marche du siècle.jpgA Evry Courcouronnes plusieurs marches symboliques à l'initiative de Sabine Nagel conseillère municipale de Bondoufle (écoutez son interview en cliquant sur cette ligne}}}),  partis de Bondoufle, Lisses, Evry Courcouronnes ont convergé vers le lac d'Evry Courcouronnes.
 
Elles étaient plus de 200 à se rassembler ainsi dans la bonne humeur mais aussi avec gravité.
De nombreux élus d'Evry Courcouronnes étaient présents dont Daniele Valero Maire déléguée, Claude Maisonnave, Olivier Potokar. Diego Diaz représentait les élus communistes.
 
A Paris, sous le ciel ensoleillé de la capitale, une foule très dense a marché de la place de l'Opéra, bondée à la mi-journée, à la place de la République. Beaucoup de jeunes étaient là, dans une ambiance bon enfant. "On est plus chaud que le climat", pouvait-on lire sur des pancartes. Plusieurs cortèges s'étaient tout d'abord formés dans différents endroits de Paris, avec des mots d'ordre distincts: pour la biodiversité, "l'urgence sociale et climatique" ou le transport "vert".
 
Marche du siècle3.jpgMilitant écolologiste et réalisateur du documentaire "Demain", Cyril Dion a appelé à une "convergence avec les gilets jaunes" lors d'une conférence de presse au départ d'un des cortèges de la marche pour le climat. Selon lui, "la cause de la destruction des écosystèmes se trouve dans ce modèle économique".
 
Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, avaient appelé à descendre dans la rue pour le climat, estimant qu'il est "temps de changer de système industriel, politique et économique".
 
Cet appel a été très suivi à travers le pays. Selon les préfectures concernées, 8.000 manifestants ont défilé à Montpellier, 6.000 à Rennes, 3.000 à Tours, 2.700 à Besançon ou 2.500 à Marseille.
Les jeunes avaient ouvert le bal vendredi, répondant en masse à l'appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg. Ils étaient entre 29.000 et 40.000 à Paris, 168.000 à travers la France, selon l'organisation Youth for climate. "Il faut vraiment qu'il y ait un moment de basculement, un avant et un après", a espéré Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.
 
Lors des précédentes marches pour le climat, nées après la démission de l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, plus de 15.000 personnes étaient descendues dans les rues de Paris. Depuis plusieurs mois, se multiplient des pétitions, actions et campagnes en ligne.
 
Et l'Etat est poursuivi par quatre ONG (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) pour "manquements" à son obligation d'action contre le réchauffement. Elles sont à l'origine d'une pétition qui a récolté plus de deux millions de signatures en moins d'un mois.
 
Les manifestants s'appuient sur les avertissements lancés par les scientifiques pour demander aux responsables politiques et économiques des actions plus radicales en faveur du climat et de la faune et flore sauvages. L'Accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C, mais les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C.
 
Lorenzo Clément pour l'Humanité et Diego Diaz pour Mosaik Radios et les photos

23/02/2019

Des belles images du Salon de l’agriculture au dur métier de paysan

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salon agriculture 2019.jpgTandis que ce XXIème siècle risque d’être celui des grandes incertitudes concernant la capacité de la planète  à nourrir une  population mondiale en incessante croissance, le Salon  annuel de l’Agriculture qui s’ouvre demain dans les différents pavillons du Parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris(1) sera une fois encore la vitrine de l’abondance, qu’il  s’agisse des animaux  vivants, des cultures qui servent à les nourrir  afin que les humains consomment ensuite de la viande,  des œufs et des produits laitiers.

Pourtant, vivre du prix de la vente de ses produits  est de plus en plus difficile quand on est agriculteur. Et la loi Egalim votée le 2 octobre 2018 par la majorité parlementaire engendre plus de déceptions  que de satisfactions.

« Imminence » sera la reine du Salon cette année. C’est une vache de la race « Bleue du Nord » qui a failli disparaître au cours du XXème siècle.  Elle était élevée sur les terres de l’actuelle région des Hauts de France. Elle fut  victime  de  l’occupation allemande à deux reprises avec ce que cela comportait de prélèvements sur les troupeaux  pour nourrir les soldats en campagne. Du coup, elle n’est plus présente que dans 25 exploitations  dont celle tenue par Gilles Druet à Saint Aubin dans la vallée de l’Avesnois où est produit un fromage  odorant connu sous le nom de Maroilles. Un produit du terroir  que Dany Boon, dans l’un de ses films, étalait sur ses tartines pour accompagner le café du petit déjeuner!
 

Une bonne préservation des races rustiques 

 Cette race locale et rustique est une bonne laitière  sans avoir les rendements des troupeaux  de  la Prim’Holstein, portée depuis des décennies par une sélection génétique qui en a fait un animal fragile. La « Bleue du Nord »  a été préservée grâce à l’abnégation d’éleveurs patients  comme Gilles Druet . Défenseur  d’une agriculture de fermes familiales, l’homme qui s’occupe d’« Imminence » au salon, note que « l’évolution de l’agriculture est telle qu’on s’agrandit de plus en plus et l’effectif des éleveurs ne va qu’en diminuant ». Comme lui, d’autres éleveurs passionnés  ont sauvé la Pie noir bretonne, la Froment du Léon, la Maraîchine, la Bazadaise  et tout ce capital génétique diversifié  avec aussi la Normande, la Montbéliarde, la Pie rouge de l’Est  les races montagnardes comme l’Abondance et la tarentaise pour le lait. Cela reste également vrai pour les brebis  et dans une moindre mesure pour les chèvres et les chevaux de trait.
 
Dans l’élevage bovin, il a autant de vaches qui ne sont jamais traites que de laitières. Ce sont les races à viande dont les plus connues sont la charolaise, la limousine, la salers, la rouge des prés, la blonde d’Aquitaine,   l’Aubrac et quelques autres. Ce furent naguère des animaux  utilisés pour  labourer et charroyer avant l’arrivée des tracteurs, peu nombreux en France jusqu’à la  seconde moitié du XXème siècle. Tous ces bovins seront visibles pendant neuf jours au Pavillon 1.

La mise en exergue des  produits régionaux 

L’Odyssée végétale  se présente comme une mise en scène de la culture des végétaux et  occupera le Pavillon 2.2 auquel on accède depuis le 1 par un escalier mécanique. On note à ce propos  que la communication des exposants change  pour prendre en compte la modification actuelle et à venir des conditions de production face aux conséquences du réchauffement climatique.
 
lapin3.jpgLes pavillons 3/ 5.1/ et 5.2 permettent de goûter les produits des régions et de faire son marché  le cas échéant, qu’il s’agisse  de vins, de pains, de charcuteries, de fromages, de fruits et légumes et quantités d’autres produits, tandis que la restauration offre beaucoup de   diversité  dans les différentes régions de  la France métropolitaine et de l’outre-mer.
 
Dans la ferme pédagogique du Pavillon 4 on peut admirer les volailles et les lapins tandis que les chiens et les chats occupent le pavillon 7.1.
 
Histoire de connaître une certaine forme de dépaysement, il existe même dans le pavillon 5.2 un espace réservé  aux « Elevages du monde » dans lequel on peut admirer des chameaux, des dromadaires, des lamas, des yaks  et des chèvres de  Somalie.
 
Si ce salon donne à voir ce qu’est encore  la diversité  et la qualité intrinsèque de l’agriculture en France, il ne permet pas de voir que ce potentiel est aujourd’hui menacé pour au moins deux raisons. Le revenu que la plupart  des paysans tirent de leur travail n’est pas à la hauteur  des efforts fournis par les hommes et les femmes qui produisent notre nourriture quotidienne. Du coup, il devient de plus en plus difficile  d’installer des jeunes  qui peinent à obtenir des emprunts en raison des incertitudes concernant le revenu. Or,  la moyenne d’âge des exploitants frôle les 50 ans  en France et les paysans qui vont quitter le métier dans les cinq prochaines années sont très nombreux.
 
Demain, si une agriculture de firmes  lancées dans des politiques spéculatives sur les matières premières  agricoles venait à se substituer aux fermes familiales, il y aurait moins de diversité  et moins de qualité  dans la production agricole. Dans ce pays, les paysans les plus innovants sont surtout ceux qui transforment  leurs produits et les vendent directement aux consommateurs, qu’il s’agisse des vignerons, des maraîchers où des producteurs de fromages fermiers. 

Des prix agricoles anormalement bas en ce début d’année

Enfin, près de cinq mois après le vote de la loi Egalim , dont le président  de la République   avait dit qu’elle permettrait  de mieux  rémunérer les paysans en faisant prendre en compte l’évolution des coûts de productions dans la fixation du prix , la situation ne s’et pas améliorée , loin s’en faut. Le prix du kilo de carcasse  de porc charcutier était de 1,18€ le 18 février chez nous  contre 1,40€ en Allemagne. Celui des vaches laitières de réforme qui vont à la boucherie  était de 2,65€ le kilo.
 
Le prix des 1.000 litres de lait au départ de la ferme tourne entre  320 et 330€, contre  370€ en 2014  alors que les conséquences de la sécheresse de l’été et de l’automne 2018 ont sensiblement augmenté les coûts de production. Le prix du blé rendu au port de Rouen pour l’exportation est tombé à 189€ la tonne en cette fin février alors qu’il tournait autour de 195€ la tonne depuis des semaines. Celui de l’orge de brasserie qui se maintenait  autour de 195€ la tonne entre août et décembre 2018 est tombé  à 165€ en février 2019. Il en va de même pour le maïs tombé en quelques jours de 170 à 165€ la tonne.
La tonne de colza pour produire de l’huile se vend actuellement 366€,  contre 430€ l’an dernier  à la même époque.
Les paysans vont donc avoir de bonnes raisons d’interpeller le président de la République  et ses ministres  sur leurs promesses non tenues  à l’occasion des visites sur le salon.         
 
(1) Le salon est ouvert aux visiteurs  du samedi 23 février au dimanche 3 mars de 9H à 19H. Le billet d’entrée coute 14€. Il est de 7€ pour les enfants de 6 à 12 ans, l’entrée étant gratuite  pour les  moins de six ans 
 

16/08/2018

DE LA RESISTANCE AU PARLEMENT DISPARITION DE ROBERT VIZET

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Résistant, ancien maire de Palaiseau, député puis sénateur communiste, Robert Vizet est décédé à l’âge de 94 ans. Palaiseau perd une personnalité majeure de la seconde moitié du XXè siècle.

A l’âge de six ans, sa famille s’installe dans la commune voisine de Palaiseau pour y tenir un café. C’est dans cette commune de ce qui ne s’appelait pas encore l’Essonne, mais la Seine-et-Oise, que grandit le jeune homme. A 16 ans, il est envoyé à Paris pour suivre un apprentissage comme futur imprimeur. Mais les évènements se précipitent et la France est occupée à partir de juin 1940.

En 1943, alors qu’il est réquisitionné à 19 ans pour effecteur le Service du travail obligatoire (STO), Robert Vizet entre dans la clandestinité. Il participe à plusieurs opérations anti-occupation, et combat lors de l’insurrection parisienne d’août 1944 au côté des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il entre au conseil municipal de Palaiseau en 1953, dans l’équipe d’Eugène Deloges, puis devient maire en 1959. Jusqu’en 1965 où la ville bascule à droite avec André Hardy. A la suite de cette parenthèse, il est élu pour un nouveau mandat en 1971.

Réélu en 1977, il laisse la main deux ans plus tard à son premier adjoint Jean Pacilly à la tête de la municipalité, Robert Vizet choisissant alors de se concentrer sur ses autres fonctions. Parallèlement, il siège au conseil général de l’Essonne.

Député en 1967/1968 puis de 1973 à 1981, il termine sa carrière au sénat de 1986 à 1995.

Jusqu’en 2001, il siège en tant que conseiller municipal de Palaiseau, pour un total de 48 années de présence (et plusieurs alternances) au sein de l’instance palaisienne.

Maire (LR) depuis 2012, Grégoire de Lasteyrie l’avait rencontré à plusieurs reprises, Robert Vizet étant toujours présent dans la commune : « il faisait preuve d’une régularité parfaite à la cérémonie de Libération de Palaiseau, et suivait également toujours le comité de jumelage ».

L’actuel édile qui n’a d’ailleurs « pas les mêmes idées politiques », parle d’un « vrai engagement pour Palaiseau » qui caractérisait Robert Vizet. L’ancien maire fut en effet partie prenante de plusieurs projets caractéristiques du Palaiseau de la seconde moitié du XXe siècle, la création de pans de quartiers et de logements, de nouvelles écoles ou encore la MJC ouverte à cette période.

Dans un communiqué, la fédération communiste de l’Essonne a salué un « homme de conviction, de caractère, de loyauté et d’union ». Alors qu’un hommage de ses camarades aura lieu, le PCF perd l’un de ces principaux porte parole essonnien dans les luttes comme dans les hémicycles de ces dernières décennies. « Si les salariés, les progressistes, le considèrent comme l’un des leurs, il force le respect de ses adversaires » ajoute le parti. Annick Le Poul milite au PCF depuis 30 ans dans le nord du 91, elle a côtoyé Robert Vizet sur plusieurs terrains : « mon mari travaillait à la SFIM (ex Safran), dans les années 70/80.

Robert Vizet était déjà maire, puis député, il était très proche de ses habitants, des militants, des salariés : je me souviens quand il venait le matin à 6h30 devant la porte de cette plus grosse entreprise de ce territoire, pour soutenir les luttes.

Il était très proche, très simple, se nourrissait de ces contacts, des gens pour qui il se battait au quotidien ». Comme lors de ses interventions parlementaires, pour lesquelles « il a toujours gardé la proximité, ce qu’il disait n’était jamais déconnecté, toujours en prise directe avec la réalité du terrain » ajoute Annick le Poul.

Sources Essonne Infos

 
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