Avertir le modérateur

26/08/2018

Travail le dimanche : la cinglante réponse d'élus de gauche à des députés En Marche qui veulent "aller plus loin"

magasins dimanche.jpg

TRIBUNE - Treize élus de Paris et de la Métropole du Grand Paris répondent à la vingtaine de députés de La République en marche qui souhaitaient, dimanche dernier dans le JDD, "aller plus loin" dans l'ouverture dominicale des commerces.

travail dimanche2.jpgDes élus "obsédés par l’attractivité commerciale", qui "n’engagent aucune réflexion sur le pouvoir d’achat des clients comme des salariés". Voilà comment des élus parisiens de gauche, autour du président du groupe communiste Nicolas Bonnet Oulaldj, qualifient des députés de La République en marche qui militent pour l'extension du travail dominicale. A leur tour, ces responsables du PCF, écologistes ou issus du mouvement de Benoît Hamon prennent la parole dans la JDD pour répondre à cette vingtaine d'élus macronistes qui souhaitaient, la semaine dernière dans nos colonnes, "aller plus loin" dans l'ouverture des commerces le dimanche.

Une société qui "verra définitivement le consommateur remplacer le citoyen"

"Une poignée de députés LREM, dont Buon Tan, élu de Paris, appelait dimanche dernier dans ces ­colonnes à "aller plus loin" dans les possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Le plus intéressant dans leur texte n'est pas ce qui y figure mais bien ce qui est omis. Les chiffres avancés (recettes des magasins, nombre ­d'emplois créés) ne reposent sur ­aucune donnée fiable. À aucun moment les signataires ne posent les questions ­essentielles. Ils ne précisent pas combien d'emplois ont été supprimés dans les commerces situés en dehors des zones touristiques internationales (ZTI) depuis le vote de la loi Macron de 2015; ni quelle a été la progression globale du chiffre d'affaires dans les ZTI.

travail dimanche.jpgBien entendu, ils n'engagent aucune réflexion sur le pouvoir d'achat des clients comme des salariés. Si ces derniers sont autant "friands" du travail du dimanche, les auteurs ne peuvent-ils décemment admettre que c'est bien parce que les salaires dans le commerce sont ridiculement bas? Et ils osent parler de choix et d'enthousiasme!

Si de nombreux commerces de proximité ferment ou se transforment à Paris, il faut en voir les causes dans la concurrence effrénée entre les grands groupes qui dictent leur rythme à l'ensemble du secteur commercial mais aussi dans le prix du foncier et l'atonie du pouvoir d'achat.

Il faut également lire entre les lignes quand les auteurs comparent Paris à d'autres capitales européennes. Sans vouloir préserver la diversité commerciale de nos villes, ces porte-serviettes des grandes enseignes défendent les intérêts de ces marques mondialisées qui asphyxient nos villes par leur uniformité.

Ceux qui travaillent le dimanche seront privés de ce moment de respiration qui permet d'avoir du temps

travail-dimanche.jpgSi la loi Pacte exauce le vœu de ces 22 parlementaires, les petits commerçants qui font la vie de nos quartiers y perdront. Et ils ne seront pas les seuls. Ceux qui travaillent le ­dimanche seront privés de ce moment de respiration qui permet d'avoir du temps. Promouvoir la généralisation du travail du dimanche, c'est favoriser la destruction du lien social dans les milieux modestes. Les femmes (plus de la moitié des salariés travaillant le dimanche), qui ne pourront pas refuser une telle proposition en raison de la précarité de leurs contrats, seront les premières touchées.

La société voulue par les signataires est celle qui verra définitivement le consommateur remplacer le citoyen. Si l'on augmente le temps de la consommation, la ville va aller vers le plus : plus de livraisons, plus de déplacements, plus de déchets produits aux abords des commerces. Qui va pâtir de cela? Le riverain privé de calme, le personnel de ménage, de nettoyage ou encore de livraison. Mais ces derniers sont le cadet des soucis des députés de la majorité.

Les touristes sont attirés par la culture, le patrimoine et un certain art de vivre

Ces élus obsédés par l'attractivité commerciale oublient que les touristes, particulièrement à Paris, sont attirés par la culture, le patrimoine et un certain art de vivre, absolument pas par la frénésie des achats!
Nous, élus parisiens, demandons aux parlementaires qui vont examiner la loi Pacte de ne pas élargir mais bien de restreindre la loi sur le travail dominical. Avant tout débat, il est nécessaire de fournir une étude d'impact de cette loi ­(emploi, conséquences ­sociales, environnementales et financières). Avant même de légiférer, il faudra écouter les salariés, leurs organisations syndicales, les riverains, les organisateurs de transport.

M. Buon Tan et vos collègues législateurs, n'oubliez jamais la maxime de Lacordaire : 'Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.' Entre la liberté des grands groupes et la protection des salariés comme des habitants de Paris et de banlieue, notre choix est fait."

Les signataires : 

Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris
Carine Petit, maire du 14e arrondissement de Paris 
David Belliard, président du groupe écologiste de Paris
Jean-Noël Aqua, conseiller de Paris du 13e 
Marinette Bache, conseillère de Paris du 20e 
Jacques Boutault, maire du 2e 
Pascal Cherki, conseiller de Paris du 14e 
Yves Contassot, président du groupe écologiste à la Métropole du Grand Paris 
Virginie Daspet, conseillère de Paris du 20e 
Jérôme Gleizes, conseiller de Paris du 20e 
Didier Le Reste, conseiller de Paris du 10e
Nathalie Maquoi, conseillère de Paris du 20e 
Danièle Premel, conseillère de Paris du 18e

16/08/2018

DE LA RESISTANCE AU PARLEMENT DISPARITION DE ROBERT VIZET

Robert Vizet.jpg

Résistant, ancien maire de Palaiseau, député puis sénateur communiste, Robert Vizet est décédé à l’âge de 94 ans. Palaiseau perd une personnalité majeure de la seconde moitié du XXè siècle.

A l’âge de six ans, sa famille s’installe dans la commune voisine de Palaiseau pour y tenir un café. C’est dans cette commune de ce qui ne s’appelait pas encore l’Essonne, mais la Seine-et-Oise, que grandit le jeune homme. A 16 ans, il est envoyé à Paris pour suivre un apprentissage comme futur imprimeur. Mais les évènements se précipitent et la France est occupée à partir de juin 1940.

En 1943, alors qu’il est réquisitionné à 19 ans pour effecteur le Service du travail obligatoire (STO), Robert Vizet entre dans la clandestinité. Il participe à plusieurs opérations anti-occupation, et combat lors de l’insurrection parisienne d’août 1944 au côté des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il entre au conseil municipal de Palaiseau en 1953, dans l’équipe d’Eugène Deloges, puis devient maire en 1959. Jusqu’en 1965 où la ville bascule à droite avec André Hardy. A la suite de cette parenthèse, il est élu pour un nouveau mandat en 1971.

Réélu en 1977, il laisse la main deux ans plus tard à son premier adjoint Jean Pacilly à la tête de la municipalité, Robert Vizet choisissant alors de se concentrer sur ses autres fonctions. Parallèlement, il siège au conseil général de l’Essonne.

Député en 1967/1968 puis de 1973 à 1981, il termine sa carrière au sénat de 1986 à 1995.

Jusqu’en 2001, il siège en tant que conseiller municipal de Palaiseau, pour un total de 48 années de présence (et plusieurs alternances) au sein de l’instance palaisienne.

Maire (LR) depuis 2012, Grégoire de Lasteyrie l’avait rencontré à plusieurs reprises, Robert Vizet étant toujours présent dans la commune : « il faisait preuve d’une régularité parfaite à la cérémonie de Libération de Palaiseau, et suivait également toujours le comité de jumelage ».

L’actuel édile qui n’a d’ailleurs « pas les mêmes idées politiques », parle d’un « vrai engagement pour Palaiseau » qui caractérisait Robert Vizet. L’ancien maire fut en effet partie prenante de plusieurs projets caractéristiques du Palaiseau de la seconde moitié du XXe siècle, la création de pans de quartiers et de logements, de nouvelles écoles ou encore la MJC ouverte à cette période.

Dans un communiqué, la fédération communiste de l’Essonne a salué un « homme de conviction, de caractère, de loyauté et d’union ». Alors qu’un hommage de ses camarades aura lieu, le PCF perd l’un de ces principaux porte parole essonnien dans les luttes comme dans les hémicycles de ces dernières décennies. « Si les salariés, les progressistes, le considèrent comme l’un des leurs, il force le respect de ses adversaires » ajoute le parti. Annick Le Poul milite au PCF depuis 30 ans dans le nord du 91, elle a côtoyé Robert Vizet sur plusieurs terrains : « mon mari travaillait à la SFIM (ex Safran), dans les années 70/80.

Robert Vizet était déjà maire, puis député, il était très proche de ses habitants, des militants, des salariés : je me souviens quand il venait le matin à 6h30 devant la porte de cette plus grosse entreprise de ce territoire, pour soutenir les luttes.

Il était très proche, très simple, se nourrissait de ces contacts, des gens pour qui il se battait au quotidien ». Comme lors de ses interventions parlementaires, pour lesquelles « il a toujours gardé la proximité, ce qu’il disait n’était jamais déconnecté, toujours en prise directe avec la réalité du terrain » ajoute Annick le Poul.

Sources Essonne Infos

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu