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03/08/2017

Dépenses publiques. Douche froide pour les communes et les départements

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Olivier Morin, L'Humanité

Depuis sa ville populaire de Stains (Seine-Saint-Denis), Azzédine Taïbi, le maire communiste, fulmine. Les 13 milliards d’euros d’économies prévues par le gouvernement pour les collectivités locales au cours du quinquennat qui commence sont un véritable coup de massue. Ici, comme dans une grande majorité de communes et de départements français, on se demande : « Quand cela va-t-il s’arrêter ? » Car déjà, durant le mandat de François Hollande, les collectivités territoriales ont vu amputer leurs dotations de 11,5 milliards d’euros. À Stains, ce sont 3 millions en moins, entre 2014 et 2017 seulement. « On les a bien sentis ici », se souvient celui qui n’a pas attendu les annonces de la conférence nationale des territoires pour faire front contre la baisse des dotations avec le mouvement des « plumés de l’austérité », dès 2015. 

« Trois millions, c’est l’équivalent d’un conservatoire de musique, c’est le budget de fonctionnement annuel d’un centre de santé ou encore la mise en route d’un groupe scolaire de 6 classes », explique Azzédine Taïbi, inquiet des conséquences pour les services publics locaux. Alors, avec la politique d’austérité qui s’annonce plus violente que prévu puisque Emmanuel Macron annonçait 10 milliards de baisse au cours de sa campagne, Azzédine Taïbi craint pour les habitants des quartiers populaires, qui n’avaient pas besoin de ça.

L’Association des maires ville et banlieue s’est d’ailleurs émue de ce que la question des quartiers populaires prioritaires, des centres anciens dégradés ou ensembles d’habitats sociaux n’apparaisse pas comme une préoccupation particulière du chef de l’État. Même l’annonce de supprimer d’ici à trois ans la taxe d’habitation pour 80 % des ménages n’apportera, toujours selon l’association, « aucun bénéfice à des habitants qui sont pour la plupart déjà exonérés de tout ou partie de la taxe d’habitation ». L’association, qui n’avait d’ailleurs pas été conviée à la conférence nationale des territoires du 17 juillet, juge que l’effort des 13 milliards d’euros « de contribution à la réduction des déficits publics attendu des collectivités » ne peut pas être demandé « de façon identique aux territoires pauvres accueillant des pauvres et aux sites plus aisés ».

Une injustice de plus pour les collectivités

Du côté des maires ruraux de France, on déplore aussi une péréquation bancale. À travers leur association (AMRF), ceux-ci rappellent que la dotation globale de fonctionnement par habitant dans leurs communes représente la moitié de celle par habitant des grandes villes. Et comme si les 13 milliards d’euros d’économies imposées ne suffisaient pas, l’AMRF vient de découvrir une annulation de crédits de près de 300 millions d’euros faite « en catimini estivale » par la publication d’un décret du 20 juillet. « La mobilisation des crédits des dotations d’équipements des territoires ruraux ou du fonds de soutien à l’investissement local se voit aujourd’hui remise en cause et amputée », réagit l’AMRF dans un communiqué paru le 26 juillet. « Cela pose un sérieux doute sur la sincérité des engagements gouvernementaux énoncés lors de la conférence nationale des territoires par le président de la République », s’insurge son président, Vanik Berberian, pour qui la perte de confiance des élus locaux envers le pouvoir exécutif et la haute administration est grandissante.

Une injustice de plus pour des collectivités qui réalisent des efforts budgétaires depuis longtemps. Au-delà du fait que celles-ci sont tenues d’équilibrer leur budget annuel, elles ont déjà contribué à hauteur de 34 % à l’effort de réduction des dépenses publiques durant le mandat de François Hollande, alors que leur part dans la dette publique représente à peine 10 %. Même dans les communes dirigées par des maires de droite, la situation n’est plus tenable. À Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent (UDI) s’interroge sur ce qu’il devra encore faire. Sans surprise, il valide la baisse des dépenses publiques mais réprouve que celles liées à l’activité des collectivités soient comptabilisées sous cette même dénomination. L’élu, également secrétaire général de l’Association des maires de France, craint aussi que des retards soient pris dans les investissements de sa commune. Enfouissement des réseaux, entretien d’assainissement, etc.

Un horizon qui s’obscurcit de plus en plus

« Des adductions d’eau non entretenues, ce sont parfois des fuites d’eau de plusieurs mètres cubes », explique-t-il, précisant que pour sa ville, considérée comme huppée, la dotation de l’État est passée de 7,5 millions d’euros en 2013 à 2 millions en 2017. De ces sommes retranchées des budgets des collectivités, départements compris, ce sont autant de commandes publiques qui sont mises en danger et avec elles les emplois concernés. En effet, avec 70 % des investissements publics réalisés en France par les collectivités, ce sont des secteurs entiers de l’économie qui risquent de se retrouver avec un carnet de commandes aux pages blanches, notamment dans le BTP (bâtiment et travaux publics).

Les 13 milliards de ponction sur les collectivités, ce sont aussi les politiques de solidarité qui risquent d’en pâtir et avec eux leurs bénéficiaires, souvent déjà accablés par le chômage et la précarité. Mounire Lyame, conseiller départemental Front de gauche dans le Cher, voit un horizon qui s’obscurcit de plus en plus. « Au sein de notre conseil départemental dirigé par la droite, ce sont les aides sociales aux plus modestes qui sont remises en cause et particulièrement le RSA. » Accroissement des contrôles, suspicions de fraude, autant de mesures prises pour faire reposer les économies imposées par l’État sur les plus faibles. « C’est ainsi qu’un couple à qui leur fils versait un peu d’argent s’est vu diminuer le montant de leur RSA pour ce motif… et réclamer le “trop-perçu” depuis le jour où leur enfant a commencé à les aider financièrement », explique-t-il. Pourtant, « il y a d’autres solutions », assure Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne. « D’autres pistes d’économies sont possibles. Je pense par exemple que l’État devrait s’attaquer à l’évasion fiscale. »

Dans les pas de Hollande et de Sarkozy avant lui, Emmanuel Macron s’empresse de répondre au dogme de la réduction à tout prix des dépenses publiques. Laissant pour compte élus et citoyens.

Olivier Morin

Photos : Le nouveau aire de jeux à Évry rue Gutenberg, magnifique, dans le cadre de la rénovation , du quartier populaire des Champs Elysees d'un montant de 2 millions d'Euros. Les dotations aux collectivités cela sert à cela, et 300 millions d'Euros en moins donnes aux collectivités des cette années c'est 150 projets de moins de ce types qui ne seront pas réalisés dans nos villages et villes, moins de rénovations, et aussi moins de travail pour les entreprises du BTP qui effectuent ces rénovations

02/07/2017

RADIO EVRY AU COEUR DE L'ACTUALITE LOCALE

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Radio Evry NOUVEAU !

Chansons Rouges Mosaik Radio a le plaisir d’accueillir Radio Evry qui va diffuser l'actualité locale avec des entretiens exclusifs avec des responsables politiques, associatifs, des habitants, la diffusion de chroniques et de la musique succès de hier, et nouveautés d'aujourd'hui.

Retrouvez Radio Evry tous les jours de 21h à 22h, le samedi de 11h à midi et le jeudi de 16h à 17h. Retrouvez aussi une sélection des entretiens le dimanche de 13h45 à 14h et le mercredi de 19h30 à 19h45 et aussi dans les journaux de lundi et les Tops Magazines du jeudi

02/11/2015

Régionales : le Front de Gauche voit son programme comme un "bouclier"

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Le Front de gauche a présenté lundi 2 novembre, son programme comme un "bouclier" social et écologique pour les élections régionales en Ile-de-France, revendiquant son rôle "d'opposition de gauche".

Dans cette perspective, le Front de gauche propose un passe Navigo gratuit pour les jeunes et les chômeurs et à tarif unique (35€) pour les seniors. Il promet de doubler le nombre de RER B avec l’achat de 800 rames et d’augmenter de 20% le nombre de bus d’ici à 2020. Il veut, de plus, mettre en place des « arrêts à la demande » dans les zones rurales et pour les bus de nuit.

5 000 chauffeurs de bus supplémentaires

Autre mesure phare : la promesse de 10 000 embauches, dont 5000 chauffeurs, 2000 chargés de maintenance et de 3000 personnes pour « humaniser les lignes ». Objectif, explique-t-on au Front de gauche : augmenter le nombre de personnel présent dans le métro ou dans les bus de nuit, notamment pour sécuriser les lignes. « On n’améliorera pas la vie des Franciliens, si on n’améliore pas les transports », plaide Pierre Laurent, par ailleurs certain qu’il s’agit-là « d’un facteur de développement économique ».

De manière générale, le chef de file du Front de gauche en Île-de-France promet un projet estampillé « haute qualité de service public ». « Le temps n’est pas à freiner les politiques publiques, il faut au contraire les accélérer », défend-il. Une ambition qu’il compte financer par une réorientation de la fiscalité (il propose notamment une augmentation de la taxe sur les logements vacants) et par « la création d’un fonds régional qui permette de faire du crédit moins cher ». « Nos propositions nécessitent de remettre en cause les mesures budgétaires qui contraignent les collectivités locales », reconnaît-il par ailleurs.

Construction et logement

Autre grande priorité du Front de Gauche, la relance de la construction avec un objectif de 100 000 logements par an dont la moitié en logements sociaux. Par densification urbaine, précise le programme. Le Front de Gauche veut aussi "changer d'échelle" pour la rénovation thermique, trop lente à ses yeux avec seulement 500 à 1000 logements rénovés par an. Tout ceci devrait, espère le mouvement, permettre la création de 150 000 nouveaux emplois non délocalisables.

Côté financement de ses promesses, le Front de gauche veut "'attaquer l'État en justice car il doit à la Région 1,7 milliard d'euros non compensés pour les transferts de compétences". Il compte aussi recourir à l'emprunt et veut se battre (auprès du Parlement et du gouvernement) pour obtenir la hausse ou  la création de diverses taxes sur les bureaux ou logements vacants, sur les parkings de centres commerciaux etc...

"Nous sommes la liste qui peut garantir une vraie politique de gauche", a assuré Pierre Laurent, insistant sur les "mots clé" du programme "égalité, écologie, dignité, citoyenneté".

Sources : Le Parisien, FR3

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