28.12.2011
À Évry, l’internat d’excellence contesté
Le coûteux projet de structure qui doit ouvrir ses portes en septembre 2012 suscite l’indignation des équipes éducatives, qui réclament des moyens pour tous les élèves.
Vitrine médiatique de la politique éducative du gouvernement, les internats « d’excellence » passent beaucoup moins bien sur le terrain qu’à la télé. Depuis un mois, le projet de structure qui doit ouvrir ses portes à la rentrée prochaine au collège du Village, à Évry (Essonne), rencontre une solide opposition des enseignants et des parents d’élèves.
Le 15 décembre, plus de 70 % des profs de l’établissement, ainsi que tout le personnel de la vie scolaire, étaient en grève pour dénoncer ce futur internat. Et, la semaine dernière, la fédération départementale de la FCPE a interpellé le conseil général de l’Essonne, partenaire de l’inspection d’académie dans ce projet, pour lui demander de renoncer à ce « miroir aux alouettes ».
Rescapés du plan Espoir banlieues de 2008, les internats d’excellence – on en compte treize actuellement – font partie des mesures défendues par le chef de l’État pour « casser le ghetto scolaire ». La circulaire d’application vise à permettre à des élèves « méritants et motivés, ne bénéficiant pas d’un environnement propice aux études, d’exprimer tout leur potentiel ».
à Évry, le futur internat devrait accueillir en septembre prochain sept élèves et, d’ici trois ans, une quarantaine. Le coût d’investissement est énorme : 1 680 000 euros, financés à moitié par l’État et à moitié par le conseil général, soit 40 000 euros par élève. Ce qui fait bondir Patrice Coulon, le président de la FCPE de l’Essonne. « D’un côté, on supprime à tour de bras des postes d’enseignant, on détruit les Rased, on stoppe la scolarisation des moins de trois ans, on bourre les classes de lycéens et, de l’autre, on donne tous les moyens à une quarantaine d’élèves pour montrer qu’on fait quelque chose. C’est lamentable. L’excellence, elle doit être pour tout le monde. »
La FSU est particulièrement remontée contre le département. « Que l’éducation nationale mette en œuvre la politique du gouvernement, c’est normal, mais que le PS soutienne cette initiative, c’est absurde », dénonçait récemment Alain Goiny, secrétaire départemental du syndicat.
L’affaire passe d’autant plus mal que le collège est confronté à une érosion de ses effectifs, à une hausse des dégradations matérielles et à un regain de violence. « Les moyens humains ne cessent de diminuer alors que nous sommes confrontés à des problématiques toujours plus complexes, s’agace l’équipe éducative. La mise en place d’un internat d’excellence ne répond pas aux priorités de nos élèves. » Mais sûrement plus à celle du gouvernement…
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| Tags : collège, exellence, réussite, professeurs, fsu, fcpe |
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21.12.2011
Grand Paris, les contribuables franciliens paient l’addition !
Le « Grand Paris » fait l’objet de nombreux débats. Ce projet est d’abord et surtout un projet capitalistique qui consacre l’idée d’une métropole financière de rang mondial, mais dont la majorité des salariés et habitants franciliens n’ont rien de bon à attendre en matière de transports, de logement, de services publics etc… Car l’objectif est de faire de l’Ile-de-France une place forte financière qui entrerait en concurrence avec les autres places financières européennes telles Londres ou Francfort.
Et dans un tel contexte, les transports sont un enjeu essentiel dans cette logique capitalistique, l’organisation des transports précédant souvent l’aménagement du territoire.
Il en est ainsi du projet « Grand Paris Express ». Si certains localement peuvent y trouver une réponse à leurs problèmes de transports, globalement ce projet ne répond pas aux attentes et besoins des populations, particulièrement celles qui sont moins fournies en matière de transports collectif. Et pourtant tous les contribuables franciliens vont payer ce projet « Grand Paris ».
Ainsi tous les propriétaires et locataires doivent mettre la main au porte monnaie. En effet, que ce soit sur la taxe foncière ou la taxe d’habitation 2011, est apparue une ligne en forte progression (+ 160 % à + de 200 %) dans la colonne taxe sociale d’équipement (TSE). Et en bas de page, en tout petit, on vous explique que la taxe spéciale d’équipement comprend la TSE « grand Paris » pour X Euros.
Oui, dans la plus grand discrétion, tous les franciliens sont ponctionnés pour financer ce « Grand Paris » dont ils ont peu d’informations concrètes, mais qui pour beaucoup n’apportera rien dans leur quotidien, ou pire pourra l’aggraver, avec une amplification des inégalités territoriales concernant le logement, les transports, la santé, l’éducation, les services publics etc…
Ainsi on note, que dans ce projet « Grand Paris » le transport des marchandises est totalement absent et le nouveau projet d’infrastructure qu’est le « Grand Paris Express » s’il reste en l’état ne le permet pas. Mais là n’est pas leur objectif qui lui est de desservir (servir) des pôles d’excellences au service du capital. Peu importe le reste de la région. Dans leur logique capitalistique, l’industrie et l’emploi industriels, sont eux aussi appelés à fortement diminuer alors que c’est bien sur une industrie forte, renouvelée et rénovée que repose l’économie. Rappelons que l’Ile-de-France demeure la première région industrielle française, et qu’elle en a historiquement toujours puisé sa puissance.
C’est pourquoi nous combattons cette désindustrialisation de l’Ile-de-France qui est très inquiétante. Les emplois et activités de services et tertiaires ne suffisent pas à pérenniser un développement économique et social durable.
Avec ce « Grand Paris » nous connaissons une situation nouvelle avec un détournement du sens des transports qui n’est plus de répondre aux besoins des usagers et des populations, de participer à l’aménagement du territoire et au développement industriel, mais répondre uniquement au besoin du capital. Les franciliens n’ont pas à payer cette logique. Leurs attentes, c’est une amélioration immédiate de leurs conditions de transports, sachant qu’avec les réorganisations, les délocalisations, le coût du logement, les temps de transports ne cessent de s’allonger.
D’autres choix sont possibles et nécessaires passant aussi pour d’autres financements. En commençant par mettre à contribution ceux qui profitent (au sens de faire du profit) en territoire des équipements publics et du transport (grande distribution, industrie du tourisme, zones logistiques …) via une fiscalité qui alimente les fonds régionaux.
Il faut également généraliser le versement transports, impôts sur les entreprises pour qu’elles participent aux financements des équipements transports, réformer la fiscalité du transport professionnel avec prise en compte des coûts externes aujourd’hui à charge de la collectivité (pollution, nuisances, infrastructures, accidents…)
La CGT propose la création d’un pôle financier public ! La maitrise publique du système de transport est nécessaire, elle est possible, c’est un choix politique, le service public de transport à besoin d’être renforcé !
Communiqué de la CGT Île-de-France
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| Tags : grand paris, impôts, cgt, industrie |
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08.12.2011
EVRY PREFECTURE : POUR LE RESPECT ET LA DIGNITE HUMAINE
Depuis plusieurs mois la même scène, d’un mauvais film est visible devant la Préfecture de l’Essonne, symbole pourtant de notre République, libre égale et fraternelle.
Plusieurs centaines de personnes attendent l’ouverture du guichet unique du département réservé aux personnes d’origine étrangère afin de traiter des dossiers de renouvellement des cartes de séjours, ou des demandes d’autorisation de sortie du territoire. Ce ne sont pas des voleurs, la quasi-totalité d’entre eux sont en situation régulières et pourtant l’accueil qui leur est réservé est indigne.
Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il gèle ils attendent devant la Préfecture depuis la veille, y passant la nuit entière pour obtenir dans le meilleur des cas le sésame leur permettant un traitement de leurs dossiers.
Les interventions des associations, des parlementaires, des citoyens, les reportages nombreux relatant cette situation honteuse à la télévision, dans les journaux, sur le web n’ont pas modifié d’un iota la position du Préfet, représentant de l’Etat Sarkozyste sur ce scandale permanent.
UN RASSEMBLEMENT DETERMINE ET COMBATIF
C’est pour dénoncer cette situation ignoble qu’un rassemblement original s’est tenu devant la Préfecture de l’Essonne dès 6 heure du matin à l’appel de RESF, de la Ligue des Droits de l’Homme, de Act Up, de la CGT, de la FSU, de Solidaires et d’autres.
Cette initiative était soutenue par les Partis Politiques de Gauche et de nombreuses personnalités dont le Président du Conseil général de l’Essonne J Guedj.
Les militants syndicaux et du Parti Communistes étaient fortement représentés à cette initiative. Une forte délégation des Roms était présente et a assuré l’animation musicale.
Ce rassemblement autour des personnes étrangères en attente depuis la veille a permis le partage d’un petit déjeuner solidaire joyeux et en même temps empreint de sérieux devant cette situation sociale ubuesque et indigne.
Une délégation de principe a ensuite été reçue par des sous-représentants du Préfet sans résultats tangibles.
Dans toute l’Ile de France des actions similaires ont été mené en notant que certaines préfectures ont mis en place des dispositifs d’accueil plus humains.
Les militants présents étaent déterminés à continuer et amplifier ce mouvement d’indignation pour que ce scandale cesse.
Photos, texte et vidéo exclusif E-Mosaïque
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| Tags : préfecture, essonne, droits, dignité, étrangers, resf |
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04.12.2011
Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale, celui à qui il avait donné le goût de la dignité
Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l'élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu'il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.
La ville de Paris vient de lui rendre hommage, en inaugurant une place à son nom. Une rue de la ville d'Evry porte aussi son nom, là où se trouve le siège de la CPAM de l'Essonne. La ville de Corbeil, UMP, au contraire a débaptisé le nom de la rue qui depuis depuis des années l'honorait.
« Jamais nous ne tolérerons qu'un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »
Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l'inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris (La place Ambroise Croizat se situe à l'intersection de l’avenue Paul Appell et des rues Porto-Riche et Monticelli, dans le 14è arrondissement de la capitale.) Un slogan brûlant d'actualité à l'heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l'un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale.
Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l'éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L'espoir, c'est le père d'Ambroise qui l'incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l'obtient mais de vieilles revanches l'invitent à s'embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C'est là qu'Ambroise prend le relais du père.
Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l'établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s'ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d'une assemblée paysanne. Proche du peuple d'ou il venait. »
Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S'unir, disait-il, pas unis, pas d'acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire.
En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures.
Vient l'année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d'Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR).
La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l'ombre, exigeons la mise en place d'un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l'État. »
Á la tête d'une commission de résistants, Ambroise trace dès l'été 1943 les moutures de ce qui va devenir l'un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C'est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l'ordonnance d'octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail.
Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d'œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n'ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu'en 1948. Il faut dire l'appui irremplaçable d'Ambroise Croizat.
Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l'origine d'un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l'époque permit la naissance de l'institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d'adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l'héroïsme de sa résistance. Là ne s'arrête pas l'héritage.
Ambroise laisse à l'agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d'entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l'entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles... « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu'Ambroise a toujours voulu qu'elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l'exclusion.
Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l'accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.
Michel Etiévent (*) Auteur d'Ambroise Croizat ou l'invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d'innovation sociale. Livres disponibles auprès de l'auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l'un + 5 euros de port l'unité).
17:05 Publié dans Actualités, Evénements, Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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