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09/05/2012

« Je montrerai, disait-elle, ce qu’une femme sait faire »

Artemisia2.jpgHommage à Artemisia Gentileschi, peintre en un temps où le poignard, le pinceau et le poison se rencontraient dans les mêmes mains.

Il fallut certainement à Artemisia Gentileschi un sacré tempérament pour s’imposer en son temps dans un monde d’hommes par son talent d’artiste, de peintre.

L’une des premières femmes peintres de l’histoire. Née en 1593, fille d’Orazio Gentileschi, lui-même proche du Caravage, Artemisia se rattache d’emblée à la révolution baroque qui va dominer le XVIIe siècle. On parle beaucoup à ce propos de l’invention du clair-obscur mais c’est incomplet.

 La révolution baroque, c’est certes un changement du statut de la lumière dans le tableau, contemporain de la révolution copernicienne, Mais le baroque, et là on parle autant de Rubens, de Simon Vouet et de Lesueur, de Zurbaran et Velasquez que du Caravage, c’est au fond le développement ultime de la Renaissance, dont par là même il se détache. C’est-à-dire de la renaissance de l’homme et du drame humain.

On connaît cette phrase du Caravage désignant une rue de Naples : « Voilà mes modèles. » Pour autant, Artemisia n’est pas foncièrement originale dans le choix de ses sujets. Ils lui seront le plus souvent imposés par ses commanditaires, dès lors qu’elle connaîtra la célébrité et la reconnaissance qui l’amèneront à vivre et peindre à Rome, Florence, Venise, Naples jusqu’à sa mort en 1654.

 Elle l’est davantage par le traitement quand elle est au mieux de son talent. Ainsi sa Cléopâtre (1635), une réussite, est-elle déjà un vrai nu, plus proche si l’on ose cet anachronisme de Manet que de l’académisme du temps de ce dernier. Mais on ne saurait omettre non plus la violence de certaines de ses œuvres.

Violée par un compagnon de son père, Agostino Tassi, Artemisia dut se battre pendant des mois pour que la culpabilité de ce dernier soit admise. Le procès qui eut lieu alors fut le sujet d’un film d’Agnès Merlet en 1997 et ses actes ont été publiés aux Éditions des femmes, avec notamment un texte de Roland Barthes.

Le combat d’une femme

artemisiajuditth.jpgPeut-on lire les suites de l’affaire avec un tableau comme celui représentant l’épisode biblique où Yaël plante à coups de marteau un gros clou dans le crâne de Sisera, grand ennemi d’Israël (1620) ? Mais c’est la violence de son tableau sans doute le plus célèbre et dans un sens le plus caravagesque par sa lumière comme par sa puissance expressive, Judith et Holopherne, qui interpelle le plus le spectateur.

Peut-être, entre autres, parce que la scène de la décapitation du général assyrien, avec ses bras levés et cette bouche d’ombre entre eux, nous a toujours semblé, curieusement, une allusion à un accouchement. « Je montrerai ce qu’une femme sait faire », écrira-t-elle en 1649 à un de ses commanditaires.

Musée Maillol à Paris, jusqu’au 15 juillet.

Catalogue édité par Gallimard, 260 pages, 39 euros.

Article publié par le journal l'Humanité

25/03/2012

EXPOSITION PHOTOS NEWTON AU GRAND PALAIS

deneuve.jpgDepuis la mort d’Helmut Newton (1920 -2004), aucune rétrospective du photographe n’a eu lieu en  France, pays où il a cependant créé une partie majeure de son œuvre, notamment en travaillant pour l’édition française de Vogue.

Sulfureux, parfois choquant, l’œuvre de Newton a cherché à restituer la beauté, l’érotisme, l’humour, parfois la violence que sa sensibilité lui permettait de relever dans les rapports sociaux des mondes qu’il fréquentait : la mode, le luxe, l’argent, le pouvoir.

 L’exposition réunit plus de deux cents images, quasi exclusivement des tirages originaux ou « vintage » réalisés sous le contrôle d’Helmut Newton : polaroïds, tirages de travail de divers formats, œuvres monumentales. Elle sera enrichie d’un extrait du film réalisé par June Newton, épouse du photographe pendant soixante ans et elle-même photographe : Helmut by June.

 Le propos s’inscrit dans un parcours rétrospectif et thématique. Présentant les grands thèmes newtoniens : mode, nus, portraits, sexe, humour, l’exposition entend montrer comment s’est constitué, bien au-delà de la photographie de mode, l’œuvre d’un grand artiste. Un œuvre qu’il n’a eu de cesse de libérer de toute contrainte imposée, alors qu’il travaillait le plus souvent dans un cadre de « photographie appliquée » à la mode et aux portraits. Un œuvre éminemment classique en ce sens qu’il s’inscrit dans une perspective artistique très large. Un œuvre qui fait l’expérience de la liberté, dans ses thèmes comme dans ses formats. Un œuvre qui donne à voir une vision nouvelle et unique du corps féminin contemporain.

On a dit d’Yves Saint Laurent qu’il a par ses créations donné le pouvoir à la Femme. On pourrait dire la même chose d’Helmut Newton, qui accompagna longtemps et intimement – ce n’est pas un hasard – la démarche du premier. Nues ou en smoking, les femmes de Newton sont puissantes, séductrices, dominantes, jamais glaciales mais toujours impressionnantes, voire intimidantes.

417645.jpgCe sont des femmes qui, fortes de leur révolution sexuelle, assument la pleine liberté de leur corps, sans heure ni cadre, ouverte à tous les fantasmes. Ce sont des femmes riches, qui ont conquis le monde et son argent, et vivent dans un raffinement extrême, de leurs robes à leur lit. Luxe, classe et volupté : tel pourrait être l’adage de la Femme newtonienne.

Quand Newton publie un livre intitulé Un monde sans hommes, il formule l’expression visionnaire d’une société où les femmes ont conquis assez de pouvoir pour parvenir, le cas échéant, à se passer des hommes.

 L’exposition ne s’attache pas à l’unique représentation de la Femme par Newton, mais restitue les divers champs, parfois plus secrets, de son travail. Conçue par June Newton et ponctuée de citations du photographe, elle est aussi, à double titre, « Newton par Newton ».

L’exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, avec l’aimable participation de Madame June Newton, Monte-Carlo, et de la Fondation Helmut Newton, Berlin.

Commissaire : June Newton, avec la collaboration de Jérôme Neutres, conseiller du Président de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

Scénographie : Paul Kahlfeldt, Kahlfeldt Architekten, Berlin

 L’exposition bénéficie du soutien d’HSBC France. Elle a été réalisée également avec le concours du cabinet Linklaters

03/03/2012

DEGAS EXPOSITION DES NUS

degasnu.gifPremière grande exposition monographique consacrée à Edgar Degas (1834-1917) à Paris depuis la rétrospective de 1988 au Grand Palais, Degas et le nu participe de l'ambition du musée d'Orsay de donner à voir l'avancée des connaissances sur les grands maîtres de la deuxième moitié du XIXe siècle, après les hommages à Claude Monet (1840-1926) et Edouard Manet (1832-1883).

Cette exposition explore l'évolution de Degas dans la pratique du nu, de l'approche académique et historique de ses débuts à l'inscription du corps dans la modernité au cours de sa longue carrière. Occupant avec les danseuses et les chevaux une place prédominante dans l'œuvre de l'artiste, les nus sont présentés à travers toutes les techniques pratiquées par Degas, la peinture, la sculpture, le dessin, l'estampe et surtout le pastel qu'il porte à son plus haut degré d'achèvement.

Organisée avec le Muséum of Fine Arts, Boston, l'exposition bénéficie du très riche fonds d'œuvres graphiques du musée d'Orsay, rarement montré pour des raisons de conservation, auxquels s'adjoignent des prêts exceptionnels des plus grandes collections, comme celles du Metropolitan Muséum of Art de New York ou de l'Art Institute de Chicago.

13 mars - 1 juillet 2012, musée d'Orsay

16:51 Publié dans Actualités, Découvertes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : degas, peinture, exposition, orsay | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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