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30/01/2015

Philippe Rio : « À Grigny, on a la fraternité mais il nous manque l’égalité »

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Pour le maire Philippe Rio, « une première étape de débats est lancée ».
 
Lors d’une réunion, tenue mardi soir, Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny, a proposé l’adoption d’un manifeste : la République pour tous, où le diagnostic accablant cède la place à une foule de propositions concrètes adressées à l’État. Il est reçu aujourd’hui à l’Élysée par François Hollande.

À l’entrée du centre socioculturel Sidney-Bechet de Grigny, situé au cœur du futur centre-ville, une affichette noir et blanc, « Je suis Charlie ». Il est 20 heures.

Progressivement, habitants, élus, représentants religieux et acteurs sociaux de la ville entrent dans la salle. Au fond de la scène, sur un grand écran de projection, les visages de huit jeunes s’affichent.

Huit apprentis journalistes, pour certains originaires de Grigny, qui ont produit une vidéo : Nous, reporters citoyens, refusons les préjugés.

Une réponse filmée au contenu de l’article du Figaro paru le 15 janvier 2015 intitulé « À Grigny, la ville de Coulibaly, la théorie du complot va bon train ». Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel du maire (PCF) de Grigny, Philippe Rio.

Depuis les attentats du 7 et 8 janvier dernier, beaucoup de journalistes ont défilé à la Grande Borne, le quartier où a vécu un des trois djihadistes, pour y trouver des explications à l’inexplicable.

Entouré de l’ancien maire et conseiller municipal Claude Vasquez ainsi que de Fatima Ogbi, deuxième ajointe socialiste, le maire de Grigny propose d’entamer, avec cette rencontre, « une première étape de reconstruction, après le tremblement de terre ».

16 % des habitants au chômage

Dans sa main, il tient un long texte distribué à chacun. Un projet de manifeste, la République pour tous. Douze pages qui dressent un diagnostic social et territorial accablant.

Les chiffres surprennent même une assistance d’acteurs aguerris : 40 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, 40 % sont au chômage à la Grande Borne et 16 % au total dans la ville, près d’un jeune sur deux sorti du système scolaire est sans diplôme, près de 16 % des élèves de troisième ont un retard d’au moins deux ans, 5 % des enfants ayant un trouble du langage doivent attendre plus d’un an pour obtenir un rendez-vous avec un orthophoniste, près de 2 500 dossiers relevant d’infractions et de la justice des mineurs sont en attente de traitement.

Voilà la réalité. Voilà les conséquences d’un quotidien qui se craquelle à très grande vitesse. « À Grigny, la fraternité et la solidarité, nous les avons. Il nous manque une chose : l’égalité », tonne Philippe Rio. Dénonçant avec véhémence « une inégalité territoriale délibérément organisée, des logiques de ségrégation construites en partie par les politiques publiques. Qui a abandonné ce navire ? Les gouvernements successifs.

Sur la sécurité publique, combien de pétitions avons-nous signées pour pointer la suppression de trente postes de policiers dès 2003 ? Aucune réponse concrète du préfet aux dernières violences constatées sur la Grande Borne ».

Alors, que propose le manifeste ? Il y est clairement demandé « réparation des effets des politiques étatiques d’aménagement du territoire ».

Exemple avec le recensement de la population. Tel qu’il est effectué, il n’inclut pas tous les foyers. « Nous estimons que vivent 30 000 habitants à Grigny (contre 27 000 recensés en 2012) et qu’un nouveau calcul des dotations de l’État devrait intervenir sur cette base. » Cela signifierait un surplus de… 15 millions d’euros. « Croire dès lors que les banlieues populaires comme Grigny fabriquent des terroristes est totalement faux.

Il est dangereux de réduire à un problème local, un problème qui relève du national et qui concerne chacun où qu’il habite », conclut l’élu. Aminata Gueye, de l’association Afase, prend la parole : « Tous les parents veulent la réussite de leur enfant. Il y a beaucoup de femmes et d’hommes qui se mobilisent à Grigny. L’éducation populaire est essentielle.

Je n’en veux pas aux journalistes mais on sait que le seul nom de Grigny fait vendre. Il y a une différence entre informer et déformer. » Aïssata, habitante de la Grande Borne, rebondit : « On doit poser des actes ensemble, sans se disperser. Même si on est dans la pauvreté, on peut être éduqué et fonder des bases solides auprès des parents avec les moyens du bord. »

Jacky Bortoli, conseiller municipal et habitant de la Grande Borne, se lève : « On parque les gens sous l’égide d’un office HLM mourant, c’est une féroce machine à fabriquer de la précarité.

Cette Grande Borne montrée dans les médias ne se laissera pas faire. Quand Malek Boutih (député socialiste de la 10e circonscription de l’Essonne) insinue que les élus pactisent avec le mal et qu’il parle d’islamo-nazisme à propos des terroristes, il est hors sujet.

Il nous faudra lui répondre collectivement », s’emporte-t-il. Une bataille supplémentaire à mener, comme si le reste ne suffisait pas, pour rejeter un verbiage insultant bien éloigné des préoccupations quotidiennes des Grignois.

Article publié dans le journal l'Humanité

01/01/2015

MEILLEURS VOEUX POUR 2015 !

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Nous vous souhaitons nos meilleurs voeux pour 2015 avec notre radio Mosaik-Radio : http://www.radionomy.com/fr/radio/mosaikradio/index

00:59 Publié dans Actualités, Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voeux 2015, mosaik radio | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/11/2014

Le système Dassault, du cash par millions jusqu’au crash ?

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En avril 2014, l’ancien maire UMP avait été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ».

Le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a avoué aux juges avoir remis 53 millions d’euros transférés en cash depuis l’étranger 
à l’ancien maire UMP de la cité de l’Essonne, dans le cadre de l’enquête sur la corruption électorale présumée orchestrée par le grand patron.

Le comptable a parlé. Et les chiffres sont effarants. Entre 1995 et 2012, Gérard Limat a remis 53 millions d’euros en cash et en main propre à son ami et employeur Serge Dassault. Le citoyen suisse l’a avoué aux juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, chargés de l’enquête sur la corruption électorale, présumée, organisée à Corbeil-Essonnes par l’avionneur et ancien maire UMP.

Les procès-verbaux, auxquels nos confrères de Libération et de France Inter ont eu accès, dévoilent un système complexe combinant des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg et en Suisse. Si le montage financier paraît savant, la méthode se termine comme dans n’importe quelle saga mafieuse : quartier des Champs-Élysées, un coursier de la société suisse Cofinor remet un sac à Limat, qui le dépose ensuite dans le bureau parisien de Dassault.

Le « sachet en plastique ‘‘passe partout’’ (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. (…) Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose », a déclaré l’ami très proche.

Les bénéficiaires des virements suspects habitent Corbeil-Essonnes

corbeil-essonnes_38443.jpgLimat prétend ignorer à quoi pouvait servir tout cet argent, et affirme avoir simplement répondu aux besoins du boss. Serge Dassault, lui, a été mis en examen en avril 2014 pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes ». L’enquête concerne trois élections municipales organisées entre 2008 et 2012 à Corbeil-Essonnes à la suite d’annulations successives prononcées par le Conseil d’État.

Une période pendant laquelle Limat admet avoir livré 7,45 millions en petites coupures au grand patron. Tout cet argent a-t-il servi à acheter des voix pour que Dassault, puis son successeur désigné Jean-Pierre Bechter, conservent le fauteuil de maire ? Selon les juges, plus de 4,2 millions d’euros de virements suspects effectués par Limat s’ajoutent aux sommes en liquide. Des virements dont les bénéficiaires sont très majoritairement des habitants de… Corbeil-Essonnes.

Plus frappant encore, Gérard Limat a avoué avoir livré 700 000 euros le 8 juillet 2009, puis 314 000 euros supplémentaires le 17 septembre, exactement dix jours avant le premier tour des municipales. Plus de 1,7 million d’euros ont ensuite été acheminés dans les sept mois qui ont suivi l’élection, comme le précise Libération.

Une sacrée coïncidence à laquelle s’ajoute la concordance du témoignage de Limat avec celui de Mamadou Kébé dans le Monde. Pour le comptable suisse, les sacs étaient remplis de liasses de billets de 100 et 200 euros. Pour le second, Corbeil-Essonnois, mis en examen pour complicité d’achats de vote, l’enveloppe touchée en 2010 était pleine de « paquets de billets de 100 et 200, encore entourés du truc de la banque ».

Le maire actuel Jean-Pierre Bechter, son adjointe Cristela de Oliveira, le cadre local de l’UMP Jacques Lebigre et le supposé intermédiaire Younès Bounouara sont, eux aussi, mis en examen dans cette affaire. « Il est urgent que la justice fasse son travail et qu’un procès aboutisse à condamner les corrupteurs et les corrompus », espère Michel Nouaille. Pour le secrétaire de section PCF à Corbeil-Essonnes, candidat aux municipales de 2009, « ces dernières révélations confirment un peu plus l’existence d’un système très bien organisé qui a sans doute fonctionné de 1995 à 2012, et qui a contribué à pervertir totalement la démocratie pendant dix-sept ans. Et peut-être même plus... »

« Il est très important de montrer que même les puissants n’échappent pas à la justice, et primordial de rétablir un climat serein dans cette ville », lance Bruno Piriou, candidat Front de gauche en 2014, qui a été dans les premiers à dénoncer le système Dassault dans sa ville. « Il est impressionnant de voir les sommes absolument faramineuses qu’un seul homme peut utiliser pour asseoir son pouvoir », accuse-t-il, avant de tancer un Serge Dassault encore sénateur, patron de presse (Le Figaro) et détenteur de la quatrième fortune de France, qui n’a cessé toute sa vie de fustiger les fonctionnaires, les chômeurs et les plus défavorisés. « Lui et le Medef disent qu’il n’y a plus d’argent ? Eh bien, force est de constater qu’il y en a ! » s’indigne-t-il.

 

Aurélien Soucheyre

Aurélien Soucheyre: http://www.humanite.fr/le-systeme-dassault-du-cash-par-millions-jusquau-crash-558087#sthash.7BPYCCyi.dpuf

17:34 Publié dans Actualités, Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serge dassault, corbeil, ump | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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