Avertir le modérateur

30/08/2012

Dézonage du pass Navigo les week-ends et jours fériés : Une étape importante vers la zone unique au tarif de la zone 1-2 (Front de Gauche)

ile de france, transport, Front de GaucheCOMMUNIQUE

À partir du samedi 1er septembre, les titulaires des forfaits Navigo mensuels ou annuels pourront voyager dans toute l’Île-de-France avec leur pass Navigo habituel.

Les élu-e-s Front de gauche du Conseil régional d’Île-de-France et du STIF se réjouissent que se réalise ainsi une de leurs propositions.

Dès 2010, nous avons proposé que le dézonage les week-ends et jours fériés soit la première étape vers la création d’une zone unique au tarif de la zone 1-2.

Il faut maintenant aller plus loin et en finir avec les zones tarifaires, avec cette double peine : plus on vit loin de Paris, plus on passe de temps dans les transports et plus l’on paie cher.

Les parlementaires Front de gauche ont déposé une proposition de loi pour augmenter la contribution des entreprises, le versement transport, qui permettrait de financer cette zone unique. Nous appelons l’ensemble de la majorité de gauche à la soutenir !

Les élu-e-s Front de gauche continuent à se mobiliser, avec les usagers et les salarié-e-s, pour de nouveaux financements pour les transports publics : c’est une nécessité pour les usagers, une exigence sociale et écologique, un atout pour le développement de notre région.

Groupe Front de Gauche, Parti communiste français, Gauche unitaire et Alternative citoyenne
Conseil régional d'Île-de-France

16/07/2012

VEL D'HIV. Vincennes, 1942 : cent " disparus "

velhiv1.jpgMaurice Rajsfus, historien et témoin " atrocement privilégié ", nous parle de la rafle, telle qu'elle eut lieu dans une ville de la région parisienne.

Il avait quatorze ans à peine, sa sour Jenny, seize, le jour où " ils " sont venus. Témoin " atrocement privilégié ", il continue de questionner l'histoire. Elle le renvoie à la sienne propre : Vincennes, 1942, 16 juillet.

Si les finances familiales excluaient tout projet de voyage au-delà du bois, c'était quand même les vacances, les enfants mangeaient à leur faim. " Ils sont venus. " Pas les Allemands. Toute la famille portait alors l'étoile jaune depuis " quarante jours ", la durée, dit-on, du Déluge. Cinq heures du matin n'avaient pas sonné quand la police de Pétain s'est mise à cogner du poing sur la porte du logis : vingt-cinq mètres carrés d'une maison des années trente ; non loin du bois d'où, dit-on, parfois sortent les loups. Mais ceux-là venaient de la ville.

Maurice Rajsfus (1) : " Le problème, pour mes parents comme pour tous les juifs immigrés et une grande partie des juifs français, c'est qu'en octobre 1940, après la première ordonnance allemande obligeant les juifs de la zone occupée à se déclarer dans les commissariats, ils ont obéi. Pourquoi ?

La réponse est simple : rien n'est pire, pour un étranger, que d'être en rupture avec la légalité. Ils ne pouvaient se soustraire, parce qu'ils étaient connus et reconnaissables, ne serait-ce qu'à leur accent : mon père avait fui la Pologne en 1923. Ils ont obéi, parce que ne pas se déclarer, cela voulait dire se cacher, avoir de l'argent (mon père travaillait sur un chantier de travaux publics, depuis qu'on lui avait interdit, en tant que juif, de tenir son commerce sur les marchés) ; se cacher, ça voulait dire changer d'identité, de localité. Ils ont obéi, parce qu'en octobre 1940 tout le monde, à peu près, avait le sentiment qu'on en avait pris pour cinquante ans.

Le malheur, c'est que cette déclaration a permis de constituer des listes qui, à leur tour, ont permis les arrestations de mai 1941, puis la rafle du Vél' d'Hiv'. Les nazis avaient demandé aux responsables de la collaboration de se saisir de 35 000 juifs étrangers. Pour tenir le chiffre, par zèle, ces responsables ont fait embarquer les enfants, ce qui ne figurait pas dans l'ordonnance nazie. " C'est ainsi qu'à Vincennes plus d'une centaine de personnes " disparurent " du jour au lendemain.

On les entassa quelques heures dans un petit pavillon, sorte de " camp de concentration miniature ", avant de les expédier à Drancy, direction Auschwitz.

Pour Maurice Rajsfus, ce fut comme si sa mère avait une seconde fois mis au monde, un autre monde, ses deux enfants : " C'était un centre de regroupement secondaire. Nous y avons passé la journée. Puis un gradé a dit que les enfants de plus de quatorze et de moins de seize ans pouvaient sortir. Ma mère nous fit comprendre qu'il fallait y aller. Son intuition fit que, sur la trentaine d'enfants entassés là, ma sour et moi nous fûmes les seuls à ressortir. Nous sommes partis comme poussés dehors, avec le pressentiment que mieux valait prendre du champ, et vite...

De retour au logement, j'ai voulu récupérer les clés. La concierge n'y était pas. J'ai grimpé à l'étage, trouvé la porte ouverte, la concierge était chez nous. Elle "faisait" les placards. " C'est ainsi qu'à l'automne 1944, le lycéen Maurice Rajsfus ne retrouva pas les bancs d'une classe. Apprenti joaillier, il passa des billes de verre colorées aux pierres précieuses, ce qui n'était pas précisément sa vocation ; tandis que Jenny, sa sour, poursuivait des études qui, évidemment, ne rapportaient pas un centime de salaire...

Plus tard, en 1980, il se mit à écrire. Un nombre assez impressionnant d'ouvrages. Dans les trois derniers publiés, il relate des souvenirs, retourne des archives. Au registre des bons souvenirs, citons une belle tranche de gruyère reçue en pourboire et une rencontre avec l'acteur Michel Simon. Parmi ceux qui tiennent du cauchemar, il faut citer le jour où il croisa le chemin d'un diamantaire antisémite (Maurice portait toujours l'étoile jaune), qui finit, en guise de " cadeau de Noël " par écraser sur le crâne de l'adolescent affamé un ouf ; et cet autre jour où un " bon Français ", avisant son insigne, lui ordonna de quitter la voiture du métro dans laquelle il s'était engouffré, pressé, pour monter dans la dernière, réservée aux juifs. Citons, enfin, le crachat reçu d'un officier allemand inconnu, en pleine rue. Maurice Rajsfus, aujourd'hui : " Celui-là, il était plus dans son rôle que le salaud de lapidaire avec son ouf ! " Il évoque aussi la commande reçue un jour par son patron pour une dizaine de bagues en platine ornée de croix gammées en saphirs... Ça réveille en lui sa colère contre les acteurs économiques et industriels profiteurs de guerre : " Ils faisaient comme si la guerre n'était pas passée par là, comme si les Allemands n'étaient pas là.

J'ai retrouvé un document par lequel une célèbre entreprise textile offrait ses services pour la production de 5 000 mètres de tissu destiné à la confection des étoiles jaunes. J'ai aussi retrouvé trace du fondeur qui prépara la forme, et celle de l'imprimeur. Alors que le travail de nuit était interdit sous l'Occupation, j'ai mis la main sur une demande de dérogation envoyée par ces gens-là, pour cause de " commande urgente " !...

velhiv.jpgMaurice a une pensée particulière pour les personnes qui, non juives, ont porté l'étoile, en signe de solidarité, et se sont retrouvées à Drancy, avec une véritable étoile jaune cousue sur leur vêtement, assortie de la mention " amis des juifs " : " C'était un acte véritable de résistance !

L'un d'eux, Michel Reyssat, m'a prêté un portrait de lui réalisé à Drancy, au mois d'août 1942, par un artiste, David Brainin, disparu en déportation. " Évidemment, Maurice Rajsfus ne porte pas la police française dans son cour : " Ils ont volé des années de vie à mes parents. Tous ont participé aux rafles quand ils étaient requis. Pratiquement pas un seul n'a démissionné. Si la police française ne s'était pas mise aux ordres, jamais il n'y aurait eu autant de dégâts. Il y a eu 250 000 déportés de France, dont 76 000 juifs, les autres étant, pour l'essentiel, des communistes et des gaullistes... Et que dire de ce policier qui, rendant compte à la préfecture de sa mission, ose écrire, le 22 juillet : " Le Vél' d'Hiv' est évacué. Il restait 50 juifs malades et des objets perdus, le tout a été transféré à Drancy ." Maurice Rajsfus a aussi des colères présentes. "

On commémore, certains à tour de bras, mais on oublie. Surtout, on évite de tirer les leçons, de voir ce qui se passe aujourd'hui. Il y en a, ce qui les intéresse, c'est un certain passé, mais pas le présent. Cela dit sans nier les spécificités. " Maurice Rajsfus continue de questionner l'histoire. Passionnément. Depuis 1942. Ses questions peuvent se résumer en une seule : " M'man, p'pa, pourquoi ? " Elle a des tas de réponses. Aucune n'épuise la question.

Jean Morawski

Maurice Rajsfus a publié trois livres : en janvier, dans la collection Que sais-je ? (PUF), la Rafle du Vél' d'Hiv' ; en février, Paris, 1942, chronique d'un survivant (éditions Noesis, collection Moisson rouge), et Opération étoile jaune, suivi de Jeudi noir (éditions du Cherche Midi).

Témoignage publié dans l’Humanité du 16 juillet 2002

10:23 Publié dans Actualités, Contre enquête, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vel'hiv, rafle, juifs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/05/2012

« Je montrerai, disait-elle, ce qu’une femme sait faire »

Artemisia2.jpgHommage à Artemisia Gentileschi, peintre en un temps où le poignard, le pinceau et le poison se rencontraient dans les mêmes mains.

Il fallut certainement à Artemisia Gentileschi un sacré tempérament pour s’imposer en son temps dans un monde d’hommes par son talent d’artiste, de peintre.

L’une des premières femmes peintres de l’histoire. Née en 1593, fille d’Orazio Gentileschi, lui-même proche du Caravage, Artemisia se rattache d’emblée à la révolution baroque qui va dominer le XVIIe siècle. On parle beaucoup à ce propos de l’invention du clair-obscur mais c’est incomplet.

 La révolution baroque, c’est certes un changement du statut de la lumière dans le tableau, contemporain de la révolution copernicienne, Mais le baroque, et là on parle autant de Rubens, de Simon Vouet et de Lesueur, de Zurbaran et Velasquez que du Caravage, c’est au fond le développement ultime de la Renaissance, dont par là même il se détache. C’est-à-dire de la renaissance de l’homme et du drame humain.

On connaît cette phrase du Caravage désignant une rue de Naples : « Voilà mes modèles. » Pour autant, Artemisia n’est pas foncièrement originale dans le choix de ses sujets. Ils lui seront le plus souvent imposés par ses commanditaires, dès lors qu’elle connaîtra la célébrité et la reconnaissance qui l’amèneront à vivre et peindre à Rome, Florence, Venise, Naples jusqu’à sa mort en 1654.

 Elle l’est davantage par le traitement quand elle est au mieux de son talent. Ainsi sa Cléopâtre (1635), une réussite, est-elle déjà un vrai nu, plus proche si l’on ose cet anachronisme de Manet que de l’académisme du temps de ce dernier. Mais on ne saurait omettre non plus la violence de certaines de ses œuvres.

Violée par un compagnon de son père, Agostino Tassi, Artemisia dut se battre pendant des mois pour que la culpabilité de ce dernier soit admise. Le procès qui eut lieu alors fut le sujet d’un film d’Agnès Merlet en 1997 et ses actes ont été publiés aux Éditions des femmes, avec notamment un texte de Roland Barthes.

Le combat d’une femme

artemisiajuditth.jpgPeut-on lire les suites de l’affaire avec un tableau comme celui représentant l’épisode biblique où Yaël plante à coups de marteau un gros clou dans le crâne de Sisera, grand ennemi d’Israël (1620) ? Mais c’est la violence de son tableau sans doute le plus célèbre et dans un sens le plus caravagesque par sa lumière comme par sa puissance expressive, Judith et Holopherne, qui interpelle le plus le spectateur.

Peut-être, entre autres, parce que la scène de la décapitation du général assyrien, avec ses bras levés et cette bouche d’ombre entre eux, nous a toujours semblé, curieusement, une allusion à un accouchement. « Je montrerai ce qu’une femme sait faire », écrira-t-elle en 1649 à un de ses commanditaires.

Musée Maillol à Paris, jusqu’au 15 juillet.

Catalogue édité par Gallimard, 260 pages, 39 euros.

Article publié par le journal l'Humanité

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu