Avertir le modérateur

05/05/2014

Présentation de la liste du Front de Gauche en Ile-de-France pour les élections européennes devant le siège d’Alstom

lehyaricelections.jpg

Présentation de la liste du Front de Gauche de la circonscription Ile-de-France et Français de l’étranger, pour les élections européennes du 25 mai prochain, devant le siège du groupe Alstom.

 Voici l’allocution de Patrick Le Hyaric prononcée devant la presse:

 Nous vous remercions de votre présence à la présentation de notre liste unitaire du Front de gauche, avec Raquel Garrido, secrétaire du Parti de gauche, François Pélissier, conseiller régional, responsable d’Ensemble, Michel Jallamion, secrétaire de République et socialisme, Anne Sabourin, membre du bureau européen du Parti de gauche européenne, Roland Muzeau, député honoraire, Tordjman Patricia, Maire de Gentilly, Simonnet Danielle, élue au conseil de Paris, Hélène Cillieres, militante associative, Nordine Idir, secrétaire national du Mouvement des Jeunes Communistes.

 Nous avons décidé, symboliquement de vous présenter notre liste du Front de gauche de la circonscription Ile de France et Français de l’étranger, pour les élections européennes du 25 mai prochain, ici, devant le siège du groupe Alstom.

 Nous voulons manifester ainsi notre sympathie, notre solidarité active, aux 18000 salariés du groupe, inquiets des perspectives de démembrement de cette belle entreprise nationale qu’ils ont bâti de leur travail, considérés aujourd’hui avec mépris, comme de simples sujets dans un mécano financier où dominent des rapaces de la finance, peu soucieux de l’emploi et de la souveraineté économique.

 Nous le faisons d’autant plus que ce qui se passe aujourd’hui autour de ce groupe est le révélateur des affres de la mondialisation capitaliste financiarisée et d’une Union européenne qui n’en protège pas. Au contraire ! Le gouvernement français gesticule beaucoup mais ne produit aucun acte concret, tandis que les instants européennes ne disent rien, ne prennent aucune initiative pour une stratégie industrielle susceptible, non seulement de défendre des atouts décisifs dans les secteurs du transport et de l’énergie, mais pour utiliser Alstom comme un puissant levier pour propulser, sans attendre un grand projet industriel s’inscrivant dans la nécessaire transition environnementale.

 Les transports collectifs accessibles et l’énergie, avec les nouvelles machines à construire pour les centrales électriques, thermiques, éoliennes hydroélectriques en sont des secteurs essentiels.

 Alstom est aujourd’hui la victime, à la fois de l’austérité qui compresse la demande, de la voracité des marchés financiers qui conduit le groupe Bouygues à vendre ses parts dans Alstom, au bénéfice soit de Général Electric qui a accumulé un véritable trésor de guerre ou de Siemens qui en deviendrait un concurrent, d’un Euro trop fort qui défavorise nos productions et d’un manque de volonté politique.

 L’intérêt commun, la souveraineté économique, la défense de nos atouts industriels et le développement de nos moyens pour une stratégie de transition écologique, implique une action forte de l’Etat, avec une appropriation sociale et publique et démocratique du groupe.

 Cette appropriation publique et sociale doit se faire en combinaison avec les entreprises publiques qui passent commande à Alstom qu’il s’agisse de la SNCF, de la RATP, d’EDF et d’Areva.

 Ainsi, un grand pôle public national de l’énergie et des transports, soutenu par la Caisse des dépôts et consignations et la Banque publique d’investissement, placerait notre pays au cœur d’un projet pilote de coopération européenne, visant l’accélération de la transition écologique.

 Ceci appelle d’ailleurs de reposer avec force la question du changement des règles européennes sur les aides d’Etat aux entreprises pour leur permettre d’être soutenues. Rien ne servirait de disserter sur la grande conférence sur le climat qui doit se tenir en décembre 2015 à Paris, si on ne n’en donne pas les moyens.

xxxxx 

C’est sur ce fond inquiétant que s’engage la campagne des élections européennes. Nous en appelons à un vrai débat démocratique sur les enjeux de l’élection des députés. Nous n’acceptons pas qu’une nouvelle fois il soit confisqué, empêchant nos concitoyennes et concitoyens de choisir en toute connaissance de cause.

Ces élections ont lieu dans un contexte tout à fait nouveau pour les électrices et les électeurs, marqué par plusieurs éléments.

D’abord les citoyens de l’Union européenne font l’amère expérience que, contrairement, à ce qui leur a été promis, cette Europe ne les protège, ni de la mondialisation capitaliste, ni de la crise. Au contraire ! La crise sert de prétexte pour détruire ce que l’on appelait depuis la fin de la seconde guerre mondiale « le modèle social européen ».

Dans cette Europe on trouve des milliards pour sauver les banques, pas un sou pour agir efficacement contre le chômage !

D’autre part, ils peuvent vérifier que ce que nous avons expliqué au moment du débat sur le projet de traité constitutionnel européen, en appelant à le rejeter s’avère exact. L’Europe de la libre circulation du capital produit la situation d’Alstom, et les paradis fiscaux, pendant que le chômage et la pauvreté augmentent.

L’Europe du traité budgétaire décliné dans chaque pays, conduit les gouvernements et particulièrement le gouvernement français à réduire d’au moins 50 milliards les crédits sociaux et publics utiles aux populations dont une partie servira à alimenter les caisses des grandes entreprises, sans aucun bénéfice pour l’emploi.

L’enjeu des élections européennes pour notre liste du Front de gauche est donc de sortir de l’Europe de la finance qui produit l’austérité pour les travailleurs et leurs familles, pour placer au cœur d’une reconstruction une nouvelle Union des nations et des peuples souverains, solidaires. L’humain d’abord !

Oui, nous voulons créer les conditions d’une autre majorité au Parlement européen pour rompre avec les choix ultra libéraux actuels et refonder, reconstruire l’Europe au service du travail, d’un autre avenir pour les jeunes, une autre répartition des richesses, la défense des services publics, une Europe profondément démocratisée qui permettra aux peuples de prendre le pouvoir sur les marchés financiers, une Europe porteur de coopération, de solidarité en son sein et avec les autres peuples, particulièrement les pays du Sud. Une Europe féministe qui prône l’égalité homme/femme et défende le droit à l’avortement. Une Europe de la transition écologique. Une Europe qui porte en son cœur le désarmement et la paix. Une Europe active et solidaire avec les mouvements démocratiques des pays arabes et active pour que le peuple palestinien dispose de son Etat et de sa patrie.

xxxxx 

lehyarocg.jpgNous nous présentons pour la première fois dans le cadre d’une campagne européenne unitaire, sous l’égide du parti de la gauche européenne, conduite par notre ami Alexis Tsipras, dirigeant de Siriza en Grèce.

Notre liste du Front de gauche s’inscrit dans cette campagne unitaire européenne pour donner de la force à notre groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique au Parlement européen.

Une progression du nombre de nos députés constituerait un atout important pour les populations, les salariés, la jeunesse, les femmes.

En effet, contrairement à ce qui se dit parfois, les députés européens ont à amender, à voter des textes de lois européens qui sont par la suite traduits dans le droit national.

Plus il y aura de députés Front de gauche en France, alors que dans plusieurs pays nos amis vont aussi progresser en nombre d’élus, plus notre groupe déplacera le centre de gravité du Parlement européen vers la gauche et le progrès social, humain et écologique.

A un moment où le paysage politique européen montre des aspects inquiétants avec les recompositions à droite, sur des bases réactionnaires et rétrogrades, souvent alliées avec des forces national-populistes, xénophobes, d’extrême-droite, nous appelons à la mobilisation la plus large pour peser du côté gauche en utilisant le vote Front de gauche.

C’est d’autant plus indispensable que la droite allemande, sous l’égide de Mme Merkel, envisage pour le lendemain des élections européennes de faire accepter le projet d’un nouveau traité européen qui reprendrait les orientations et les missions super austéritaires de la Troïka qui sévit en Grèce et au Portugal.

Avec un autre parlement européen, le fameux texte renforçant l’austérité n’aurait pas été voté.

Avec un autre Parlement européen, nous aurions obtenu une autre directive sur les travailleurs détachés.

Avec un autre Parlement européen, nous aurions fait voter le rapport pour l’égalité homme-femme et le droit à l’avortement.

Je n’ai cessé de mener ces combats ces cinq dernières années avec plusieurs succès qui ont des effets concrets pour nos concitoyens.

C’est notamment le cas de la création d’un Fonds européens pour l’aide aux plus démunis et son financement, ou contre le quatrième paquet ferroviaire ou le combat à venir contre le projet de grand marché transatlantique ou encore pour mettre en échec le projet ACTA.

Nous mettons à disposition de nos concitoyens quelques axes forts pour sortir de l’Europe de l’austérité et reconstruire une Europe démocratique, coopérative et solidaire, respectueuse des peuples et des jeunesses.

Voici quelques uns de ces axes :

Notre liste est d’abord une liste d’alternative à l’austérité et aux souffrances. Pour cela, il faut :

  • Rompre avec l’Europe de la finance, des banquiers et des actionnaires et pour reconstruire une nouvelle Union coopérative et solidaire, celle qui place les besoins humains au cœur des décisions et des orientations. Mettre fin aux paradis fiscaux et envisager une nouvelle fiscalité harmonisée sur le capital pour une nouvelle répartition des richesses en faveur du travail et une vraie taxe sur les transactions financières
  • Face à une Union européenne de la précarité généralisée, nous voulons construire une Europe qui agit contre la casse des droits sociaux et des services publics, pour la défense et la modernisation de nouveaux projets agricoles et industriels, s’inscrivant dans un projet de transition écologique, en s’appuyant sur des outils industriels comme Alstom.
  • Nous voulons décider d’une clause de non régression sociale, mettre fin au dumping fiscal et social, instaurer un salaire minimum dans chaque pays, augmenter le SMIC, les salaires et les retraites en France. J’aurai, avec l’ensemble de mes amis, une attention particulière à la directive détachement des travailleurs qui vise à organiser la compétition des travailleurs européens au nom du libre-échange, et à détruire le droit du travail durement conquis par les travailleurs de chaque pays européen.
  • La jeunesse doit être au cœur d’un nouveau projet européen. Nous voulons transformer le projet dit de « garantie jeunesse » en un Fonds efficace pour une allocation d’autonomie et d’accès à l’emploi et à la formation pour chaque jeune, dans le cadre d’un projet de sécurisation des parcours professionnels.
  • Ces politiques ne seront possibles qu’en changeant les statuts de la Banque centrale européenne, pour qu’elle se mette au service de l’emploi et de l’investissement social utile, la formation, la réindustrialisation et un nouveau développement de nouveaux services publics démocratisés. L’euro ne peut être un instrument au service des marchés financiers et de la spéculation. Il doit être démocratisé. Il doit devenir un outil de solidarité au service des populations, de l’emploi et de la transition écologique et permettre aux pays du sud de l’Europe de sortir de l’ornière dans laquelle ils ont été placés.
  • Nous voulons garantir et promouvoir l’égalité réelle entre les hommes et les femmes en défendant et en garantissant partout le droit à l’avortement et en proposant la création d’une clause permettant de porter les droits des femmes au niveau maximum de chaque pays européen. L’offensive de la droite et de l’extrême droite au Parlement européen et dans plusieurs pays contre le droit à l’avortement va à l’encontre des progrès de civilisation.
  • Nous refuserons le projet de traité de libre-échange transatlantique qui attaquerait encore plus nos droits, mettrait en cause nos atouts industriels, agricoles, nos services publics et la culture et obligerait à importer du poulet lavé au chlore et de la viande aux hormones et modifierait nos normes sociales de qualité sanitaires, alimentaires et environnementales.
  • Nous voulons construire une Europe de la démocratie où enfin on écoute les citoyens, on les consulte et où on ne prenne aucune décision sans eux et sans les parlements nationaux. La ratification du traité de Lisbonne dans le dos des peuples et après la victoire du « non » a creusé encore plus la défiance populaire à l’égard des institutions européennes. Il faut redonner le pouvoir aux citoyens de telle sorte qu’ils soient les maîtres d’œuvre d’une reconstruction d’un nouveau projet européen solidaire.
  • Nous agirons pour obtenir un texte européen sur des droits et des pouvoirs nouveaux d’intervention des travailleurs dans les comités de groupe.
  • Nous affirmerons notre refus d’un projet de nouveau traité européen que pousse par Mme Merkel qui imposerait à jamais l’austérité.
  • Nous voulons enfin construire une Europe de la paix et du désarmement, sortir l’Europe des griffes de l’OTAN, cette organisation militaire d’un autre temps dont la stratégie crée dans plusieurs points stratégiques du continent des regains de tensions préjudiciables pour l’avenir.

La situation en Ukraine est chaque jour plus alarmante et la position européenne, calquée sur les intérêts géostratégiques américains, envenime la situation plus qu’elle ne l’apaise. Le peuple ukrainien est aujourd’hui au bord de la guerre civile. Nous refusons les positions qui tendent à faire de l’Ukraine une zone tampon entre l’Europe et la Russie. L’indépendance et la souveraineté de l’Ukraine sont des préalables à la paix.

Nous souhaitions enfin engager l’Europe pour la solidarité et la coopération avec les pays du Sud, pour une paix juste et durable au Proche-Orient avec la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Reconnaissance dont le premier pas doit être la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels Marwan Barghouti.

Dans la perspective de la 21ème conférence climat de l’ONU qui se tiendra en décembre 2015 à Paris, nous soutenons :

● Une Europe de la transition écologique, avec de nouveaux objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre d’un nouveau « paquet climat ».

● Une Europe de la qualité alimentaire avec le maintien des moratoires sur les organismes génétiquement modifiés, contre la proposition de la Commission qui pousse pour un système d’autorisation des « OGM » à la carte. Dans une Union européenne où les marchandises circulent librement, ce système revient à nier le principe de précaution et rendrait l’opposition à l’importation des OGM américains caduc. De même, l’affaire de la viande de cheval montre à quel point la multiplication des intermédiaires ouvre la voie à de multitudes de fraudes.

Il convient donc de légiférer sur l’étiquetage alimentaire et cesser de céder aux pressions de l’agro-industrie.

● Nous agirons également pour que, dés l’ouverture de la session parlementaire de fin septembre, on rediscute le budget européen afin de l’augmenter pour soutenir les services publics et augmenter le niveau des fonds structurels particulièrement pour notre région Ile de France où ils sont prévu en diminution pour la période 2014- 2020, à 478,6 millions d’euros contre 716 millions pour la période précédente.

En même temps, nous refusons le principe d’une conditionnalité de ces aides à des programmes d’austérité.

xxxxx 

Le vote pour la liste du Front de gauche que je conduis, avec Raquel Garrido, secrétaire nationale du Parti de gauche, François Pelissier, conseiller régional d’Ensemble, Michel Jallamion, du secrétariat de République et socialisme sera un vote efficace, utile pour :

► Rompre avec l’Europe de l’austérité

► Rassembler les peuples européens pour qu’ils prennent le pouvoir sur l’Europe de la finance. Notre campagne commune à l’échelle européenne avec Alexis Tsipras donnera de la force à un tel projet.

► Reconstruire une nouvelle Europe coopérative et solidaire, écologique, démocratique et pacifique.

► Mettre en échec le projet de marché de libre échange transatlantique

► Mettre en échec une domination de la droite conservatrice et de l’extrême droite au Parlement européen.

Nous allons mener une campagne de débats de proximité dans les départements de l’Ile de France avec l’ambition de progresser et d’élire au moins une deuxième députée du Front de gauche en Ile de France, avec Raquel Garrido.

Liste du Front de Gauche de la circonscription Ile de France et Français de l’étranger, pour les élections européennes du 25 mai:

1. Le Hyaric Patrick - Député au Parlement européen, Directeur de l’Humanité

2. Garrido Raquel - Avocate au barreau de Paris

3. Pellissier Jean-François – Conseil régional, porte-parole d’Ensemble, altermondialiste

4. Sabourin Anne - Animatrice du PGE

5. Jallamion Michel – Militant de la défense du service public

6. Offroy Geneviève – Porte-parole du PCOF

7. Juraver Philippe – Conducteur du RER B à la retraite, syndicaliste

8. Delahaie Carine – Mouvement féministe

9. Snaoui Boualem - Militant associatif et syndicaliste

10. Treillet Stéphanie – Economiste, mouvement féministe

11. Rio Philippe – Maire de Grigny

12. Beauvois Delphine – Institutrice, auteure féministe

13. Terchi Aïsa -Directeur de centre de loisirs, conseiller municipal de Clichy

14. Martin Elsa – Urbaniste

15. Ralle François – Enseignant, résidant hors de France, Madrid

16. Fenasse Delphine – Rédactrice juridique, conseillère municipale de Fontenay

17. Sadi Abdel-Madjid – Conseiller général de Bobigny

18. Migneau Monique – Enseignante, militante syndicale

19. Guillaud-Bataille Fabien -Responsable du PCF Val de Marne

20. Saltzmann Annie – Militante syndicale de la santé

21. Boissier Franck – Formateur pour adultes en situation de handicap, Montreuil

22. Cillieres Hélène – Militante associative

23. Idir Nordine – Mouvement jeune communiste

24. Benaili Mounia – Fonctionnaire territoriale, conseillère municipale de Juvisy

25. Tailleur Alain – Militant syndical métallurgie

26. Haye Florence – Conseillère générale de Saint-Denis

27. Lesparre Dominique – Maire, conseiller général de Bezons

28. Tordjman Patricia – Maire de Gentilly

29. Muzeau Roland – Elu de Gennevilliers

30. Simmonet Danielle - Conseillère d’orientation psychologue, élue au Conseil de Paris

22/04/2014

Lettre ouverte de Jean-Claude Mairal à Manuel Valls

allier1.jpg

Mairal_s-272d8.jpgLettre ouverte de Jean Claude Mairal , ancien président du Conseil général de l’Allier, Président du CIDEFE à Manuel Valls :

Monsieur le Premier Ministre,

Elu depuis 1983, au lendemain des premières lois de décentralisation, j’ai eu la chance d’exercer mes mandats dans toutes les strates des autorités locales (Conseiller municipal dans la ville préfecture de l’Allier, conseiller municipal dans une commune suburbaine de 3400 habitants, conseiller communautaire dans une agglomération, élu dans un Pays, Conseiller général puis président du Conseil général de l’Allier, Conseiller régional d’Auvergne et vice- président, membre du comité Massif-Central, membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, sans compter les syndicats intercommunaux et les organismes de coopération où j’ai siégé).

J’ai ainsi vécu concrètement les difficultés à articuler les strates entre elles, mais aussi entre les collectivités et les administrations de l’Etat.

Au vu de cette expérience et des mutations qu’ont connues en trente ans, nos sociétés et nos concitoyens, il est tout à fait légitime et nécessaire de se poser la question de réformer nos institutions et notre organisation territoriale.

Là n’est donc pas le problème. Depuis plus de vingt ans, des lois Pasqua aux lois Chevènement et Voynet, de la commission Mauroy, en passant par celle de Balladur, jusqu’à aujourd’hui on a procédé à un certain nombre d’ajustements et avancé un certain nombre de propositions.

Mais sur le fond on n’est pas sorti de la complexité de notre organisation et des difficultés pour nos concitoyens de s’y retrouver. Il faut se demander pourquoi.

Certes il y a eu des efforts de rationalisation, de mise en œuvre de coopérations interterritoriales et entre collectivités, ainsi qu’une prise de conscience de leur nécessité. Le président Hollande, hier Jean-Marc Ayrault et vous-même, aujourd’hui, vous avez souhaité réformer en profondeur notre organisation territoriale. Métropoles, fusion des régions, disparition des départements, etc, sont au cœur de votre projet.

La question et la seule qu’il faut se poser, c’est de savoir si ce que vous proposez répond à l’intérêt des territoires pour développer leur dynamisme, leur attractivité et à celui de l’amélioration de vie de nos concitoyens. En effet une réforme de l’organisation territoriale doit avoir pour seul et unique but, d’être au service des populations et de la Nation. Si tel n’était pas le cas, elle échouerait, comme ont échoué d’autres réformes, à servir le développement de notre pays. Même si vous allez jusqu’au bout, il en sera de même pour votre réforme. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce qu’elle s’inscrit dans une vision bureaucratique purement comptable, sans lien avec la réalité et la diversité de nos territoires, phénomène unique en Europe. Il est nécessaire de prendre en compte et penser les territoires dans leur diversité. Déjà en 1946, l’historien Lucien Febvre titrait un article, « Que la France se nomme diversité » et en 1986 l’historien Fernand Braudel dans « l’identité de la France », montrait que la France n’est pas uniforme et évoquait la diversité des terroirs qui composent notre pays. Il écrivait « La France se nomme diversité et, je l’avoue avec délectation, c’est son plus beau visage, celui que j’aime et qui par sa seule beauté me libère de tout raisonnement qui pourrait être triste ». Le territoire n’a pas la même configuration, la même histoire partout.

Jean Claude Mairal, collectivités, VallsLa France, ce sont de petites communes rurales, des communes suburbaines, des villes moyennes, des grandes villes de plusieurs centaines de milliers d’habitants, des métropoles avec des millions d’habitants dont une seule est à vocation mondiale (Paris). Ce sont des communes maritimes, urbaines, rurales et de montagne qui structurent la vie de nos concitoyens. Votre projet ne tient aucunement compte de cette réalité.

Il est de bon ton dans les médias et dans la haute administration de critiquer le nombre trop important de communes et d’élus dans notre pays. Maire d’une ville de 52000 habitants, même si vous avez été confronté à de nombreuses difficultés sociales, vous aviez à vos côtés des collaborateurs, des services et des professionnels compétents pour y répondre.

Tel n’est pas le cas de l’immense majorité des communes qui ont peu ou pas de personnels, peu de moyens et qui pourtant font face à tous les problèmes rencontrés dans la gestion de leur collectivité et permettent que de nombreux territoires ne soient pas des déserts, favorisant l’attractivité touristique de la France. Et cela grâce au dévouement de dizaines de milliers de conseillers municipaux, dont la plupart ne perçoivent aucune indemnité.

Supprimez-les et il faudra, soit laisser mourir ces territoires, soit les remplacer par du personnel statutaire ou par l’intervention d’entreprises privées. Quelle économie ce serait !!!! Et l’intercommunalité dont personne ne peut contester l’intérêt, ne pourra jamais remplacer cette gestion bénévole de proximité. Dire le contraire, c’est méconnaître la réalité concrète de nos territoires.

Ensuite parce que vos propositions ne parlent pas de ce qui est essentiel, à savoir la double administration que connaît la France, à tous les niveaux, entre les administrations d’Etat et les administrations des collectivités.

 Vous allez me répondre que l’Etat a procédé depuis 1982 au transfert de nombreuses compétences aux collectivités. C’est exact, mais vous oubliez de dire que l’Etat a fait en sorte de toujours conserver, notamment au niveau des financements, une petite part de ces compétences. L’Etat intervient ainsi quasiment dans toutes les politiques locales.

Il est donc temps de se poser la question de savoir si nous voulons être dans une République déconcentrée, avec des politiques publiques reposant sur l’Etat, avec une intervention moindre des collectivités ou une République décentralisée, avec un Etat ne conservant plus que les grandes fonctions régaliennes. Et cela interpelle toutes les forces vives du pays. Ce n’est qu’en fonction de de la réponse qui sera apportée à cette question que l’on pourra envisager telle ou telle réforme territoriale. Ce qui est clair, c’est que l’on ne peut plus rester dans la configuration actuelle.

Comme vos prédécesseurs, vous voulez procéder à une réforme en dehors des citoyens, par une concertation avec les élus et l’apport de quelques experts, même pas tous les élus, tout au plus 1000 à 2000, puisque l’immense majorité d’entre eux ne sont jamais consultés. Pourtant les premiers intéressés ne sont-ils pas les citoyens ? Les institutions, l’organisation territoriale ne sont-elles pas faites pour être à leur service ?

Il serait donc normal qu’on les consulte pour qu’ils nous disent quelle organisation territoriale leur semble la plus à même de répondre à leur attente. Outre une démarche profondément démocratique, cela aurait aussi le mérite d’éviter que les élus consultés, qui sont juges et parties, ne soient que dans une posture de défense de leur pré-carré. Jusqu’à ce jour, aucune réforme n’a pu aboutir car elles sont restées confinées à une minorité d’élus et n’ont jamais sollicité le peuple.

Qui mieux pourtant que le peuple, peut donner son avis sur les projets qui le concernent et qui doivent être à son service ! Et que l’on n’oppose pas les compétences nécessaires que n’aurait pas le peuple pour participer à un tel débat.

Certes il n’est pas question d’idéaliser le peuple, englué comme nombre d’élus et d’experts, dans des présupposés et idées toutes faites, mais si on lui en donne les moyens (formation et information), il est en capacité d’avoir autant de compétences que les élus qui n’ont, par rapport à lui, que la seule légitimité du suffrage universel. Loin des enjeux de pouvoir (ils n’ont aucun mandat à préserver), de défense de fiefs électoraux, de carriérisme, les citoyens sont à même de réfléchir à ce qui correspond le mieux à leurs attentes et à l’intérêt général. N’ayons pas peur du peuple !

C’est pourquoi, Monsieur le premier Ministre si vous voulez réaliser une réforme territoriale nécessaire et acceptée, correspondant à la réalité diverse de nos territoires et aux attentes des populations, vous devez lancer un vaste débat se concluant par une consultation citoyenne, associant partout toutes les forces vives et les habitants de notre pays et des régions.

Vous souhaitez qu’elle commence à se mettre en œuvre en 2017. Cela laisse largement le temps d’organiser le débat dans tous les bassins d’emplois et de vie, dans tous les départements, de favoriser cette concertation, de donner les éléments d’information nécessaire, pour que chacun se fasse une opinion argumentée, de travailler différentes pistes d’organisation territoriale et de conclure par un débat national suivi d’un référendum. Même si l’exercice d’une démocratie pleine et entière prend du temps, on ne perd pas son temps à le faire. Bien au contraire, à l’opposé de toute décision autoritaire et non concertée, une telle démarche est efficace.

Elu local, mais aussi responsable associatif, militant politique et membre de nombreux réseaux du développement local, je peux vous certifier que je côtoie beaucoup de personnes de sensibilités différentes qui n’hésiteront pas un seul instant à s’investir dans ce débat s’il a lieu. A condition qu’on leur donne la parole et qu’on prenne réellement en compte celle-ci. Une telle orientation ne dépend que de vous et de votre volonté politique à faire vivre la démocratie. Cela aura une autre vertu, celle de redonner confiance en la politique, fortement en crise et de renforcer la démocratie. Nous en avons bien besoin.

Vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette lettre et espérant que vous choisirez la voie de « la démocratie, le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », comme le soulignait Abraham Lincoln dans son discours de 1863 à Gettysburg,

Je vous prie d’agréer, Monsieur le premier Ministre l’expression de ma haute considération.

Jean Claude MAIRAL

      

28/02/2014

Hôpital d’Evry : le PPP en fin de vie

hopitalevry.jpgLe Centre hospitalier sud-francilien (CHSF), construit en PPP, vient d’entreprendre la résiliation du bail qui le lie au groupe de BTP Eiffage, nous a confirmé la direction du CHSF de Corbeil-Essonne. Cette résiliation conventionnelle pour motif d’intérêt général devrait être effective en mars prochain.

Décryptage et réactions. Bientôt la fin du cauchemar pour le Centre hospitalier sud francilien ? L'établissement, situé entre les villes de Corbeil-Essonne et Evry, vient d’entreprendre la résiliation du PPP qui le liait au groupe Eiffage, via sa filiale Héveil. Cet accord a été conclu ces jours-ci en interne au terme de plusieurs mois de négociations pour mettre fin au bail emphytéotique hospitalier qui s'étendant à l'origine de 2006 jusqu’à 2041. Construit en partenariat public-privé (PPP), ce bâtiment dans lequel travaillent 3.600 personnes a ouvert en janvier 2012 avec huit mois de retard à cause de nombreuses malfaçons. Au total, 8.000 ont été relevées par des huissiers… La Cour des comptes suivi d’ailleurs d’un rapport parlementaire ont épinglé le choix du PPP pour cette construction.

C'est donc après plusieurs alertes que cette résiliation arrive avec un accord à l'amiable entre les deux parties. Elle devrait être effective après des délibérations du Conseil de surveillance de l'établissement, prévu le 14 mars prochain.

"Nous confirmons la perspective d’un prochain accord avec l'administration hospitalière concernant le Centre Hospitalier Sud Francilien en vue de la résiliation du bail emphytéotique hospitalier (BEH)", nous explique une porte-parole du groupe Eiffage.

De son côté, une porte-parole de l’établissement hospitalier, nous explique à son tour "que les représentants du Conseil de Surveillance délibéreront les 11, 13 et 14 mars 2014."

Economie sur les coûts d'exploitation et de maintenance
La sortie négociée de ce bail permettra de générer pour la puissance publique une économie nette de 600 à 700 millions d’euros par rapport à une poursuite du BEH jusqu’en 2041, ajoute aussi le centre hospitalier. Par ailleurs, la sortie de ce contrat, détaille-t-il apportera à l’hôpital les bénéfices suivants : "Récupération de la propriété du bâtiment ; récupération de la maîtrise d’ouvrage sur toute la maintenance – exploitation ; souplesse de gestion quotidienne de l’établissement ainsi que de son développement ; extinction de tous les contentieux avec Héveil, filiale du groupe Eiffage; économies importantes sur les coûts d’exploitation – maintenance et enfin l’aménagement du niveau 4 du pôle D non réalisé à ce jour."

Une sortie négociée de 80 millions d’euros
Dans le cadre de ce partenariat, l'hôpital devait, par ailleurs, verser un loyer à Eiffage pendant 30 ans avant de devenir propriétaire, le loyer annuel s'élevant à 48 millions d'euros. "Cette sortie négociée se soldera cette fois-ci par un versement à Héveil, filiale d'Eiffage, de 80 millions d'euros (Ndlr : couvrant à la fois le règlement des litiges passés et l’application des conditions contractuelles de sortie du BEH)", nous confirme la direction du groupe Eiffage.

Le centre hospitalier reprendra gestion totale dès le 30 septembre 2015
Cette indemnité correspond "à la prise en compte d'une partie de la réclamation d'Eiffage, à la compensation de ses loyers futurs, au règlement des loyers anciens et de prestations déjà réalisées, ainsi qu'à des travaux complémentaires à effectuer pendant les 18 mois de gestion restants", détaille la direction du groupe de BTP. Le centre hospitalier retrouvera ainsi le 30 septembre 2015 la responsabilité de l'ensemble de son fonctionnement.

Dans les termes de cette transaction, Héveil renonce à sa demande de requête indemnitaire de 194 millions d’euros, précise le centre hospitalier.

"Eiffage est fier d’avoir financé et construit un bâtiment qui fonctionne"
En reprenant la main, l'hôpital devrait fonctionner dans de meilleures conditions au bénéfice des patients et de son personnel. De son côté, Eiffage, malgré les différends et les couacs, est "fier d’avoir financé, conçu et construit un hôpital exceptionnel, performant et doté des équipements les plus modernes, ce que confirment les enquêtes d'opinion et la direction de l’hôpital."

Néanmoins, avec cette future sortie du PPP de l'hôpital d'Evry, le débat autour de ce type de contrat appliqué aux bâtiments publics de grande envergure est toujours autant d'actualité.

Sources Batia Actus, Sébastien Chabas (27/02/2014)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu