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20/06/2013

Veut-on la mort de la Maison Triolet-Aragon ?

politique culturelle, louis aragon, aurélie fillippetti, bernard vasseur, maison triolet-aragon, ministère de la culture, Baisse de subvention, hausse des loyers… On s’interroge sur les intentions du gouvernement sur un lieu dont il reconnaît l’excellence.

Ceux qui étaient au moulin de Villeneuve le 30 septembre 2012 se souviendront, entre autres grands moments, d’avoir entendu Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, affirmer l’attachement du gouvernement, et son intérêt personnel, à la mémoire vivante d’Aragon, et rappeler le rôle exemplaire joué par la Maison Elsa Triolet-Aragon en cette matière. Que penser, dès lors, de la série de mauvais coups portés conjointement par les ministères de la Culture et des Finances contre une institution considérée comme une référence dans le monde des maisons d’écrivains ?

Dans un communiqué, Bernard Vasseur, directeur de la Maison Elsa Triolet-Aragon, donne en effet de stupéfiantes informations. D’un côté, une baisse de la subvention, de l’autre une hausse brutale du loyer. La subvention, fixe dans son montant depuis 1998, se trouvait déjà passablement rognée, en termes réels, par l’inflation. Cette année, c’est à une véritable amputation, de 6 %, que procède le ministère de la Culture. Mais tout cela n’est rien en comparaison de ce que qu’annonce Bercy, par l’intermédiaire de France Domaine. Le loyer payé par le Centre de recherche et de création Elsa Triolet-Aragon vient de bondir de 55 % en 2012, et connaît une nouvelle hausse qui porte l’augmentation à 66 % en deux ans.

On croit rêver. D’abord parce que c’est Aragon lui-même qui, comme il avait donné au CNRS ses manuscrits et papiers de travail, avait en 1976, légué à la France ce lieu. On peut s’interroger sur la rationalité (sinon la décence) qu’il y a à faire payer ceux qui précisément réalisent, au jour le jour, la condition mise par Aragon à la réalisation de son legs : faire du moulin un espace d’art et de recherche. Mais il paraît que c’est ce que veulent les règles administratives. Il était cependant entendu que ce loyer serait compensé par une intégration de son montant dans la subvention du ministère de la Culture. Nous n’en sommes bien évidemment plus là. L’État traite la maison que lui a laissée Aragon comme si elle était le siège d’une quelconque activité lucrative.

Étrange paradoxe pour une institution qui a fait la preuve de sa vitalité, jusqu’à devenir la première à obtenir le label de « Maison des illustres », signe d’excellence en matière de fonctionnement et de rayonnement pour une maison d’artiste. Une distinction qui ne fait que reconnaître un fait : un quadruplement du nombre des visiteurs en quinze ans, de 5 000 à 20 000, et une ouverture réussie au public scolaire, qui atteint 7 000 élèves. Explosion de la fréquentation, qualité de l’animation, tout cela est reconnu au plus haut niveau, célébré par la ministre elle-même, et pourtant tout se passe comme si, la prenant en tenailles entre baisse de subvention et hausse de loyer, on voulait, pour fêter son centenaire, fermer la maison d’Aragon.

Bernard Vasseur, son directeur, et Edmonde Charles-Roux, sa présidente, sont intervenus auprès des ministres concernés. Sans réponse. Désinvolture ? Mépris ? À quoi joue le gouvernement ? L’inquiétude s’installe, la colère n’est pas loin. Qu’on le sache, on ne laissera pas mourir la maison d’Elsa Triolet et de Louis Aragon.

Alain Nicolas, l'Humanité


LA DERNIERE DEMEURE D'ARAGON ET ELSA TRIOLET par E-Mosaique

30/05/2013

MANIFESTATION : PROJET ACTE III DE LA DECENTRALISATION ET DEMOCRATIE

100_9737.JPGPlusieurs centaines d’élus communistes et républicains ont manifesté devant le Sénat contre le projet sur la décentralisation qui se traduirait en cas de vote par une atteinte à la démocratie municipale et citoyenne et la perte de moyens financiers considérables pour les collectivités.

Plusieurs maires et sénateurs ont rappelé les enjeux de cette loi, dont André Chassaigne président des députés Front de Gauche (voir vidéo) et Dominique Adenot, maire de Champigny et président de l’Association Nationale des Elus communistes et républicains.

Plusieurs milliers de salariés ont ensuite manifesté à l’appel de la CGT et FO pour s’opposer également à ce projet.

CE PROJET

100_9748.JPGLes collectivités jouent un rôle essentiel pour développer les droits de tous à se former, à se loger, à se déplacer, à se soigner, à se cultiver. Elles contribuent à relever les défis économiques, industriels, ceux de la transition énergétique. Il faut une réforme qui permette de combattre les fractures territoriales béantes, les inégalités sociales, une réforme qui réponde aux besoins humains, sociaux, écologiques d’aujourd’hui, tant dans les grandes agglomérations que dans le secteur rural. Il faut une réforme qui permette aux citoyens d’être enfin au centre des enjeux et des décisions.

Les regroupements forcés en grandes intercommunalités se poursuivent sous la houlette des préfets. L’« acte III de décentralisation » ne rompt pas avec cette logique. Aux cotés de mesures d’intégration spécifiques pour Paris, Lyon et Marseille, il crée d’autres métropoles dans des territoires si nombreux que cela impacte près de 40% de la population …

décentralisation, loi, élus communistes, André Chasssaigne, Pcf, Paris, SénatLe gouvernement programme une réduction des dotations d’État aux collectivités pour les trois ans à venir de 4 milliards et demi : du jamais vu ! A cela s’ajoute deux milliards de charges imposées : relèvement du taux de TVA, réforme du temps scolaire, hausse des cotisations à la CNRACL, cofinancement des politiques nationales, …

Une nouvelle RGPP se met en place avec un autre nom : la Modernisation de l’Action Publique… Les collectivités deviendraient des variables d’ajustement au nom du remboursement de la dette publique, alors qu’elles n’en sont pas responsables. L’acte III prévoit l’encadrement et le contrôle de la dépense publique, mettant en œuvre la baisse des investissements publics des collectivités. C’est leur capacité à contribuer à une relance de l’activité économique en répondant aux besoins des habitants qui est mise en cause. Il n’y aura pourtant pas de sortie de crise sans les collectivités territoriales qui génèrent 70% de l’investissement public.

 

Pour un renouveau démocratique dans une république unie et solidaire !

La réponse aux défis d’aujourd’hui passe par un renouveau démocratique profond de nos institutions, à contrario de tous les processus qui, à tous les niveaux, ont organisé la mise à la marge des citoyens, le dessaisissement progressif de leur pouvoir. C’est pourquoi, l’instauration de la proportionnelle, la citoyenneté de résidence avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, et l’institutionnalisation de la démocratie participative à tous les niveaux, sont des changements à décider sans délais.

Un État qui s’engage et joue son rôle !

Les Services Publics nationaux doivent se décliner dans une gestion partagée avec les collectivités territoriales, ces coopérations se menant ainsi avec des garanties nationales d’accès égal pour tous. Toute leur place aux coopérations volontaires !

Indissociablement, la réforme doit se hisser à la hauteur du niveau de coopération volontaire aujourd’hui rendu nécessaire entre les différentes institutions de notre République.


ACTE lll DE LA DECENTRALISATION : MANIFESTATION... par E-Mosaique

 

25/04/2013

Le groupe Accor ne doit pas être victime de la Bourse

accorhennequin.jpgExtrait, communiqué de presse

« Après l’éviction de Denis HENNEQUIN, président du groupe Accor, Francis CHOUAT, président de la communauté d’agglomération Evry Centre Essonne, où se trouve le siège de l’entreprise, met en garde contre une stratégie qui tend à favoriser les profits boursiers au détriment des salariés. Francis CHOUAT va saisir le ministre du redressement productif, Arnaud MONTEBOURG, pour lui demander d’examiner la situation de l’entreprise Accor.

L’éviction de Denis HENNEQUIN, président du groupe Accor le 24 avril, la troisième en huit ans, inquiète les salarié(e)s et leur représentant(e)s. Elle interroge également les élu(e)s et les acteurs économiques et touristiques du territoire de l’agglomération Evry Centre Essonne.Tout laisse craindre que la stratégie des principaux actionnaires, Colony Capital et Eurazeo, soit de démembrer le groupe – un des tout premiers d’Europe, 5e au niveau mondial – pour alléger son patrimoine, supprimer de nombreux emplois et satisfaire ainsi davantage les exigences de rentabilité boursière. Leur stratégie internationale et européenne posait déjà problème. Elle s’avère désormais fondée sur le recul d’implantations, lourd de conséquences

sociales et économiques. »

Les syndicats protestent

Les syndicats du groupe ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils manifesteront jeudi, appelant tous les salariés du groupe à cesser le travail 15 minutes à l'ouverture de l'assemblée générale.

Ils dénoncent "la stratégie financière désastreuse" des actionnaires d'Accor et "la spirale infernale du profit à tout prix".

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/economie/pourquoi-le-pdg-d-...

DOSSIER : PAS ASSEZ DE PROFIT

Extrait de Libération du 22/04/2013

L’histoire s’est répétée mardi chez Accor: le PDG du groupe d’hôtellerie Denis Hennequin a été débarqué à l’occasion d’un conseil d’administration, tout comme son prédécesseur Gilles Pélisson l’avait été fin 2010, sous la pression des actionnaires Eurazeo et Colony Capital.

M. Hennequin, 54 ans et ancien patron de McDonald’s en Europe, a été poussé sans ménagement vers la sortie à deux jours de l’assemblée générale annuelle, alors que les résultats d’Accor ont été décevants au premier trimestre.

Denis Hennequin était arrivé à la tête d’Accor il y a un peu plus de deux ans. Il a mis en oeuvre une stratégie de cession d’actifs jugée trop lente et un plan de départs «trop généreux». Mais il a aussi fait les frais de la mollesse du cours de Bourse qui, en dépit de sa petite hausse depuis un an (+6,31%), n’a toujours pas rattrapé son niveau d’il y a trois ans (-13,50%).

Le président d’Eurazeo, Patrick Sayer, estimait il y a un an «qu’Accor (était) sans doute la société la plus mal valorisée du secteur hôtelier» parce que son important patrimoine était mal pris en compte dans le cours de Bourse.

En février, le groupe s’est fixé pour objectif de réduire la part de ses hôtels possédés en propre à 20% de son parc pour dégager les liquidités.

Mais cet engagement n’a semble-t-il pas été suffisant aux yeux de Colony et d’Eurazeo, qui avaient souhaité qu’Accor créé une société foncière séparée afin de «mieux identifier la partie immobilière de la partie opérationnelle» pour «gagner en efficacité».

Eurazeo et Colony Capital détiennent ensemble 27,51% des droits de vote au sein d’Accor.

Selon des analystes de Barclays, des «tensions existaient depuis quelque temps» au sein du conseil d’administration, voyant s’affronter d’un côté la logique d’entrepreneur de M. Hennequin, qui avait annoncé un plan d’action courant jusqu’en 2016, et de l’autre une stratégie financière, soucieuse de résultats rapides, portée par les actionnaires.

Les syndicats du groupe ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils manifesteront jeudi, appelant tous les salariés du groupe à cesser le travail 15 minutes à l’ouverture de l’assemblée générale.

Ils dénoncent «la stratégie financière désastreuse» des actionnaires d’Accor et «la spirale infernale du profit à tout prix».

 

LA STATEGIE SUCIDAIRE

accorpelisson.jpg(extrait article publié le 15/12/2009) pat l’Expansion

Qui est derrière la scission ?

Après leur entrée dans le capital d'Accor, les fonds d'investissement Colony Capital et Eurazéo n'ont pas cessé de faire pression sur Gilles Pélisson pour l'obliger à actionner tous les leviers de valorisation de la société afin de faire grimper les dividendes et de booster le cours de l'action. Gilles Pélisson a donc d'abord mis en vente les actifs jugés " non stratégiques ", comme le voyagiste Go Voyages ou le Club Med. Il a ensuite cédé une bonne partie des murs de ses hôtels.

En deux ans, cette stratégie a permis de faire remonter plus de 2 milliards de dividendes exceptionnels aux actionnaires. Les deux actionnaires " activistes " veulent maintenant profiter de la montée en puissance de la division " services " du groupe qui ne pèsent que 13% de l'activité du groupe, mais lui procurent 40 % de ses résultats pour la séparer de la division hôtellerie (Sofitel, Novotel, Ibis, F1, etc.). La division services, valorisée sur le même ratio que son partenaire Mastercard, vaudrait plus de 5 milliards d'euros. L'hôtellerie, de son côté, serait estimée à 5,5 milliards d'euros. A comparer aux 8,4 milliards de capitalisation actuels du Groupe Accor. De quoi faire flamber l'action de 38 euros, son cours actuel, à 45 euros. Une bonne façon de permettre aux deux fonds de retrouver ou de se rapprocher de leurs cours d'achat (42 euros pour Colony et 47 euros pour Eurazeo).

Qui s'y oppose ?

Les principales critiques émanent du FSI, le Fonds stratégique d'investissement, qui lors de sa création a récupéré la participation de 8,7 % de la Caisse des dépôts et consignations (en dotant le FSI de la participation de la CDC, l'Etat a perdu le bénéfice de ses droits de vote double qui sont passés de 13,51 à 7,91 %). " Le FSI n'ayant pas l'intention de sortir d'Accor, il n'a donc pas vocation à soutenir un projet dont le seul objectif serait d'augmenter le cours de Bourse ", expliquait le semaine dernière Gilles Michel, le patron du FSI. Ce dernier ne cachait pas sa volonté de sortir du capital du groupe en cas de scission.

En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/accor-la-scission-en-questions_213455.html#IOdsvFPcqOG0zoB1.99

 
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