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25/12/2013

Grand Paris Express: le paquet cadeau des nouveaux métros livré après 2020

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Le réseau actuel est à bout de souffle, celui du Grand Paris Express est en phase d'études, et les améliorations en cours ne comblent pas le déficit (voir notre diaporama).

«Je vous remercie d'avancer vers le fond afin que tout le monde puisse monter avant la fermeture des portes.» Le sympathique jeune homme en gilet orange fluo orné des logos RATP et Ligne 13 se veut convaincant, il affiche aussi un gentil sourire. Il est 9 heures, ce mercredi matin, dans les sous-sols de la gare Saint-Lazare. Journée ordinaire. La foule s'agglutine dans les couloirs et sur les quais du métro. Pour beaucoup, chaque minute compte. «Mon patron ne me fait pas de cadeau quand j'arrive en retard'», explique une dame qui joue des coudes pour se frayer un petit chemin dans la marée des manteaux et des doudounes sombres. Pour qui aime les contacts physiques, les relents de parfums douceâtres mêlés à l'après-rasage viril, sans pouvoir éviter les fragrances moins subtiles de la transpiration et du tabac froid, le métro parisien est idéal.

Mais tout cela resterait folklorique, toutes lignes confondues, du métro, des RER, voire des trains de banlieue en pays d'Île-de-France, si ces dites lignes offraient un service honnête. Las, les retards dus à une multitude d'incidents techniques, de pannes diverses et variées, sans oublier les malaises des voyageurs, qui, plus malmenés que des volailles en cage conduites au marché, tombent parfois dans les pommes entre deux stations, font partie du voyage quotidien. «Avancer vers le fond» est tout simplement souvent impossible, même en se marchant sur les pieds!

20 ans de retard

Depuis plusieurs années, les mesures décidées par le Stif, la RATP ou la SNCF, comme les plans du RER B+ (avec enfin des trains omnibus dans le Nord parisien), les nouvelles rames «Francilien» (qui ont permis de remiser les «petits gris» en Inox mis en service en 1965), les trams rutilants, ne suffisent plus. Même si les 7 milliards d'euros annoncés pour «l'amélioration du quotidien» ont été bienvenus. «Nous avons dix ou vingt ans de retard», pestent les associations d'usagers. Sur ce constat, pour dire les choses à grande vitesse, est né le projet des métros dits du Grand Paris Express. Avec des mises en service à l?horizon 2020-2030 pour l'essentiel, même si, en 2017, la Ligne 14 sera prolongée de Saint-Lazare à Mairie-de-Saint-Ouen, pour soulager la fameuse Ligne 13, ce qui reste encore à voir, s'interrogent des élus locaux, car Saint-Ouen comme sa voisine Saint-Denis sont loin d'avoir achevé le développement d'immeubles de bureaux, d'activités et de logements dans la proximité de ces lignes.

Réunions au nord de Paris

En tout cas, pour la Société du Grand Paris (SGP), demain a déjà commencé. Après un grand tour de réunions publiques dans le sud de la capitale, cette structure, dont la mission est de réaliser le nouveau réseau, a conduit, en novembre et jusqu'au 18 décembre, douze réunions au nord, entre Montfermeil et Aubervilliers, en passant par Saint-Denis, La Courneuve ou encore Chelles. «Ces réunions ont pour objectif de présenter les avancées du projet, d'informer les habitants, de leur permettre de s'exprimer, de répondre à leurs questions et de prendre en considération leurs observations», dit-on à la SGP.

En cette période de fêtes de fin d'année, cela fait un peu penser à certaines promesses: «Si tu es très sage, tu aura une jolie locomotive pour Noël.» Mais les adultes ne croient plus guère au vieux bonhomme à la barbe fleurie et, en plus, les métros du Grand Paris (voir notre infographie) existeront vraiment. Les tracés induiront des changements d'itinéraires conséquents, et il ne sera plus nécessaire, souvent, de transiter par Paris pour aller d'une banlieue à une autre. Entre La Courneuve et Clichy-Montfermeil, on ne mettra plus que 16 minutes, au lieu de 1h5 actuellement. De Clichy à Noisy-Champs, ce sera 6 minutes, au lieu de 64. Du Blanc-Mesnil à Créteil, 30 au lieu de 75. Il faut juste, d'ici là, «avancer vers le fond» encore pendant quelques années, tous les jours.

  • A lire aussi:

Le Grand Paris Express, un projet démocratique

Marc Thiberville « Une bonne nouvelle pour la région »

Gérald Rossi

01/12/2013

Appel pour GAZA !

palestine1.jpgTexte adopté à l’issue des Huit Heures pour la Palestine, à Evry, le 30 novembre 2013

A l’issue des Huit Heures pour la Palestine, qui se sont tenues le 30 novembre 2013 à Evry sur le thème « Gaza, Palestine étranglée mais résistante et vivante », les organisations du Collectif Palestine Evry Essonne, qui ont soutenu cet événement organisé par Evry Palestine, lancent un appel pressant à nos pouvoirs publics et à nos élus pour qu’une action énergique soit enfin menée auprès d’Israël pour la levée du blocus de Gaza et le rétablissement de la liberté de circulation pour les personnes et les biens.

GAZA : LA FRANCE ET L’EUROPE DOIVENT AGIR

Depuis plus de 6 ans, la Bande de Gaza vit sous un blocus inhumain et illégal, imposé par l’Etat d’Israël, puissance occupante, en violation flagrante de la quatrième convention de Genève et des conventions pour les droits de l’Homme.

Ce blocus, associé aux attaques meurtrières de 2008-2009 et de 2012, aux restrictions injustifiables à la pêche dans les eaux territoriales de Gaza, à l’impossibilité de cultiver dans la zone tampon décrétée unilatéralement par Israël, ruine l’économie de Gaza et fait vivre à sa population un calvaire insupportable. La fermeture des tunnels, décidée par l’Egypte, a supprimé cette voie bien précaire d’approvisionnement, stoppé net la reprise de l’activité de construction du secteur privé, et considérablement aggravé la situation des 1,7 millions de personnes qui vivent à Gaza. Et les bombardements par l’aviation israélienne, les assassinats ciblés, les attaques de la marine contre les pêcheurs, les tirs de l’armée contre les paysans, n’ont jamais cessé.

evry,palestine,gaza,appel des communistes,élusUn an après le cessez-le feu qui a suivi l’opération militaire d’Israël contre Gaza en novembre 2013, l’ONU constate que la situation des Palestiniens de Gaza s’est encore considérablement dégradée. Et l’UNRWA (organisation de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens) ne peut plus faire face aux besoins d’urgence compte tenu de ses moyens financiers. Même les constructions ou reconstructions d’écoles ont dû être stoppées faute de matériaux de construction.

Les services hospitaliers sont sévèrement atteints, et les égouts se déversent dans les rues faute d’énergie pour le pompage. L’eau estimpropre à la consommation dans 95% des cas, avec une perspective de destruction irrémédiable de la nappe phréatique à court terme.

Aux autorités égyptiennes, il faut demander de rouvrir largement aux personnes le terminal de Rafah, et de l’ouvrir aux marchandises, mesure rendue urgente par la destruction des tunnels qu’ils ont décidée.

Mais le premier responsable de la situation à Gaza est l’Etat d’Israël, puissance occupante au sens du droit international, et tenu de ce fait par les obligations de la 4 ème convention de Genève. Gaza est victime d’une stratégie délibérée d’Israël pour l’étrangler, ruiner son économie et son environnement, et l’isoler du reste de la Palestine.Et cela, alors que les habitants de Gaza demandent avant tout de pouvoir travailler, étudier, produire, exporter et importer, échanger avec le reste du monde comme tous les pays de la planète, et accéder à leurs droits légitimes.

Les déclarations qui condamnent le blocus de Gaza ou demandent qu’il soit levé au plus vite sont nombreuses de la part de l’Europe, des Nations-Unies et de la France (même si nous regrettons l’absence de déclaration publique sur ce point lors de la visite du Président de la République en Israël et Palestine en novembre 2013).

evry,palestine,gaza,appel des communistes,élusIl est temps de mettre les actes en conformité ave cles paroles. Il n’est plus possible de s’en tenir à quelques gestes humanitaires, comme si Gaza était victime d’une catastrophe naturelle, sans s’attaquer au blocus et à l’occupation. Le blocus de Gaza doit être levé, la liberté de circulation pour les personnes et pour les marchandises doit être rétablie dans les deux sens aux postes frontières avec Israël, les zones de pêche et de culture rétablies, une liaison assurée entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Un plan d’urgence doit être adopté pour l’eau, en limitant strictement les prélèvements d'eau par Israël entre la Cisjordanie et Gaza, et en assurant un approvisionnement d’urgence de Gaza en eau potable.

Au-delà de ces mesures d’urgence, Gaza a le droit de vivre : son aéroport doit être reconstruit, les travaux du port démarrés, la liaison permanente et sécurisée entre Gaza et la Cisjordanie assurée comme prévu par les accords d’Oslo, des ressources en eau mobilisées en proportion du nombre d’habitants. C’est, au-delà de la résolution de la crise actuelle à court terme, un ensemble d’objectifs essentiels sans lesquels aucune paix ne sera juste et durable.

Ces exigences doivent être portées fermement par la France et l’Europe, elles doivent être assorties de sanctions si Israël ne s’y conforme pas.

Nous appelons nos élus des municipalités de l’Essonne, du Conseil Général de l’Essonne, du Conseil Régional Ile de France, nous appelons les Députés et Sénateurs de l’Essonne, à porter cet appel auprès du gouvernement et du Président de la République, pour une action au niveau de la France comme de l’Europe. Nous appelons nos députés européens à porter cet appel auprès des autres parlementaires européens, du Conseil Européen et de la Commission Européenne. Nous attendons du gouvernement français et de l’Union Européenne des actions fermes et publiques dans ce sens vis-à-vis d’Israël.

Les élus communistes d'Evry se sont associés à cet appel

30/07/2013

Métropole du Grand Paris: un coup de force qui ne résoudra en rien les problèmes des Franciliens


DG_Affirmation des métropoles par Francois_Asensi

 

“Monsieur le président, mesdames les ministres, madame, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, les parlementaires du front de gauche ont déjà eu l’occasion d’exprimer leur opposition à la conception libérale de la métropole défendue dans le texte, qui se résume à masquer un nouveau désengagement de l’État. Je reviendrai pour ma part sur le coup de force institutionnel que constitue le projet de métropole du Grand Paris.

Sur la forme, je dis à nouveau ma stupéfaction face au mépris affiché envers le Parlement à l’occasion de la discussion du projet de loi.

Sur le fond, nous assistons à la suppression des intercommunalités, la marginalisation du rôle des maires et la disparition programmée des départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine. En trois jours de débat au temps limité, en plein cœur de l’été, vous entendez infliger à l’Île-de-France, mesdames les ministres, un big-bang institutionnel qui sapera la démocratie locale et affaiblira très sensiblement le pluralisme dans la région capitale !

Comme je l’ai affirmé lors des questions au Gouvernement, un tel chamboulement ne peut se faire sans les citoyens. La métropole doit faire l’objet d’un référendum, comme le prévoit l’article 72-1 de la Constitution en cas de création d’une collectivité.

Je n’ai pas eu de réponse à ma question au Gouvernement. Un tel silence est assourdissant. Notre demande correspond pourtant exactement à l’esprit de notre Constitution sur ce point. Il n’est pas possible d’y correspondre davantage ! Refuser un référendum serait une décision lourde de conséquence et nous souhaitons une réponse précise du Gouvernement.

La métropole parisienne devrait être avant tout un outil pour s’attaquer enfin à la spécialisation des territoires, pourtant absente de votre projet de loi, mesdames les ministres. Oui, l’Île-de-France a besoin de changements radicaux, car ses habitants n’en peuvent plus des inégalités criantes au cœur d’une des régions les plus riches au monde ! La « mal vie » des Franciliens ne cesse de s’accentuer, en raison de la crise du capitalisme financier mais aussi des politiques d’austérité et d’impasses propres à l’Île-de-France. Je pense à la pénurie de logement, dramatique pour tant de familles, à la hausse des temps de transport et aux conditions de voyage catastrophiques dans les RER de la région parisienne, en particulier le RER B, et à la crise urbaine, si forte dans les quartiers construits autoritairement par l’État dans les années 1960. Les inégalités et la « mal vie » sont de véritables cancers qui rongent la métropole parisienne et entravent son développement social et économique. Elles résultent de plus de quarante ans de développement ultralibéral encouragé par le désengagement de l’État.

Au siècle dernier, le développement insoutenable des activités productives a pris pour terrain de jeu nos banlieues. Les nuisances ont été rejetées par la capitale dans sa périphérie. On a alors assisté à la hausse du foncier, à une politique d’étalement urbain anarchique et à la constitution de véritables ghettos sociaux. Les classes laborieuses, jugées dangereuses, ont été expulsées du centre de l’agglomération et privées du droit à la ville. L’État a accompagné et encouragé une telle spécialisation des territoires. Les hauts fonctionnaires se sont complus dans l’illusion que le développement de pôles de richesses générerait des retombées bénéfiques pour l’ensemble du territoire. La réalité est tout autre. Opulence et pauvreté se répartissent de part et d’autre d’une fracture territoriale est-ouest. Comment accepter que le PIB par habitant soit trois fois moindre en Seine-Saint-Denis que dans les Hauts-de-Seine ?

Comment accepter qu’il y ait six fois moins de librairies qu’à Paris ? Six fois moins de magistrats ? Quatre fois moins de médecins spécialistes ? Comment accepter que la taxe foncière des habitants de Sevran soit dix fois plus élevée que celle de Neuilly-sur-Seine, monsieur Fromantin, et leur taxe d’habitation cinq fois supérieure à celle de Courbevoie ?

Un projet de loi ambitieux et progressiste devrait s’attaquer aux discriminations territoriales et promouvoir une métropole égale pour tous les habitants d’Île-de-France. Votre projet de métropole, mesdames les ministres, ne changera en rien cela ! Je crains au contraire que le projet métropolitain du Gouvernement n’accentue encore les inégalités territoriales, pour trois séries de raisons.

En premier lieu, votre projet de loi remet profondément en cause les acquis de la décentralisation et les dynamiques nées sur les territoires. Après des décennies d’aménagement autoritaire de l’Île-de-France, les maires ont acquis après 1982, grâce aux lois Defferre et au gouvernement d’union de la gauche de l’époque, des compétences fortes pour bâtir les villes avec les habitants. Affranchies de la tutelle de l’État, les énergies se sont libérées dans beaucoup de villes populaires et les élus se sont battus pour engager des dynamiques de territoires. Autour de Plaine commune, à Saint-Denis, La Défense, Nanterre, Ivry ou encore autour de l’aéroport Charles-de-Gaulle, des pôles d’excellence se sont affirmés. Je note tout de même que les villes de sensibilité communiste ont joué un rôle décisif par leur impulsion, leur dynamisme économique et leur développement social et culturel. La conception hyperconcentrée de l’aménagement, à l’origine des catastrophes urbanistiques que l’on connaît, avait vécu. C’est pourtant cette conception politique et administrative d’un autre siècle que vous voulez ressusciter, mesdames les ministres.

En effet, la superstructure technocratique de la métropole du Grand Paris confisquerait les pouvoirs des communes. Le conseil de la métropole, essentiellement contrôlé par les élus de Paris, disposerait de pouvoirs exorbitants en matière d’aménagement et de maîtrise du foncier. En clair, la métropole pourrait décider d’en haut, sur un coin de table, la construction de milliers de logements dans une commune. Dans une telle métropole qui ne serait en rien durable, l’étalement urbain s’accélérerait et les sanctions contre les ghettos de riches refusant de construire des logements sociaux resteraient toujours aussi faibles.

Quant à l’absorption des EPCI, les contrats de développement territorial promus par l’État ne sont pas encore bouclés et l’ubuesque logique métropolitaine supprimerait les structures intercommunales qui les portent ! Faudra-t-il abandonner les projets imaginés dans ce cadre avec les populations et repartir de zéro ? Quel gâchis des efforts considérables qui ont été déployés pour vaincre les égoïsmes locaux et enclencher des projets de territoire !

Ma seconde série de critiques porte sur l’absence de mécanisme de solidarité financière dans le projet de métropole, alors qu’il s’agit du problème principal de l’Île-de-France. Rien ou presque n’est dit de l’engagement financier de l’État et de l’indispensable péréquation. En réalité, la réforme répond à un seul objectif, dicté par la Commission européenne, la baisse des dépenses publiques.

Comme l’a réclamé récemment le président Barroso, il s’agit de supprimer les communes et les départements au profit d’une Europe des régions et des métropoles pratiquant en son sein une concurrence effrénée des territoires.

La création de la métropole du Grand Paris serait donc l’occasion d’une nouvelle baisse des dotations qui aggraverait les inégalités territoriales. Mais comment imaginer une métropole solidaire dans un contexte d’austérité ? Nous avons une autre inquiétude : la dotation de compensation prévue pour le transfert des compétences de l’État en matière de logement et d’hébergement connaîtra-t-elle le même sort que les transferts non compensés vers les départements ? Je rappelle que l’État doit 1,9 milliard d’euros à la Seine-Saint-Denis depuis 2004.

Par ailleurs, l’EPCI métropole du Grand Paris deviendrait un mastodonte financier en captant l’ensemble de la fiscalité économique. Les villes resteraient sans ressources, hormis les dotations. Comment ne pas y voir une attaque en règle contre l’autonomie des communes ? D’autant qu’aucun mécanisme de juste répartition des crédits sur l’ensemble des territoires de la métropole n’est explicitement prévu. Le seul mécanisme de péréquation prévu consiste en un fonds interdépartemental dont le volume – 50 millions d’euros – est dérisoire.

Le Gouvernement refuse de remettre en cause les positions de rente de certains territoires. Oubliée, la réforme de la fiscalité locale, si nécessaire pour mettre fin aux paradis fiscaux de l’ouest parisien. Pourtant, si l’on instaurait un taux plancher sur les taxes locales de ces villes, plus de 100 millions d’euros de recettes nouvelles seraient dégagés – deux fois plus que votre fonds de péréquation.

Enfin, je voudrais insister sur le grave déni démocratique de ce projet de loi. Vous mettez à terre toute l’organisation administrative indissociable de l’héritage démocratique de la Révolution française, au profit d’un ovni institutionnel qui ne sera ni efficace, ni solidaire. La métropole du Grand Paris sera à la région francilienne ce qu’est la Commission européenne au vieux continent : une instance technocratique décidant de l’avenir par-dessus leurs représentants politiques – et sans eux. (Rires et exclamations sur quelques bancs du groupe SRC.)

Les conseils de territoire appliqueront le budget de la métropole et se borneront à émettre des avis. Les communes, anémiées et sans pouvoir, deviendront des sous-arrondissements de la capitale. Les maires, pourtant élus au suffrage universel direct par les citoyens, n’auront plus de prise sur les décisions. Ils se borneront à réceptionner la plainte sociale et à se faire les agents de l’austérité. Une fois l’an – je dis bien une fois l’an ! –, ils seront conviés à une assemblée générale des maires de la métropole pour débattre – simplement débattre – des problèmes d’intérêt général. Cela confine à l’absurdité. Le Gouvernement propose de réunir les 123 maires de la petite couronne une fois par an, pour discuter des actions de la métropole et, pourquoi pas, de la vie quotidienne des habitants – encore faudra-t-il que le président de la métropole veuille bien nous convoquer. C’est tous les jours que les maires sont confrontés à la vie quotidienne des habitants, et le monstre de la métropole ne pourra pas remplacer cette proximité !

Les vraies décisions seront prises par une poignée de personnes désignées en dehors du regard de la population : la bureaucratie aura triomphé du politique. Il n’y a là nulle modernité, mais un retour en arrière vers l’autoritarisme haussmannien qui prévalait sous Napoléon III ! D’ailleurs, l’ensemble des modalités de mise en place de la métropole parisienne, éminemment sensibles, est renvoyé à des ordonnances et des décrets. Comment aller plus loin dans le dessaisissement démocratique ?

J’ajoute que le calendrier mis en place est proprement ahurissant et témoigne d’une précipitation qui n’est pas sans arrière-pensées politiciennes. Dans cette recentralisation autoritaire, les pouvoirs seront concentrés entre les mains du président de la métropole et, disons-le clairement, entre les mains d’un parti. Le pluralisme politique sera rayé de la carte, avec une privatisation des nouvelles institutions au bénéfice du parti majoritaire du moment – le vôtre aujourd’hui, mesdames les ministres, mais cela changera à la prochaine alternance.

Les élus communistes et républicains et les élus du front de gauche refusent que Paris absorbe sa périphérie comme au siècle dernier, avec la relégation des communes à de simples mairies d’arrondissement.”

 
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