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21/10/2009

LE JOUR OU RENOIR ROMPIT AVEC RENOIR

renoinu.jpgJusqu’au 04 janvier 2010, le Grand Palais à Paris, invite à découvrir la dernière période du peintre Auguste Renoir, peu connue et souvent décriée. Des centaines de tableaux en rupture totale avec l’impressionnisme : les œuvres d'un Renoir se confrontant aux maîtres classiques italiens, Titien en tête.

 

Dès la fin des années 1870 Pierre-Auguste Renoir se démarque des impressionnistes, ses premiers compagnons. Il remet en cause leurs principes, et se consacre principalement au portrait et au nu, en référence à la peinture classique.

Le Grand Palais a rassemblé 200 oeuvres dont 80 tableaux des années 1890 à la mort de Renoir (jusqu'au 4 janvier).

En 1892, pour la première fois, un tableau de Renoir (1841-1919) est acheté par un musée: Jeunes filles au piano entre au musée du Luxembourg. La même année, son fidèle marchand, Paul Durand-Ruel, lui consacre une rétrospective importante. La reconnaissance arrive, pour celui qui s'est battu aux côtés des impressionnistes contre l'académisme, alors qu'il se démarque déjà depuis un moment de ses premiers compagnons, qui ne constituent plus d'ailleurs un mouvement. Dès les années 1880, il a abandonné la touche impressionniste et la peinture en plein-air.

Dans la dernière partie de sa vie, Renoir propose même "une peinture qui est presque une réaction à l'impressionnisme", explique Sylvie Patry, conservateur du patrimoine au musée d'Orsay et commissaire de l'exposition.

En même temps le peintre abandonne les teintes dites "aigres" et le dessin un peu sec qu'il avait développé dans les années 1880 en réaction aux impressionnistes et reprend une touche plus ronde et plus souple. Deux toiles jumelles, Danse à la campagne et Danse à la ville, illustrent son évolution vers plus de monumentalité et une vocation décorative.

L'exposition a pour but de "révéler cette dernière période et jeter un autre regard sur l'ensemble de la carrière de l'artiste", souligne Sylvie Patry.

Renoir abandonne les scènes de bals ou de déjeuners pour se consacrer à des portraits, à des scènes plus intimes et à des nus. Au début des années 1890, il aime peindre des jeunes filles sages et élégantes à la lecture ou au piano, dans l'esprit du XVIIIe siècle. Ou encore des baigneuses sculpturales inspirées des statues antiques.

 

renoir, le concert.jpg« Ce qui se passe dans mon crâne ne m’intéresse pas. Je veux toucher…au moins voir ! », déclare t-il à propos de ces toiles de rondes baigneuses et de femmes plantureuses se prélassant, qu’il représente comme des nymphes antiques fondues dans la nature. Leurs chairs opulentes, qui évoquent les peintures de Titien, le peintre se plaît à « passer la main dessus ».

Sa famille est un de ses sujets favoris, notamment ses fils Jean et Claude, nés en 1895 et 1901. Il les peint dans des scènes intimes, parfois avec leur gouvernante, Gabrielle, se référant aux intérieurs des Hollandais du XVIIe. Il les prend aussi comme modèles avec des habits divers (Pierrot, clown), lors de séances de pose dont ils n'ont pas toujours gardé bon souvenir.

renoirenfants.jpgRenoir ne veut pas de modèle professionnel, de poses convenues. Il recherche la simplicité et préfère peindre son sujet dans une activité quotidienne, la toilette, la couture, la lecture. La brune Gabrielle, restée 14 ans au service de la famille, devient un des modèles préférés de Renoir. Elle a posé pour près de 200 tableaux, nue, habillée...

Renoir travaille particulièrement sur le nu, dont il est un des grands peintres. "Le nu me paraît être la forme indispensable de l'art", disait le peintre. S'il l'a pratiqué toute sa vie, il a excellé dans le genre les trente dernières années de sa vie. Peignant d’une touche vaporeuse, il triche avec l'anatomie, ajoutant aux courbes de ces jeunes filles, amplifiant les bassins, arrondissant les articulations. Il alterne lourdes chevelures blondes ou brunes qui ajoutent à la sensualité des chairs pâles. Renoir n'a aucun souci de réalisme. "La peinture est faite pour embellir", disait-il d'ailleurs à Bonnard.

 "La référence de plus en plus appuyée à la grande statuaire antique", dit la commissaire de l'exposition, est patente notamment dans les grands nus monumentaux, où il s'inspire aussi du thème de l'odalisque. Ses derniers nus ont particulièrement inspiré Picasso, dont quelques oeuvres ponctuent l'exposition. (Grande baigneuse de 1921).

Renoir sait mettre aussi de la fantaisie dans ses portraits, représentant le marchand Vollard en habit de toréador, soignant les décors. Dans ses dernières oeuvres, le peintre aime remplir les toiles "à craquer", comme dans le Concert, où les deux modèles sont représentées dans un tourbillon de couleurs, de tissus et de fleurs. Pour Renoir, qui conteste ce qu’il considère comme un « excès de théorie » de certains de ses contemporains, la peinture est avant tout décorative. Elle est faite pour « égayer les murs », dit-il. L’exposition comprend quelques oeuvres de commande purement décoratives, comme une paire de danseuses (aux castagnettes et au tambourin) peintes pour un collectionneur parisien, que le sculpteur Henry Moore admirait particulièrement.

L’exposition présente aussi des aspects peu connus de l’œuvre de Renoir, avec quelques sculptures, ainsi que des dessins, dont de grands dessins préparatoires à la sanguine, impressionnants de volume.

A la fin de sa vie, Renoir souffre de polyarthrite et s'installe dans le sud, à Cagnes. L'exposition présente quelques-uns de ses paysages méditerranéens, baignés de lumière. Si les oeuvres tardives de Renoir ont souffert d'une certaine désaffection, ses contemporains appréciaient l'artiste comme l’homme sociable et aimable. Picasso et Matisse l’admiraient, tout comme de grands marchands ou collectionneurs comme Ambroise Vollard ou le docteur Albert Barnes.

De nombreux artistes lui rendaient visite dans le Midi, comme en attestent des photos de Brassaï, un dessin de Bonnard, un petit portrait de Maurice Denis, une tête de Maillol. Ils aimaient l’ambiance chaleureuse de la maison, où le vieil artiste continuait de créer malgré ses problèmes de santé.

Ce nouveau Renoir déconcerte et suscite de vives critiques, portant notamment sur « ces énormes femmes rouges, tellement grasses, avec de très petites têtes » comme l’écrit Mary Cassat en 1913.

 

Il confia à ces proches lors de ces dernières années : "Je commence à comprendre ce qu'est la peinture. Il m'a fallu 50 ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore".

Renoir au XXe siècle, Galerie nationales du Grand Palais, square Jean Perrin, 75008 Paris
Tous les jours 10h-22h sauf le mardi et le 25 décembre. Fermeture à 20h le jeudi.

Pendant les vacances scolaires: tous les jours, même le mardi, jusqu'à 23h
Tarifs: 11€ / 8€. Renseignements et achat de billets sur le site de la RMN
Jusqu'au 4 janvier 2010

 

France 2 culture et l'Humanité, voir également sa biographie, et notre mini site consacré à la peinture

 



Découvrez "Renoir au 20ème siècle" au Grand Palais : un autre regard sur l'oeuvre de l'artiste sur Culturebox !

 

 

16:25 Publié dans Découvertes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : renoir, grand palais, exposition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/09/2009

LA CATHEDRALE D'EVRY

cathedrale.JPGOuverte depuis 1995, la cathédrale de la Résurrection n'est pas un lieu de culte comme les autres.

Comme jadis, la cathédrale est construite au cœur du centre-ville  à proximité directe de l'hôtel de ville, de l'hôtel de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, non loin de l'université d'Évry-Val d'Essonne, de la gare d'Évry - Courcouronnes et du centre commercial  Évry 2. Elle est complétée par la maison diocésaine et le monastère de la Croix et de la Miséricorde des dominicaines. Un espace fermé attenant à la cathédrale constitue le "clos cathédrale", composé de cent logements, six mille cinq cents mètres carrés de bureaux et mille neuf cents mètres carrés de commerces. Au centre se trouve le square Jean-Paul II.

 Ce bâtiment de briques rouges, inspiré du style byzantin étonne sur plusieurs aspects. Ce sont tout d'abord les arbres juchés sur le toit, des tilleuls argentés en référence à la Bible, qui sont surprenants. Ils compensent l'absence de clocher de cet imposant édifice.

La forme de la cathédrale est cylindrique et symbolise le rassemblement, contrairement à la majorité des églises construites, elles, sur la forme d'une croix. L'intérieur sobre et moderne a été réfléchi de manière à accueillir le plus de lumière possible.

A l aplomb du choeur, une large ouverture sur le ciel permet au soleil d inonder son volume intérieur et de moduler la lumière depuis le jour jusqu’à la nuit.

 Les vitraux, réalisés par le Père Kim En Joong, dominicain d'origine coréenne, se veulent abstraits et se démarquent ainsi des vitraux classiques.

En ce lieu voulu circulaire parce que c’est le symbole de la perfection, on peut admirer les vitraux qui représentent les 12 apôtres. Au sein de cette cathédrale, le choeur a une place prépondérante. Il accueille un Christ provenant de Tanzanie et datant de 1850 monté sur une croix de saint François d'Assises.

Juste au-dessus de cette association insolite, la paroi quitte la forme cylindrique pour former un voile de brique qui surplombe l'autel et semble dessiner une volute vers le ciel. Les briques posées en diagonales sont non jointives.

Elles piègent le son et évitent le phénomène d'écho, ce qui offre au lieu une acoustique sans pareil et lui permet d'accueillir nombre de musiciens et de choeurs. C'est à l'architecte Mario Botta que la conception de cette cathédrale moderne et high-tech a été confiée. Ce disciple de Louis Kahn fut marqué par sa rencontre avec Le Corbusier.

 

11:09 Publié dans Découvertes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cathédrale, evry, essonne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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