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03/07/2017

Avec Valérie Pécresse, le Passe Navigo fait des vagues

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Gérald Rossi, Humanite.fr

Le protocole signé entre la Région Île-de-France et le Premier ministre, qui prévoit une hausse de 3 euros de l’abonnement mensuel, organise aussi une augmentation du Versement transport (VT) des entreprises, principalement dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Les ressources des tous les départements franciliens sont par ailleurs bridées, au profit de la région. Un accord piégé. Après avoir menacé il y a quelques jours, d’augmenter jusqu’à 15 euros pas mois le passe Navigo, permettant de se déplacer sans limitation dans toute l’Île-de-France, la présidente de la région et du Stif a revu ses prix à la baisse après la signature d’un accord entre sa collectivité et l’Etat.

La hausse payée par l’usager ne sera que de 3 euros. Ce qui fait quand même 4,3% de progression. Mais le protocole signé par madame Pécresse et monsieur Valls contient d’autres mauvaises nouvelles qui ont déclenché la colère de nombreuses collectivités.

Le Versement transport (VT) acquitté par les entreprises devra augmenter de 0,1% au premier janvier 2017. Mais sous couvert d’harmonisation, la hausse sera beaucoup plus importante dans les deux départements les moins bien florissants économiquement parlant, la Seine Saint-Denis et le Val-de-Marne, par comparaison avec Paris ou les Hauts-de-Seine... Et pourtant, le taux du VT y sera relevé de 0,21 % dès janvier, pour arriver à 0,94% dans les prochaines années.

« La contribution sera trois fois plus importante à Créteil ou Bobigny qu’elle ne le sera sur les Champs Elysées et à la Défense » a ainsi dénoncé le sénateur communiste Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne. Et ce n’est pas tout.

Afin d’accorder les financements réclamés à la région, l’accord prévoit de capter la part dynamique de la CVAE, taxe payée par les entreprises qui a succédé à la taxe professionnelle, et qui est désormais perçue par les départements. Lesquels en conserveront le bénéfice figé sur 2016. Les sommes au-delà n’iront plus dans les caisses départementales mais dans celles de la région qui en attend 30 millions dès 2017 et près de 100 millions sous trois ans. Christian Favier dénonce cette « ponction sévère », tout comme son collègue Stéphane Troussel, président socialiste de la Seine-Saint-Denis qui dénonce une « triple peine » frappant habitants et entreprises de son département.

Colère aussi chez les élus de droite des départements de la grande couronne parisienne (Val d’Oise, Yvelines, Seine et Marne, Essonne) qui déplorent la perte organisée de « 13 millions d’euros ». Christian Favier regrette aussi qu’Etat et Région « se sont mis d’accord sur le financement du prolongement du RER E à l’Ouest, sans apporter aucun financement pour le prolongement à l’est ni aucun financement de la gare  de Bry-Villiers-Champigny, indispensable pour le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne ».

Les élus Front de Gauche au Stif ont une nouvelle fois mardi soir dénoncé ce pacte fait « sur le dos des usagers et de l’est parisien ».

Ils rappellent aussi leur proposition d’augmentation du VT « uniquement dans des zones très favorisées en terme de développement économique, notamment celles du centre et de l’ouest de Paris ainsi que dans la partie le plus dense en terme d’emplois des Hauts de Seine », explique Pierre Garzon, également conseiller départemental de Villejuif.

« Les 200 millions que doit produire le Versement transports, ajoutés à la CVAE dans trois ans et aux 100 millions de la hausse pour les usagers totalisent environ 500 millions d’euros » explique Jacques Baudrier, conseiller communiste de Paris et administrateur du Stif. « C’est la somme que nous préconisions pour améliorer la situation des transports dans la région, mais avec une toute autre répartition » ajoute-t-il.

Pour le Front de gauche en effet, il n’était pas question de modifier le tarif des 70 euros, que Valérie Pécresse, pendant sa campagne électorale, avait dit d’ailleurs ne pas toucher... Mais pour lui, outre la modulation du VT, il importerait de ramener à 5,5% la TVA sur les transports, qui est désormais de 10%. « Mais la messe n’est pas dite » souligne Jacques Baudrier  « et lors du conseil d’administration du 13 juillet nous nous ferons entendre, notamment avec nos amendements ».

02/07/2017

RADIO EVRY AU COEUR DE L'ACTUALITE LOCALE

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01/07/2017

Simone Veil, une grande voix de la vie politique française, s’est éteinte

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La Municipalité d'Evry avait inauguré il y a quelques mois à l'occasion de l'ouverture de l'école Aimé Césaire une avenue Simone Veil.

Elle s’est éteinte ce vendredi, à presque 90 ans. Retour sur le parcours de cette femme de droite, aux engagements souvent courageux, plébiscitée par les Français.

Elle était discrète et tenace à la fois, d’un immense courage politique.  Surtout, les femmes de France savent ce qu’elles lui doivent : c’est elle, qui devant une assemblée nationale d’hommes, hostiles et injurieux dans son propre camp politique, a défendu et imposé à l’Assemblée Nationale le projet de loi sur l’Interruption volontaire de grossesse, en 1974. Simone Veil s’est éteinte hier, à quelques jours de ses 90 ans, au terme d’une vie tumultueuse, comme un symbole du 20 siècle. 

Déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs

simone-veil_0.jpgCar Simone Veil est une rescapée de la Shoah. Née Simone Jacob, en 1927 à Nice, fille d’un architecte et d’une femme au foyer, elle a été arrêtée, le lendemain de ses épreuves du bac, qu’elle avait absolument tenu à passer malgré le danger, avec de faux papiers. La jeune fille aux yeux rieurs et aux grandes nattes brunes a été déportée à Auschwitz-Birkenau, avec sa mère et ses sœurs ; Son père et son frère ont disparu en Lituanie, où régnaient alors les terribles Einsatzgruppen.
Déportée en 1944, elle a survécu à l’horreur, et même à la marche de la mort de 1945. Sur son bras, un constant rappel de ce passage par l’enfer,  son numéro de matricule, le 78651, et la mémoire de ceux qu’elle aimait. Et une entrée en politique, aussi : Européenne convaincue, elle déclarait, en 1975 : « Au cours du 20eme siècle, l’Europe a entraîné à deux reprises le monde entier dans la guerre. Elle doit maintenant incarner la paix ». Elle fut d’ailleurs, en 1979, la première femme présidente à être élue présidente du Parlement Européen (à noter qu’une seule autre femme, Nicole Fontaine, a occupé ce poste…). A son retour des camps, Simone Jacob rencontre Antoine Veil. Ils se marient, ont trois enfants. Mais elle ne se cantonne pas dans le rôle de la femme bourgeoise au foyer. Elle reprend ses études interrompues par la guerre. Et devient magistrate. Soit une profession quasi masculine, à l’époque.
De la France à l’Algérie, elle note alors : « comme magistrate, j'ai travaillé à l'administration pénitentiaire où j'ai constaté que le régime des femmes détenues était beaucoup plus dur que celui des hommes. Je m'en suis donc beaucoup occupée, comme par exemple des conditions de détention des femmes au moment de la guerre d'Algérie, des militantes très engagées en faveur de l'indépendance qui avaient posé des bombes et le revendiquaient.
Plus tard je me suis penchée sur le droit de la famille au moment des réformes du Code civil, et donc sur le statut de la femme sur le plan de l'autorité parentale, de la filiation et surtout de l'adoption. Et puis, dans les années soixante, avec les « trente glorieuses », tout en faisant appel à l'émigration à grande échelle la France incitait les femmes à travailler, on avait besoin de forces. Je m'étais rendu compte qu'au fond, entre les femmes et les immigrés existait une ressemblance : elles non plus n'étaient toujours pas intégrées dans la société. C'est tout cela qui m'a rendu féministe »,

La loi est sur l'IVG adoptée grâce au soutien de la gauche

Elle ne s’arrête pas en si bon chemin. En 1969, elle rejoint le cabinet de René Pleven, alors Garde des Sceaux. Mais c’est comme ministre de la Santé de Jacques Chirac, sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing, qu’elle devient une figure connue et reconnue par les Français. Parce qu’elle va porter à l’Assemblée Nationale une loi très contestée dans les rangs de la droite, le droit à l’IVG. « Je voudrais vous faire partager une réflexion de femme. Je m’excuse de le faire devant cette assemblée presqu’exclusivement composée d’hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement », dit-elle en introduction.
 
Le débat fut incroyablement houleux. Des députés de droite, toute honte bue, renvoyant Simone Veil à un rôle de génocidaire. Comme Jean-Marie Daillet qui l’a accusé de jeter des enfants « au four crématoire », ou René Feit qui a assimilé ce projet de loi au « pire racisme nazi ». Injures, graffitis sur ses murs, croix gammées sur la voiture de son mari, lettres d’insultes, manifestations de commandos anti-IVG : Simone Veil ne s’est pas laissé intimider. La loi a été adoptée, grâce aux voix des communistes et des socialistes, le 17 janvier 1975. 

Femme politique préférée des Français

Engagée à droite, Simone Veil est longtemps restée, dans les sondages d’opinion, la femme politique préférée des Français. Comme un symbole de  droiture et d’honnêteté, dans une époque qui en manque tant, et malgré les clivages.  Quitte à tacler, parfois, sa propre famille politique : elle a certes soutenu Nicolas Sarkozy pour sa candidature à l’élection présidentielle. Mais l’a sévèrement critiqué quand il a fondé son ministère de l’identité nationale, et lorsqu’il a voulu que les enfants de primaire parrainent des enfants juifs victimes de la Shoah. « A la seconde, mon sang s’est glacé », a-t-elle alors déclaré. C’est « inimaginable, insoutenable », a-t-elle ajouté auprès de l’Express. 
 
Simone Veil était une voix libre dans son propre camp. Lorsqu’elle a été intronisée à l’Académie Française, à 82 ans, Jean d’Ormesson l’avait saluée par ces mots : « Ce que vous êtes d’abord, c’est courageuse. Et les Français aiment le courage ». On ne saurait mieux dire. 
 
 
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