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23/02/2019

Des belles images du Salon de l’agriculture au dur métier de paysan

Salon de l'agriculture.jpg

salon agriculture 2019.jpgTandis que ce XXIème siècle risque d’être celui des grandes incertitudes concernant la capacité de la planète  à nourrir une  population mondiale en incessante croissance, le Salon  annuel de l’Agriculture qui s’ouvre demain dans les différents pavillons du Parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris(1) sera une fois encore la vitrine de l’abondance, qu’il  s’agisse des animaux  vivants, des cultures qui servent à les nourrir  afin que les humains consomment ensuite de la viande,  des œufs et des produits laitiers.

Pourtant, vivre du prix de la vente de ses produits  est de plus en plus difficile quand on est agriculteur. Et la loi Egalim votée le 2 octobre 2018 par la majorité parlementaire engendre plus de déceptions  que de satisfactions.

« Imminence » sera la reine du Salon cette année. C’est une vache de la race « Bleue du Nord » qui a failli disparaître au cours du XXème siècle.  Elle était élevée sur les terres de l’actuelle région des Hauts de France. Elle fut  victime  de  l’occupation allemande à deux reprises avec ce que cela comportait de prélèvements sur les troupeaux  pour nourrir les soldats en campagne. Du coup, elle n’est plus présente que dans 25 exploitations  dont celle tenue par Gilles Druet à Saint Aubin dans la vallée de l’Avesnois où est produit un fromage  odorant connu sous le nom de Maroilles. Un produit du terroir  que Dany Boon, dans l’un de ses films, étalait sur ses tartines pour accompagner le café du petit déjeuner!
 

Une bonne préservation des races rustiques 

 Cette race locale et rustique est une bonne laitière  sans avoir les rendements des troupeaux  de  la Prim’Holstein, portée depuis des décennies par une sélection génétique qui en a fait un animal fragile. La « Bleue du Nord »  a été préservée grâce à l’abnégation d’éleveurs patients  comme Gilles Druet . Défenseur  d’une agriculture de fermes familiales, l’homme qui s’occupe d’« Imminence » au salon, note que « l’évolution de l’agriculture est telle qu’on s’agrandit de plus en plus et l’effectif des éleveurs ne va qu’en diminuant ». Comme lui, d’autres éleveurs passionnés  ont sauvé la Pie noir bretonne, la Froment du Léon, la Maraîchine, la Bazadaise  et tout ce capital génétique diversifié  avec aussi la Normande, la Montbéliarde, la Pie rouge de l’Est  les races montagnardes comme l’Abondance et la tarentaise pour le lait. Cela reste également vrai pour les brebis  et dans une moindre mesure pour les chèvres et les chevaux de trait.
 
Dans l’élevage bovin, il a autant de vaches qui ne sont jamais traites que de laitières. Ce sont les races à viande dont les plus connues sont la charolaise, la limousine, la salers, la rouge des prés, la blonde d’Aquitaine,   l’Aubrac et quelques autres. Ce furent naguère des animaux  utilisés pour  labourer et charroyer avant l’arrivée des tracteurs, peu nombreux en France jusqu’à la  seconde moitié du XXème siècle. Tous ces bovins seront visibles pendant neuf jours au Pavillon 1.

La mise en exergue des  produits régionaux 

L’Odyssée végétale  se présente comme une mise en scène de la culture des végétaux et  occupera le Pavillon 2.2 auquel on accède depuis le 1 par un escalier mécanique. On note à ce propos  que la communication des exposants change  pour prendre en compte la modification actuelle et à venir des conditions de production face aux conséquences du réchauffement climatique.
 
lapin3.jpgLes pavillons 3/ 5.1/ et 5.2 permettent de goûter les produits des régions et de faire son marché  le cas échéant, qu’il s’agisse  de vins, de pains, de charcuteries, de fromages, de fruits et légumes et quantités d’autres produits, tandis que la restauration offre beaucoup de   diversité  dans les différentes régions de  la France métropolitaine et de l’outre-mer.
 
Dans la ferme pédagogique du Pavillon 4 on peut admirer les volailles et les lapins tandis que les chiens et les chats occupent le pavillon 7.1.
 
Histoire de connaître une certaine forme de dépaysement, il existe même dans le pavillon 5.2 un espace réservé  aux « Elevages du monde » dans lequel on peut admirer des chameaux, des dromadaires, des lamas, des yaks  et des chèvres de  Somalie.
 
Si ce salon donne à voir ce qu’est encore  la diversité  et la qualité intrinsèque de l’agriculture en France, il ne permet pas de voir que ce potentiel est aujourd’hui menacé pour au moins deux raisons. Le revenu que la plupart  des paysans tirent de leur travail n’est pas à la hauteur  des efforts fournis par les hommes et les femmes qui produisent notre nourriture quotidienne. Du coup, il devient de plus en plus difficile  d’installer des jeunes  qui peinent à obtenir des emprunts en raison des incertitudes concernant le revenu. Or,  la moyenne d’âge des exploitants frôle les 50 ans  en France et les paysans qui vont quitter le métier dans les cinq prochaines années sont très nombreux.
 
Demain, si une agriculture de firmes  lancées dans des politiques spéculatives sur les matières premières  agricoles venait à se substituer aux fermes familiales, il y aurait moins de diversité  et moins de qualité  dans la production agricole. Dans ce pays, les paysans les plus innovants sont surtout ceux qui transforment  leurs produits et les vendent directement aux consommateurs, qu’il s’agisse des vignerons, des maraîchers où des producteurs de fromages fermiers. 

Des prix agricoles anormalement bas en ce début d’année

Enfin, près de cinq mois après le vote de la loi Egalim , dont le président  de la République   avait dit qu’elle permettrait  de mieux  rémunérer les paysans en faisant prendre en compte l’évolution des coûts de productions dans la fixation du prix , la situation ne s’et pas améliorée , loin s’en faut. Le prix du kilo de carcasse  de porc charcutier était de 1,18€ le 18 février chez nous  contre 1,40€ en Allemagne. Celui des vaches laitières de réforme qui vont à la boucherie  était de 2,65€ le kilo.
 
Le prix des 1.000 litres de lait au départ de la ferme tourne entre  320 et 330€, contre  370€ en 2014  alors que les conséquences de la sécheresse de l’été et de l’automne 2018 ont sensiblement augmenté les coûts de production. Le prix du blé rendu au port de Rouen pour l’exportation est tombé à 189€ la tonne en cette fin février alors qu’il tournait autour de 195€ la tonne depuis des semaines. Celui de l’orge de brasserie qui se maintenait  autour de 195€ la tonne entre août et décembre 2018 est tombé  à 165€ en février 2019. Il en va de même pour le maïs tombé en quelques jours de 170 à 165€ la tonne.
La tonne de colza pour produire de l’huile se vend actuellement 366€,  contre 430€ l’an dernier  à la même époque.
Les paysans vont donc avoir de bonnes raisons d’interpeller le président de la République  et ses ministres  sur leurs promesses non tenues  à l’occasion des visites sur le salon.         
 
(1) Le salon est ouvert aux visiteurs  du samedi 23 février au dimanche 3 mars de 9H à 19H. Le billet d’entrée coute 14€. Il est de 7€ pour les enfants de 6 à 12 ans, l’entrée étant gratuite  pour les  moins de six ans 
 

23/01/2019

Transport. Fol acharnement de l’État sur le CDG Express

cdgexpress.jpg

Le projet d’une ligne directe entre Roissy et Paris risque de pénaliser les usagers du quotidien. Rejeté par les élus de tous bords, il est jugé « hautement souhaitable » par le préfet Cadot.

Le Charles-de-Gaulle Express avait du plomb dans l’aile. Ce projet de liaison directe entre l’aéroport de Roissy et la gare de l’Est, dans le centre de Paris, sans aucune desserte, doit être suspendu, avait plaidé le syndicat des transports Île-de-France Mobilités (ex-Stif), le 12 décembre 2018.

Les travaux générés par ce projet « pourraient durablement détériorer la vie quotidienne de millions de Français », avait aussi souligné la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qui y était pourtant favorable au départ.

Même prise de position de la maire de Paris, Anne Hidalgo, au lendemain de cette délibération du syndicat francilien. La suspension a aussi été réclamée par le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis (Stéphane Troussel, PS), ainsi que par ses homologues de droite du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne.

Un appel de 100 élus, responsables associatifs et syndicalistes, publié vendredi dernier dans l’Humanité, enjoignait aussi au préfet d’Île-de-France de donner la « priorité aux transports du quotidien », prenant au mot Emmanuel Macron.

Les conditions de transport de 2 millions d’usagers menacées

La création de cette ligne de 32 km, dont 24 km sur des voies déjà empruntées par le Transilien K et le TER Paris-Laon, sur le même faisceau ferroviaire que les RER B et D, aura en effet de lourdes conséquences pour les usagers. Ce chantier serait lancé alors même que de lourds travaux doivent être effectués pour améliorer le trafic sur le RER B après des années de sous-investissement. Il sera en outre très compliqué, matériellement, de mener de front ce chantier et les travaux du Grand Paris Express.

Résultat : un risque de réduction de trafic, de vitesse sur les lignes, voire de suspension de lignes qui ne se limiterait pas aux périodes de moindre trafic (week-ends, été, soirées…), alerte l’association Non au CDG Express. « On est prêts à dégrader les conditions de transport de 2 millions d’usagers pour transporter une population restreinte (environ 17 000 voyageurs, selon les estimations) et aisée, capable de payer un billet estimé entre 24 et 29 euros », dénonce son président Didier Le Reste.

Face à cette mobilisation, le gouvernement a confié au préfet d’Île-de-France, Michel Cadot, une mission pour déterminer les projets prioritaires. Mais ce dernier ne semble pas pour autant décidé à abandonner celui du CDG Express, qu’il a encore défendu bec et ongles dans un entretien accordé lundi au Parisien. « C’est difficile à entendre pour les usagers du quotidien, mais il s’agit d’un argument de compétitivité internationale, explique-t-il. Si Roissy veut rester dans les dix premiers - aéroports mondiaux- et continuer à faire de Paris le moteur du développement du pays, cette liaison est hautement souhaitable. »

En 2019, le préfet préfère donc défendre la compétitivité que l’intérêt général… On aurait pu lui opposer que la métropole francilienne n’a pas eu besoin de cette nouvelle ligne pour devenir la deuxième région la plus riche d’Europe, en termes de PIB par habitant, devant le Nord-Ouest italien et la région londonienne. Et cela n’a pas non plus empêché cette région d’accueillir 49 millions de visiteurs en 2017… Un record.

Un projet indissociable de la privatisation d’Aéroports de Paris

Alors, pourquoi tant d’acharnement ? Pourquoi l’État s’apprête-t-il, malgré toutes ces oppositions, à gager un prêt de 2,1 milliards d’euros pour financer cette ligne qui sera gérée par un opérateur privé ? Cet entêtement ne peut être « détaché de la volonté du gouvernement de privatiser Aéroports de Paris », dénonce Didier Le Reste.

Construire cette ligne coûte que coûte est une manière « d’habiller la mariée » et de vendre à prix fort le deuxième aéroport d’Europe. « À un moment où l’aéroport est en phase de développement, avec un quatrième terminal en projet, cela vise à lui donner les moyens de son accès au centre de Paris », confirme d’ailleurs le préfet Cadot.

16/01/2019

Evry : les profs du collège Montesquieu réclament plus de moyens

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Une trentaine de professeurs de l’établissement était en grève ce mardi. Ils s’insurgent contre une baisse de dotation du Département.

« Des premiers engagements ont été pris, mais le compte n’y est pas, martèle une enseignante. L’établissement souffre d’un manque d’investissement depuis plusieurs années. Rétablir l’égalité des chances pour nos élèves nécessite un investissement conséquent. » Malgré les annonces du conseil départemental, qui s’est engagé ce lundi à fournir du matériel, les enseignants du collège Montesquieu d’Evry ont maintenu leur mouvement de grève. Ils étaient ce mardi une trentaine à ne pas assurer leur cours.

« Pour comprendre la situation, il faut revenir quelques années en arrière, précise Marion Boucheron, professeur d’histoire géographie et secrétaire de section de la CGT Education 91 du collège Montesquieu. En raison des problèmes de commandes non passées et de non-paiement de factures, nous n’avons pas pu utiliser les dotations précédentes, bloquées sur un fonds de réserve le temps d’éclaircir la situation financière du collège. Et cette année, le conseil départemental diminue sa dotation de 60 %, soit plus de 70 000 €. »

 

« Il s’agit d’une simple règle comptable »

Pour apaiser la situation, une délégation d’enseignants a été reçue ce lundi par les services du Département et l’Education nationale. « Lorsque le fonds de réserve est supérieur à deux mois, le département applique un écrêtement, rétorque Jérôme Bérenger, conseiller départemental en charge de la politique des collèges et de l’éducation. Il s’agit d’une simple règle comptable. Mais compte tenu de la situation atypique de l’établissement, nous venons en appui avec une série de mesures. »

Lors de la réunion qui s’est tenue lundi, le Département et l’Education nationale se sont engagés à fournir du nouveau matériel. « Le collège va être doté de microscopes supplémentaires et dix classes vont être équipées avec des vidéoprojecteurs, reprend Jérôme Bérenger. Cinq sont financés par le Département et cinq autres par l’Education nationale. Enfin, ces classes seront toutes équipées de rideaux. »

En complément, le Département finance une sortie au Mémorial de Caen (Calvados) à hauteur de 3 000 € et participe aux coûts des accompagnateurs pour un montant de 2 000 €. Selon l’élu, ces investissements se chiffrent environ à 40 000 €. Une somme à laquelle s’ajoutent « 12 000 € de ménage avant la rentrée septembre et 7 500 € pour divers remplacements sur les effectifs du Département ».

Mais pour les personnels, le compte n’y est toujours pas. Ils attendent un investissement de 70 000 € minimum.

Sources Le Parisien

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