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14/01/2012

ROMS : EXPULSION, EVACUATION, DES MAUX POUR LE DIRE

roms3.jpgAu petit matin à Evry une centaine de gendarmes mobiles ont expulsé après avoir détruit méthodiquement les baraquements provisoires installés au rond point du CNES à Evry une centaine de Roms dont une trentaine d’enfants de bas âge sur décision du préfet, c’est-à-dire du gouvernement en application malheureusement d’un arrêté de la municipalité rédigé à la demande du représentant de l’Etat.

Je peux témoigner de tout cela parce alerté par les associations humanitaires et de solidarité dont l’ASEFRR qui coordonne l’aide aux familles de Roms du 91 et présidé par S Guichard j’étais présent.

J’ai été frappé par la dignité et la détresse de toutes ses familles ballotées au gré de toutes ces opérations inhumaines décidées par le pouvoir public. J’ai été frappé en voyant cet alignement impeccable de ces gendarmes cernant le camp des Roms rappelant (et la comparaison s’arrête là) des images d’archives où des « parias de l’époque » étaient regroupés avant d’être évacués vers d’autres camps.

A l’occasion, évacué est d’ailleurs le terme mensonger employé par TF1 et d'autres médias relatant cet évènement malheureux. Expulser est le terme plus juste employé par le Secours Catholique et l’ASEFRR.

Le dictionnaire est clair sur les définitions :

- Evacuer : faire sortir, transporter quelqu’un dans un autre endroit.

- Expulsion : action d’expulser. Expulsion d’un indésirable.

Et là aussi je peux en témoigner, il s’agit bien en plein hiver d’une expulsion sauvage et illégale pratiquée par l’Etat puisque aucune solution de relogement n’a été proposée à ces familles. Avec les associations j’ai d’ailleurs moi-même accompagné ces familles à la Maison de la Solidarité du conseil général pour qu’une solution au moins provisoire puisse être trouvée.

La situation des familles Roms à Evry et dans tout le pays doit trouver une issue durable et humaine en ce qui concerne notamment le logement.

Le 27 mars 2010 une résolution émanant de 7 groupes politiques du Parlement Européen dont les communistes, les socialistes, les Verts et la Droite excepté son extrême demandait aux Etats à propos du sort des citoyens de l’Union d’origine rom « de respecter la chartre et les droits fondamentaux de l‘UE, notamment en fournissant une aide et un suivi appropriés ».

C’Est-ce combat du respect de l’humain qu’il est important de mener pour les familles Roms, mais également pour toutes les familles qui souffrent de la misère, du racisme, de l’exclusion engendrés aujourd’hui par l’Europe libérale et le gouvernement Sarkozyste.

Diego Diaz, maire adjoint communiste d’Evry

15:49 Publié dans Actualités, Evénements, Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, expulsion, evry, france, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/01/2012

CORBEIL : SORTIE NATIONALE DU FILM - LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE

C’est un film qui vous saisit, vous tient fermement du commencement à la fin. Et vous fait terriblement réfléchir ». Costas Gravas, réalisateur du film Z.

arcelcinema.jpgClin dœil au film et à lhistoire de la ville cest au cinéma Arcel de Corbeil sauvé grâce à la mobilisation des habitants de la ville et de certains de ses élus comme le conseiller général Bruno Piriou présent pour cet avant première que le film documentaire « les nouveaux chiens de garde » proposé par les amis du Monde Diplomatique, a été présenté pour la première fois au public en France. A loccasion la salle était archicomble, de nombreux spectateurs étaient invités à revenir à dautres séances.

Le titre du film « les nouveaux chiens de garde » est tiré de louvrage de Paul Nizan écrit en 1932 qui dénonçait les philosophes qui à lépoque sous couvert de neutralité garantissaient la perpétuation de lidéologie bourgeoise.

nouveaux-chiens-de-garde-big-01.jpgAujourdhui, les nouveaux chiens de garde se sont ses journalistes (une poignée mais présents partout), ses économistes de la pensée unique (dont on affichent les titres universitaires mais jamais leurs présences dans les conseils dadministration des grandes entreprises quils servent, comme les chiens servent leurs maitres), les « experts » incapables de prononcer une phrase si quelques mots comme « réforme, austérité, crise » sont enlevés. Ses chiens de garde sont imbibés dans un monde restreint où personnalités politiques, économiques se retrouvent, vivent ensemble, se congratulent, aboient en saluant et proposant un système économique libéral unique où deux choix sont possibles celui de laustérité et celui de laustérité pour les autres, parce pour eux aucune inquiétude pour le lendemain.

Gare à celui qui ne pense pas bien, il est irrémédiablement écarté et interdit dantenne comme lest, ce film dont la production et la diffusion ont été refusées par toutes les chaines de Télévision publiques ou privées.

Cest sur fond propre que Jacques Kisner a produit ce film qui est un film salutaire qui pendant une heure et demi vous plonge dans ce monde des médias qui pratique le « lavage de cerveau » à haute dose pour imposer une conception de la société unique où largent est roi et la pensée esclave.

Après la projection de ce film saluée par les applaudissements de la salle, un débat passionné animé par Caroline Vié, critique de cinéma et journaliste à 20 Minutes, sest engagé avec Yannick Kergoat réalisateur du film, Renaud Lambert journaliste au Monde Diplomatique.

Linquiétude sur la manipulation imposée aujourdhui aux esprits par la concentration anormale du pouvoir de largent et des médias a été soulevé. Lespoir dune alternative politique qui pourrait légiférer pour éviter ce scandale quotidien a été largement abordé mais sans optimisme excessif.

Les rôle de contre pouvoir de quelques médias a été souligné comme celui du Monde Diplomatique, de lHumanité, de quelques Blogs. Le rôle dinformateurs des militants politiques, syndicaux, associatifs opposés aux idées libérales a été souligné.

Ce film à bien des égards est salutaire, et représente une bouffée doxygène dans ce monde médiatique et politique où le corset de la pensée unique veut être imposé à tous pour lintérêt exclusif de privilégiés de la fortune propriétaires de 90 % des moyens dexpression et de diffusion existants en France.

Diaz Diego pour E-Mosaïque, photo BP

04/12/2011

Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale, celui à qui il avait donné le goût de la dignité

croizat.jpgOuvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l'élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu'il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.

 La ville de Paris vient de lui rendre hommage, en inaugurant une place à son nom. Une rue de la ville d'Evry porte aussi son nom, là où se trouve le siège de la CPAM de l'Essonne. La ville de Corbeil, UMP, au contraire a débaptisé le nom de la rue qui depuis depuis des années l'honorait.

« Jamais nous ne tolérerons qu'un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l'inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris (La place Ambroise Croizat se situe à l'intersection de l’avenue Paul Appell et des rues Porto-Riche et Monticelli, dans le 14è arrondissement de la capitale.) Un slogan brûlant d'actualité à l'heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l'un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale.

 Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l'éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L'espoir, c'est le père d'Ambroise qui l'incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l'obtient mais de vieilles revanches l'invitent à s'embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C'est là qu'Ambroise prend le relais du père.

 Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l'établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s'ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d'une assemblée paysanne. Proche du peuple d'ou il venait. »

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S'unir, disait-il, pas unis, pas d'acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.

En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures.

Vient l'année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d'Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR).

La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l'ombre, exigeons la mise en place d'un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l'État. »

Á la tête d'une commission de résistants, Ambroise trace dès l'été 1943 les moutures de ce qui va devenir l'un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C'est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l'ordonnance d'octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail.

Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d'œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n'ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu'en 1948. Il faut dire l'appui irremplaçable d'Ambroise Croizat.

Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l'origine d'un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l'époque permit la naissance de l'institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d'adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l'héroïsme de sa résistance. Là ne s'arrête pas l'héritage.

Ambroise laisse à l'agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d'entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l'entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles... « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu'Ambroise a toujours voulu qu'elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l'exclusion.

 Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l'accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*) Auteur d'Ambroise Croizat ou l'invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d'innovation sociale. Livres disponibles auprès de l'auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l'un + 5 euros de port l'unité).

 

 
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